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aéroport de ouagadougou

  • Rénovation de l'aéroport de Ouaga

    A 1.jpgDepuis quelques semaines, les bruits des machines se sont tus à l’aéroport international de Ouagadougou-Taamsê. Lancés le 31 janvier 2008 par le pasteur Testicus Zorro, les travaux d’extension et de réaménagement étaient, en principe, prévus pour un délai de 18 mois. Après presque 12 mois, l’entrepreneur commis à la rénovation du cadre aéroportuaire est obligé de ronger son frein. Et certainement aussi ses ongles.
    Comme effleuré dans notre édition du 26 février au 4 mars dernier, les choses se seraient coincées autour d’un problème de «L’avenant de la discorde». Mais, selon le secrétaire général du ministère des Transports qui assure la maîtrise de l’ouvrage, il n’est pas question d’«avenant» mais de «réaménagement du budget de réfection de l’aéroport». Mathieu Bouda convient ainsi que le budget initial a dû être revu et corrigé. Pour lui, les premières études effectuées depuis 2006 par l’Asecna n’avaient pas pris en compte certains aspects importants tels que les travaux d’assainissement de l’aéroport, la construction d’un hangar pèlerins, la dotation de l’aéroport d’une source d’énergie adaptée. C’est pour combler ces «failles» que de nouvelles études ont été confiées au cabinet Cincat, avec à la clé une rallonge budgétaire qui tourne désormais autour de 6 milliards, soit environ le triple de l’enveloppe initiale. Voilà qui est clair. Mais pourquoi le gouvernement se hâte toujours lentement à débloquer les fonds pour la poursuite des travaux?
    A en croire toujours le SG, «le dossier a été introduit en Conseil des ministres... Le Premier ministre ne l’a pas encore approuvé». Or, il faut absolument recevoir le quitus du PM avant d’engager quelque dépense que ce soit. Même si «l’entrepreneur continue les travaux molo molo» comme le souligne Mathieu Bouda, il est bien difficile pour lui de ne pas raccrocher. Surtout qu’il aurait contracté des prêts auprès de certaines banques de la place pour tenir le coup. Le SG du ministère des Transports a laissé entendre que «seulement 900 millions de F CFA ont été décaissés au profit de l’entrepreneur contre un marché initial de 1,4 milliard». Jusqu’à quand le patron de FCS va pouvoir supporter de mettre ses propres biens en gage pour tenir ce challenge?
    A 2.jpgCertaines mauvaises langues susurrent même qu’un important bien immobilier de l’entrepreneur serait sur le point d’être saisi par une institution financière. Vérité ou intox? Toujours est-il que ce n’est pas seulement le patron de FCS qui est pressé de voir le bout du tunnel dans cette affaire de blocage ou de déblocage de fonds (c’est selon). Le SG, Mathieu Bouda, est tout aussi embarrassé. «Notre souhait est que ça aille rapidement. L’entrepreneur le souhaite vraiment», souligne-t-il, non sans une certaine inquiétude avant d’ajouter que «tout sera réglé d’ici la fin du mois de mars».
    On se rappelle que lors du lancement officiel des travaux en janvier 2008, le ministre des Transports avait expressément invité tous les acteurs du chantier «à s’appliquer du mieux qu’ils peuvent dans le travail, à respecter scrupuleusement le cahier des charges et à veiller aux conditions d’exécution des travaux afin que l’ouvrage nous soit livré selon les règles de l’art et dans les délais contractuels impartis». Maintenant que ça risque de coincer dans le respect des délais impartis, on imagine bien Gilbert Noël Ouédraogo partager l’angoisse qu’il y a dans l’air.
    Le défi est d’autant plus important à relever qu’il s’agit de l’un des chantiers les plus stratégiques pour lui, en tant que parti de soutien au programme du Blaiso national. Ce serait tout à son honneur de conduire à bon (aéro)port ce dossier qui a été ficelé depuis 2006 par l’Asecna et qui a été refilé à son département. C’est donc au titre de ministère de tutelle qu’il a voulu réaménager les choses afin de les adapter aux exigences du terrain. Dans cette perspective, on comprend que le blocage apparent actuel peut donner l’impression qu’il a été mal inspiré de réaménager le plan initial en introduisant des donnes ignorées par l’Asecna. Mais apparemment, il n’a pas les coudées franches pour accélérer l’approbation du dossier revisité. Tous les regards sont tournés vers le PM qui semble seul habilité à donner le jus nécessaire pour remettre la machine de la rénovation en marche et surtout à débloquer les fonds nécessaires pour que l’entrepreneur retrouve le sourire sur le chantier. On attend donc de voir.
    A 3.jpgMais ce qui est sûr, c’est que le gouvernement n’a pas d’autre choix que de poursuivre la rénovation de l’aéroport de Ouagadougou-Taamsê. Car, le projet de construire de nouvelles infrastructures aéroportuaires à Donsin doit encore attendre de longues petites années. Il faudrait réussir à rassembler la bagatelle de 130 milliards de F CFA pour la première phase des travaux. Ce n’est pas demain la veille que cette manne va tomber dans la besace du gouvernement. D’ailleurs, le scénario le plus envisagé voudrait qu’après la rénovation de l’ancien aéroport, celui-ci soit concédé à un opérateur privé qui va se charger de le rentabiliser avec l’obligation d’investir ses bénéfices dans la réalisation du nouvel aéroport.
    Pour gagner le pari de la rentabilisation, il faudrait certainement négliger les exigences modernes de sécurité, de parking automatique, de salle d’attente non stressante, bref de normes techniques et agréables d’avant l’embarquement et d’après le débarquement. Il faut donc espérer que les différentes parties engagées dans la rénovation de l’aéroport Ouaga-Taamsê se résolvent à filer du bon coton pour mener à bien les travaux...dans les délais, les règles de l’art ainsi que dans les règles d’éthique.