05.05.2009

Qui veut noyer les Burkinabè de Côte d'Ivoire?

E 2.jpgSelon des sources concordantes, le sieur Emile Kima, qui se fait passer pour «le représentant des Burkinabè de Côte d’Ivoire» a engagé une collecte de fonds visant à apporter un soutien à l’organisation des élections dans ce pays. Baptisée péremptoirement, «Nous voulons la paix, aidons la Côte d’Ivoire», cette opération volontariste viserait à amener chaque de la communauté burkinabè à contribuer à hauteur de 1000 F Cfa en vue de renflouer la caisse de la Commission électorale d’environ 3,5 milliards de F Cfa. Le nombre de Burkinabè vivant en Eburnie étant estimé à quelques 3,5 millions de personnes.
Dans l’absolu, l’initiative est noble. Mais le hic dans cet activisme c’est qu’il intervient à un moment où les autorités ivoiriennes, notamment le président Laurent Koudou Gbagbo a dû mal à situer la communauté internationale sur une date précise à laquelle ces élections devront avoir lieu cette année. A priori, ce n’est pas un problème d’argent qui bloque l’organisation des élections et donc laE.jpg sortie de crise en Côte d’Ivoire. D’où la curiosité que peut susciter une opération de collecte qui risque de mettre mal à l’aise des Burkinabè dont la plupart, ont choisi, jusque-là de bien se tenir à l’écart de ce délicat processus de sortie de crise.
Que chercherait donc Emile Kima, qui n’est pas officiellement le président de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire à se lancer dans une telle opération apparemment inopportune ? Pourquoi vouloir aider, financièrement s’entend, une Côte d’Ivoire qui n’en a visiblement pas fait la demande ? Du moins pas officiellement. En attendant d’être mieux située sur cette initiative, force est constater que ses motivations gagneraient à être plus clarifiées, pour éviter des quiproquos préjudiciables justement à cette communauté que l’on veut présenter comme «le bon Samaritain».

04.05.2009

Fossoyeurs de démocratie africaine

 

K 2.jpgLorsque les Sénégalais ont infligé une cinglante défaite au parti au pouvoir lors des élections locales de mars dernier, on était plusieurs à applaudir la «résurrection» de la démocratie qui a donné un bel exemple d’alternance à l’Afrique en 2000. C’était justement avec Me Abdoulaye Wade qui a accéder à la tête de l’Etat après avoir passé plusieurs décennies dans l’opposition. Son élection avait été saluée comme un démenti à l’incapacité du continent noir à s’accommoder à la démocratie. Hélas!

Il fallait que Wade goutte au pouvoir pour que cela le révèle autrement. Le moins que l’on puisse dire de l’image qu’il donne est qu’il n’est finalement qu’un président comme tous les autres qui font tout pour se maintenir au pouvoir. Pire, en versant dans une gestion quasi patrimoniale, il apporte de l’eau au moulin de ceux qui croient qu’il voudrait bien voir son fils lui succéder au gouvernail du Sénégal. En tout cas, il ne manquerait que ça.

Sinon, comment coK 1.jpgmprendre qu’après le revers cuisant de Karim Wade aux élections municipales, le chantre du Sopi n’ait rien K3.jpgtrouvé de mieux à faire que gratifier le fils désavoué par les électeurs d’un portefeuille exagérément garni de ministre d’Etat ? Comme le ridicule ne tue pas au Pays de la Téranga, c’est 4 ministères pleins regroupés en un seul qu’Abdoulaye Wade a offert à son fils Karim. Celui-ci trône désormais dans le gouvernement comme ministre d'Etat chargé de la Coopération internationale, de l'aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures. Qui dit mieux ?
Décidément, le «vénérable opposant démocrate», Abdoulaye Wade aura donné plus de coups de canif à la démocratie que Mobutu, Eyadéma,…, et Bongo. Avec son fils comme super ministre dans son gouvernement, on ne devrait plus s’étonner de le voir décret un règne monarchique dans son pays. Que Dieu sauve le Sénégal de cette démocratie banania!

17.04.2009

Mélodrame fraternel au Togo

K 2.jpgDepuis quelques jours, il se joue un mélodrame entre deux héritiers de feu le Général Eyadéma Gnassingbé, l’ex-président qui a dirigé d’une main de fer pendant 36 années durant sur le Togo. Soupçonnant son demi-frère Kpatcha Gnassingbé de vouloir fomenter un coup d’Etat, le président Faure Essozimna Gnassingbé a ordonné, d’abord la fusillade en règle de son domicile et ensuite son arrestation puis son inculpation mercredi dernier. De quoi faire sourire les observateurs avisés de la scène politique. Et oui! Kpatcha Gnassingbé ci-devant ministre délégué à la défense nationale et actuellement député à l’Assemblée nationale togolaise a été inculpé pour «Complot et tentative d’attentat» contre son président de frère. Certains seraient tentés de croire que c’est le «Togo à l’envers».

K 3.jpgMais les putschs n’arrivent pas toujours du côté qu’on les imagine plus souvent. Visiblement, ces deux frères Gnassingbé que l’on disait se haïr cordialement ont fini par étaler leur haine sur la place publique. Malgré tout, on pouvait s’attendre à tout sauf à une affaire de coup d’Etat. Mais dans ce «petit pays» de l’Afrique de l’Ouest, tout peut être désormais possible. Surtout depuis qu’un des fils qu’aucune loi de la République ne destinait à hériter officiellement du pouvoir s’en est quand même emparé avec la complicité de l’Armée. Doit-on s’étonner que son autre frère cherche à vouloir la même chose ? Le coup d’Etat n’est-il pas finalement aussi cet héritage non dit que leur a légué Eyadéma qui s’est illustré comme le premier putschiste de l’histoire politique de l’Afrique noire en 1963 ? L’adage ne enseigne-t-il pas que «Tel père, tel fils» ? Sérieusement, il faut sauver l’Etat togolais de ce drame qui risque de lui enlever la crédibilité qui lui reste encore.