08.06.2009
Pauvre président...à vie
Triste fin que celle El Hadj Omar Bongo-Ondimba. Pour avoir voulu être président à vie…il n’a visiblement droit à une mort tranquille. Depuis que la maladie qui le ronge l’a contraint à interrompre ses activités présidentielles, les média internationaux semblent aux aguets pour être les premiers à annoncer sa mort. Cela au grand dam des bonnes vieilles traditions africaines qui voudraient que ce soit la famille éplorée qui porte cette nouvelle sur la place publique. Mais pouvait-il en être autrement pour cet homme qui s’est plutôt fait roi à la tête de la République gabonaise ? A quoi a finalement servi son long règne sans partage de 41 ans ?
On a envie de dire à rien. Sauf à s’imposer à la tête de ce petit pays de l’Afrique centrale qu’il a fini par considérer comme sa propriété privée. Eh oui! Après son accession au pouvoir en 1967, il n’a jamais imaginé faire autre chose que d’être président et le seul président du Gabon. Tout cela lui était tellement monté à la tête qu’il avait oublié qu’il n’était pas éternel. Le grand cirque que jouent ses proches autour de sa maladie n’est-il pas la preuve qu’ils ont du mal à croire que cet homme pouvait disparaître un jour ? Consciemment ou inconsciemment, ils estiment que le peuple gabonais n’a même pas droit à la vérité sur la santé du président. C’était sans compter avec les relais d’informations à l’extérieur.
Très embarrassé par un «président à vie» probablement plus mort que vivant, son Premier ministre doit batailler dur contre les rumeurs les plus folles. Mais jusque à quand ? Ce qui est sûr, c’est que même s’il parvient à protéger le fameux «secret» pendant encore quelques jours, force est de constater qu’«on ne peut pas cacher le soleil avec la main». La mort est un passe obligé, même pour les présidents à vie. "Vanité des vanités, tout est vanité", nous enseigne le sage de la Bible.
13:58 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : omar bongo-ondimba, gabon, président à vie, dictateur, afrique
04.05.2009
Fossoyeurs de démocratie africaine
Lorsque les Sénégalais ont infligé une cinglante défaite au parti au pouvoir lors des élections locales de mars dernier, on était plusieurs à applaudir la «résurrection» de la démocratie qui a donné un bel exemple d’alternance à l’Afrique en 2000. C’était justement avec Me Abdoulaye Wade qui a accéder à la tête de l’Etat après avoir passé plusieurs décennies dans l’opposition. Son élection avait été saluée comme un démenti à l’incapacité du continent noir à s’accommoder à la démocratie. Hélas!
Il fallait que Wade goutte au pouvoir pour que cela le révèle autrement. Le moins que l’on puisse dire de l’image qu’il donne est qu’il n’est finalement qu’un président comme tous les autres qui font tout pour se maintenir au pouvoir. Pire, en versant dans une gestion quasi patrimoniale, il apporte de l’eau au moulin de ceux qui croient qu’il voudrait bien voir son fils lui succéder au gouvernail du Sénégal. En tout cas, il ne manquerait que ça.
Sinon, comment co
mprendre qu’après le revers cuisant de Karim Wade aux élections municipales, le chantre du Sopi n’ait rien
trouvé de mieux à faire que gratifier le fils désavoué par les électeurs d’un portefeuille exagérément garni de ministre d’Etat ? Comme le ridicule ne tue pas au Pays de la Téranga, c’est 4 ministères pleins regroupés en un seul qu’Abdoulaye Wade a offert à son fils Karim. Celui-ci trône désormais dans le gouvernement comme ministre d'Etat chargé de la Coopération internationale, de l'aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures. Qui dit mieux ?
Décidément, le «vénérable opposant démocrate», Abdoulaye Wade aura donné plus de coups de canif à la démocratie que Mobutu, Eyadéma,…, et Bongo. Avec son fils comme super ministre dans son gouvernement, on ne devrait plus s’étonner de le voir décret un règne monarchique dans son pays. Que Dieu sauve le Sénégal de cette démocratie banania!
14:45 Publié dans Parlons-en | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : karim wade, sénégal, gouvernement, démocratie, afrique
01.10.2008
Au-delà de l’Urgence, anticiper l’Avenir
Tout ce que soutient le Cours nouveau, c’est que si les tendances négatives et destructrices présentes devaient prospérer sur la moyenne et longue durée, elles ruineraient à coup sûr les efforts gigantesques cumulés par plusieurs générations d’Africains depuis la nuit des temps, et que par suite de cette remarque, les contemporains devraient changer de méthode, d’objectifs et de stratégie hic et nunc, et s’intéresser davantage à la prospective.
Il ne s’agit pas de s’émouvoir de l’existant qui déprime le continent ni de prolonger les courbes des désastres de tous ordres programmés en Afrique, encore moins d’attendre GODOT ou de convoquer l’éclat du passé en guise de talisman ou de fétiche pour conjurer les misères du présent et les nuisances du futur, mais précisément d’établir de nouvelles références et de bâtir une échelle nouvelle des objectifs et des finalités susceptible d’influencer l’Avenir, et, en quelque sorte, d’inverser le cours de l’histoire.
«L’Avenir n’est pas seulement ce qui peut «arriver» ou ce qui a le plus de chances de se produire. Il est aussi, dans une proportion qui ne cesse de croître, ce que nous aurons voulu qu’il fût». De ce fait, «prévoir une catastrophe est conditionnel: c’est prévoir ce qui arriverait si nous ne faisons rien pour changer le cours des choses, et non point ce qui arrivera de toute manière».
Aussi le devoir de penser impose-t-il à l’Africain des Temps modernes de s’interroger sur les risques inhérents au futur dans le but de construire l’Avenir par anticipation, au lieu de se cacher derrière son doigt ou à sombrer dans le délire de l’auto victimisation, de l’auto exclusion ou du narcissisme, autant de manières de fuir les réalités intangibles du moment.
Ce qui nous est réellement donné, en effet, c’est la guerre économique et commerciale entre les différentes puissances impériales pour dominer les marchés et le globe, les sociétés et les cultures, les hommes, l’environnement et le cosmos, singulièrement en Afrique, qui demeure bien plus que le théâtre et l’enjeu des conflits mondiaux qu’un acteur pleinement autonome et responsable, notamment dans le domaine géostratégique, économique et politique.
D’où suit que si c’est bien l’intelligence et son corollaire l’esprit d’entreprendre, qui sont la clé des crises, des mutations et des réformes, il est désormais nécessaire d’aller au-delà du constat et d’honorer le besoin d’Avenir et le souci de futur.
Partant donc de ce vieux principe établi par le doomu ndar (Saint-Louisien) Gaston BERGER, selon lequel «la prospective suppose une liberté que ne permet pas l’obligation à laquelle nous soumet l’urgence», la question dont les Africains ne peuvent pas faire abstraction, sans avouer une carence grave, est celle-ci: Comment concilier les urgences (contraintes qui s’imposent à nous) et qui n’attendent pas et l’Avenir qui ne viendra pas de lui-même, mais doit être construit par un acte libre de volonté et d’imagination ? Poser la question, c’est y répondre.
A moins de vouloir rentrer à reculons dans une Histoire du futur qui sera écrite par les autres, l’Africain devrait scruter l’avenir sans tarder. Si le pré requis minimal est la Liberté (de penser et d’entreprendre ou de rêver le monde présent), il y a lieu de savoir si nous satisfaisons à cette condition. Si pour envisager l’Avenir, il faut être libre, le sommes-nous ? En particulier dans les matières stratégiques comme l’économie et la monnaie, l’enseignement supérieur ou la justice, les relations extérieures.
S’il y a une leçon de SARKOZY à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le 26 juillet 2007, c’est que nous n’aurons pas d’Avenir sans Liberté ni Responsabilité dans tous les domaines, à commencer par ceux de l’économie et de la culture, loin des pièges de l’autosuggestion et des leurres du fraternalisme.
Malick N’Diaye, Sociologue,
Maître de Conférences, FLSH/UCAD
Directeur du C.I.E.R.S.P.
08:17 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique, développement, philosophie, analyse prospective
04.05.2007
ATT, un "général-président" comme les autres!
Le miracle n'a donc pas eu lieu pour l'opposition malienne. Le général Ahmadou Toumani Touré a été réélu à plus de 70%. Même si les candidats malheureux contestent ces résultats à la soviétique, ils doivent se rendre à l'évidence que la démocratie malienne n'est pas allée plus loin que de secréter un "général-président devenu" l'otage d'un système politique dans lequel, des Maliens, visiblement naïfs dans leur grande majorité ont cru qu'il était possible de faire de la démocratie sans opposition. Le faux vrai consensus autour de ATT ne pouvait que produire cette cacophonie électorale à laquelle on assiste ces derniers jours. "Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument".
Jusque-là, seul Nelson Mandela aura prouvé que la seule manière de préserver le pouvoir, c'est de quitter le quitter avant que le vrai pouvoir ne vous quitte. Si le général ATT n'avait résisté à la tentation de revenir au pouvoir, il paraît logique qu'il bénisse aussi toutes supposées fraudes que ses partisans se seraient rendues coupables pour le maintenir au pouvoir. Un pouvoir dont il est devenu, de gré ou de force, l'esclave. Finalement, cet officier qui avait sauvé le peuple malien de la semelle de fer de Moussa Traoré, devient lui-même un général-président comme les autres. C'est-à-dire un timonier national pour qui les électeurs sont prêts à offrir les scores les plus fous. Ainsi va la démocratie en Afrique: un pas en avant, deux pas en arrière.
18:32 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Mali, démocratie, Afrique, ATT


