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  • Le commandant Koné Zacharia était donc au Mali

    c6b22253713f519486d157eb19b86cdb.jpgAvant de trouver refuge à Ouaga, Zacharia Koné - le désormais ex-Commandant de Zone (Com’Zone) de Séguéla - aurait d’abord transité par Bamako, au Mali. Après l’avoir repéré sur les bords du Djoliba, le président ivoirien, Laurent Koudou Gbagbo, aurait soufflé à son homologue malien de le faire arrêter. Un des hommes du Com’Zone lui a mis la puce à l’oreille et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé sur le territoire burkinabè. Là, également, sa cabale a été de courte durée, puisqu’il a été vite «capturé» par les services secrets burkinabè. Blaise Compaoré, parrain attitré du processus de paix engagé par les protagonistes ivoiriens, n’a aucun intérêt à voir Zacharia gambader dans son pays. En revanche, s’il ne peut pas le cacher ou l’abriter clandestinement, il ne peut pas non plus le livrer aux autorités ivoiriennes qui lui ont jeté l’anathème le 16 mai dernier, l’accusant de «grande indiscipline» et de «sabotage» pour avoir boycotté la cérémonie de désarmements de ses hommes et d’avoir donc défié le Premier ministre qui présidait en personne cet événement majeur pour le retour définitif à la paix.

    Le Facilitateur Blaise a réussi à désamorcer les grands énervements qui commençaient à gronder autour de cet incident. Pour l’heure, Zacharia Koné bénéficierait d’une hospitalité sous condition et sous bonne surveillance à Ouaga. Sa situation doit être bien meilleure que celle des Touareg maliens. Personne ne souhaite le voir retourner dans la nature, encore moins aller vadrouiller en terre d’Éburnie.

  • Les mystères d'un capitaine putschiste et prisonnier fugitif

    24cbaa9f1fbd20cf0e3b9cccebbba069.jpgEvadé de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco) en juin 2007 où il purgeait une peine de 10 ans pour «tentative de coup d’Etat» et signalé du côté de la République du Bénin, le capitaine Luther Diapagri Ouali n’est pas au bout de fugues aussi obscures les unes que les autres.

    En effet, depuis la fin décembre 2007, il aurait encore glissé entre les doigts de la toute-puissante brigade anti-criminalité béninoise. C’est cette unité qui l’avait recueilli après sa fuite du Burkina et était supposée le surveiller, en attendant d’être renvoyé aux autorités pénitentiaires burkinabè. Mais, curieusement, l’officier wanted s’est une fois encore évaporé. La nouvelle fait grand bruit au sein des services béninois de Sûreté mais, au Burkina, la justice militaire préfère garder le cadenas sur la langue. Elle n’excite personne au Tribunal militaire, encore moins au ministère de la Défense.

    En tout cas, si le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le commandant Jean-Claude Bagoro, était prompt à rechercher Ouali lors de son évasion de la Maco, il ne manifeste plus le même enthousiasme. Joint au téléphone pour savoir si la justice militaire a pris des mesures spéciales pour gérer la disparition du capitaine putschiste de sa cachette béninoise, il a choisi une feinte tactique. «Vous savez que, chez nous, c’est la grande muette. Je dois d’abord me référer à la hiérarchie qui rendra compte au ministre et on vous rappellera», a-t-il promis. Nous sommes loin de la promptitude du juge militaire à accorder une interview à notre confrère «Le Pays» pour expliquer de long en large les raisons de l’évasion du capitaine Ouali et surtout en quoi il aurait «trahi la confiance de la justice» en profitant d’une «autorisation de sortie en bonne et due forme» pour disparaître. Cette fois-ci, c’est l’uniforme de la «Grande muette» qui prend le pas sur la toge du juge. La mystérieuse disparition du Bénin ne confirme-t-elle pas les interrogations suscitées par l’évasion de la Maco?

    Le moins que l’on puisse dire de cette énigmatique affaire, c’est qu’elle cache mal un jeu dans lequel le capitaine serait un pion essentiel. Sinon, comment comprendre que cet ancien officier de l’Armée burkinabè, qui est toujours sous le coup d’un emprisonnement, puisse aller se «réfugier» juste de l’autre côté de la frontière, sans craindre de se faire rattraper par son passé? La justice militaire a-t-elle réellement manifesté la volonté de le rechercher et de le faire revenir au Burkina afin qu’il purge sa peine? Rien n’est moins sûr.

    Si l’on s’en tient à notre confrère béninois Le Matinal du 8 janvier 2008, qui a levé le lièvre sous le titre «Vague d’évasions d’exilés politiques au Bénin: panique à la police nationale», «L’officier supérieur de l’armée qui volontairement est passé par la direction de l’immigration et de l’émigration pour négocier sa propre sécurité a été conduit dans un premier temps à la base de la Brigade anti-criminalité où il a été gardé pendant environ deux mois. Pour des raisons qu’on ignore, il sera transféré à la base de l’unité Raid. Le commandant de cette structure a reçu des consignes pour le ménager». Ceci expliquerait-il cela?

    Au-delà de la conjecture journalistique, tout porte à croire que le capitaine Luther Diapagri Ouali n’était pas allé au Bénin par hasard, encore moins comme un fugitif. Comme pour le confirmer, il n’était apparemment pas inquiété, du moins durant son séjour béninois. On ne dira pas moins que les autorités burkinabè n’étaient pas informées de sa présence dans ce pays et probablement de la «mission» qui l’y a conduit. Lors d’un séjour en octobre dernier à Ouagadougou, le ministre béninois de la Défense, Issifou Kogui, n’avait-il pas pratiquement trahi le «secret», en déclarant que «la présence du capitaine Ouali chez nous ne pose aucun problème majeur»? Réponse diplomatique ou volonté de banaliser le statut de prisonnier qui colle toujours à la peau de Ouali?

    23c45f16f1ceccc82c30a6263c7d5a59.jpgLorsqu’un officier putschiste est accueilli dans un pays supposé ami comme «exilé politique», il y a de quoi brouiller les pistes. Du reste, ce tour de passe-passe rhétorique jette des doutes sérieux sur ce procès pour tentative de coup d’Etat qui avait tenu le Burkina en haleine en avril 2004. En laissant patauger le dossier de l’évasion dans les eaux troubles d’intérêts diplomatiques tout aussi ténébreux, les autorités burkinabè n’apportent-elles pas de l’eau au moulin de ceux qui avaient cru que cette tentative de coup d’Etat était «bien ficelée mais mal montée»? Cette célèbre formule avait d’ailleurs été prononcée par le sergent Babou Naon, «l’autre cerveau» de cette affaire. Depuis que son compagnon s’est évadé de la Maco, il serait surveillé comme de l’huile sur le feu, au point même qu’on ne lui concèderait plus la moindre sortie, même pour aller se soigner à l’extérieur de la prison.

    fb24277d9e0b4c6fe4bb281659cc7ee6.jpgParadoxalement, la justice militaire se presse lentement pour ramener le capitaine Ouali dans sa cage. Pire, il ne semble pas se soucier de dire à l’opinion où il peut bien se planquer. Or, avant même qu’on ne signale sa dérobade du Bénin, le prisonnier aurait eu des atomes crochus avec Ibrahim Coulibaly, alias IB, le sergent-chef ivoirien, également célèbre putschiste. Curieuse coïncidence: le capitaine Ouali a disparu juste après «IB» et pratiquement dans les mêmes conditions, alors que ce dernier serait en voie d’être expulsé du territoire béninois. Pourvu que cette association de lascars sur laquelle les autorités béninoises et burkinabè semblent fermer les yeux ne provoque pas une tache noire sur le tableau des palmarès du facilitateur Blaiso.