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Sexe

  • Sexomania et remue-méninges au lycée

    e64eb4c1555faf43896281a39b68b253.jpg«1 mn de plaisir, 2 à 3 h de Folie et tt une vie de souffrance» - be8def730c1058f8a721c803b4422150.jpglisez «Une minute de plaisir, deux à trois heures de folie et toute une vie de souffrance». C’est le titre d’un des films pornographiques qui ont mis les lycées et collèges de Ouagadougou sens dessus dessous - surtout sans dessous - et pour cause.

    Les stars de ces vidéos taboues ne sont autres que des élèves du Lycée technique de Ouagadougou (LTO) et du Lycée de la jeunesse, pour ne se référer qu’aux documents que nous avons pu nous procurer, au prix de 1 000 balles auprès de vendeurs de portables; comme des vautours, ils se sont fait leur bonheur sur le malheur des «pauvres» amoureux, probablement mal inspirés. Quelle mouche a bien pu piquer ces élèves au point de pousser le bouchon jusqu’à jeter sur la place du marché des images de leurs ébats? Ont-ils volontairement voulu jeter en pâture leurs vies intimes ou se sont-ils fait piéger par des énergumènes qui voulaient leur faire subir les conséquences de leur témérité sexuelle?

    Ce sont là des questions qui méritent d’être posées. Au lieu de cela, radio Koulouba, la FM la plus écoutée de Simonville - et même certains confrères - ont vite fait de raccourcir le débat et les ébats à un problème de «pornographie» à l’école. Comme si c’était au sein de leurs établissements que les élèves ont tourné leurs fameux films. Ou encore comme si, parce qu’ils sont des élèves, ils n’avaient qu’à se consacrer à leurs chères études, au lieu de se livrer «à ces choses-là». Abaah!

    Ce qui est le plus paradoxal dans ce remue-ménage, c’est qu’au moment où les puritains condamnent les élèves incriminés, certains ne raffolent pas moins de ces films, se rinçant l’œil et se les passant dans leurs téléphones. Il faut avouer que ces «enfants» ne se sont pas privés de toutes les subtilités à même de rendre leurs papys jaloux de leur maestria sexuelle. Comme nous l’a avoué un enseignant, «ils ont fait tellement bien qu’on ne sait pas s’il faut les condamner ou les féliciter». Au regard de la propension puriste de la levée de boucliers à laquelle on assiste, on se demande bien si les médias ne vont pas passer à côté de l’essentiel.

    Car, l’essentiel n’est-il pas justement de se demander si ces jeunes élèves que certains esprits intolérants tentent de traiter comme des pestiférés n’ont pas droit à la protection de leur vie intime, si coupables soient-ils de perturbation de nos sacro-saintes mœurs? Doit-on sacrifier l’avenir de ces jeunes pour la simple raison qu’ils ont commis l’imprudence de «2 ou 3 heures de folie»? D’autre part, les filles semblent les plus incriminées, comme si elles l’avaient fait entre elles.

    L’autre morale, non moins humaine, ne voudrait-elle pas que les autorités publiques et les parents de ces élèves cherchent à arrêter le massacre de l’image de ces élèves - et donc de leur avenir - au lieu de s’arc-bouter sur des considérations morales? A qui la faute, s’ils sont descendus aussi bas? 

    Quand on sait que ces fameuses mœurs dont on crie tant la dépravation aujourd’hui sont mises à rude épreuve par des viols qui inondent quasi quotidiennement les colonnes des journaux et les ondes des radios et les cathodes des télévisions, on a bien envie de défier Ouaga par une célèbre sentence évangélique que plus d’un puritain du Burkina dit moderne gagnerait à méditer: «Que celui qui est sans péché leur jette la première pierre.»