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démocratie

  • Fossoyeurs de démocratie africaine

     

    K 2.jpgLorsque les Sénégalais ont infligé une cinglante défaite au parti au pouvoir lors des élections locales de mars dernier, on était plusieurs à applaudir la «résurrection» de la démocratie qui a donné un bel exemple d’alternance à l’Afrique en 2000. C’était justement avec Me Abdoulaye Wade qui a accéder à la tête de l’Etat après avoir passé plusieurs décennies dans l’opposition. Son élection avait été saluée comme un démenti à l’incapacité du continent noir à s’accommoder à la démocratie. Hélas!

    Il fallait que Wade goutte au pouvoir pour que cela le révèle autrement. Le moins que l’on puisse dire de l’image qu’il donne est qu’il n’est finalement qu’un président comme tous les autres qui font tout pour se maintenir au pouvoir. Pire, en versant dans une gestion quasi patrimoniale, il apporte de l’eau au moulin de ceux qui croient qu’il voudrait bien voir son fils lui succéder au gouvernail du Sénégal. En tout cas, il ne manquerait que ça.

    Sinon, comment coK 1.jpgmprendre qu’après le revers cuisant de Karim Wade aux élections municipales, le chantre du Sopi n’ait rien K3.jpgtrouvé de mieux à faire que gratifier le fils désavoué par les électeurs d’un portefeuille exagérément garni de ministre d’Etat ? Comme le ridicule ne tue pas au Pays de la Téranga, c’est 4 ministères pleins regroupés en un seul qu’Abdoulaye Wade a offert à son fils Karim. Celui-ci trône désormais dans le gouvernement comme ministre d'Etat chargé de la Coopération internationale, de l'aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures. Qui dit mieux ?
    Décidément, le «vénérable opposant démocrate», Abdoulaye Wade aura donné plus de coups de canif à la démocratie que Mobutu, Eyadéma,…, et Bongo. Avec son fils comme super ministre dans son gouvernement, on ne devrait plus s’étonner de le voir décret un règne monarchique dans son pays. Que Dieu sauve le Sénégal de cette démocratie banania!

  • Yes ! La démocratie est possible

    Les coups d’Etat sanglants ou déguisés et les hold-up électoraux ne sont pas une fatalité sur le continent noir. La démocratie par les urnes est possible en Afrique. Le Sénégal vient de nous en donner une brillante preuve à travers l’organisation d’élections locales qui viennent de se dérouler dans ce pays. C’est vrai qu’on est encore à l’étape des résultats provisoires, mais le fair-play des acteurs en lice, surtout du camp du parti au pouvoir, montre bien qu’il y a bel et bien des politiques africains qui savent perdre des élections. La déclaration du porte-parole de la présidence sénégalaise reconnaissant la défaite du parti démocratique sénégalais (PDS) dans la capitale –pour ne parler que de cette ville- est assez éloquente.

    E.jpgC’est vrai que cela n’arrive pas souvent, même au Sénégal où, il y a quelques années les opposants ont crié au verrouillage du système politique par le président Abdoulaye Wade. Mais avec les victoires importantes que l’opposition vient d’engranger à Dakar la capitale -où le propre fils du président était candidat- est le signe d’un espoir démocratique certain dans ce pays. C’est surtout un témoignage convaincant pour ces afro pessimistes qui croient trop facilement que ce continent ne connaît que la voie des coups d’Etat, de la monarchie constitutionnelle et des dictatures sans fin.

    Au moment où l’Afrique ressent durement encore les coups de canifs portés aux lois fondamentales et à l’appareil étatique à Madagascar, en Mauritanie, en Guinée-Bissau et en Guinée Conakry, l’exemple sénégalais vient retentir comme une aurore qui rappelle que «Quelle que soit la profondeur de la nuit, le jour finit toujours par arriver». Merci aux sénégalais qui nous rappellent que pour la démocratie, nous devons tous répondre en chœur : Yes, we can !

  • ATT, un "général-président" comme les autres!

    medium_ATT.jpgLe miracle n'a donc pas eu lieu pour l'opposition malienne. Le général Ahmadou Toumani Touré a été réélu à plus de 70%. Même si les candidats malheureux contestent ces résultats à la soviétique, ils doivent se rendre à l'évidence que la démocratie malienne n'est pas allée plus loin que de secréter un "général-président devenu" l'otage d'un système politique dans lequel, des Maliens, visiblement naïfs dans leur grande majorité ont cru qu'il était possible de faire de la démocratie sans opposition. Le faux vrai consensus autour de ATT ne pouvait que produire cette cacophonie électorale à laquelle on assiste ces derniers jours. "Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument".

    Jusque-là, seul Nelson Mandela aura prouvé que la seule manière de préserver le pouvoir, c'est de quitter le quitter avant que le vrai pouvoir ne vous quitte. Si le général ATT n'avait résisté à la tentation de revenir au pouvoir, il paraît logique qu'il bénisse aussi toutes supposées fraudes que ses partisans se seraient rendues coupables pour le maintenir au pouvoir. Un pouvoir dont il est devenu, de gré ou de force, l'esclave. Finalement, cet officier qui avait sauvé le peuple malien de la semelle de fer de Moussa Traoré, devient lui-même un général-président comme les autres. C'est-à-dire un timonier national pour qui les électeurs sont prêts à offrir les scores les plus fous. Ainsi va la démocratie en Afrique: un pas en avant, deux pas en arrière.