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Remaniement ministériel

  • La "Vie chère" ne connaît pas de vacances

    20f02cbbb037b8705d370828002167f4.jpgLes rumeurs (et les humeurs!) n’auront donc pas réussi à pousser le gouvernement à un remaniement pourtant tant désiré par une opinion certaine. Mais ce n’est probablement que partie remise, ainsi que l’a laissé entendre le Blaiso, vrai Capitaine de la barque gouvernementale, à l’occasion du dernier Conseil des ministres.

    Ainsi, si les sinistres du Faso sont allés en vacances avec tous leurs attributs et leurs gombos - que l’on imagine plus gluant que le lot quotidien du vacancier moyen -, rien ne prouve que tous termineront l’année en conservant leurs maroquins. Ça, c’est une autre paire de manches.

    Si une grande partie de nos compatriotes qui ne cachent plus leur opinion semblent si pressés de voir certains ministres éjectés de leurs fauteuils, c’est parce que les affres de la «vie chère» ont fini par ouvrir les yeux de bon nombre d’entre eux. Les Burkinabè sont dans l’angoisse comme jamais. Ils ont l’impression d’être devant un rouleau compresseur incontrôlable par l’actuelle équipe gouvernementale. Une inquiétude qui a été quelque peu justifiée par la récente augmentation du prix du carburant à la pompe. Ce fut une goutte de pétrole de trop sur le fardeau de la flambée des prix.

    En choisissant de prendre cette décision au début des vacances où les syndicats étaient en plus amputés de leur bras armé que sont les élèves et les étudiants - eux-mêmes virés du campus sans préavis -, le gouvernement  n’a pas eu droit à une réaction appropriée. Mais le chef du gouvernement et pasteur, Testicus Zorro, est assez conscient que les remèdes apportés jusque-là au mal persistant n’ont pas réussi à faire fléchir le désarroi généralisé. Les réajustements à la hausse des tarifs de transport qui s’en sont suivis ces derniers jours achèvent de convaincre que le pire est encore à venir.

    En tout cas, si les premières pluies de l’hivernage ont fait baisser la chaleur, il faut attendre de voir les premières semences atteindre la période d’épiaison pour espérer que le thermomètre socio-économique baisse. Encore faut-il que des pluies torrentielles ne viennent gâter les récoltes comme l’année précédente. Les semences gratuites - ou moins chères - promises aux paysans ne seront pas la panacée. Car une chose est de semer, une autre est d’être sûr de récolter suffisamment. Et dans ce pays où on s’en remet beaucoup plus à la «clémence du ciel» qu’aux techniques culturales, la maîtrise de la sécurité alimentaire n’est pas au bout des statistiques.

    Dans l’hypothèse où les récoltes seraient hypothéquées, il faudrait trouver de solides espoirs pour nourrir le peuple. Or, Dieu sait que ça ne sera pas facile. Surtout qu’à partir de l’année prochaine, les politiciens de tout poil iront dans les campagnes pour faire campagne, il faudrait compter sur le courroux d’un électorat qui deviendra très exigeant par la force des angoisses de la vie. Les effets de la vie chère risquent fort de rendre cher les prochaines campagnes présidentielle, municipales et législatives pour le méga parti au pouvoir. Attention aux gens qui n’auront rien à perdre. C’est le moins que l’on puisse dire.   

    Avec des prix de transport désormais gonflés sur toutes les lignes, le retour des vacances ne sera pas du tout évident pour ceux qui sont allés les passer très loin de chez eux. Pour n’avoir pas réussi à aller jusqu’au bout de l’année universitaire, le professeur Jo Paresse sera certainement l’un des ministres qui vont en vacances sans y aller véritablement. A moins qu’il soit déjà informé d’être déchargé de son maroquin à la rentrée, il lui faudra trouver une solution au plus vite, s’il ne veut pas être emporté par les nombreux problèmes qui se sont greffés autour du dossier «Université».

    782fed26b9111195dfef89e73e3b9896.jpgL’autre partie visible de l’iceberg est certainement aussi les angoisses d’affaiblissement du pouvoir d’achat des travailleurs. Le gouvernement a beau dribbler des syndicats visiblement en manque de stratégies, il va falloir affronter la question tôt ou tard. L’une des commissions ad hoc mises en place par l’Assemblée nationale pour réfléchir sur la «vie chère» avait d’ailleurs mis le doigt sur le problème sans être très explicite. Le gouvernement, qui s’est jusque-là réfugié derrière la parade de l’inefficacité de l’augmentation des salaires des fonctionnaires, devra se trouver d’autres arguments pour ne pas servir la même rengaine à la rentrée. C’est peu de dire que pour les ministres en charge de l’Economie et des Finances, du Travail et du Commerce pour ne citer que ceux-là, les vacances s’apparentent beaucoup plus à une parenthèse plus qu’à une évasion comme les autres années.

    A en croire des indiscrétions du Conseil des ministres, certains sinistres seraient si tristes à leur sortie qu’on les croirait sortir d’une cérémonie d’adieu. Avec ou sans remaniement ministériel, les angoisses de la «vie chère» ne se donnent pas de répit. Il va falloir y faire face..

     

  • Burkina: un remaniement de tous les suspens

    13a9e2b4ba1dd6e075c702320d10df02.jpgEn principe, Testicus Zorro serait en train de mettre la dernière main à la composition de sa nouvelle équipe. Ce ne serait qu’une question de temps pour qu’il lâche au grand jour les Tertius’ boys que tout le monde semble attendre désormais. En tout cas, les rumeurs qui bruissent de toutes parts sont si fortes qu’on se demande si ce n’est finalement pas le Blaiso qui veut faire durer le suspense en mettant encore les pieds sur le nouveau prochain gouvernement.

    Selon des sources bien introduites, le projet de remaniement n’est plus un secret dans les couloirs des ministères. On en parle tellement que certains croient savoir qui partira et qui restera. Ainsi serait-on sûr du départ prochain du dernier des ministres d’Etat, respacé de l’héritage que Che Yonli a refilé à Testicus. Alain Bédouma Yoda, puisque c’est de lui qu’il s’agit, serait en train de faire ses valises pour d’autres cieux ou un autre fauteuil - c’est selon. Même Radio Koulouba, la FM la plus écoutée de Simonville, a déclassé cette information de sa rubrique rumeurs. Les conjectures se poursuivent, par contre, sur la nouvelle destination de Yod’Afro. Ce qui ne devrait pas causer de casse-tête outre mesure. Pour avoir, pendant plus de 12 ans, usé ses cheveux au gouvernement au point de devenir presque chauve, l’ex-patron du RSI et cofondateur du méga CDP ne devrait pas avoir trop de souci à se faire. Après avoir été successivement ministre des Transports et du Tourisme puis du Commerce avant d’atterrir au département de la Santé où il a été fait ministre d’Etat, il est incontestablement l’un des doyens qui a réussi à traverser les gouvernements Kadré Désiré Ouédraogo, alias KDO, Paramanga Ernest Yonli et maintenant Testicus Zorro. Est-ce la longévité qui le pousse aujourd’hui à aller voir ailleurs? Contrairement au shérif du Yatenga qui a dû quitter le navire avec beaucoup de fracas et de tracas, Yod’Afro semble vouloir quitter les affaires avant que les affaires le quittent. C’est tant mieux pour lui. La logique aurait voulu qu’il se prenne un repos bien mérité. Mais la politique a sa logique que la raison ignore.

    Son ‘’cousin’’, Le Lenga Hypocrite, que tous les scandales de routes et de ponts ont paradoxalement bétonné dans son fauteuil des Infrastructures, devrait aussi prendre congés, après plus de 9 ans de naam au gouvernement.

    8e2e0328b129ce10975c3e932749b9ba.jpgJean-Baptiste Compaoré, le très enraciné argentier du gouvernement, serait également sur le point de départ. Aurait-il demandé à aller voir ailleurs ou serait-il simplement dépassé par la gestion de la vie chère qui lui a fait pousser quelques cheveux blancs supplémentaires? Ce proche de la famille présidentielle passe également pour ceux qui ont le plus partagé le naam gouvernemental. Avant d’être ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Finances et du Budget en novembre 2000, il a été Secrétaire général du Premier ministre de 1996 à 2000. Confirmé ministre plein en juin 2002, il aura été longtemps un homme du sérail. A l’instar des autres crocodiles du même marigot, il n’ira pas nécessairement boire ailleurs. Il est probable qu’il reste tout près, ici au Faso, ou ailleurs dans les ambassades encore vacantes ou qui vont l’être par les prochains jeux de chaises musicales qui ne manqueront pas au cours des prochaines semaines.

    C’est, du reste, par ce jeu dont le Blaiso seul tient la manivelle que Calife Diall’Eau, ci-devant ministre d’Etat remanié à la dernière fête de Pâques, serait sur le point d’être le prochain ambassadeur du Faso à Vienne, en Autriche. Apparemment, les choses auraient été calées depuis belle lurette, mais on attendait d’officialiser le point de chute de Béatrice Damiba, désormais ex-ambassadeur, pour positionner Gorba. C’est chose faite à la tête du Conseil supérieur de la Communication (CSC) où Béa remplace Tiao promu ambassadeur à Paris. Et le shérif du Yatenga remplacera donc Béa. Visiblement, les ambassadeurs - anciens et nouveaux promus - ont le vent en poupe. Tout porte à croire qu’ils sont les meilleurs pions sur le damier du Blaiso.

    c0313fe17a588d09f1cddb1c615d0c7d.jpgOn peut aussi croire que la période des vacances sera la plus appropriée pour ce remaniement ministériel. En tout cas, avec les vacances prématurément provoquées à l’Université de Ouagadougou, le front social est si calme que le Blaiso s’est permis le coup de la dernière augmentation du prix du carburant à la pompe. Une mesure qui est tombée comme un terrible coup de massue dans la mare de la vie chère. Comme on pouvait s’y attendre, la réplique des syndicats n’est allée guère au-delà des colonnes des journaux. Rien à avoir avec la grève des transports qui a paralysé Abidjan à l’issue de la dernière hausse des prix des hydrocarbures au pays de Gbagbo. C’est connu. Au Faso, les syndicats n’osent guère sonner la charge sans leurs bras armés naturels que sont les élèves et les étudiants. En l’absence des frondeurs de service, il n’a donc pas été difficile pour le gouvernement de faire avaler la pilule du relèvement du prix du jus.

    Avec une fin d’année scolaire et académique aussi calme, il faut peut-être s’attendre à ce que le Blaiso choisisse d’en profiter pour recadrer le gouvernement. Au cas où il aurait plus de sortants que d’entrants, ce sont les vacances gouvernementales elles-mêmes qui ne seront plus nécessaires. Les nouveaux promus n’auront plus qu’à se préparer pour affronter les angoisses qui ne manqueront pas à la prochaine rentrée des classes.