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constitution

  • Le CDP veut un mandat présidentiel illimité

     

    A.jpgC’est désormais officiel. Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti au pouvoir a rendu public hier son intention d’introduire une série de réformes politiques et institutionnelles parmi lesquelles la modification de l’article 37 de la Constitution en vue de sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel. L’information a été rendue publique ce mardi 1er juin au cours d’une émission de débat de la télévision nationale intitulée «Parti pris» par le secrétaire général du parti, le député Achille Tapsoba. «Notre parti souhaite que le mandat présidentiel devienne illimité», a-t-il dit en substance.

    Cette déclaration d’intention a désormais le mérite de clarifier non seulement la position du parti au pouvoir, mais de situer ceux s’insurgent depuis un certain temps contre le retour au mandat présidentiel illimité. On se rappelle que la première modification de cet article en 1997 avait été identifiée comme l’une des causes du mal social qui avait conduit à la profonde crise sociopolitique consécutive à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo le 13 décembre 1998. Tout récemment encore, la conférence épiscopale avait attiré l’attention des dirigeants actuels sur la nécessité de ne pas succomber à la tentation de toucher à nouveau à cette disposition constitutionnelle qu’on a dû rétablir en 2000 pour ramener la paix dans le pays.

    Avec la volonté désormais affichée du CDP d’aller à une nouvelle modification de l’article 37 en vue de permettre au chef de l’Etat –Blaise Compaoré ou un autre- de rester au pouvoir aussi longtemps qu’il le souhaiterait, c’est un gros pavé qui est jeté dans une mare politique qui avait du restecer l’iguane dans l’eau.

     

  • Mahama malmène la Constitution

     

    M.jpgSi Radio France internationale (RFI) a son Mahmane qui, «malmène les mots», le Burkina Faso lui a son Mahama. Lui, il est député du parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès, (CDP). Mieux, il est le président du groupe parlementaire le plus important de l’hémicycle. Ce qui lui donne certainement des ailes pour inonder la presse locale d’élucubrations, pardon de réflexions à la limite de la controverse. Depuis quelques semaines maintenant, il a entrepris une croisade pour la modification de l’article 37 de la Constitution burkinabè, notamment pour sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel. En clair, il veut malmener la Loi fondamentale afin d’assurer le pouvoir à vie à son champion, Blaise Compaoré.

    C’est peut-être de son droit. Mais cet élu semble avoir la mémoire courte. Heureusement que la Conférence épiscopale vient de rappeler à l’intention de tous les révisionnistes que le pouvoir à vie peut être source de toutes les instabilités. En plus, le Niger vient de donner la preuve la plus cinglante avec le renversement de Mamadou Tandja qui voulait se scotcher à son fauteuil pour dit-il «terminer ses chantiers». La suite, on la connaît, c’est le recul démocratique de son pays.

    Le Burkina n’est peut-être pas le Niger. En attendant que le président Blaise Compaoré se prononce définitivement sur sa volonté ou non de prolonger son bail à la tête du Burkina, Mahama lui ne démord pas. Il tient mordicus à malmener, pour la 2e fois, la Constitution burkinabè dont la première version de 1991 avait pourtant bel et bien prévu la limitation du mandat à «7 ans renouvelable une seule fois». Jusqu’où ira Mahama ? La suite des événements politiques nous le dira. 

     

  • Blaise Compaoré sera-t-il pris au jeu politique?

     

    P1.jpgAlors que des vents de contradictions, de confusions et d’exclusions soufflent sur le giga-parti au pouvoir, on aimerait bien savoir ce que le grand manitou pense de ça. Mais hélas ! L’enfant terrible de Ziniaré est réputé être un président qui n’aime pas dire ce qu’il pense. Contrairement au président français Nicolas Sarkozy dont la propension à se répandre dans la presse est devenue un casse-tête chinois pour le Conseil supérieur de l’audiovisuel, le Blaiso adore se murer dans son légendaire silence. Sauf qu’il ne peut pas dire qu’il n’est pas au courant des passes d’armes qui ont conduit à la suspension-exclusion de son ex-lieutenant Gorba du Bureau politique national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

    Du moins, même s’il dormait, comme d’habitude, pendant tout ce temps, les nombreux bruits qu’on continue de faire autour du 4e congrès de « son » parti ont dû le réveiller de son sommeil. N’est-il pas finalement le principal concerné par la question de « patrimonialisation » du pouvoir que tout le monde pense bas, mais que Salif Diallo a eu le culot de mettre en débat ? N’est-ce pas parce qu’il a osé étaler ce sujet dit « sensible » dans les colonnes de notre confrère L’Obs. qu’il est accusé aujourd’hui de crime de Blaise-majesté ?

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’arbre du largage de Gorba du CDP ne doit pas cacher la forêt du séisme politique provoqué par ses doutes sur les fondements du régime et surtout sur l’avenir politique même du Blaiso national. Une seule interview a suffi pour ébranler un système qui paraissait si sûr de lui.

    Le remue-ménage que cela a suscité au sein de l’état-major du parti au pouvoir est la preuve d’une panique. Le show médiatique quasi instantané du Rocco a achevé de convaincre qu’il s’attendait à tout sauf à avaliser l’audace solitaire de son vice-président chargé de l’orientation et des questions politiques. En clair, l’heure n’était pas à une quelconque réforme des institutions, encore moins à une « conjecture sur le devenir du président ». De Salif ou de Roch, qui pouvait prétendre être dans les secrets de l’intention du Blaiso ? Telle est la vraie question. Maintenant que Salif a été proprement “largué” du CDP, on s’attend à ce que le Blaiso récompense Roczilla, Simon et compagnie pour avoir fait un bon boulot. Mais le hic dans ce jeu de qui-perd-gagne, c’est qu’il est bien difficile de faire la volonté d’un patron qui ne l’exprime pas clairement.

    Une chose est peut-être d’exclure un camarade qui a la langue trop pendue, mais une autre est de savoir exactement ce que le chef désire. Or, en la matière, les « propositions » incriminées de Salif Diallo ne sont-elles pas plus réalistes qu’un forcing pour une nouvelle révision de la Constitution, notamment en faisant sauter le verrou de la limitation du mandat du président à « un mandat renouvelable une seule fois » comme le stipule l’article 37 de la Loi fondamentale ? N’est-il pas plus élégant de modifier le statut du président pour en faire « une reine d’Angleterre » que de modifier des dispositions constitutionnelles qui ne manqueront pas de provoquer une levée de boucliers au plan international comme on le voit d’ailleurs contre le voisin Tandja qui se croit obligé de justifier l’injustifiable ?

    Comme on a pu le voir à l’issue du 4e congrès du CDP qui s’est achevé samedi dernier, il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil du Faso. Pire, le Bureau exécutif national n’exclut pas la possibilité de voir modifiée la Constitution. Pour quoi faire ?

    On suppose que c’est pour ménager un boulevard au Blaiso qui devrait plutôt se marrer d’entendre le Rocco proclamer que « Même si cette question n’est pas, pour le moment, à l’ordre du jour, je pense qu’il n’y a pas une Constitution qui n’est pas susceptible de modification ». Soit. Mais lorsqu’il souligne, par la suite, que : « Le défi majeur qui s’impose à notre pays pour tirer profit de l’effort du développement continu imprimé par la mise en œuvre successive des programmes et projets de société engagés ces dernières décennies par le président Blaise Compaoré, reste la création, à l’horizon 2020, de conditions d’un Burkina émergent », cela suscite une question logique. Le « Burkina émergent » se fera-t-il avec ou sans Blaise Compaoré ?

    P2.jpgSi oui, force est de reconnaître qu’en 2020 nous serons largement au-delà du terme constitutionnel du Blaiso qui, s’il est encore élu en 2010, devrait absolument passer la main en 2015. A moins que le CDP ne prépare quelqu’un d’autre pour le remplacer, il va falloir donner un coup de canif à la Constitution pour voir l’enfant terrible de Ziniaré continuer à piloter le navire qui mènera au fameux « Burkina émergent ». Pour tout dire, toutes les propositions - qu’elles proviennent de Salif ou du Rocco - semblent converger vers un seul et même but. Alors, question. Lequel serait donc plus loyaliste que l’autre ?

    Au-delà de la guéguerre entre camarades « en perte de confiance avec le régime » ou « en perte de vitesse avec la volonté du patron du régime », Blaise Compaoré est le principal bénéficiaire de toutes les conjectures. Son silence cynique confirme bien qu’il s’est mis au-dessus de la mêlée afin d’en profiter en temps opportun. A lire entre les lignes du message qu’il était supposé adressé aux participants au congrès, il y a de quoi se demander à quoi riment les rajouts qui ont été faits manuellement sur le document portant la mention « Message de son excellence monsieur Blaise Compaoré, président du Faso ». A quelle fin le secrétaire général devenu 2e vice-président aurait-il choisi de tripatouiller la parole de son patron ? Mystère et boule de gomme. Mais comme vous pouvez le constater dans le fac-similé, ce tripatouillage de l’adresse du Blaiso est plus que suspect. A moins que cela ne présage d’un autre micmac.