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flambée de prix

  • Flambée artificielle des prix au Burkina

    4b885441d8b6cfe9b2401f272635fc1d.jpgTandis que les consommateurs ne savent pas à quel saint se vouer dans l’imbroglio de la flambée généralisée des prix des produits de première nécessité, Tertius Zongo et ses sinistres médecins après la mort se sont enfin résolus à sortir de leur long et profond sommeil. Dans un communiqué laconique signé de son porte-parole, on apprend que le gouvernement veut engager une croisade contre la flambée des prix. Du moins, le Premier sinistre vient d’instruire les sinistres concernés par le phénomène à «prendre des mesures énergiques d’une part, pour opérer une meilleure surveillance des prix et, d’autre part, entreprendre des concertations avec tous les acteurs impliqués dans la chaîne de commercialisation desdits produits en vue du respect par tous, des lois et règlements du commerce». Mais en toile de fond de cette déclaration de guerre se cache une escroquerie trop longtemps subie par les consommateurs et que les autorités paraissent ignorer.

    «En effet, l’analyse de la structure des prix sur la base des éléments fournis par les services techniques montrent que les hausses de prix en l’espace d’un mois varient entre et 10 et 67% sur certains produits de première nécessité alors que d’une part les cours internationaux de ces produits n’ont pas connu de variations significatives et d’autre part aucune modification des droits de douane ni de la fiscalité intérieure n’a été opérée», constate amèrement le gouvernement. En clair, les commerçants ont profité du manque de vigilance des pouvoirs publics et de la naïveté des consommateurs pour augmenter abusivement les prix de certains produits. Autrement dit, tout se passe comme si le gouvernement n’avait pas de topo, alors que les commers escrocs opèrent en toute impunité.

    Patisankana! C’est à croire que tout est permis dans ce pays où l’on passe pourtant le temps à crier famine. Il y a de quoi révolter les travailleurs du public et du privé qui se saignent depuis longtemps pour zouter de l’argent à la popote, alors que l’augmentation des prix que l’on crie sur les toits de tous les marchés n’est en réalité que de la surenchère de commerçants qui se sucrent plus qu’il n’en faut. Faut-il les condamner pour autant dans ce pays où la course à l’enrichissement est devenue un sport national? Il n’y a qu’à voir le profil et le train de vie de nos gouvernants et de leurs morveux, quelques mois seulement après leur accession à la soupe!

    ac00a118e549784252a1b2c48d0e5203.jpgLe gouvernement, qui veut jouer aujourd’hui les bons samaritains, n’avait-il pas abandonné le consommateur à la cupidité des commerçants en libéralisant à tout vent et sans la moindre protection des produits de première nécessité?

    Mieux vaut peut-être tard que jamais. En détectant, seulement maintenant, la faille de la structure anarchiste et suicidaire des prix, le gouvernement met le doigt sur une plaie qu’il a contribué à ouvrir et à laisser se gangrener. Mais il faut avouer que la guerre contre la fixation des prix risque d’apparaître comme un combat contre des moulins à vent, si on ne prend pas la mesure de tous les dysfonctionnements. Car, c’est un secret de Polichinelle que de dire que les textes et règlements n’engagent pas nécessairement les petits commerçants qui ne vont que subir la loi de quelques grossistes tapis dans les salons de décideurs complices. En plus, il faut reconnaître qu’aussi longtemps que quelques opérateurs économiques détiendront le monopole sur des produits de grande consommation, le jeu de la concurrence ne sera qu’un vœu pieux. C’est même illusoire, voire utopique, d’appeler «au civisme et au sens de la responsabilité» dans ce Faso où tous les moyens semblent bons pour se sucrer sur le dos de la grande majorité ignorante des règles et règlements qui n’ont de valeur en réalité que d’être des décrets ministériels.

    En se résolvant finalement à se mettre dans la tunique du «bon samaritain», le gouvernement de Tertius Zongo joue également sa crédibilité. Car, à défaut de pouvoir ramener les prix à des proportions raisonnables, il va falloir accéder à l’augmentation des salaires pour permettre aux travailleurs d’affronter eux-mêmes la supercherie.