17.04.2009
Mélodrame fraternel au Togo
Depuis quelques jours, il se joue un mélodrame entre deux héritiers de feu le Général Eyadéma Gnassingbé, l’ex-président qui a dirigé d’une main de fer pendant 36 années durant sur le Togo. Soupçonnant son demi-frère Kpatcha Gnassingbé de vouloir fomenter un coup d’Etat, le président Faure Essozimna Gnassingbé a ordonné, d’abord la fusillade en règle de son domicile et ensuite son arrestation puis son inculpation mercredi dernier. De quoi faire sourire les observateurs avisés de la scène politique. Et oui! Kpatcha Gnassingbé ci-devant ministre délégué à la défense nationale et actuellement député à l’Assemblée nationale togolaise a été inculpé pour «Complot et tentative d’attentat» contre son président de frère. Certains seraient tentés de croire que c’est le «Togo à l’envers».
Mais les putschs n’arrivent pas toujours du côté qu’on les imagine plus souvent. Visiblement, ces deux frères Gnassingbé que l’on disait se haïr cordialement ont fini par étaler leur haine sur la place publique. Malgré tout, on pouvait s’attendre à tout sauf à une affaire de coup d’Etat. Mais dans ce «petit pays» de l’Afrique de l’Ouest, tout peut être désormais possible. Surtout depuis qu’un des fils qu’aucune loi de la République ne destinait à hériter officiellement du pouvoir s’en est quand même emparé avec la complicité de l’Armée. Doit-on s’étonner que son autre frère cherche à vouloir la même chose ? Le coup d’Etat n’est-il pas finalement aussi cet héritage non dit que leur a légué Eyadéma qui s’est illustré comme le premier putschiste de l’histoire politique de l’Afrique noire en 1963 ? L’adage ne enseigne-t-il pas que «Tel père, tel fils» ? Sérieusement, il faut sauver l’Etat togolais de ce drame qui risque de lui enlever la crédibilité qui lui reste encore.
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26.03.2009
Péché politique originel
Après l’euphorie du vrai faux coup d’Etat qui a installé le jeune Andry Rajoelina, alias TGV, au pouvoir, voici qu’une turbulence politique plane sur la grande île. Contraint à la démission, le désormais ex-président Marc Ravanomalana ne s’avoue pas hors jeu de son exil au Swaziland. Les démonstrations de forces auxquelles on a assisté ces derniers jours de ces partisans est un mauvais présage pour ce pays classé parmi les plus pauvres au monde.
Lorsque les démons se mettront en branle, il ne faudra surtout pas compter sur la communauté internationale encore
moins sur l’Union africaine impuissante et foncièrement incapable de faire respecter la légalité et la légalité dans quelque Etat que ce soit. En fait, sur ce continent «béni des dieux» mais trahi par ses fils, le coup d’Etat est un péché originel. Et Andry Rajoelina n’a fait que perpétuer cette maudite tradition à Madagascar. Certains puristes politiques s’offusquent du fait que le président autoproclamé, âgé seulement de 34 ans, serait trop jeune et trop petit pour le trône. Soit. Mais n’est-ce pas avoir la mémoire trop courte qu’il devrait avoir un âge requis pour faire un coup d’Etat en Afrique ?
Si l’on en croit l’authenticité de sa date de naissance –officiellement le 26 décembre 1935-, le tout premier putschiste africain avait à peine 30 ans. Le sergent-Chef Etienne Eyadéma Gnassingbé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait liquidé le président Sylvanus Olympio le 13 janvier 1963 au Togo. Ce péché originel n’a jamais fait l’objet d’aucune sanction sérieuse, puisque ce putschiste a même bénéficié d’un pouvoir à vie qui a duré 38 longues années. 46 ans, l’Afrique continue de traîner ce péché originel comme une véritable malédiction. Faut-il en rire ou en pleurer ?
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24.03.2009
Yes ! La démocratie est possible
Les coups d’Etat sanglants ou déguisés et les hold-up électoraux ne sont pas une fatalité sur le continent noir. La démocratie par les urnes est possible en Afrique. Le Sénégal vient de nous en donner une brillante preuve à travers l’organisation d’élections locales qui viennent de se dérouler dans ce pays. C’est vrai qu’on est encore à l’étape des résultats provisoires, mais le fair-play des acteurs en lice, surtout du camp du parti au pouvoir, montre bien qu’il y a bel et bien des politiques africains qui savent perdre des élections. La déclaration du porte-parole de la présidence sénégalaise reconnaissant la défaite du parti démocratique sénégalais (PDS) dans la capitale –pour ne parler que de cette ville- est assez éloquente.
C’est vrai que cela n’arrive pas souvent, même au Sénégal où, il y a quelques années les opposants ont crié au verrouillage du système politique par le président Abdoulaye Wade. Mais avec les victoires importantes que l’opposition vient d’engranger à Dakar la capitale -où le propre fils du président était candidat- est le signe d’un espoir démocratique certain dans ce pays. C’est surtout un témoignage convaincant pour ces afro pessimistes qui croient trop facilement que ce continent ne connaît que la voie des coups d’Etat, de la monarchie constitutionnelle et des dictatures sans fin.
Au moment où l’Afrique ressent durement encore les coups de canifs portés aux lois fondamentales et à l’appareil étatique à Madagascar, en Mauritanie, en Guinée-Bissau et en Guinée Conakry, l’exemple sénégalais vient retentir comme une aurore qui rappelle que «Quelle que soit la profondeur de la nuit, le jour finit toujours par arriver». Merci aux sénégalais qui nous rappellent que pour la démocratie, nous devons tous répondre en chœur : Yes, we can !
15:00 Publié dans Parlons-en | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : élections locales, sénégal, démocratie, coups d'etat


