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bagarres

  • Eréctions légis'hâtives au Burkina


    medium_AN.jpgLa 4e législature de la 4e République connaîtra ses heureux élus dimanche 6 mai prochain. Du moins, c’est ce jour que le sort des 3 748 candidats des 47 partis et formations politiques en lice sera scellé et on sera situé dans les jours suivants sur les 111 qui recevront leurs tickets pour l’hémicycle. D’ores et déjà, la fin de cette course qui a été lancée le 14 avril dernier s’annonce avec des fortunes diverses. Aucun sondage n’ayant été publié pour estimer, un tant soit peu, les forces en présence, les jeux sont ouverts, a priori. Mais on ne se fait pas non plus beaucoup d’illusion sur l’issue de ce scrutin où les choses semblent jouées à l’avance.

    Avec un code électoral astiqué par le méga parti au pouvoir pour le débarrasser du très embarrassant mode du «plus fort reste», les dés sont d’avance pipés pour les petits partis. Fini le fair-play des législatives de 2002 qui avait permis d’avoir une Assemblée nationale multicolore quelque peu sur commande. Fini également la circonscription électorale élargie à la taille de la région qui permettait de récolter plus large. Le retour à la province va faire perdre des plumes à plus d’un parti en course. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que ce sont seulement 3 partis qui ont réussi à poster des candidats dans chacune des 45 provinces que compte le Burkina, à savoir le CDP, l’ADF/RDA et l’UNDD.

    Une chose est d’avoir des candidats partout, une autre est aussi d’avoir des élus partout. Or, sur les 15 provinces où un seul siège est en jeu, le méga parti, qui dispose d’un rouleau compresseur impitoyable, part favori. L’émiettement de l’électorat jouera également contre les petits partis qui devront batailler dur pour tirer leur épingle du jeu.

    L’autre inconnue de cette équation électorale sera le taux de participation. Les électeurs des villes surtout ont traîné les pieds pour aller retirer leurs nouvelles cartes. Pour les y inciter, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a prolongé son délai initial d’une semaine.

    La campagne s’est déroulée, dans l’ensemble, sans incidents majeurs, hormis quelques actes de provocation signalés çà et là. Mais quand on sait que certains partis, voire certains candidats particuliers, ont des revanches à prendre à certains endroits, rien n’augure d’un 6 mai sans bobos. Sans compter les velléités de fraudes, de transport d’électeurs pour des votes multiples et autres intimidations qui planent malheureusement encore sur le processus électoral. Touchons donc du bois.

     

    Kadiogo, le panier à crabes

    Sur les 45 circonscriptions électorales, la province du Kadiogo seule compte 33 des 47 partis et formations politiques en course pour la conquête des 9 sièges de députés en jeu. Cette concentration confirme que la création «au wazar» de partis est un phénomène qui prend sa source dans la capitale. C’est probablement pour justifier cette génération spontanée, orchestrée surtout à la veille d’élections, que plusieurs partis se jettent dans la course pour faire au moins de la figuration. Tant que la politique sera un panier à crabes, certains politiciens plaisantins auront de beaux jours devant eux.

     

    La revanche de l’éléphant aura-t-elle lieu à Bobo ?

    Les derniers échos de la campagne montrent que la bataille sera rude à Bobo-Dorosso, la capitale du Houet, où le «parti de l’éléphant» voudrait bien prendre sa revanche sur ses «amis» d’hier qui l’ont ‘’trompé’’ aux dernières municipales. Mais les sankaristes et les autres partis sont aussi en embuscade dans cette province qui est devenue l’objet de toutes les convoitises politiques.

     

    Les voix s’effriteront pour les Yaméogo

    Autrefois fief et bastion des Yaméogo (de l’opposition et du pouvoir), la province du Boulkiemdé va devoir partager ses voix avec de nouveaux venus et pas des moindres. Deux sinistres de la République sont dans la course pour le compte du parti au pouvoir, alors que Hermann va devoir se battre contre son propre frère qui prêche désormais pour une autre chapelle. Sans compter que des partis émergents, notamment à Kokologho, risquent de créer la surprise.

     

    Flic, fliquette et sankaristes

    Dans le Passoré, la campagne électorale a été rude et très animée entre le flic à la retraite et maire de Téma-Bokin, Ernest Nongma Ouédraogo, et la ‘’fliquette’’ députée sortante Fatou Diendéré. Me Bénéwendé Sankara, un autre sankariste et pas des moindres, n’entendra pas jouer les derniers rôles, et surtout pas Eugène Diendéré, qui s’est ligué avec d’autres partis politiques pour prendre sa revanche sur les municipales passées. Ça promet du feu dans la province natale de feu Thom’Sank... et de Golf.

     

    Une amazone fera parler d’elle

     

    S’il est vrai que les femmes sont mal loties sur les listes de ces législatives, il n’en demeure pas moins que certaines individualités font parler d’elles. L’illustration est donnée dans la Comoé où le CDP aura fort à faire contre le RDB qui a placé une amazone en tête de liste. Après l’épisode des municipales où ce nouveau parti a donné une fessée électorale au parti au pouvoir, tout le monde s’attend à ce qu’il réédite l’exploit. Surtout que l’ombre du défunt maire Mamadou Koné continue de planer sur Banfora.  

     

    Tirage de maillots des frères Diallo

    L’autre duel à observer de près, c’est sans doute Ouahigouya, où les frères ennemis Diallo semblent décidés à en découdre par leurs partis et militants interposés. La désormais traditionnelle guerre de positionnement entre le CDP et l’ADF/RDA aura bel et bien lieu dans le Yatenga. En tout cas, tous les ingrédients ont été préparés à cet effet.

     

    Les bonnets rouges auront-ils les yeux rouges ?

    Jetés corps, âmes et bonnets dans la bataille électorale, deux des chefs traditionnels les plus importants du Faso devront prouver à leurs sujets de plus en plus sceptiques qu’ils ont fait le bon choix. Dans le Sanmentenga, le Dima de Boussouma, en course pour la 4e fois, devra convaincre au-delà de son empire traditionnel. Quant au Kupendieli, le roi du Gulmu, qui fait son baptême de feu électoral sous la tunique d’un éléphant, rien ne semble gagné à l’avance. Les temps ont bien changé!

     

    Revoilà la chasse au RSI

    La campagne n’a pas été de tout repos pour le ‘’tout-puissant’’ commissaire régional du CDP, le sinistre de la Santé Alain Yoda. Certains de ses frères bissa et pas des moindres, à la tête desquels se trouve l’ancien directeur général de la Police nationale, ont décidé de rouvrir la chasse au RSI, le parti duquel Yoda a été le transfuge pour le CDP. Espérons qu’ils ne ressortiront pas les gourdins pour le 6 mai. L’ange Djibrill Bassolé a intérêt à veiller au grain dans cette région.