04.05.2009

Fossoyeurs de démocratie africaine

 

K 2.jpgLorsque les Sénégalais ont infligé une cinglante défaite au parti au pouvoir lors des élections locales de mars dernier, on était plusieurs à applaudir la «résurrection» de la démocratie qui a donné un bel exemple d’alternance à l’Afrique en 2000. C’était justement avec Me Abdoulaye Wade qui a accéder à la tête de l’Etat après avoir passé plusieurs décennies dans l’opposition. Son élection avait été saluée comme un démenti à l’incapacité du continent noir à s’accommoder à la démocratie. Hélas!

Il fallait que Wade goutte au pouvoir pour que cela le révèle autrement. Le moins que l’on puisse dire de l’image qu’il donne est qu’il n’est finalement qu’un président comme tous les autres qui font tout pour se maintenir au pouvoir. Pire, en versant dans une gestion quasi patrimoniale, il apporte de l’eau au moulin de ceux qui croient qu’il voudrait bien voir son fils lui succéder au gouvernail du Sénégal. En tout cas, il ne manquerait que ça.

Sinon, comment coK 1.jpgmprendre qu’après le revers cuisant de Karim Wade aux élections municipales, le chantre du Sopi n’ait rien K3.jpgtrouvé de mieux à faire que gratifier le fils désavoué par les électeurs d’un portefeuille exagérément garni de ministre d’Etat ? Comme le ridicule ne tue pas au Pays de la Téranga, c’est 4 ministères pleins regroupés en un seul qu’Abdoulaye Wade a offert à son fils Karim. Celui-ci trône désormais dans le gouvernement comme ministre d'Etat chargé de la Coopération internationale, de l'aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures. Qui dit mieux ?
Décidément, le «vénérable opposant démocrate», Abdoulaye Wade aura donné plus de coups de canif à la démocratie que Mobutu, Eyadéma,…, et Bongo. Avec son fils comme super ministre dans son gouvernement, on ne devrait plus s’étonner de le voir décret un règne monarchique dans son pays. Que Dieu sauve le Sénégal de cette démocratie banania!

20.01.2009

Et si on réduisait le nombre de ministres en Afrique

G 1.jpgSans être nécessairement celle de tous les dangers, 2009 devrait être une année charnière, une année où les chefs d’Etat africains tireront les leçons de la crise économique et financière qui a grippé la machine internationale et mis à rude épreuve les économies en voie d’émergence ou sous-développées - c’est selon. Ici au Faso, le Blaiso national a semblé avoir pris la mesure de la situation. Dans son discours de fin d’année, l’enfant terrible de Ziniaré a indiqué que ces «multiples crises ont ébranlé les fondamentaux de l’économie mondiale et affecté ceux des pays en développement». Mais il a reconnu qu’une «gouvernance vertueuse» peut être une parade efficiente contre ces chocs extérieurs.
Une profession de foi qui devrait conforter les chantres et autres prescripteurs de remèdes de bonne gouvernance à un régime compaoriste que l’on croyait hostile ou indifférent aux vertus de la réforme. Le Blaiso avait de quoi se gargariser, surtout après la palme de «premier rang des Etats réformateurs en matière de droit du travail» et de «meilleur au niveau du climat des affaires au monde» par «Doing business» de la Banque mondiale qui a été accordée à son pays en 2008. Très logiquement, les Burkinabè devraient s’attendre à une meilleure gestion des affaires publiques ou, du moins, à une administration plus rationnelle des ressources de l’Etat. Toutes choses qui ont été mises en chantier pendant l’année écoulée par des mesures de réduction du train de vie de l’Etat.
Le chef du gouvernement, le pasteur Testicus Zorro, a d’ailleurs pesé du poids de sa charge pour que les frais de fonctionnement de l’Etat soient revus à la baisse d’environ 5 milliards de francs CFA dans le budget exercice 2009. Dans une interview publiée le 29 décembre 2008 par notre confrère Sidwaya, le Premier ministre ne cache d’ailleurs pas sa satisfaction face aux effets positifs de la réduction de certaines poches de dépense. Mieux, il note qu’«après 6 mois d’application de la mesure - de contrôle des véhicules de l’État -, j’ai une économie de 26 millions de carburant [ndlr: au Premier ministère seulement]».
G 2.jpgComme on peut le voir, ce constat fort bien à propos confirme bien la nécessité de «surveiller et de punir» ceux qui utilisent anarchiquement les biens de l’Etat. L’optimisme du PM ne fait qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui ont toujours dénoncé la gabegie du régime. Il a donc suffi d’essayer pour se rendre à l’évidence que ce n’était pas impossible de réduire le train de vie de l’Etat. Mais comme on le dit si bien dans le jargon des commerçants, «c’est bon, mais ce n’est pas arrivé». Si l’on peut générer 26 millions en seulement 6 mois au Premier ministère en serrant le robinet de la pompe, ne peut-on pas aussi économiser des milliards en réduisant simplement le nombre de ministères? Le Blaiso, qui semble faire de la «recherche constante de l’excellence» son credo, devrait envisager très sérieusement cette possibilité qui, du reste, peut bien s’accorder avec les priorités qu’il affiche pour l’année 2009.
Toujours, dans son message de nouvel an, il déclarait, en effet, que ses «énergies devront prioritairement en 2009 être consacrées à la promotion des systèmes d’éducation et de formation, de l’emploi, des droits humains et de la citoyenneté; à l’amélioration du statut social de la femme; au renforcement des services de santé et infrastructures d’assainissement; à l’élévation du niveau nutritionnel des populations; à la gestion de nos ressources naturelles et de l’environnement».
Parallèlement à ces chantiers, le premier magistrat du Burkina entend engager «des efforts particuliers pour le développement des voies de communications terrestres et aériennes, en vue de faciliter les échanges humains et commerciaux, et d’améliorer la compétitivité de l’économie nationale».
Voilà au moins une «feuille de route» qui a l’avantage d’être claire pour tout le monde. Mais quand on sait que ce sont les fonds qui manquent le plus dans un contexte mondial de récession, il va falloir trouver les moyens de réaliser ces ambitions. Et comme l’ambiance générale est à la rationalisation de nos maigres ressources financières, ne serait-il pas plus judicieux de recentrer les ministères autour de ce programme stratégique du moment?
C’est vrai que l’Etat burkinabè n’a pas encore atteint le degré de transparence qui permet de savoir, avec exactitude, les ressources qui sont ingurgitées par chacun des départements ministériels. Mais il est évident qu’ils ne sont pas productifs à la même hauteur. Au nom de la «gouvernance vertueuse» que proclame le Blaiso lui-même, on peut bien réduire l’équipe gouvernementale pour plus d’efficacité. Ainsi, le Dromadaire propose de passer des 34 portefeuilles actuels à 11, comme une équipe de football, une sorte de gouvernement étalonné. (Voir encadré).
Avec des pouvoirs plus étendus dévolus aux gouverneurs de région dont le statut pourrait évoluer vers celui de «ministres régionaux», les questions de jeunesse, d’emploi, de solidarité, de mines, d’énergie, etc. pourraient se gérer avec plus de proximité et d’efficacité. Cette gestion permettrait d’ailleurs de faire beaucoup d’économie sur les caravanes de 4x4 qui sillonnent quotidiennement les régions parfois pour des futilités. Lorsque le gouvernement ne serait plus entièrement centralisé à Ouagadougou, on aurait moins de «môgô puissants», généralement affairés à ne rien faire et qui circulent dans des véhicules de fonction fêfêtisés aux frais de la princesse. Puisque la garde présidentielle s’est délocalisée au palais de Kosyam, on n’aura qu’à trouver de bonnes P50 aux gardes du corps du Blaiso qui devra lui-même accepter de voyager parfois avec des compagnies régulières pour les sommets et autres conférences à l’étranger. Nul doute que le Faso en ferait plein d’économies pour renforcer les capacités de ses investissements utiles.

Gouvernement étalonné
Le Premier ministre serait un coach qui n’aurait donc qu’à gérer une équipe composée du:
1) ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale,
2) ministère de l’Économie, des Finances et du Travail,
3) ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et de l’Environnement,
4) ministère de l’Amélioration du statut de la Femme,
5) ministère de la Culture, de l’Éducation nationale et de la Formation,
6) ministère de la Santé et de l’Assainissement,
7) ministère de la Justice, des Droits humains et de la Citoyenneté,
8) ministère de la Défense et de l’Intérieur,
9) ministère du Développement des voies de communications terrestres, aériennes et technologiques,
10) ministère des Sports,
11) ministère de la Communication, porte-parole du gouvernement.

08.08.2008

La "Vie chère" ne connaît pas de vacances

20f02cbbb037b8705d370828002167f4.jpgLes rumeurs (et les humeurs!) n’auront donc pas réussi à pousser le gouvernement à un remaniement pourtant tant désiré par une opinion certaine. Mais ce n’est probablement que partie remise, ainsi que l’a laissé entendre le Blaiso, vrai Capitaine de la barque gouvernementale, à l’occasion du dernier Conseil des ministres.

Ainsi, si les sinistres du Faso sont allés en vacances avec tous leurs attributs et leurs gombos - que l’on imagine plus gluant que le lot quotidien du vacancier moyen -, rien ne prouve que tous termineront l’année en conservant leurs maroquins. Ça, c’est une autre paire de manches.

Si une grande partie de nos compatriotes qui ne cachent plus leur opinion semblent si pressés de voir certains ministres éjectés de leurs fauteuils, c’est parce que les affres de la «vie chère» ont fini par ouvrir les yeux de bon nombre d’entre eux. Les Burkinabè sont dans l’angoisse comme jamais. Ils ont l’impression d’être devant un rouleau compresseur incontrôlable par l’actuelle équipe gouvernementale. Une inquiétude qui a été quelque peu justifiée par la récente augmentation du prix du carburant à la pompe. Ce fut une goutte de pétrole de trop sur le fardeau de la flambée des prix.

En choisissant de prendre cette décision au début des vacances où les syndicats étaient en plus amputés de leur bras armé que sont les élèves et les étudiants - eux-mêmes virés du campus sans préavis -, le gouvernement  n’a pas eu droit à une réaction appropriée. Mais le chef du gouvernement et pasteur, Testicus Zorro, est assez conscient que les remèdes apportés jusque-là au mal persistant n’ont pas réussi à faire fléchir le désarroi généralisé. Les réajustements à la hausse des tarifs de transport qui s’en sont suivis ces derniers jours achèvent de convaincre que le pire est encore à venir.

En tout cas, si les premières pluies de l’hivernage ont fait baisser la chaleur, il faut attendre de voir les premières semences atteindre la période d’épiaison pour espérer que le thermomètre socio-économique baisse. Encore faut-il que des pluies torrentielles ne viennent gâter les récoltes comme l’année précédente. Les semences gratuites - ou moins chères - promises aux paysans ne seront pas la panacée. Car une chose est de semer, une autre est d’être sûr de récolter suffisamment. Et dans ce pays où on s’en remet beaucoup plus à la «clémence du ciel» qu’aux techniques culturales, la maîtrise de la sécurité alimentaire n’est pas au bout des statistiques.

Dans l’hypothèse où les récoltes seraient hypothéquées, il faudrait trouver de solides espoirs pour nourrir le peuple. Or, Dieu sait que ça ne sera pas facile. Surtout qu’à partir de l’année prochaine, les politiciens de tout poil iront dans les campagnes pour faire campagne, il faudrait compter sur le courroux d’un électorat qui deviendra très exigeant par la force des angoisses de la vie. Les effets de la vie chère risquent fort de rendre cher les prochaines campagnes présidentielle, municipales et législatives pour le méga parti au pouvoir. Attention aux gens qui n’auront rien à perdre. C’est le moins que l’on puisse dire.   

Avec des prix de transport désormais gonflés sur toutes les lignes, le retour des vacances ne sera pas du tout évident pour ceux qui sont allés les passer très loin de chez eux. Pour n’avoir pas réussi à aller jusqu’au bout de l’année universitaire, le professeur Jo Paresse sera certainement l’un des ministres qui vont en vacances sans y aller véritablement. A moins qu’il soit déjà informé d’être déchargé de son maroquin à la rentrée, il lui faudra trouver une solution au plus vite, s’il ne veut pas être emporté par les nombreux problèmes qui se sont greffés autour du dossier «Université».

782fed26b9111195dfef89e73e3b9896.jpgL’autre partie visible de l’iceberg est certainement aussi les angoisses d’affaiblissement du pouvoir d’achat des travailleurs. Le gouvernement a beau dribbler des syndicats visiblement en manque de stratégies, il va falloir affronter la question tôt ou tard. L’une des commissions ad hoc mises en place par l’Assemblée nationale pour réfléchir sur la «vie chère» avait d’ailleurs mis le doigt sur le problème sans être très explicite. Le gouvernement, qui s’est jusque-là réfugié derrière la parade de l’inefficacité de l’augmentation des salaires des fonctionnaires, devra se trouver d’autres arguments pour ne pas servir la même rengaine à la rentrée. C’est peu de dire que pour les ministres en charge de l’Economie et des Finances, du Travail et du Commerce pour ne citer que ceux-là, les vacances s’apparentent beaucoup plus à une parenthèse plus qu’à une évasion comme les autres années.

A en croire des indiscrétions du Conseil des ministres, certains sinistres seraient si tristes à leur sortie qu’on les croirait sortir d’une cérémonie d’adieu. Avec ou sans remaniement ministériel, les angoisses de la «vie chère» ne se donnent pas de répit. Il va falloir y faire face..

 

04.04.2008

Fortunes diverses pour les "fidèles" du président

a957c04e133a5a579d4efd8d210e181a.jpgL’éviction, en pleine nuit de Pâques, de Calife Diallo du gouvernement continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Normal. Pour cet homme qui passait pour être le numéro 2 du système Compaoré ou encore l’homme à tout faire, le robot du gigaparti au pouvoir , il y a de quoi ne pas se satisfaire des conjectures servies le lendemain à la presse par le Premier ministre et le président du Faso.

Si le premier peut encore justifier le départ de son ex-ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques par le souci de la «cohérence» et de la «collégialité», le grand manitou est le seul qui détient la vérité sur ce léger remaniement qui fait grand bruit. C’est d’ailleurs lui seul qui fait et défait les hommes et les femmes qu’il appelle à partager son naam. Si les ministres et autres môgô puissants du Palais et du CDP préfèrent garder le silence ces jours-ci, c’est moins parce qu’ils n’en ont pas envie. Lorsque l’un des «fidèles parmi les fidèles» est brusquement éjecté, il vaut mieux bien garder sa langue. Le porte-parole du gouvernement même n’a-t-il pas volontairement choisi de divertir les journalistes aux aguets lors du premier conseil des ministres du gouvernement réaménagé du mardi 25 mars?

«Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit», dit-on. Mais dans la tragédie politicienne qui se joue au sommet de l’État, chacun semble avoir son tour chez le coiffeur Blaise Compaoré. Ceux qui gravitent autour de la galaxie de l’enfant terrible de Ziniaré ont connu et connaissent des fortunes diverses. En la matière, Calife Diallo n’est donc pas le premier déchu et ne sera certainement pas le dernier. On se rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, lorsque nos confrères de la TéNéBreuse ont susurré, à la rentrée télévisuelle de décembre dernier, qu’il y aurait un remaniement ministériel en l’air, le Premier ministre Testicus Zongo a voulu mettre sa main au feu. Heureusement qu’il ne l’a pas fait et ce qui devait arriver arriva à Pâques.

Hier, c’est l’éjection de Mélégué Traoré, le danseur émérite de Kankalaba, de son confortable fauteuil de président de l’Assemblée nationale qui avait fait grand bruit. D’autres môgô puissants ont connu les mêmes déboires que lui, d’autres ont même quitté la scène pour toujours, pour ne pas dire qu’ils ont été contraints de garder définitivement le silence. On n’arrivera probablement pas à dérouler toute la liste de déchus. Ce qui est sûr, c’est que le feuilleton de la traversée de désert d’anciens barons n’est pas encore à son dernier épisode.

A qui le tour?

970bca719aff04c080455dffb1fc50ce.jpgDe mauvaises langues parlent de Simon Compaoré, le tonitruant maire de la capitale, ou encore du Rocczilla, le seul président qui a battu le record de longévité au perchoir. Mais pourquoi pas François Compaoré, le petit frère du président himself? Ce n’est peut-être qu’une question de temps.

L’avenir nous le dira.

Au commencement était Thom Sank

Commentant le réajustement ministériel, Me Benewendé Sankara avait donc raison d’affirmer que «Blaise Compaoré a écarté plus que Salif Diallo». Le patron de l’UNIR/MS voulait ainsi parler du capitaine Thomas Sankara, comme pour dire que si «le frère d’armes» et «l’ami» a connu la plus tragique des séparations, ce n’est pas sur une simple éviction du gouvernement qu’il faut s’apitoyer.

Ensuite vinrent d’autres cadavérés

L’une des premières sanctions de la Compaorose a été sans pitié à l’égard de ses proches compagnons et frères d’armes. Accusés de convoiter le fauteuil présidentiel, le commandant Jean-Baptiste Boukary Lingani et le capitaine Henri Zongo ont été définitivement écartés en septembre 89. Sans compter la fulmination infligée à l’idéologue Oumarou Clément Ouédraogo. Dans les archives des dégâts collatéraux de la Rectification de la Révolution, ceux qui recherchent les déchus du système ont certainement beaucoup de grain à moudre.

Et ceux qui ont été «faits» après

Des bidasses très zélés, qui faisaient la pluie et le beau temps dans les casernes et en ville, n’ont pas moins connu le triste sort d’être ‘’kafcidentés’’, sans autre forme de procès. Les cas du lieutenant Nidar Gaspard Somé, cadavéré dans un accident de la circulation en 91, et du sergent-chef Arzouma Ouédraogo, alias Otis, tombé en disgrâce dans l’affaire Hyacinthe Kafando et zigouillé sur la route de Bobo en 97, sont la preuve que le zèle n’est pas toujours un gage d’une protection sans condition.

Les disgraciés et réhabilités

Le capitaine Boukary Kaboré, alias Le Lion, a certainement eu plus de chance que les autres. Après s’être rebellé contre la prise de pouvoir de Blaise Compaoré en tentant de s’appuyer sur ses camarades du Bataillon d’infanterie aéroportée de Koudougou, il a connu l’exil, mais a bénéficié d’une amnistie. Il en est de même pour l’adjudant-chef Hyacinthe Kafando qui, après des bisbilles qui l’ont envoyé en exil, est revenu dans les bonnes grâces et arbore fièrement son costume de député à l’Assemblée nationale pour le compte du parti au pouvoir. Eclaboussé par une sombre histoire de tracts au début de la période de Rectification, le ministre Laurent Sedego, remplaçant de Calife Dialleau, aurait pu connaître aussi un sort tragique. Enfin, ce n’est certainement pas le dernier, le général Kouamé Lougué a été traîné dans la ténébreuse affaire de coup d’État d’octobre 2003, mais il ne s’est finalement pas noyé.

Enfin les anciens barons qui se cherchent

Les civils qui se sont approchés du Saint des saints de la galaxie n’ont pas moins connu des fortunes diverses. Promu Premier ministre après Youssouf 1er, Roch Marc Christian Kaboré a aussi connu sa traversée du désert avant de rebondir comme président du parti puis comme président du Parlement depuis 2002. Son prédécesseur, Mélégué Traoré, n’aura eu droit qu’à un mandat avant de tomber dans la disgrâce. Premier président de cette auguste Assemblée, Arsène Bongnessan Yé n’aura fait lui aussi qu’un mandat, avant de rejoindre le fond de la classe depuis sa légendaire gaffe de «chef de terre». Quant à Nabobo Kanidoha, il doit se contenter d’être simple député après avoir brillé comme sinistre de la Défonce et l’un des hommes forts du parti au pouvoir.