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Investigations

  • Faut-il brûler Sarkozy?

     

    Voici une lettre édifiante du franco-béninois Olympe Bêly-Quenum que je ne pus m'empêcher de partager. Des lettre comme ça, il en faut beaucoup, surtout à l'endroit d'une certaine opinion française qui croit trop facilement que les nègres sont des nez-percés. Loin de moi tout esprit de m'opposer à une quelconque loi sur "l'immigration choisie". Je crois qu'il aurait plus de bonheur à vivre en Afrique si certains irresponsables de l'Etat français ne continuait pas à entretenir la racaille politique qui nous gouverne. Au nom d'un intérêt égoïste que des gens comme Sarkozy feignent de ne pas voir. Lisez plutôt la lettre du grand frère..

    MONSIEUR  NICOLAS SARKOZY AU BÉNIN

     

    Par  Olympe BHÊLY-QUENUM

     

    Revenir à soi, ce n’est pas s’installer chez soi, fût-on dépouillé de tous acquis ;

    c’est, comme un étranger, être pourchassé jusqu’à chez soi,

    contesté dans son identité et dans sa pauvreté même.

     

    Emmanuel Levinas.

    Entre-nous. Essais sur le penser-à-l’autre.

     

     

    Monsieur Nicolas SARKOZY, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, président de l’UMP effectuera un voyage au Bénin ; à quel titre ? ministre d’Etat ? président d’un parti politique ? touriste ? S’il y est en tant que touriste, il n’y aura aucune différence entre lui et les autres touristes ; président d’un parti politique français, il y sera accueilli par les militants de ce parti présents sur le sol béninois, qu’ils soient Africains ou Blancs : le Bénin est un pays d’accueil, de courtoisie et de gentillesse ; les tout premiers Blancs débarqués sur la terre de nos ancêtres les Nègres étaient Portugais et une foultitude de leurs descendants y vivent de générations en générations depuis des siècles. Ce n’est pas au Bénin qu’on ferait une dichotomie entre les citoyens béninois en montrant du doigt une catégorie spécifique.

    Je souhaite que monsieur Nicolas Sarkozy, s’il venait au Bénin en tant que ministre d’Etat représentant de la France, qu’il y soit reçu avec la courtoisie et la gentillesse qui, avec la béninoiserie, sont des idiosyncrasies de notre peuple ; sans plus : pas de danses traditionnelles, ni liesse populaire, etc. Il y va de la fierté et de la dignité de notre peuple de ne jamais s’incliner devant quelqu’un, ni de se réjouir en l’accueillant, après qu’il a eu péroré par deux fois : «Il y a plus de médecins béninois exerçant en France qu’au Bénin ».

     

    On ne sait pas si monsieur Sarkozy rentrait d’un voyage en Afrique où il aurait subi une agression de mouches tsé-tsé, quand il a eu l’idée géniale de pointer son index vers la catégorie de citoyens français que sont en France les médecins béninois ; le Dahomey, devenu Bénin, était une colonie française ; si le droit d’aînesse existait dans la nationalité française, il serait opportun de souligner que nombre des médecins béninois exerçant en France sont Français avant monsieur Sarkozy. Voilà une réalité qu’on ne devrait pas oublier, mais foin d’une telle réalité quand le mépris et la xénophobie sont en action dans le tréfonds de ceux qui, à pas feutrés, avancent vers la xénophobie, l’exclusion et un racisme caractérisé en parlant d’immigration sélective, d’intégration, et tutti quanti.

     

    Les propos de monsieur le ministre de l’Intérieur m’avaient fait réagir en soulignant qu’après les médecins, ce serait les avocats, les ingénieurs, les retraités béninois qui seraient plus nombreux en France qu’au Bénin natal ; monsieur Sarkozy aurait-il omis que ces médecins-là sont français ? Il est vrai qu’ils sont avant tout des Nègres ; monsieur le vicomte de Villiers lui a vite emboîté le pas. Birds of a feather flock together ; je préfère le dicton anglais au français « qui se ressemble s’assemble » :  physiquement, physiologiquement, monsieur Sarkozy et monsieur le vicomte de Villiers sont les deux faces d’une médaille ; mais sur le plan politique, leur feather, leur plumage, c’est de plus en plus blanc bonnet et bonnet blanc ; alors ils se copient, expriment les mêmes idées dans leurs caresses aux électeurs de droite et de l’extrême droite, recourent au même vocable en parlant des pays africains, notamment du Bénin.

    A Télé Matin (France 2) monsieur le vicomte a fait état de l’aide que lui-même ou la Vendée apporte au Bénin où il fut heureux d’être accueilli par de petits Béninois agitant le drapeau français. Je ne fais jamais ostentation de mes dons ; en parler à la télévision est vaniteux. Qui, au Bénin,  avait demandé quoi à monsieur de Villiers? Voilà qui me révolte et j’exhorte mon pays à cesser d’accepter des dons permettant de l’humilier.   

     

    Le candidat Yayi Boni faisait sa campagne électorale en ressassant le mot Changement ; j’ai appelé le peuple à voter massivement pour Yayi Boni ; l’ex-candidat élu président de la République du Bénin devrait…doit prouver qu’il y a un début de changement, en n’invitant pas le peuple à se mettre en liesse pour accueillir celui qui avait montré du doigt, comme s’ils étaient des pouilleux, des galeux, des mafieux, les médecins béninois dont les grands-pères, pères ou oncles avaient, au nom de la France alors Mère Patrie, fait des guerres qui n’étaient pas celles des Nègres ; ceux qui y ont été zigouillés l’ont été à la merci de cette Mère Patrie ; les rescapés, diminués, éclopés, perçoivent de honteuses retraites discriminatoires.

     

    Il faut le dire aussi : si, non seulement l’œil en coin, mais aussi en pérorant, un ministre de l’Intérieur français attire l’attention du peuple français sur des Africains, citoyens français parfaitement en règle avec la législation de l’ex-Mère Patrie, il serait temps que, légitiment, les chefs d’Etat africains se préoccupent des sans-papiers Gaulois qui sont légion en Afrique : huit ans d’enquêtes sociologiques sur le terrain objectif m’avaient permis d’appréhender ce problème sommairement décrit dans un roman (C’était à Tigony, édits Présence Africaine) dont quarante-cinq exemplaires envoyés (service de presse) à des journaux de l’Hexagone l’ont été en pure perte ; je le savais mais il faut l’expliciter : il y a des problèmes africains auxquels ne devraient pas toucher les écrivains africains qui ne caressent pas dans le sens du poil, n’exécutent pas des ronds de jambe et abhorrent la servilité.

     

    Benoît Illassa a vu juste en écrivant, à propos de ma riposte contre la déclaration de monsieur Sarkozy : « Seul le doyen Olympe B. QUENUM avait alors pris sa plus belle plume pour écrire aux journaux français. Depuis, il a été censuré par les médias français. »

    Je remercie mon compatriote de rappeler l’attitude des médias français à ce sujet ; mais mieux qu’une censure, l’ostracisme remonte à la publication de C’était à Tigony ; voici ce que j’écrivis au Rédacteur littéraire d’un quotidien parisien que je lisais depuis sa création, dont j’étais un abonné et que je ne lis plus  :

     

    « Garrigues-Sainte-Eulalie, 28 octobre 01.

     

    « […] Pour ne pas aller trop loin dans les témoignages de gentillesse, je citerais une personnalité du Haut lieu qui préfère garder l’anonymat :

    « …votre Dorcas est magnifique ; splendide, Myriam l’Ethiopienne qui déclame en hébreu le Cantique des Cantiques et la Haggadah ; vous donnez, cher Ami, l’impression d’avoir connu vos personnages ainsi que le terrain sur lequel vous les faites agir ; j’ai beaucoup apprécié la pertinence de l’ observation d’Aristote et l’esprit d’à-propos de ce journaliste irlandais ; bref, votre roman, très charpenté, est beau, fort bien écrit et, vous connaissant un peu, j’ose dire que son efficacité tient de votre personnalité…A cause du cynisme avec lequel vous avez peint ce Gaëtan chargé de tout (j’en doute d’ailleurs car il en reste certainement dans vos fichiers) ce que vous avez pu constater -vous êtes fondamentalement un homme des constats- ou pu endurer dans la fonction publique internationale, je serais étonné que la presse française fasse bon accueil à C’était à Tigony. Géographiquement, où se trouve cette ville ?  »

     

    « Eh bien, pas une ligne d’écho dans les 45 journaux, magazines et chaînes de TV auxquels des exemplaires de service de presse ont été adressés. Conspiration du silence ? Je ne crois pas ; indifférence ? Peut-être, mais je suis mithridatisé ; à la mort de Mongo Béti, LIBE m’a envoyé, comme à bien d’autres, un e~mail pour connaître mon témoignage à son sujet ; RFI m’avait appelé peu après l’annonce de son décès et j’avais dit mon estime et mon chagrin. Quand viendra mon tour, il serait préférable que perdure le silence. »

    *

    Voilà ce qui se passe quand, ancien professeur de lettres, écrivain ayant travaillé pendant des années autant à l’ancrage qu’à l’expansion de la langue française en Afrique - notamment anglophone- on a la fierté et l’orgueil de n’être ni cloporte, ni ver de terre. Je suis convaincu que dans l’Hexagone où je vis avant la naissance de monsieur Sarkozy et de monsieur le vicomte de Villiers, le moment viendra, assez vite, où les birds of a feather en arriveront à demander ce que font en France les vieux Nègres de mon espèce, qu’ils soient médecins, banquiers, avocats, industriels, retraités ou éboueurs.   

     

    Je ne veux pas m’insurger contre le jeune gouvernement de mon pays, après m’être battu pendant les deux dernières magistratures Kérékou, pour qu’il y ait un changement en profondeur ; mais je dis et l’écris : j’invite le peuple à la désobéissance civique si le gouvernement lui demande de se revêtir de ses beaux atours ou de danser pour accueillir monsieur Sarkozy, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur.

     

    Olympe BHÊLY-QUENUM

     

  • Si nos amis français étaient mieux informés!

    Voici l'extrait d'une lettre que m'a envoyé mon amie F 16. Elle m'a tellement édifié sur ce que je crois profondément des relations entre les français et les africains que ne je n'ai pas résisté à la tentation de le partager. La leçon: nos amis et frères français gagneraient à être mieux informés sur les conneries que font certains de leurs compatriotes dans nos pays. Sans oublier les soutiens inconditionnels aux dictateurs qui confisquent nos libertés et handicapent notre initiative historique... 

    "....sur Bolloré... ou Guy André Kieffer, ou les deux, qui sait si leurs histoires ne sont pas liées! Je crois que Bolloré (Vincent, industriel français) est bien implanté dans le café et le cacao, domaine dans lequel Kieffer enquêtait! Démonter un véritabe "Clearstream" africain ou plutôt françafricain... Lutter contre la corruption des "grands et puissants" de ce monde. Malheureusement cela me semble souvent bien difficile à faire, d'autant plus en Afrique où, plus je me renseigne sur les différentes affaires, plus je me rends compte que l'impunité règne en maître. Souvent, j'ai honte de mon pays, j'ai honte de l'ignorance de la population française sur les actes de ses dirigeants... Plus qu'un exemple de démocratie, nous sommes un pays où règne mésinformation et silence sur bon nombre d'affaires. Les medias préfèrent nous informer sur les violences exercées dans les banlieues, que celles faites par les industriels, politiciens et financiers français : cf : Clearstream, un combat de coq pour dissimuler de grosses histoires de corruption. Parce qu'elles ont existé, mais en n'en parlant autant, ils ont réussi à faire disparaître la vraie clef du problème... Enfin bref, voilà pour mon coup de gueule du jour. Vraiment "ça c'est grave!"..."

     

    T'as raison ma chère amie. C'est vraiment grave. 


     

  • On s'est planté

    La curiosité médiatique de l’après mise en bouteille du Blaiso nouveau était sans conteste le sort du Premier ministre, Che Yonli. D’aucuns n’étaient pas allés par quatre chemins pour pousser le «tapeur de sable» de Tansarga vers le terminus. En tout cas, la plupart des canards se sont trouvé une âme de marabout pour non seulement prédire de potentiels premiers ministrables qui n’attendraient que la fin du haricot pour être mis en selle. Que nenni !

    Une fois encore, les scribouadrs se sont plantés. Blaise Compaoré semble avoir déjoué tous les augures, même les plus optimistes, en reconduisant Paramanga Ernest Yonli à la tête du gouvernement. Notre confrère L’Observateur paalga, qui se croyait dans le secret de la présidence du Faso en révélant que l’enfant terrible de Ziniaré «cherche P.M. pour quinquennat difficile», a dû se mordre la plume pour être royalement passé à côté de la plaque. Probablement lassé par ce qu’il considère comme la valse-hésitation du Blaiso, le doyen des canards privés a bouclé trop tôt, jeudi, son édition du vendredi 8 janvier sans plus attendre de nouvelle de la présidence. C’est justement au moment où il ne s’y attendant plus que le mystère a été dévoilé, rendant anachroniques les titres de L’Obs. et de l’Express du Faso. Le second avait cru donner plus de piment au suspense en affichant les photos des «cinq candidats les plus sérieux».

    En revanche, plus éclairée - au propre comme au figuré -, la TéNéBreuse a agréablement créé l’événement en balançant le scoop - la reconduction de Yonli comme PM -, dès l’après-midi du jeudi 7 janvier au cours d’une édition spéciale aux environs de 14 h 30. Dans la mouvance des bons points qu’elle a engrangés dans la gestion unanimement reconnue de la présidentielle du 13 novembre 2005, la télévision nationale a damé le pion à tout le monde. Et pour ne pas s’arrêter sur si bon élan, c’est également avec la même diligence que le service du Journal télévisé a fait irruption sur le plateau de la télévision, vendredi 8 janvier aux environs de 21 heures 30 - soit après le JT du soir et avant celui de la nuit - pour livrer la composition du gouvernement Yonli III.

    En dribblant les pronostics des médias, le Blaiso nouveau laisse, sans doute, un arrière-goût amer aux confrères qui croyaient prédire les stratagèmes. Pour une fois, le «tapeur de sable» de Tansarga se serait légitiment amusé de ceux qui ont rangé son étable sans même chercher à le consulter.

    Par ailleurs, en rompant le protocole non écrit pour annoncer la démission, la reconduction et la composition du nouveau gouvernement en dehors des heures normales de journaux télévisés, la direction de la télévision nationale jette une lumière nouvelle dans la conception de l’information à la TéNéBreuse.

    Certes, la télévision était dans son rôle de média chaud en annonçant, la veille, ce que la presse écrite devait attendre le lendemain pour expliquer. Mais, pour une fois où le train arrive l’heure, cela mérite d’être relevé non pas pour faire l’éloge de ceux qui n’ont fait que leur devoir, mais pour montrer que quand on veut, on peut. Sans être véritablement un événement, c’est sans conteste un bon point pour le service public, comme on aimerait le voir plus souvent accompli par tous les médias et particulièrement par les médias d’Etat. C’est un défi qui mérite d’être constamment relevé non seulement en début de mandat, mais tout au long du quinquennat.