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fespaco

  • Cinéma africain, cinéma saisonnier

    Au cours de cette semaine dédiée aux cinémas d’Afrique et de la diaspora, on a les films africains plein les yeux. Mieux, on n’a pas nécessairement besoin de venir à Ouagadougou pour voir ou revoir du cinéma africain. Certaines télévisions internationales ont même aménagé spécialement leur grille de programmes pour diffuser se mettre quelque peu aux couleurs du Fespaco. La télévision nationale du Burkina n’est pas en marge du mouvement. Les films dits «africains» ont signé leur retour sur le petit écran. Et cela au grand bonheur de ceux qui vivent hors de la capitale et qui ne peuvent pas prendre part à la biennale.

    Mais le hic dans cette coloration momentanée des écrans –grands et petits-, c’est qu’on se demande ce que devient le cinéma africain après le Fespaco. Tout laisse croire que malgré le combat quF1.jpge mènent les cinéastes d’Afrique et de la diaspora pour imposer les images du continent sur la scène internationale, on est toujours aux schémas traditionnels. On a l’impression que le cinéma africain est simplement toléré sur certaines chaînes de télévision, juste pour la forme. Et cela est certainement très frustrant. Mais à qui la faute ? Telle est la crue et cruelle qu’on ne se pose pas assez.

    Aussi longtemps qu’on ne répondra pas sérieusement à cette question, il sera bien difficile de considérer le cinéma africain autrement que comme un cinéma saisonnier, bon pour le Fespaco et rangé après dans les tiroirs. Le combat doit commencer par les télévisions nationales africaines et les opérateurs économiques qui préfèrent investir dans des films et feuilletons importés plutôt que de faire une promotion sincère des images d’Afrique. Quoique le Fespaco soit déjà vieux de 40 ans, il n’est jamais trop tard pour relever ce défi vital pour les cultures et les civilisations africaines. Personne ne viendra le faire à notre place.

  • Le Dromadaire a percé le "Coeur de lion"

    D 2.jpgÇa y est. «Cœur de lion», la production majeure des Films du Dromadaire, est presque bouclée. La 2e et dernière étape du tournage s’est achevée la semaine dernière sur les collines de Gongombili (qui veut dire en lobiri village des irréductibles», dans la province du Poni. Le challenge a été «rude, mais combien enrichissant. Des décors sublimes. Un vrai cadeau du ciel!», s’est exclamé Boubakar Diallo, réalisateur de «Cœur de lion» et boss des Films du Dromadaire.

    Pour en arriver là, il a fallu 2 semaines de stage de mise en situation des comédiens sous la direction de l’inénarrable metteur en scène Ildevert Méda. Cette préparation a eu un puissant effet d’entraînement sur la 1ère partie du tournage qui s’est déroulé pendant 15 jours à Gonsin, à 10 km de Koubri. Le plus dur est donc passé. Il ne reste plus que le tournage de quelques séquences de lion au studio Jacana près de Paris, la finalisation de la musique du film par Charly Sidney et Solitaire du Burkina et le générique par Abalotus du Togo. En attendant le prémontage au studio du Dromadaire à Ouaga et le mixage, la conformation et les effets visuels à Paris, on peut dire que la lance du Dromadaire a percé le «Cœur de lion».

    La première version de ce grand projet a été pondue en 1998. Avant d’être aujourd’hui la plus importante production professionnelle du réalisateur Boubakar Diallo, l’histoire de ce film lui a permis de bénéficier d’un stage de réécriture en 1999 à Tunis puis il a obtenu une bourse d’écriture lors de la Journée cinématographique de Carthage en 2000. Avant de passer à la phase de réalisation proprement dite, le scénario a été rediscuté avec Script doctor qui n’est autre que notre compatriote Emmanuel Sanou.

    D 1.jpgCe film, qui est tourné en haute définition (H Décam), marque, sans conteste, une nouvelle étape dans l’aventure cinématographique des Films du Dromadaire. Il a mobilisé une centaine de comédiens dont une bonne partie provient de l’écurie du Dromadaire. Samba, l’acteur principal, est un nouveau talent à découvrir dans une belle histoire qui plonge dans les péripéties d’une cohabitation entre des communautés de chasseurs, de pêcheurs et d’éleveurs hantés par des disparitions d’hommes. Naturellement suspecté d’être à l’origine de la série noire, le lion a été neutralisé, mais le mystère est demeuré entier.

    «Cœur de lion» est destiné à la prochaine édition du Fespaco, mais Boubakar Diallo, son réalisateur, n’exclut pas la possibilité d’en offrir l’avant-goût au public burkinabè, d’ici la fin décembre. Inch’Allah !