16.11.2009

Le Burkina à l'épreuve de l'incivisme fiscal

I 3.jpgDepuis quelques semaines, la Direction générale des impôts est en guerre contre les entreprises qui n’honorent pas leurs engagements vis-à-vis du fisc. Les fins limiers des différentes divisions fiscales multiplient des contrôles inopinés dans les boîtes pour distribuer de bons et de mauvais points. Mais comme ils devaient s’y attendre, le nombre de mauvais élèves est malheureusement encore supérieur à celui des bons. Ils sont légion, les entrepreneurs, commerçants et autres opérateurs, à se faire prendre en flagrant délit de non-paiement des sommes dues au Trésor public, de non-reversement de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), ou encore des cotisations sociales dues à leurs employés.

L’incivisme fiscal a la peau dure au Faso. La gangrène semble difficile à éradiquer, et pour cause. Si l’on peut se féliciter de la volonté du pasteur Testicus Zorro de mettre de l’ordre dans les Finances publiques et d’imposer une certaine discipline dans l’environnement des affaires, force est de constater que les mauvaises habitudes qui persistent de chaque côté ne lui facilitent pas du tout la tâche. La grande majorité des opérateurs économiques du Burkina n’a pas encore intégré le paiement des impôts et des différentes taxes dues au fisc comme une obligation dont ils doivent obligatoirement et volontairement s’acquitter.

Ils préfèrent toujours feinter l’Etat plutôt que d’honorer leurs engagements. Et lorsqu’adviennent les contrôles, ils usent de toutes les astuces imaginables pour ne pas payer ce qu’ils doivent. Les tactiques les plus usitées en la matière restent la falsification des documents comptables et la corruption des agents des Impôts. C’est peu de dire que la comptabilité de beaucoup d’entreprises qui font des affaires dans le pays ne respecte pas toujours les règles éthiques. Entre les comptes qui sont présentés aux contrôleurs des impôts et la réalité des recettes et des charges de l’entreprise, le fossé est parfois abyssal. La transparence n’est pas encore la chose la mieux partagée. Le sport favori est de brouiller le plus possible les pistes afin de continuer à gagner beaucoup d’argent tout en payant très peu d’impôts. C’est un jeu de cache-cache quasi institutionnalisé qui s’est installé dans les rapports entre les entreprises et la Direction générale des impôts.

I 1.jpgDans ce jeu, qui devient logiquement malsain, ce sont les plus malins qui se sucrent le plus. Conscients que les entreprises ne respectent pas toujours les règles, certains agents du ministère de l’Economie et des Finances n’hésiteraient pas à exploiter cette faille pour empocher des sommes indues afin, diraient-ils, d’effacer les ardoises ou de fermer les yeux. Ainsi sont nées les brebis galeuses qui s’enrichissent en un temps deux mouvements, bâtissent des villas somptueuses à Wagda 2000, roulent dans les grosses cylindrées alors qu’ils ont à peine 5 années de carrière et que leurs salaires n’ont connu aucune avancée substantielle. La situation de ces agents qui s’enrichissent subitement est du reste connue de leurs supérieurs hiérarchiques qui, curieusement, n’osent même pas s’interroger sur l’origine de leur fortune ostentatoire. Le pire c’est qu’ils sont quelquefois présentés ou enviés (c’est selon) comme des modèles de réussite sociale. Et pourtant, tout le monde est convaincu que ce ne sont que des affairistes, des dealers qui polluent impunément l’environnement des affaires.

Par ailleurs, on connaît aussi des entrepreneurs et des opérateurs économiques qui n’ont coutume que de régler leur problème de fisc dans les couloirs obscurs du service des impôts. Ceux-là n’ont ni recours aux voies légales de remise de taxes dues, ni de demande de paiement à tempérament de ce qu’ils doivent. Ils préfèrent graisser les pattes des fonctionnaires plutôt que verser le moindre kopeck dans les caisses de l’Etat. Certains sont passés maîtres dans l’art d’utiliser leurs relations administratives et politiques pour solder leurs comptes. Ils sont convaincus qu’il suffit d’avoir les bras suffisamment longs pour passer à travers les mailles des filets. Vrai ou faux ?

La promiscuité entre des opérateurs économiques et des acteurs politiques de haut rang n’est pas toujours de nature à favoriser le civisme fiscal au Faso. Car il est reconnu que les grands commerçants et autres entrepreneurs qui financent les activités des partis politiques ou sponsorisent des manifestations caritatives organisées par des personnalités attendent toujours un retour d’ascenseur. Soit en termes de marché, soit d’exonération d’impôt, ou de couverture en cas de pépin avec l’Administration en général ou le service des impôts en particulier. Tout compte fait, ils ne sont pas généreux pour rien. Le hic c’est que cette générosité a des effets polluants sur l’environnement des affaires. Dans le jeu du chat et de la souris entre le service des impôts et les acteurs du monde économique, il y a aussi ceux qui comptent sur leur lien de sang avec tel ou tel môgô puissant du régime pour échapper au fisc et à toute forme de contrôle.

I 2.jpgCeux-là s’adonnent à tous les écarts possibles. Et lorsque surviennent des impairs, c’est toute la république qui est éclaboussée par leur gaffe. Dans ce lot, on cite les beaux-frères, les belles-sœurs, mais aussi les belles-mères proches ou lointaines. Ainsi, dans l’affaire peu reluisante de « chèques roses » dans laquelle deux personnalités importantes du ministère de l’Economie et des Finances sont impliquées, certains sont déjà convaincus que ceux-ci joueront de leurs « liens de sang » pour se tirer d’affaire. Mais apparemment, l’affaire est plus sérieuse qu’on ne peut l’imaginer, puisque les intéressés auraient été déférés à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco) en attendant qu’ils soient situés sur leur sort. Ce malgré leur statut et leurs relations. Le pasteur Testicus Zorro pourra-t-il résister aux « interventions » et autres influences dans sa croisade contre l’incivisme fiscal ou laissera-t-il passer les gros poissons à travers la nasse ? Il est peut-être encore trop tôt pour en juger. Ce qui est sûr, c’est que ce nouveau front ne sera pas de tout repos pour lui. Mais c’est seulement lorsqu’il ira jusqu’au bout qu’il pourra prouver sa ténacité et donc sa capacité à briser ces mauvaises pratiques qui plombent dangereusement l’économie burkinabè

28.08.2009

Que devient le dossier de la bavure policière de Boulpouré?

B 1.jpgEn décembre 2005, une procédure judiciaire a été ouverte contre X suite à la découverte de 4 corps criblés de balles et abandonnés en brousse, dans le village de Boulpouré, sur la Départementale n°1, Ouaga-Kongoussi.  La justice s’était ainsi mise en branle sur une plainte du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (Mbdhp) et des familles des victimes. Il avait été établi, à l’époque, qu’il s’agirait d’une bavure policière consécutive à une traque de coupeurs de route. Les forces de l’ordre se seraient trompées de cibles. Les premières investigations avaient orienté les regards vers la Direction des compagnies d’intervention rapide (Dcir), l’actuelle Compagne républicaine de sécurité (CRS). Quatre années après, les plaignants attendent toujours que les auteurs de cette bavure policière soient identifiés, jugés et punis, conformément à leurs actes. Hélas! L’appareil judiciaire se hâte lentement.

Le 10 janvier 2006, Me Halidou Ouédraogo, alors président du MBDHP et fraîchement investi de sa nouvelle mission de «défenseur de la veuve et de l’orphelin», s’est constitué conseil aux côtés des parents des suppliciés de Boulpouré. Malheureusement, cette période a coïncidé avec ses propres ennuis de santé. C’est donc entre ses différentes hospitalisations et évacuations sanitaires à l’étranger que l’intrépide avocat défenseur des droits humains a déposé les éléments nécessaires pour le traitement du dossier. Mais il a fallu attendre le 10 janvier 2007, soit une année après, pour que le juge en charge de l’affaire lui signifie que le dossier a été transmis au Parquet de Ouagadougou. Malgré ce temps qui paraît long aux yeux des profanes, Me Halidou Ouédraogo pense que «C’est un exploit». Qu’à cela ne tienne.

B 2.jpgPendant ce temps, les familles des victimes sont inconsolables. Elles ne voient rien venir. Naturellement, il leur est difficile de faire le deuil de leurs parents fauchés, aussi longtemps qu’ils ne connaîtront pas la vérité sur les circonstances de leurs disparitions tragiques.

En effet, ce sont 2 ouvriers (Jean-Baptiste Nacanabo, né en 1980, et Abdoul Aziz Ouédraogo, né en 1984), 1 chauffeur  (Adama Sawadogo, né en 1977, fils unique et unique soutien de son père) et 1 passager qui ont été pris au piège de l’opération de police. Les 3 ouvriers étaient employés par l’entreprise de construction General Eco, sise dans les environs du marché de Sankaryaaré à Ouagadougou. Ils rentraient alors d’un chantier situé à Rollo, dans la nuit du 7 au 8 décembre 2005, à bord d’un camion de transport de matériaux de construction. Trois jours après qu’ils urent quitté leur point de départ, leur patron n’avait toujours pas de nouvelles d’eux. Il s’était alors mis à les chercher partout. C’est pratiquement 9 jours après, soit le 14 décembre, que la découverte macabre a été faite. Avant, ce fut la croix et la bannière pour être situé. Il a fallu que le patron de General Eco apprenne que son camion était cloué au commissariat de police du département de Dapélogo pour voir enfin le bout du tunnel. Mais c’était sans compter avec un jeu de cache-cache de la police qui ne semblait pas disposée à laisser jaillir la lumière sur ce qui est arrivé à ses employés.

Au commissariat de Dapélogo, on lui a juste laissé entendre que le camion a été immobilisé par des policiers venus de Ouagadougou. Dans la capitale, il lui a fallu marcher plusieurs fois entre l’état-major des CRS, la direction régionale de la police judiciaire et la Sûreté nationale pour enfin tomber sur un certain Almissi qui était censé détenir le secret du dossier. C’est auprès de ce cadre de la Police nationale qu’il va apprendre finalement que ses employés ont été pris en flagrant délit comme coupeurs de route. Et c’est pour cette raison qu’ils ont été liquidés sans autre forme de procès.

B 3.jpgComme il fallait s’y attendre, cette information n’a convaincu ni le P-DG de General Eco, encore moins les familles des victimes. Même si les malheureux ouvriers avaient été pris sur des faits de braquage sur la route, cela pouvait-il justifier que des policiers en opération les envoient ad patres et jettent leurs cadavres dans la brousse? Indéniablement, les éléments envoyés en expédition punitive ont franchi le rubicond. Ils ont eu la main trop lourde et surtout aucun respect pour la vie humaine.

En effet, sur les lieux où les corps ont été balancés, on a pu dénombrer 38 douilles de kalachnikov. Plus accablant pour les auteurs de cet horrible carnage, les restes découverts 9 jours après le forfait portaient des fractures diverses et des parties amputées. Après avoir été probablement liquidés sur la voie, ils ont été traînés à 150 m du lieu du crime à la merci des charognards et des chiens. Ce qui peut laisser présager d’un acte consciemment exécuté et non d’une simple erreur de cible. C’est, du reste, suffisamment grave pour demander des comptes à la hiérarchie policière.

En s’associant aux familles des suppliciés de Boulpouré pour porter plainte contre X, le MBDHP ne s’attendait pas à un marathon judiciaire aisé. Quoi que des soupçons sérieux pèsent sur la police, notamment sur des éléments de la CRS, l’organisation de défense des droits humains a choisi de ne pas devancer l’iguane dans l’eau. De sources proches du dossier, il y aurait eu trois personnes inculpées. Le sont-elles toujours?

Même si l’issue de la bataille judiciaire semble encore loin, elle aura eu le mérite de faire avancer les choses. Le dossier est déjà passé du Parquet de Ouaga à la Chambre d’accusation où il peut encore subir les derniers réglages si on estime que les faits ne sont pas suffisamment constitués. Pour l’heure, on ne saurait dire si des personnes ont été nommément inculpées ou non. Le voile du secret d’instruction ne permettant pas d’aller au-delà, il ne reste plus qu’à attendre le fameux arrêt de renvoi qui pourra permettre de l’enrôler pour le jugement.

B 4.jpgPendant ce temps, le camion-benne de la société de construction General Eco est toujours bloqué au commissariat de police de Dapélogo. Si l’on estime que ce type de véhicule se loue à environ 75 000 F par jour, force est de constater qu’en 4 années d’arrêt, c’est toute une fortune qui est ainsi perdue. Et rien ne prouve qu’il sera récupérable à la fin de cette histoire. Visiblement impatient de voir arriver le procès, l’avocat des victimes espère que le dossier sera enfin prêt pour les prochaines assises criminelles. Très confiant, il pense qu’«il ne peut pas se perdre dans le sable. Il doit être jugé pour l’exemple». Foi de Me Halidou Ouédraogo.

 

 

17.08.2009

L'intégration sous-régionale serait-elle un cercle vicieux?

E 1.jpgAlors que la libre circulation des personnes apparaît toujours comme une arlésienne à cause de la persistance des tracasseries et des rackets policiers et douaniers, une menace paradoxale pèse sur l’approvisionnement des pays de l’hinterland. L’entrée en vigueur du «pesage à l’essieu» fait bruyamment grincer des dents. Importateurs et camionneurs ne semblent pas avoir digéré cette nouvelle mesure de l’Union économique et monétaire ouest-africaine qui stipule que seulement 11,5 tonnes de marchandises par essieu et 51 tonnes de poids brut de camion sont autorisées sur les axes de l’espace communautaire. La décision est applicable depuis le 31 mai de cette année et les pays qui ne disposent pas encore de matériel nécessaire à cet effet ont encore jusqu’au 30 juin prochain pour se mettre en règle.
Au Burkina, le tout premier dispositif est à l’essai au niveau du poste de péage de la route nationale n° 1 Ouaga-Bobo. Il s’agit d’un pont bascule qui détermine le poids des camions qui empruntent la voie en vue de détecter ceux qui sont surchargés et de les sanctionner en conséquence. L’objectif de l’opération est de sauver nos routes d’une trop rapide dégradation à cause des mastodontes débordants de charges qui mettent le bitume à rude épreuve. Mais le hic est que l’institution de cette vérification cause un tel cafouillage au niveau des ports et des postes de contrôle qu’on se demande finalement si on n’a pas mis, encore une fois, la charrue avant les bœufs?
E 3.jpgLes différentes récriminations qui fusent depuis le mois de juin autour du «pesage à l’essieu» prouvent, sans aucun doute, que la pilule n’est pas passée, ou du moins qu’elle passe difficilement. Les premiers couacs sont intervenus au niveau de Makalondi, le poste frontière entre le Burkina Faso et le Niger. Pris en flagrant délit de surcharge, des centaines de camions ont été bloqués pendant des semaines avec les marchandises qu’ils transportaient. Premier et seul pays à se lancer dans la mise en œuvre de la directive de l’Uemoa, le Niger faisait ainsi figure de pionnier dans la préservation de ses routes. Mais cette célérité n’était pas sans désagrément pour les importateurs de ce pays enclavé et donc très dépendant des ports de Téma, de Lomé et de Cotonou pour l’approvisionnement de ses populations. En voulant jouer les bons élèves de l’organisation sous-régionale, il ne courait pas moins le risque de voir les prix des produits de première nécessité flamber dans son pays. Du reste, cela s’est vite fait ressentir au niveau du prix du riz. Les transporteurs n’ont pas manqué de répercuter le coût des taxes supplémentaires qu’ils ont dû payer avant de passer le contrôle du pesage.
Une chose est donc d’édicter des mesures pour l’ensemble de l’espace communautaire, une autre est de les rendre applicables et sans dommages. En la matière, il y a un gouffre terrible entre les normes auxquelles on aspire et les réalités du terrain. Aussi, au lieu d’être un cercle vertueux qui ouvre progressivement les Etats de la sous-région à la bonne gestion et à la compétitivité de leurs économies, l’intégration est devenue une sorte de cercle vicieux qui enferme les populations. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le respect de la charge à l’essieu a un prix. Et il faut bien que quelqu’un le paie.
S’il est vrai que les camionneurs et les importateurs n’ont pas d’autre choix que de se soumettre à cette mesure qui entre en vigueur sur toute l’étendue du territoire communautaire au plus tard le 30 juin 2010, ils ne seront pas seuls à faire face aux conséquences sur le plan financier. D’ores et déjà, il faut deux camion-remorques pour transporter des marchandises dont on chargeait un seul au moment où tout était permis. Très logiquement, il y a un supplément de coût qu’il faut combler. Et si le commerçant grossiste commence à le ressentir, il va sans dire que le consommateur n’y échappera absolument pas. Quand on sait que les affres de la crise économique mondiale pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat, «le pesage à l’essieu» ne risque-t-il pas de créer une nouvelle flambée de prix et donc de nouvelles émeutes des crève-la-faim qui ont déjà mal au prix du riz, de la farine et du sucre?
Force est de constater que le chemin de «la libre circulation des personnes et des biens» est encore long et semé d’embûches. Des embûches certes naturelles, mais également des difficultés pour les différents acteurs de l’intégration à se mettre sur la même longueur d’onde. Hier encore, on avait cru que l’adoption des mesures par les chefs d’Etat suffirait à l’harmonisation des économies. Mais la réalité a fini par rattraper le rêve. Les lourdeurs administratives et les mauvaises habitudes ont repris leurs droits. Même sur la taxe sur la valeur ajoutée harmonisée de 18%, certains Etats, et non des moindres, sont tentés de revenir en arrière. Conséquence, on fait un pas en avant et deux pas en arrière. Eu égard à ce passif, on est en droit de se demander si la mise en œuvre du «pesage à l’essieu» ne connaîtra pas le même sort que les précédentes décisions.
E 2.jpgLe moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est impératif de sauver le réseau intra-communautaire de la forte dégradation à laquelle il est soumis en ce moment. En cela, la pertinence du contrôle de la charge des camions par le «pesage à l’essieu» n’est plus à démontrer. Encore faut-il maintenant que les principaux concernés, c’est-à-dire les camionneurs et les importateurs, soient préparés à entrer dans la danse. Apparemment, ils ne sont pas prêts. Le pire, c’est de voir que les transporteurs sont obligés de perdre un temps fou pour passer sur ces ponts-bascules à la sortie du port de Téma, pour ne citer que cet exemple. Qu’adviendra-t-il, lorsque les autres pays portuaires appliqueront la mesure? Ne confond-on pas finalement vitesse et précipitation dans l’application de cette mesure? La libre circulation serait-elle un cercle vicieux difficile à rompre pour amorcer une véritable intégration? A quand ce système de transport fluide, fiable, sécurisé et rapide?

31.07.2009

Blaise Compaoré sera-t-il pris au jeu politique?

 

P1.jpgAlors que des vents de contradictions, de confusions et d’exclusions soufflent sur le giga-parti au pouvoir, on aimerait bien savoir ce que le grand manitou pense de ça. Mais hélas ! L’enfant terrible de Ziniaré est réputé être un président qui n’aime pas dire ce qu’il pense. Contrairement au président français Nicolas Sarkozy dont la propension à se répandre dans la presse est devenue un casse-tête chinois pour le Conseil supérieur de l’audiovisuel, le Blaiso adore se murer dans son légendaire silence. Sauf qu’il ne peut pas dire qu’il n’est pas au courant des passes d’armes qui ont conduit à la suspension-exclusion de son ex-lieutenant Gorba du Bureau politique national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

Du moins, même s’il dormait, comme d’habitude, pendant tout ce temps, les nombreux bruits qu’on continue de faire autour du 4e congrès de « son » parti ont dû le réveiller de son sommeil. N’est-il pas finalement le principal concerné par la question de « patrimonialisation » du pouvoir que tout le monde pense bas, mais que Salif Diallo a eu le culot de mettre en débat ? N’est-ce pas parce qu’il a osé étaler ce sujet dit « sensible » dans les colonnes de notre confrère L’Obs. qu’il est accusé aujourd’hui de crime de Blaise-majesté ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’arbre du largage de Gorba du CDP ne doit pas cacher la forêt du séisme politique provoqué par ses doutes sur les fondements du régime et surtout sur l’avenir politique même du Blaiso national. Une seule interview a suffi pour ébranler un système qui paraissait si sûr de lui.

Le remue-ménage que cela a suscité au sein de l’état-major du parti au pouvoir est la preuve d’une panique. Le show médiatique quasi instantané du Rocco a achevé de convaincre qu’il s’attendait à tout sauf à avaliser l’audace solitaire de son vice-président chargé de l’orientation et des questions politiques. En clair, l’heure n’était pas à une quelconque réforme des institutions, encore moins à une « conjecture sur le devenir du président ». De Salif ou de Roch, qui pouvait prétendre être dans les secrets de l’intention du Blaiso ? Telle est la vraie question. Maintenant que Salif a été proprement “largué” du CDP, on s’attend à ce que le Blaiso récompense Roczilla, Simon et compagnie pour avoir fait un bon boulot. Mais le hic dans ce jeu de qui-perd-gagne, c’est qu’il est bien difficile de faire la volonté d’un patron qui ne l’exprime pas clairement.

Une chose est peut-être d’exclure un camarade qui a la langue trop pendue, mais une autre est de savoir exactement ce que le chef désire. Or, en la matière, les « propositions » incriminées de Salif Diallo ne sont-elles pas plus réalistes qu’un forcing pour une nouvelle révision de la Constitution, notamment en faisant sauter le verrou de la limitation du mandat du président à « un mandat renouvelable une seule fois » comme le stipule l’article 37 de la Loi fondamentale ? N’est-il pas plus élégant de modifier le statut du président pour en faire « une reine d’Angleterre » que de modifier des dispositions constitutionnelles qui ne manqueront pas de provoquer une levée de boucliers au plan international comme on le voit d’ailleurs contre le voisin Tandja qui se croit obligé de justifier l’injustifiable ?

Comme on a pu le voir à l’issue du 4e congrès du CDP qui s’est achevé samedi dernier, il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil du Faso. Pire, le Bureau exécutif national n’exclut pas la possibilité de voir modifiée la Constitution. Pour quoi faire ?

On suppose que c’est pour ménager un boulevard au Blaiso qui devrait plutôt se marrer d’entendre le Rocco proclamer que « Même si cette question n’est pas, pour le moment, à l’ordre du jour, je pense qu’il n’y a pas une Constitution qui n’est pas susceptible de modification ». Soit. Mais lorsqu’il souligne, par la suite, que : « Le défi majeur qui s’impose à notre pays pour tirer profit de l’effort du développement continu imprimé par la mise en œuvre successive des programmes et projets de société engagés ces dernières décennies par le président Blaise Compaoré, reste la création, à l’horizon 2020, de conditions d’un Burkina émergent », cela suscite une question logique. Le « Burkina émergent » se fera-t-il avec ou sans Blaise Compaoré ?

P2.jpgSi oui, force est de reconnaître qu’en 2020 nous serons largement au-delà du terme constitutionnel du Blaiso qui, s’il est encore élu en 2010, devrait absolument passer la main en 2015. A moins que le CDP ne prépare quelqu’un d’autre pour le remplacer, il va falloir donner un coup de canif à la Constitution pour voir l’enfant terrible de Ziniaré continuer à piloter le navire qui mènera au fameux « Burkina émergent ». Pour tout dire, toutes les propositions - qu’elles proviennent de Salif ou du Rocco - semblent converger vers un seul et même but. Alors, question. Lequel serait donc plus loyaliste que l’autre ?

Au-delà de la guéguerre entre camarades « en perte de confiance avec le régime » ou « en perte de vitesse avec la volonté du patron du régime », Blaise Compaoré est le principal bénéficiaire de toutes les conjectures. Son silence cynique confirme bien qu’il s’est mis au-dessus de la mêlée afin d’en profiter en temps opportun. A lire entre les lignes du message qu’il était supposé adressé aux participants au congrès, il y a de quoi se demander à quoi riment les rajouts qui ont été faits manuellement sur le document portant la mention « Message de son excellence monsieur Blaise Compaoré, président du Faso ». A quelle fin le secrétaire général devenu 2e vice-président aurait-il choisi de tripatouiller la parole de son patron ? Mystère et boule de gomme. Mais comme vous pouvez le constater dans le fac-similé, ce tripatouillage de l’adresse du Blaiso est plus que suspect. A moins que cela ne présage d’un autre micmac.

 

07.07.2009

Polciers zélés affolent commerçants indisciplinés

SI.jpgPauvre Simon! Le courtmestre de la capitale a probablement jubilé trop vite, en proclamant que ses cheveux allaient enfin pousser. Optimiste qu’il était le 16 avril dernier à l’occasion de la cérémonie d’inauguration du grand marché réhabilité, il avait achevé son speech par un vœu qui semble être devenu, aujourd’hui, un cauchemar. «Bonnes affaires à tous les commerçants et commerçantes de Rood-Woko afin que prospère la ville de Ouagadougou!», avait-il proclamé, sous les applaudissements très nourris de la foule bigarrée des commer’ qui étaient venus assister à l’événement. Tout le monde était beau, tout le monde était content. Mais les anciennes habitudes ont la peau dure. 

S 2.jpgQuelques semaines après, l’euphorie est tombée. Les nouvelles mesures prises pour éviter les dérives qui ont été à l’origine de l’incendie qui a ravagé le marché en mai 2003 commencent à faire leurs effets. L’ordre et la discipline y règnent, mais les affaires ne marchent point. Du moins, pas encore. Les clients se font toujours désirer. Et comme le maire devait s’y attendre, les commerçants se sont lancés dans des conjectures. D’aucuns estiment qu’avec la bande piétonne qui enserre l’édifice, l’accès serait devenu plus difficile aux acheteurs qui étaient autrefois habitués à stationner leurs motos ou voitures pratiquement aux portes du marché. En tout cas, tous les engins sont tenus bien à l’écart dans des parkings réservés au côté sud pour les «deux-roues» et à la Maison du peuple pour les «quatre-roues». Cette nouvelle organisation de la circulation routière serait-elle responsable de la morosité des affaires à Rood-Woko? Rien n’est moins sûr.

Certes, cette disposition a mis fin à l’allure de grand bazar qu’était le marché. Désormais, les autorités communales ont l’œil sur chaque commerçant qui occupe régulièrement les lieux. Finie l’époque des occupations anarchiques et d’autres désordres qui avaient fait de Rood-Woko une sorte de «no man’s land» sécuritaire, «une terre sans loi». Mais là où le bât blesse, c’est qu’à force de vouloir que l’ordre et la discipline règnent comme dans une caserne militaire, les policiers municipaux, qui veillent à l’intérieur et à l’extérieur, ont fini par devenir indésirables et casse-pieds pour des commerçants. A force d’arpenter les couloirs du marché en lieu et place de clients qui se font toujours attendre, la flicaille de Simon s’est rendue agaçante. Et ce qui devait arriver arriva le 25 juin dernier.

Un policier, probablement trop zélé, avait voulu obliger un commerçant très aigri à respecter la consigne qui voudrait que les marchandises ne soient pas étalées devant les boutiques. Compte tenu de la haine cordiale que le second entretient traditionnellement avec  l’autre, la tension a vite fait de monter. Les autres commerçants, qui n’attendaient que la moindre étincelle pour «braiser du policier municipal», ont saisi l’occasion pour s’attaquer aux symboles d’une sécurité qu’ils considèrent comme étouffante pour eux-mêmes et pour leurs affaires. Selon les constats que l’on pouvait encore faire sur place, les commer’ rebelles n’ont pas fait dans la dentelle. Dans leur rage de se libérer, ils ont littéralement défoncé les barrières de police qui étaient placées aux différentes entrées de la zone piétonne. Une manière bien ravageuse de signifier à l’autorité municipale qu’ils ne voulaient plus de ce dispositif. 

Après les chassés-croisés entre policiers et commerçants rebelles, certaines langues se sont déliées et on pouvait les entendre fustiger les barrières de la zone piétonne comme un obstacle qui empêche les gens de fréquenter le marché. Ou encore: «il y a trop de policiers dans le marché. Ils nous empêchent de travailler normalement». Le diable est donc lâché contre la Police municipale. Elle a même été obligée d’appeler la Compagnie républicaine de sécurité en renfort, mais le mal était déjà commis. La cocotte-minute avait eu le temps d’exploser.

S 3.jpgAlerté, le courtmestre Simon Compaoré a, lui aussi, débarqué sur les lieux pour constater les dégâts de la rupture entre commerçants et policiers. Il a même essayé de rassurer les occupants du marché. Mais sa conviction profonde est et demeure que «Les nouvelles mesures de sécurité ne plaisent pas à certains commerçants qui tentent de faire de la résistance». Déjà, à la cérémonie de réouverture du marché, il avait indiqué que: «Il ne fait l’ombre d’aucun doute que nous ne serons pas compris par certains, mais si le prix à payer pour que Rood-Woko traverse le temps et reste un exemple est la rigueur dans son administration, eh bien! nous ne reculerons devant rien pour qu’il en soit ainsi.» Voilà qui est clair. Mais jusqu’où ira Simon dans la défense de cette rigueur?

Force est de reconnaître qu’il y a des efforts à faire aussi bien de la part des policiers municipaux que des commerçants pour que Rood-Woko ne devienne pas un fiasco. Autant «les enfants de Simon» -comme on appelle les policiers municipaux - doivent éviter l’excès de zèle, autant les commerçants doivent savoir se défaire de l’irrévérence qui semble avoir marqué génétiquement certains d’entre eux. Bref, chacun doit savoir raison garder pour aboutir à un partenariat plus intelligent. Car, ce n’est pas dans l’intérêt de la mairie ni de Simon lui-même de réhabiliter un grand marché qui n’est finalement que l’ombre de lui-même. Pour que les affaires prospèrent véritablement à Rood-Woko, il faut certainement que la mairie prenne la peine de communiquer un peu plus sur les conditions et les possibilités de sa réanimation. Un point, c’est tout.

19.06.2009

Redécollage difficile pour le grand marché de Ouagadougou

R 1.jpgQuelque deux mois après sa réouverture en grande pompe, le «poumon économique» du Burkina fonctionne péniblement. L’enthousiasme des retrouvailles des commerçants au sein de cette infrastructure retapée à près 3,5 milliards de francs CFA a fait place à la morosité. On est dépaysé de ne plus voir cette foule qui se pressait autrefois dans les allées devenues trop petites. On n’a plus droit à ces apostrophes de marchands qui usaient de toutes les astuces pour aguicher des clients. Cette masse bigarrée dans laquelle femmes, enfants et autres commerçants ambulants se faufilaient, se frottaient sans ménagement, est toujours introuvable.

Rood-Woko offre le spectacle d’une maison mortuaire. Les affaires n’y marchent guère.  Las d’attendre désespérément des clients qui n’arrivent pas, les commerçants ne savent plus à quel saint se vouer. Rood-Woko, qui veut dire «Marché en continu» en langue nationale mooré, a perdu son bouillonnement et ses mille feux d’antan. Le monde ne se bouscule plus à ses portes. Du moins pas encore. Les nouvelles mesures draconiennes de sécurité instaurées par les autorités municipales semblent avoir produit des effets  contraires aux attentes. Au lieu de rassurer commerçants et clients, le dispositif sécuritaire déployé aux quatre coins et à l’intérieur du marché est pointé du doigt comme un facteur répulsif, voire un obstacle à l’engouement. Vérité ou intox?

Pour Ouibié Oumar Niangao, directeur général de la Régie autonome de gestion des équipements marchands (Ragem), «c’était prévisible que commerçants et acheteurs ne reprennent pas le chemin de Rood-Woko du jour au lendemain… Un marché qui était fermé durant six ans ne reprend pas aussi facilement». Il s’est même voulu rassurant, en ajoutant que «ce qui se passe est dans l’ordre normal des choses». Il reconnaît que le marché ne bouillonne pas encore, mais il note que le taux de réinstallation, c’est-à-dire de signatures de contrats, avoisine 95%. A en croire ses explications, ce sont les commerçants qui traîneraient les pieds pour achever les aménagements nécessaires pour l’ouverture de leurs boutiques et échoppes. Par ailleurs, la non-disponibilité de l’électricité dans le marché constitue, à ne point douter, un autre frein à l’animation du marché. La Société nationale d’électricité n’ayant pas été associée au début du processus de réhabilitation, c’est seulement maintenant qu’elle s’attelle à des vérifications préalables avant de connecter chacune des unités de vente au réseau électrique. Ce n’est pas demain la veille que ce travail prendra fin!

R 2.jpgIl y a, visiblement, un faux départ dans la réouverture de Rood-Woko. Selon toujours le DG de la Ragem, les commerçants ont jusqu’au 15 juillet prochain pour occuper effectivement les places qui leur ont été attribuées. En effet, leur contrat débute en réalité à compter du mois de juillet. Ceci explique sans doute pourquoi ils se hâtent lentement pour emménager. La plupart ayant installé leurs quartiers dans les marchés périphériques de la ville, ils attendent probablement de voir le marché central prendre sa vitesse de croisière avant de lever complètement le camp. Qui est fou!?

En attendant la fameuse vitesse de croisière, certains attributaires de boutiques et d’échoppes n’hésitent pas à les revendre au plus offrant. Selon quelques indiscrétions recueillies ici et là, cette spéculation qui a cours en ce moment oscillerait entre 4 et 6 millions de francs CFA.

L’autre reproche que l’on fait au Rood-Woko réhabilité et sécurisé est incontestablement l’éloignement des parkings. Selon un parkeur que nous avons rencontré au côté sud du marché, les gens redouteraient les policiers qui sont planqués devant les  différentes entrées. Ceux-ci feraient particulièrement peur aux clients venus des provinces dont certains craindraient que les flics ne leur demandent des pièces d’identité ou les papiers de leurs engins. En plus, plusieurs usagers considéreraient la zone piétonne délimitée tout autour du marché comme une sorte de «rempart infranchissable». En plus, les zones de parkings étant réduites pratiquement à une seule pour les deux-roues et assez éloignée des entrées du marché pour les voitures, plusieurs personnes préfèrent aller voir ailleurs que de devoir tourner en rond.

R 3.jpgMême les propriétaires des boutiques qui ouvrent sur la rue ou celles qui jouxtent le marché ne vivent pas moins l’enfer de cette fameuse zone piétonne. Puisqu’il n’est pas autorisé d’y stationner, les clients potentiels ne s’y aventurent même pas. Ceux qui sont obligés d’aller par exemple à une librairie papeterie située dans les environs tombent si régulièrement dans les panneaux de la Police municipale que le patron de la boutique est obligé de palabrer avec les policiers pour sortir ses clients du pétrin.

On comprend le souci d’éviter, vaille que vaille, le retour du désordre autour et à l’intérieur du Rood-Woko réhabilité. Mais force est de constater qu’à force d’exhiber l’argument sécuritaire, le marché fait peur. Et pourtant, cette infrastructure marchande a été réhabilitée grâce à des prêts que la mairie de Ouagadougou doit rembourser. Il faut donc tout faire pour éviter le fiasco.

22.05.2009

De quoi se mêle Fillon au Gabon?

 

 

 

F.jpegLes nouvelles ne sont pas bonnes du côté du Gabon. Afin, ça dépend de quel côté on se situe. L’indéboulonnable président Omar Bongo-Ondimba a été obligé de s’éclipser «momentanément» de son trône pour tenter de se délivrer d’une maladie qui le ronge dit-on jusqu’aux intestins. En plus de 40 ans de règne sans partage, il n’a pas réussi à se construire, au Gabon, un hôpital à même de le sortir de n’importe quel ennui sanitaire. Il fallu donc transporté le président-fondateur jusqu’à la lointaine Espagne. Cette fois-ci, il n’a pas osé se diriger vers la France, où la justice l’attend de pied ferme pour une sale affaire de «biens mal acquis».

Il ne manque pas pour le moins d’amis français, puisque c’est au moment où les commentaires les plus alarmistes sont faits sur sa santé que le Premier ministre français, François Fillon, en visite au Cameroun, trouve le moyen de déclarer que la santé du président gabonais «était satisfaisante». Comme si cela ne suffisait pas, il a même formulé les «vœux de prompt rétablissement à M. Bongo en espérant naturellement qu’il sera remis sur pied le plus vite possible». On veut croire que le Chef du gouvernement français est tout à fait conscient des enjeux d’une telle déclaration. Si d’aventure, celle-ci venait à être démenti e par les propos du chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos qui a indiqué que Bongo «allait très mal», Fillon ne sera rattrapé que par sa propre turpitude.

De toute façon, il n’était pas obligé de se prononcer sur ce sujet, pour le moins, délicat. Surtout que la présidence gabonaise elle-même a du mal à dire la vérité sur l’état de santé de l’homme fort du Gabon. Il a fallu que les informations les plus alarmistes proviennent des médias internationaux pour qu’elle crie à l’acharnement médiatique. Comme si Bongo était inoxydable et que l’état de sa santé devait être caché au peuple gabonais qu’on a voulu maintenir dans l’obscurité pendant plus de 40 ans. Le plus incongru, c’est lorsque des autorités françaises, tel le Premier ministre François Fillon, se croient obligées de se mêler de ce jeu ignoble.

05.05.2009

Qui veut noyer les Burkinabè de Côte d'Ivoire?

E 2.jpgSelon des sources concordantes, le sieur Emile Kima, qui se fait passer pour «le représentant des Burkinabè de Côte d’Ivoire» a engagé une collecte de fonds visant à apporter un soutien à l’organisation des élections dans ce pays. Baptisée péremptoirement, «Nous voulons la paix, aidons la Côte d’Ivoire», cette opération volontariste viserait à amener chaque de la communauté burkinabè à contribuer à hauteur de 1000 F Cfa en vue de renflouer la caisse de la Commission électorale d’environ 3,5 milliards de F Cfa. Le nombre de Burkinabè vivant en Eburnie étant estimé à quelques 3,5 millions de personnes.
Dans l’absolu, l’initiative est noble. Mais le hic dans cet activisme c’est qu’il intervient à un moment où les autorités ivoiriennes, notamment le président Laurent Koudou Gbagbo a dû mal à situer la communauté internationale sur une date précise à laquelle ces élections devront avoir lieu cette année. A priori, ce n’est pas un problème d’argent qui bloque l’organisation des élections et donc laE.jpg sortie de crise en Côte d’Ivoire. D’où la curiosité que peut susciter une opération de collecte qui risque de mettre mal à l’aise des Burkinabè dont la plupart, ont choisi, jusque-là de bien se tenir à l’écart de ce délicat processus de sortie de crise.
Que chercherait donc Emile Kima, qui n’est pas officiellement le président de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire à se lancer dans une telle opération apparemment inopportune ? Pourquoi vouloir aider, financièrement s’entend, une Côte d’Ivoire qui n’en a visiblement pas fait la demande ? Du moins pas officiellement. En attendant d’être mieux située sur cette initiative, force est constater que ses motivations gagneraient à être plus clarifiées, pour éviter des quiproquos préjudiciables justement à cette communauté que l’on veut présenter comme «le bon Samaritain».

04.05.2009

Fossoyeurs de démocratie africaine

 

K 2.jpgLorsque les Sénégalais ont infligé une cinglante défaite au parti au pouvoir lors des élections locales de mars dernier, on était plusieurs à applaudir la «résurrection» de la démocratie qui a donné un bel exemple d’alternance à l’Afrique en 2000. C’était justement avec Me Abdoulaye Wade qui a accéder à la tête de l’Etat après avoir passé plusieurs décennies dans l’opposition. Son élection avait été saluée comme un démenti à l’incapacité du continent noir à s’accommoder à la démocratie. Hélas!

Il fallait que Wade goutte au pouvoir pour que cela le révèle autrement. Le moins que l’on puisse dire de l’image qu’il donne est qu’il n’est finalement qu’un président comme tous les autres qui font tout pour se maintenir au pouvoir. Pire, en versant dans une gestion quasi patrimoniale, il apporte de l’eau au moulin de ceux qui croient qu’il voudrait bien voir son fils lui succéder au gouvernail du Sénégal. En tout cas, il ne manquerait que ça.

Sinon, comment coK 1.jpgmprendre qu’après le revers cuisant de Karim Wade aux élections municipales, le chantre du Sopi n’ait rien K3.jpgtrouvé de mieux à faire que gratifier le fils désavoué par les électeurs d’un portefeuille exagérément garni de ministre d’Etat ? Comme le ridicule ne tue pas au Pays de la Téranga, c’est 4 ministères pleins regroupés en un seul qu’Abdoulaye Wade a offert à son fils Karim. Celui-ci trône désormais dans le gouvernement comme ministre d'Etat chargé de la Coopération internationale, de l'aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures. Qui dit mieux ?
Décidément, le «vénérable opposant démocrate», Abdoulaye Wade aura donné plus de coups de canif à la démocratie que Mobutu, Eyadéma,…, et Bongo. Avec son fils comme super ministre dans son gouvernement, on ne devrait plus s’étonner de le voir décret un règne monarchique dans son pays. Que Dieu sauve le Sénégal de cette démocratie banania!

17.04.2009

Mélodrame fraternel au Togo

K 2.jpgDepuis quelques jours, il se joue un mélodrame entre deux héritiers de feu le Général Eyadéma Gnassingbé, l’ex-président qui a dirigé d’une main de fer pendant 36 années durant sur le Togo. Soupçonnant son demi-frère Kpatcha Gnassingbé de vouloir fomenter un coup d’Etat, le président Faure Essozimna Gnassingbé a ordonné, d’abord la fusillade en règle de son domicile et ensuite son arrestation puis son inculpation mercredi dernier. De quoi faire sourire les observateurs avisés de la scène politique. Et oui! Kpatcha Gnassingbé ci-devant ministre délégué à la défense nationale et actuellement député à l’Assemblée nationale togolaise a été inculpé pour «Complot et tentative d’attentat» contre son président de frère. Certains seraient tentés de croire que c’est le «Togo à l’envers».

K 3.jpgMais les putschs n’arrivent pas toujours du côté qu’on les imagine plus souvent. Visiblement, ces deux frères Gnassingbé que l’on disait se haïr cordialement ont fini par étaler leur haine sur la place publique. Malgré tout, on pouvait s’attendre à tout sauf à une affaire de coup d’Etat. Mais dans ce «petit pays» de l’Afrique de l’Ouest, tout peut être désormais possible. Surtout depuis qu’un des fils qu’aucune loi de la République ne destinait à hériter officiellement du pouvoir s’en est quand même emparé avec la complicité de l’Armée. Doit-on s’étonner que son autre frère cherche à vouloir la même chose ? Le coup d’Etat n’est-il pas finalement aussi cet héritage non dit que leur a légué Eyadéma qui s’est illustré comme le premier putschiste de l’histoire politique de l’Afrique noire en 1963 ? L’adage ne enseigne-t-il pas que «Tel père, tel fils» ? Sérieusement, il faut sauver l’Etat togolais de ce drame qui risque de lui enlever la crédibilité qui lui reste encore.

 

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