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Information et relations internationales

  • TéNéBreuse politisation de la politique

    Plus que jamais le sport est devenu un allié incontournable de la politique au Faso. Ceux qui nous gouvernent ou aspirent à le faire l’ont tellement compris qu’ils parrainent ou marrainent à tour de bras des compétitions sportives dont le vrai enjeu n’est autre que politique. Ils font feu de tout bois et c’est de bonne guerre. Mais le hic, dans ce jeu des ombres, est que le magazine des sports de la télévision nationale est littéralement pris en otage par des politiciens en manque de visibilité.

    En lieu et place de reportages, comptes rendus de rencontres sportives et autres résultats de matchs, le rendez-vous sportif des lundis et vendredis est devenu une autre tribune de meetings politiques. Les coupes de députés, de ministres, de maires et autres prétendants aux strapontins ont fini par ravir la vedette au championnat national de football, sans compter les autres compétitions sportives, qui, à force d’être pratiquées en vase clos, finissent par devenir l’ombre d’elles-mêmes.

    Pendant ce temps, le service sportif de la TéNéBreuse pompe allègrement les images de championnats européens pour agrémenter la page étrangère du magazine des sports. Comme si les spectateurs d’ici n’avaient droit qu’à ces “coupes” insipides où l’enjeu politicien tue le jeu. Comment peut-on faire la promotion du sport de haut niveau si notre télévision passe le plus de son magazine des sports à faire les plus gros plans sur des manifestations politico-mercantiles qui se camouflent sous des appellations de compétitions politiques?    

    Comme l’a si bien relevé Gilbert Cesbron, “la télévision fabrique de grands hommes pour petites gens”. Et tous ceux qui gèrent un espace de pouvoir le savent très bien. Aussi, lorsqu’un homme politique ou opérateur économique accepte de parrainer un événement sportif, c’est d’abord parce qu’il est sûr d’en tirer des dividendes pour son positionnement actuel ou futur. C’est à juste raison qu’ils font feu de tout bois, sautent sur toutes les occasions qu’on leur offre pour se mettre en valeur. Logiquement, ce n’est donc pas les parrains et autres donateurs de coupes qui refuseraient le bonus de voir passer leurs manif’ à la télé. 

    La politisation du magazine des sports n’est ni plus ni moins qu’un piège dans lequel la TéNéBreuse est tombée. En voulant partager, sans ménagement, le plaisir à des politiciens naturellement insatiables, le service des sports de la télévision nationale semble aujourd’hui confronté à un dilemme. Mais jusqu’à quand le téléspectateur, qui a aussi droit à un “plaisir partagé” bien ordonné, doit subir ce jeu de dupes qui consiste à lui présenter des manifestations politiques déguisées en compétitions sportives?

    L’on se souvient que lorsque la télévision nationale est montée sur le satellite pour porter plus haut les images du Burkina, tout le monde s’est accordé qu’elle n’avait plus droit à l’erreur. Elle devrait se donner les moyens et les coudées franches pour présenter des images compétitives. Force est de constater qu’une de ses émissions phares, le magazine des sports, est à la croisée des enjeux. Le sinistre des Sports, Jean-Pierre Palm-Beach, a montré la voie en nettoyant les écuries de supporters. Il faut peut-être que son collègue de l’Information aussi reçoive l’ordre de mettre de l’ordre dans la médiatisation du sport. Il n’est jamais trop tard pour faire autrement, surtout si on veut bien faire.

  • Des sénateurs qui ont des couilles

    Le Nigeria va-t-il échappé à la tentative du président Olusengu Obasanjo de tripatouiller la Constitution pour s'éterniser au pouvoir? Jusqu'au début de la semaine dernière, rien n'était sûr. Heureusement des sénéteurs, qui semblent avoir pris la mesure du danger qui plane sur leur pays, ont mis un coup d'arrêt à cette machination saugrenue. Même si le clan du président ne s'avoue pas encore vaincu, il faut reconnaître que ces sénateurs là ont des couilles pour parer aussi promptement à l'assaut du "monstre".

    Ah! la boulimie du pouvoir. Tant que les Etats africains auront à leur têtes ces monstres, on parfois tenté de croire que le continent est frappé de malédiction. L'Afrique a assez souffert pour continuer à l'être. Et puis, on devrait aussi dénoncer toutes ces puissances économques qui tirent les ficelles des marrionnettes qu'elles veulent maintenir au pouvoir. S'il est vrai que ces "insatiables" qui nous gouvernent aiment certainement le pouvoir, il ne l'est pas moins que des puissances économiques connues de tous les y poussent.

    Le président tchadien Idriss Déby-Itno voulait son 3e mandat; n'a t-il pas réalisé son rêve, contre vents et marrées avec avec la bénédiction de la France de Jacques Chirac ? Que dire de Bongo, de Sassou,... de feu Eyadéma et autres? Que la soi-disant communauté internationale arrête de distraitre les africains.


  • Les fleurs du rap

    Lorsqu’il y a environ une décennie des gens un peu fougueux se sont jetés dans le RAP, on n’a pas donné cher leur avenir. Tel que distillé par les médias en ces années-là, le hip-hop apparaissait comme un mouvement de «voyous» et de «drogués» en mal de sensations musicales. Si, officiellement, on n’a pas mis les bâtons dans les roues des premiers qui ont allumé le flambeau au pays des Hommes intègres, les autorités en charge de la promotion de la musique ne se sont pas laissé emballer. Mais loin de les décourager, les rappeurs ont pris leur mal en patience. Mieux, en quelques années, ils ont transformé le cercle vicieux de la marginalisation en un cercle vertueux qui a fait aujourd’hui du hip-hop burkinabè une véritable force socio-artistique avec laquelle il faut compter.

    Du reste, la télévision nationale du Burkina n’a pas voulu être en reste du petit ruisseau qui s’est imposé aujourd’hui comme un fleuve tranquille. En lui ouvrant ses ondes par une émission hebdomadaire dénommé «All Flowz», la TéNéBreuse jette désormais sur le RAP burkinabè la lumière médiatique qui le sort du ghetto et brise les chaînes de la marginalisation injustement collée à la peau des jeunes qui pratiquent ce genre musical. C’est aussi et surtout la reconnaissance des talents et du mérite d’une jeunesse burkinabè qui a incontestablement réussi à inculturer le hip-hop.

    En effet, si au début certains rappeurs pouvaient se croire aux States au lieu de puiser leur inspiration dans les profondeurs de la culture du Faso, le défi est proprement relevé aujourd’hui. Depuis la mythique invite du groupe Wemtenclan à ne pas prendre le large sous prétexte que «Ici au Faso, la vie est dure… », les jeunes gens qui ont choisi ce genre musical se sont donné la mission d’adoucir les angoisses de leurs camarades et compatriotes qui ne semblaient pas voir le bout du tunnel. Avec des flows comme «Juste 1 peu de lumière» du groupe Yeleen, «Viim ya Kanga» («La vie est dure», en mooré) de K-ravane, en passant par «Panangtchi, pananzoé» («On ne va pas mourir, on ne va pas s’enfuir») de Faso Kombat, etc., la thématique rappologique est descendue dans l’arène des réalités quotidiennes où toutes les franges sociales - pas seulement des jeunes fougueux - trouvent leur compte.

    Au lieu de déboucher sur des groupes antagonistes qui se liguent les uns contre les autres, le hip-hop burkinabè offre, jusque-là, le bel exemple de jeunes qui fraternisent, produisent des albums ensemble et se produisent ensemble sur les mêmes scènes. L’incontesté et l’incontestable Serge Bambara, alias «Smokey», ne donne pas moins le bel exemple en produisant les plus jeunes. Tous ou presque les nouveaux groupes ont reçu le coup de pouce de ce métis franco-bissa qui a le rap à fleur de peau.

    En une décennie, les acteurs du mouvement rap auront agréablement surpris par sa production qualitativement prolixe, sa maturité, son intégration dans la culture burkinabè et  son originalité. C’est à l’honneur de ces jeunes qui ont accepté de mettre leurs talents à l’épreuve du temps et des exigences de ce genre musical universel auquel ils ont réussi à donner des touches burkinabè. Ce n’est pas par hasard, encore moins par complaisance, que des sociétés nationales et pas des moindres font confiance à l’une des valeurs sûres du rap burkinabè qui vient de célébrer pour la 3e fois consécutives les «72 heures Yeleen». Après «Juste 1 peu de lumière», son premier album qui l’a propulsé au-devant de la scène, ce groupe est aujourd’hui à son 3e album, baptisé «DAR ES SALAM». En plus, il a produit d’autres groupes moins nantis, dont Awa Sissao, la nouvelle étoile montante de la musique burkinabè. Pour des fleurs aussi prometteuses du rap, on ne peut que faire un big up.