04.05.2007
ATT, un "général-président" comme les autres!
Le miracle n'a donc pas eu lieu pour l'opposition malienne. Le général Ahmadou Toumani Touré a été réélu à plus de 70%. Même si les candidats malheureux contestent ces résultats à la soviétique, ils doivent se rendre à l'évidence que la démocratie malienne n'est pas allée plus loin que de secréter un "général-président devenu" l'otage d'un système politique dans lequel, des Maliens, visiblement naïfs dans leur grande majorité ont cru qu'il était possible de faire de la démocratie sans opposition. Le faux vrai consensus autour de ATT ne pouvait que produire cette cacophonie électorale à laquelle on assiste ces derniers jours. "Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument".
Jusque-là, seul Nelson Mandela aura prouvé que la seule manière de préserver le pouvoir, c'est de quitter le quitter avant que le vrai pouvoir ne vous quitte. Si le général ATT n'avait résisté à la tentation de revenir au pouvoir, il paraît logique qu'il bénisse aussi toutes supposées fraudes que ses partisans se seraient rendues coupables pour le maintenir au pouvoir. Un pouvoir dont il est devenu, de gré ou de force, l'esclave. Finalement, cet officier qui avait sauvé le peuple malien de la semelle de fer de Moussa Traoré, devient lui-même un général-président comme les autres. C'est-à-dire un timonier national pour qui les électeurs sont prêts à offrir les scores les plus fous. Ainsi va la démocratie en Afrique: un pas en avant, deux pas en arrière.
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02.05.2007
Elections fades = corvée pour la presse
Ici au Faso, les campagnes électorales se suivent mais ne se ressemblent pas. Et cela rend le travail des journaleux particulièrement dur et délicat. Surtout lorsque le Conseil supérieur de la communication (CSC) décide - enfin! - de jouer pleinement son rôle de «censeur» vigilant de la couverture médiatique de la campagne électorale. Saint Luc Adolphe avait averti: «Aucun dérapage ne sera toléré.» Et cela s’est traduit par de nombreux cartons distribués en fin de semaine dernière à l’occasion du bilan de la 2e semaine de surveillance des faits et gestes des médias publics et privés.
Nos confrères Sidwaya et L’Observateur paalga ont pris des cartons jaunes pour avoir publié des articles faisant la part belle à des candidats en course pour les législatives. Il s’agit respectivement du député Mahama Sawadogo et de Christian T. Koné. Les deux canards ont été pris en flagrant délit de valorisation d’un candidat en période électorale. Quant à la télévision privée Canal 3, elle a reçu un carton rouge de suspension de son émission «Le débat», pour avoir laissé tchatcher le sieur Mamadou Kabré qui avait bien de mal à dissimuler sa casquette de candidat à la députation sur la liste de l’Union des partis sankaristes (UPS). La TéNéBreuse a été aussi épinglée pour avoir été trop généreuse avec le parti au pouvoir pour le compte duquel elle a distillé des «images d’inaugurations et d’activité publique donnant parfois la parole à des candidats à de telles occasions» en plus d’une gestion un peu trop large des campagnes du CDP et du temps d’antenne. Enfin, «sur saisine du Parti démocratique et le socialisme (PDS)», le directeur de radio «Daandé Sahel» de Dori a reçu un carton rouge pour avoir diffusé des «propos régionalistes, xénophobes et discriminatoires».
Au-delà de ces sanctions qui feront couler de l’encre et de la salive, force est de reconnaître qu’on assiste globalement à une campagne très peu pimentée. C’est toujours la même rengaine au niveau des partis politiques qui semblent se réfugier dans une soi-disant «campagne de proximité» ou de «porte-à-porte» qui cache mal leur incapacité à honorer financièrement une campagne électorale digne de ce nom. Sans compter que la plupart des formations politiques, qui ont poussé comme des champignons, ne sont même pas capables de profiter des temps d’antenne et des espaces de communication que le CSC leur offre gracieusement à la radio, à la télévision et dans le quotidien publics. Disons-le net, au Faso, la communication politique est pauvre. Même si on déversait des milliards sur les états-majors des partis politiques, ils ne feraient pas mieux.
Ainsi, en plus d’être loin de ce qu’on pourrait espérer à travers les médias, la campagne législative 2007 révèle les avatars d’une démocratie dans laquelle il est encore difficile de joindre l’utile à l’agréable. L’utile étant ici le message des partis et formations politiques et l’agréable n’est autre chose que la vivacité avec laquelle l’utile devrait se rapporter. Or, à regarder nos confrères qui assurent les tranches réservées aux partis politiques à la radio et à la télévision, on a plutôt l’impression qu’ils font une corvée. Ce qui se ressent au niveau des auditeurs et des téléspectateurs. Même sans disposer de statistiques sur la lecture des messages des partis politiques qui sont distillés par le quotidien Sidwaya, on peut croire qu’il s’agit beaucoup plus de remplir des espaces que d’informer véritablement l’électorat.![]()
La campagne législative 2007 manque cruellement d’entrain pour les médias publics et privés qui sont bien obligés de la traiter comme s’il s’agissait d’un événement qui s’impose de l’extérieur alors qu’il devait être proche de leurs préoccupations ordinaires. C’est vraiment dommage!
18:11 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Elections, presse africaine, corvées inutiles, démocratie

