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  • L'interminable saison des "cadeaux de nouvel'an"

    46d68a1beb28dfeafbf5080844ef95f8.jpgComme cela est désormais de coutume au Faso, employés, usagers, clients et autres partenaires des entreprises et institutions publiques et privées sont inondés de gadgets et autres cadeaux publicitaires à l’occasion de la fin d’année et du début de la nouvelle année. Depuis décembre, pour les sociétés les plus prévoyantes et janvier pour les autres, on ne sait jamais quand finit la saison de babioles. Tandis que nous sommes pratiquement au 4e mois de l’année, on continue de distribuer des calendriers de l’année en cours. Comme si cette «horloge des dates» ne servait qu’à orner les murs et les bureaux.

    Dans ce pays où la logique et le bon sens ne sont pas toujours les choses les mieux partagées, toutes les occasions sont bonnes pour «s’affairer sans rien faire». Ceux qui sont chargés de distribuer ces brimborions n’en font pas moins une occupation à plein-temps, sinon un outil de pouvoir. Le pire, c’est de voir les hauts responsables d’une boîte - qui devaient s’occuper à des charges plus utiles - faire main basse sur des calendriers, agendas et autres gadgets qu’ils ne distribuent qu’à leurs proches et à leurs amis, lorsqu’ils ne confisquent pas carrément tout dans leurs bureaux jusqu’à ce qu’ils se périment.

    Et pourtant, Dieu sait qu’elles sont légion, les institutions, qui dépensent parfois des dizaines de millions pour commander ces cadeaux qui devaient plutôt servir de supports à la communication avec les clients, usagers, partenaires et les publics cibles en général. Mais hélas! Si les unes cherchent, chaque année, des cadeaux originaux pour imprimer la marque de leur boîte dans la tête et dans l’esprit de leurs cibles, les autres - les plus nombreuses - ne commandent, en réalité, les gadgets que par complaisance ou par mimétisme, sans objectifs de communication précis. Ainsi, on n’est pas surpris de voir qu’ils ne disposent même pas de stratégie de distribution et sèment à tout vent. Une chose est donc de dépenser des sous pour des cadeaux publicitaires, une autre est de savoir ce qu’on en fait réellement dans l’intérêt de son institution et au bon moment.

    Or, en la matière, tout porte à croire que le mimétisme prend le pas sur le professionnalisme. Sinon, comment comprendre que des chargés de marketing, directeurs de communication et même des directeurs généraux conservent toujours des lots de calendriers et agendas de 2008 dans leurs bureaux et magasins, alors que l’année aborde pratiquement le tournant de son 3e mois. Le comble de l’anti-management, ce sont ces structures qui attendent le début d’une année pour lancer leurs commandes de gadgets.

    Il y a toujours des zigotos prêts à collectionner des cadeaux périmés, mais la prolongation excessive de la saison des gadgets n’est ni plus ni moins que le signe patent d’un amateurisme dans la communication d’une institution digne de ce nom. Un calendrier et un agenda sont d’abord faits pour planifier une année afin d’être le plus possible maître de son temps. Les offrir avec du retard ne peut se comprendre autrement que par la méprise ou l’ignorance des enjeux du temps.