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conte burkinabè

  • Une satire à vous faire perdre les couilles!

    1c12a22021b64be0005f110945293c0b.jpgBienvenue à toi, étranger, au village de Nayolstenga. Un petit département autrefois paisible désormais troublé par un animal de taille. Un pachyderme qui s’est attiré les faveurs du souverain, Nayolsgoama 1er, mais pas celles des citoyens. Et on les comprend plutôt bien, car le mastodonte en question est un éléphant: l’éléphant du roi! Il ravage et piétine tout sur son passage, et a un faible pour les champs des cultivateurs. Même les enfants du village ne sont plus en sécurité.

    Il faut faire disparaître ce foutu mammouth. Seulement, comme le disent si bien les femmes: «L’éléphant du roi a fait disparaître les couilles des hommes du village.»  Alors, que faire contre ce fléau ambulant, protégé par un roi tyrannique qui n’hésite pas à faire battre quiconque s’attaque, même verbalement, à son jouet?

    Il fallait avoir de sacrées couilles pour oser mettre fin au désastre. C’est justement ce qui faisait défaut. Le mal, c’est que les mâles n’avaient ni l’audace ni le courage de passer à l’acte. Leurs femmes les y ont même poussés, en les soupçonnant d’avoir perdu jusqu’à leurs attributs naturels. Ce que les hommes ont su démentir en arguant qu’ils avaient les couilles bien en place, mais «il n’est écrit nulle part que les couilles servaient à combattre des éléphants». De quoi faire marrer le public jusqu’aux larmes. Du rire, la dernière création du Carrefour international du théâtre de Ouagadougou en charrie à gogo.

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que «L’éléphant du roi» est une mise en scène divertissante et ludique à la fois. Le plaisir y est si partagé que les comédiens n’hésitent pas à se glisser dans le public et à occuper le petit espace qui refuse du monde depuis le début de la représentation. Avec une mise en bouche musicale au balafon, cette pièce va bien au-delà du conte du terroir moaga dont Ildevert Méda et Alain Héma, ses metteurs en scène, se sont inspirés. Ces deux complices et copains comme cochons ont su le relever d’une pointe d’humour et d’une vérité universelle: les dérives enivrantes du pouvoir. Une triste réalité d’actualité à vous faire perdre les «bijoux de famille».

    Vous pourrez applaudir la troupe de «L’éléphant du roi» jusqu’au 2 août, toutes les semaines, du mercredi au samedi, à 20 h au CITO à Ouaga.