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Salif Diallo

  • Blaise Compaoré sera-t-il pris au jeu politique?

     

    P1.jpgAlors que des vents de contradictions, de confusions et d’exclusions soufflent sur le giga-parti au pouvoir, on aimerait bien savoir ce que le grand manitou pense de ça. Mais hélas ! L’enfant terrible de Ziniaré est réputé être un président qui n’aime pas dire ce qu’il pense. Contrairement au président français Nicolas Sarkozy dont la propension à se répandre dans la presse est devenue un casse-tête chinois pour le Conseil supérieur de l’audiovisuel, le Blaiso adore se murer dans son légendaire silence. Sauf qu’il ne peut pas dire qu’il n’est pas au courant des passes d’armes qui ont conduit à la suspension-exclusion de son ex-lieutenant Gorba du Bureau politique national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

    Du moins, même s’il dormait, comme d’habitude, pendant tout ce temps, les nombreux bruits qu’on continue de faire autour du 4e congrès de « son » parti ont dû le réveiller de son sommeil. N’est-il pas finalement le principal concerné par la question de « patrimonialisation » du pouvoir que tout le monde pense bas, mais que Salif Diallo a eu le culot de mettre en débat ? N’est-ce pas parce qu’il a osé étaler ce sujet dit « sensible » dans les colonnes de notre confrère L’Obs. qu’il est accusé aujourd’hui de crime de Blaise-majesté ?

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’arbre du largage de Gorba du CDP ne doit pas cacher la forêt du séisme politique provoqué par ses doutes sur les fondements du régime et surtout sur l’avenir politique même du Blaiso national. Une seule interview a suffi pour ébranler un système qui paraissait si sûr de lui.

    Le remue-ménage que cela a suscité au sein de l’état-major du parti au pouvoir est la preuve d’une panique. Le show médiatique quasi instantané du Rocco a achevé de convaincre qu’il s’attendait à tout sauf à avaliser l’audace solitaire de son vice-président chargé de l’orientation et des questions politiques. En clair, l’heure n’était pas à une quelconque réforme des institutions, encore moins à une « conjecture sur le devenir du président ». De Salif ou de Roch, qui pouvait prétendre être dans les secrets de l’intention du Blaiso ? Telle est la vraie question. Maintenant que Salif a été proprement “largué” du CDP, on s’attend à ce que le Blaiso récompense Roczilla, Simon et compagnie pour avoir fait un bon boulot. Mais le hic dans ce jeu de qui-perd-gagne, c’est qu’il est bien difficile de faire la volonté d’un patron qui ne l’exprime pas clairement.

    Une chose est peut-être d’exclure un camarade qui a la langue trop pendue, mais une autre est de savoir exactement ce que le chef désire. Or, en la matière, les « propositions » incriminées de Salif Diallo ne sont-elles pas plus réalistes qu’un forcing pour une nouvelle révision de la Constitution, notamment en faisant sauter le verrou de la limitation du mandat du président à « un mandat renouvelable une seule fois » comme le stipule l’article 37 de la Loi fondamentale ? N’est-il pas plus élégant de modifier le statut du président pour en faire « une reine d’Angleterre » que de modifier des dispositions constitutionnelles qui ne manqueront pas de provoquer une levée de boucliers au plan international comme on le voit d’ailleurs contre le voisin Tandja qui se croit obligé de justifier l’injustifiable ?

    Comme on a pu le voir à l’issue du 4e congrès du CDP qui s’est achevé samedi dernier, il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil du Faso. Pire, le Bureau exécutif national n’exclut pas la possibilité de voir modifiée la Constitution. Pour quoi faire ?

    On suppose que c’est pour ménager un boulevard au Blaiso qui devrait plutôt se marrer d’entendre le Rocco proclamer que « Même si cette question n’est pas, pour le moment, à l’ordre du jour, je pense qu’il n’y a pas une Constitution qui n’est pas susceptible de modification ». Soit. Mais lorsqu’il souligne, par la suite, que : « Le défi majeur qui s’impose à notre pays pour tirer profit de l’effort du développement continu imprimé par la mise en œuvre successive des programmes et projets de société engagés ces dernières décennies par le président Blaise Compaoré, reste la création, à l’horizon 2020, de conditions d’un Burkina émergent », cela suscite une question logique. Le « Burkina émergent » se fera-t-il avec ou sans Blaise Compaoré ?

    P2.jpgSi oui, force est de reconnaître qu’en 2020 nous serons largement au-delà du terme constitutionnel du Blaiso qui, s’il est encore élu en 2010, devrait absolument passer la main en 2015. A moins que le CDP ne prépare quelqu’un d’autre pour le remplacer, il va falloir donner un coup de canif à la Constitution pour voir l’enfant terrible de Ziniaré continuer à piloter le navire qui mènera au fameux « Burkina émergent ». Pour tout dire, toutes les propositions - qu’elles proviennent de Salif ou du Rocco - semblent converger vers un seul et même but. Alors, question. Lequel serait donc plus loyaliste que l’autre ?

    Au-delà de la guéguerre entre camarades « en perte de confiance avec le régime » ou « en perte de vitesse avec la volonté du patron du régime », Blaise Compaoré est le principal bénéficiaire de toutes les conjectures. Son silence cynique confirme bien qu’il s’est mis au-dessus de la mêlée afin d’en profiter en temps opportun. A lire entre les lignes du message qu’il était supposé adressé aux participants au congrès, il y a de quoi se demander à quoi riment les rajouts qui ont été faits manuellement sur le document portant la mention « Message de son excellence monsieur Blaise Compaoré, président du Faso ». A quelle fin le secrétaire général devenu 2e vice-président aurait-il choisi de tripatouiller la parole de son patron ? Mystère et boule de gomme. Mais comme vous pouvez le constater dans le fac-similé, ce tripatouillage de l’adresse du Blaiso est plus que suspect. A moins que cela ne présage d’un autre micmac.

     

  • Fortunes diverses pour les "fidèles" du président

    a957c04e133a5a579d4efd8d210e181a.jpgL’éviction, en pleine nuit de Pâques, de Calife Diallo du gouvernement continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Normal. Pour cet homme qui passait pour être le numéro 2 du système Compaoré ou encore l’homme à tout faire, le robot du gigaparti au pouvoir , il y a de quoi ne pas se satisfaire des conjectures servies le lendemain à la presse par le Premier ministre et le président du Faso.

    Si le premier peut encore justifier le départ de son ex-ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques par le souci de la «cohérence» et de la «collégialité», le grand manitou est le seul qui détient la vérité sur ce léger remaniement qui fait grand bruit. C’est d’ailleurs lui seul qui fait et défait les hommes et les femmes qu’il appelle à partager son naam. Si les ministres et autres môgô puissants du Palais et du CDP préfèrent garder le silence ces jours-ci, c’est moins parce qu’ils n’en ont pas envie. Lorsque l’un des «fidèles parmi les fidèles» est brusquement éjecté, il vaut mieux bien garder sa langue. Le porte-parole du gouvernement même n’a-t-il pas volontairement choisi de divertir les journalistes aux aguets lors du premier conseil des ministres du gouvernement réaménagé du mardi 25 mars?

    «Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit», dit-on. Mais dans la tragédie politicienne qui se joue au sommet de l’État, chacun semble avoir son tour chez le coiffeur Blaise Compaoré. Ceux qui gravitent autour de la galaxie de l’enfant terrible de Ziniaré ont connu et connaissent des fortunes diverses. En la matière, Calife Diallo n’est donc pas le premier déchu et ne sera certainement pas le dernier. On se rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, lorsque nos confrères de la TéNéBreuse ont susurré, à la rentrée télévisuelle de décembre dernier, qu’il y aurait un remaniement ministériel en l’air, le Premier ministre Testicus Zongo a voulu mettre sa main au feu. Heureusement qu’il ne l’a pas fait et ce qui devait arriver arriva à Pâques.

    Hier, c’est l’éjection de Mélégué Traoré, le danseur émérite de Kankalaba, de son confortable fauteuil de président de l’Assemblée nationale qui avait fait grand bruit. D’autres môgô puissants ont connu les mêmes déboires que lui, d’autres ont même quitté la scène pour toujours, pour ne pas dire qu’ils ont été contraints de garder définitivement le silence. On n’arrivera probablement pas à dérouler toute la liste de déchus. Ce qui est sûr, c’est que le feuilleton de la traversée de désert d’anciens barons n’est pas encore à son dernier épisode.

    A qui le tour?

    970bca719aff04c080455dffb1fc50ce.jpgDe mauvaises langues parlent de Simon Compaoré, le tonitruant maire de la capitale, ou encore du Rocczilla, le seul président qui a battu le record de longévité au perchoir. Mais pourquoi pas François Compaoré, le petit frère du président himself? Ce n’est peut-être qu’une question de temps.

    L’avenir nous le dira.

    Au commencement était Thom Sank

    Commentant le réajustement ministériel, Me Benewendé Sankara avait donc raison d’affirmer que «Blaise Compaoré a écarté plus que Salif Diallo». Le patron de l’UNIR/MS voulait ainsi parler du capitaine Thomas Sankara, comme pour dire que si «le frère d’armes» et «l’ami» a connu la plus tragique des séparations, ce n’est pas sur une simple éviction du gouvernement qu’il faut s’apitoyer.

    Ensuite vinrent d’autres cadavérés

    L’une des premières sanctions de la Compaorose a été sans pitié à l’égard de ses proches compagnons et frères d’armes. Accusés de convoiter le fauteuil présidentiel, le commandant Jean-Baptiste Boukary Lingani et le capitaine Henri Zongo ont été définitivement écartés en septembre 89. Sans compter la fulmination infligée à l’idéologue Oumarou Clément Ouédraogo. Dans les archives des dégâts collatéraux de la Rectification de la Révolution, ceux qui recherchent les déchus du système ont certainement beaucoup de grain à moudre.

    Et ceux qui ont été «faits» après

    Des bidasses très zélés, qui faisaient la pluie et le beau temps dans les casernes et en ville, n’ont pas moins connu le triste sort d’être ‘’kafcidentés’’, sans autre forme de procès. Les cas du lieutenant Nidar Gaspard Somé, cadavéré dans un accident de la circulation en 91, et du sergent-chef Arzouma Ouédraogo, alias Otis, tombé en disgrâce dans l’affaire Hyacinthe Kafando et zigouillé sur la route de Bobo en 97, sont la preuve que le zèle n’est pas toujours un gage d’une protection sans condition.

    Les disgraciés et réhabilités

    Le capitaine Boukary Kaboré, alias Le Lion, a certainement eu plus de chance que les autres. Après s’être rebellé contre la prise de pouvoir de Blaise Compaoré en tentant de s’appuyer sur ses camarades du Bataillon d’infanterie aéroportée de Koudougou, il a connu l’exil, mais a bénéficié d’une amnistie. Il en est de même pour l’adjudant-chef Hyacinthe Kafando qui, après des bisbilles qui l’ont envoyé en exil, est revenu dans les bonnes grâces et arbore fièrement son costume de député à l’Assemblée nationale pour le compte du parti au pouvoir. Eclaboussé par une sombre histoire de tracts au début de la période de Rectification, le ministre Laurent Sedego, remplaçant de Calife Dialleau, aurait pu connaître aussi un sort tragique. Enfin, ce n’est certainement pas le dernier, le général Kouamé Lougué a été traîné dans la ténébreuse affaire de coup d’État d’octobre 2003, mais il ne s’est finalement pas noyé.

    Enfin les anciens barons qui se cherchent

    Les civils qui se sont approchés du Saint des saints de la galaxie n’ont pas moins connu des fortunes diverses. Promu Premier ministre après Youssouf 1er, Roch Marc Christian Kaboré a aussi connu sa traversée du désert avant de rebondir comme président du parti puis comme président du Parlement depuis 2002. Son prédécesseur, Mélégué Traoré, n’aura eu droit qu’à un mandat avant de tomber dans la disgrâce. Premier président de cette auguste Assemblée, Arsène Bongnessan Yé n’aura fait lui aussi qu’un mandat, avant de rejoindre le fond de la classe depuis sa légendaire gaffe de «chef de terre». Quant à Nabobo Kanidoha, il doit se contenter d’être simple député après avoir brillé comme sinistre de la Défonce et l’un des hommes forts du parti au pouvoir.