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mise en demeure

  • La régulation de l'information n'est pas un jeu de casse-casse!

    1a97cc5ab5e148ed44d859ec53cbbdaa.jpgFaut-il faire confiance aux journalistes ou les marquer à la culotte pour qu’ils ne perdent pas de vue les règles fondamentales de l’éthique et de la déontologie de leur profession? C’est la question qui brûle les lèvres depuis la publication quasi intempestive des communiqués du Conseil supérieur de la communication (CSC), à propos des dérives et des manquements dans le traitement de l’information relative à ce qu’il convient d’appeler la vie chère ou la flambée des prix.

    En effet, si l’instance de régulation s’est gardée de citer de noms d’organes de presse dans sa première mise en garde, il semble être parti plus loin dans le second. Mais sans précisions suffisantes et claires sur l’objet des écarts constatés ici et là. Apparemment, l’exercice de la régulation par l’interpellation paraît délicat pour le président de l’institution, Luc Adolphe Tiao, et son collège de conseillers. Sinon, ils font trop de détours pour dire clairement ce qu’ils veulent. Auraient-ils peur de heurter certaines sensibilités ou seraient-ils aussi contaminés par le virus de l’autocensure qui paralyse tant la liberté d’expression et de presse au Faso?

    Force est de constater que l’exercice de la régulation soumet le CSC à un terrible sinon pénible équilibrage ou équilibrisme - c’est selon - qui ne lui permet pas de frapper nécessairement là où ça fait mal. On veut croire à une «démarche pédagogique» qui consiste à ne pas condamner, mais à amener chaque média à reconnaître sa faute et à se corriger. Encore faut-il lui signifier, sans ambages, ce qu’il a mal fait. Mais la communication sans détour n’est visiblement pas la chose la mieux partagée au CSC. Quand les censeurs manquent de sang-froid, il y a de quoi s’en inquiéter.

    Au-delà des mises en garde pour les uns et des mises en demeure pour les autres, la régulation ne vaut pas la clarté des fautes incriminées. Dans un contexte burkinabè marqué par la précarité du métier de journaliste et des entreprises de presse, et donc de l’absence d’un statut officiellement adopté et partagé des professionnels de la presse, il faut avouer que rien ne sert encore de semer le trouble. Il faut appeler un chat un chat. Autrement, on entretient un flou qui ne profite qu’aux pécheurs en eaux troubles et aux fossoyeurs de la profession. Car la liberté de presse ne s’use en réalité que lorsqu’on n’en use pas assez. Et pas le contraire.