06/11/2006

Quelle éducation pour quel homme?

Que peuvent les éducateurs dans la recherche de solution à la crise des valeurs qui secouent nos sociétés? Le frère Michel Perron de l'Institut des Frères du Sacré-Coeur propose des pistes de réflexion qui ne manquent pas de me séduire:

 

«La vocation historique de l’homme c’est ÊTRE PLUS.... ». L’objectif de tout processus d’éducation est de rendre le «petit d’homme» AUTONÔME. Faire en sorte que sa participation active aux différentes activités de son environnement favorise cette maturité, cette marche, jamais terminée, vers l’autonomie, autonomie qui n’est ni le JE, ni le TU, mais l’apprentissage du NOUS.

Connaît-on geste plus grand de liberté ? Dieu n’a pas voulu être un objet de prières, mais bien une chance de liberté créatrice pour chacun de nous, ses enfants.

Pour être valable, la vraie pédagogie –au sens de l’accompagnement de l’enfant- doit être axée sur les deux piliers:  FOI en la VIE...............FOI en l’ÊTRE.....................

Avoir foi en soi et foi dans les relations humaines. Il est important pour l’enfant de bien sous-peser la fonction sociale de chacune de nos actions/réflexions. Les questions essentielles de l’éducation sont: Développer les intelligences, oui, mais pourquoi ? Quel citoyen formons-nous ? Quel acteur du développement ?

 

En effet, l’important de nos vies est l’esprit, la mentalité qui habite toutes nos actions. Il est fondamental de travailler le VOULOIR et non pas seulement le devoir. Chaque enfant était donc invité à VOULOIR.....mieux faire et mieux être.......donner le maximum de lui-même.......se discipliner.....se dépasser......grandir......et surtout vouloir devenir RESPONSABLE de lui-même et de la société.  La finalité de l’éducation est de former des hommes et des femmes DEBOUT.

 

L’être humain est plus grand que tous les mécanismes qui cherchent à le diminuer...........et l’élève est plus grand que son bulletin...............chacun étant créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, libre.

 

Bien sûr dans le processus d’autodiscipline, d’apprentissage de sa liberté et de sa responsabilité, il y a eu des erreurs, des glissements ! Certains ont confondu liberté et libertinage.........Mais nous sommes convaincus que la liberté vient à maturité dans la confrontation avec la liberté des autres, dans la lutte pour la défense de ses droits et dans le respect de ses devoirs.

 

Il n’y a pas de pédagogie qui peut forcer la porte de l’être humain, elle ne fait que l’y aider, mais l’effort principal demeure celui de l’élève premier responsable de sa formation. La porte du changement et de la transformation ne peut s’ouvrir que de l’intérieur de chacun. Le choix du comment vivre sa vie appartient à chacun.

 

Le vrai SUCCÈS est le SUCCÈS INTÉRIEUR. Il ne se rencontre pas dans la possession matérielle de choses, même un diplôme, mais plutôt dans la possession de soi-même. Le véritable succès est le succès partagé : être heureux en aidant les autres à l’être aussi.

                                                                       Fr.Michel Perron s.c. ......depuis le Brésil

 

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30/10/2006

Nous sommes aussi des dieux!

"Nous sommes aussi des dieux", c'est le titre du livre que je mijote depuis quelques années maintenant. Si vous avez des pistes à me suggérer, je serai très édifié de pouvoir co-signer cette oeuvre avec tous ceux qui croient que, comme Victor Cousin que "Les peuples ont toujours ce qu'ils méritent, comme les individus. On peut plaindre les individus si l'on veut, mais il ne faut pas accuser leur destin, car ce sont eux qui le font". 

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30/03/2006

Ecrivains de tout le Burkina, à vos plumes !

Au moment où les Hommes intègres exhibent, à Bobo-Dioulasso, ce qu’ils ont produit de meilleur en matière culturelle, force est de constater que les étalages ne sont pas des plus achalandés en œuvres littéraires d’auteurs burkinabè. Autrement dit, à ce 13e rendez-vous du «donner et du recevoir» placé sous le signe de «culture et intégration des peuples», le Burkina a malheureusement très peu à donner en matière de production littéraire. Contrairement à la production musicale, pour ne citer que le plus populaire des arts pratiqués au Faso. Et pourtant, si l’on convient que «la culture, c’est qui reste quand on a tout perdu», il va falloir conserver aussi nos meilleures traces de vie dans des livres et pas seulement sur des bandes magnétiques.

Fort de cet impératif culturel, le ministère en charge de la Culture et des Arts a entrepris, en 2005, «de réaliser une opération révolutionnaire qui consiste à éditer 50 auteurs burkinabè avec l’appui des structures étatiques». L’objectif fondamental de cette opération est de donner au moins une chance d’édition aux œuvres produites à l’occasion du Grand prix national des arts et des lettres (Gpnal) lors des Semaines nationales de la culture (SNC) qui se sont succédé depuis 1983. Selon les statistiques, sur un total de 1117 manuscrits enregistrés de la 1ère édition de la SNC à la 12e édition en 2004, moins de 100 auteurs sont passés sous les presses d’une imprimerie. En clair, ce sont les moyens de production qui manquent le plus à l’industrie littéraire burkinabè et non pas de la matière première.

Pour peu que les pouvoirs publics décideront de donner à cette industrie le même souffle que celui apporté à la musique, on ne peut pas ne pas voir s’éclore de nouveaux chef-d’œuvres. Dieu sait qu’ils sont nombreux, les auteurs burkinabè qui ne demandent qu’à être produits. La preuve a été donnée d’abord à travers l’opération de «collecte des manuscrits lauréats qui n’ont pas été édités depuis 1992» puis à travers l’«appel à manuscrits» à l’issue duquel 21 œuvres ont été retenues sur la quarantaine enregistrée.

C’est grâce à cette initiative que notre confrère Baba Hama a, enfin, vu éditer au Burkina «Lamordè», son roman qui a remporté le 2e Prix national des arts et des lettres à la SNC Bobo 1994. Consignée en Dépôt légal au 4e trimestre 2005, l’œuvre porte la griffe des Presses universitaires de Ouagadougou pour ce qui est de la photocomposition et celle des Editions Sidwaya pour ce qui est de son impression. Elle est préfacée par Mahamoudou Ouédraogo himself, ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme jusqu’en janvier 2006. Celui-ci a saisi l’occasion pour se réjouir de la volonté politique qui a engendré le soutien aux écrivains tout en invitant ces derniers à traduire le coup de pouce en une véritable force de frappe de la littérature made in Burkina.

Mieux vaut tard que jamais. Avec les pouvoirs publics à la rescousse d’une production littéraire jusque-là sous le boisseau, c’est sans doute une manière de rendre justice aux pionniers de littérature écrite burkinabè que sont Nazi Boni, Dimdolobsom Ouédraogo, Lompolo Koné,…Mieux, en reprenant, en cette année 2006, l’opération de collecte des manuscrits lauréats du Gpnal et d’appel aux manuscrits, c’est un vital coup de fouet que l’Etat donne aux différents genres littéraires en compétition à la SNC que sont le conte, la poésie, le théâtre, le roman et la bande dessinée, et par ricochet à tous les écrivains du Burkina. A vos plumes donc.