13/09/2009

Vite, une arche de Noe a Ouagadougou

Après le déluge, il faut maintenant construire une arche suffisamment grande et solide pour abriter les 150 000 sinistrés recensés à Simonville et dans les communes rurales de la région du Centre. A en croire la situation établie par le Premier ministre, «180 logements se sont (également) écroulés occasionnant environ 500 sinistrés» dans les autres localités touchées par les pluies diluviennes du 1er septembre. Ce sont donc, au total, 150 500 sans-logis à qui il faut trouver une demeure.
«Pour ce qui concerne la commune de Ouagadougou, 24 489 maisons d’habitation se sont écroulées pour une valeur estimée à 13 224 060 000 F CFA. 67,08 % de ces logements se retrouvent en zones non loties et 32,92 % en zones loties». Même si la cagnotte de la «campagne de solidarité nationale et internationale» lancée lundi dernier par le Blaiso national permet de prendre les sinistrés en charge pendant un certain temps, il va falloir résoudre l’équation du logement pour tout ce monde. Le gouvernement pourra-t-il régler le problème de tous ces non-lotis et mal-lotis du Faso?
Le déluge n’a fait que mettre à nu une politique d’aménagement territorial et de logement. C’est connu, la galère des non lotis était devenue un casse-tête chinois pour le courtmestre de la ville de Ouagadougou et aussi la source de tous les problèmes des maires d’arrondissements. Malgré les professions de foi destinées à mettre un terme à la cacophonie qui a fini par s’installer autour du problème des lotissements, les collectivités locales n’ont presque jamais réussi à trouver la bonne solution. Certains conseils municipaux, pour ne pas dire des maires, ont tissé leur toile de deals sur de sales affaires de lotissements. Ils ont parcellé et loti partout, au-delà des limites officielles de la ville, dans les zones réservées et même dans les «bandes vertes» destinées à aérer la ville. Beaucoup d’affairistes ont trouvé là l’occasion de s’enrichir sur le dos de pauvres citoyens qui ne demandaient qu’un bout de terre pour reposer leurs pieds.
A côté des édiles dealeurs, il y a aussi des habitants fieffés de non-lotis qui ont fait pousser ces habitations précaires comme des champignons. En dehors de Baskuy qui n’a plus de terres à bazarder, le marché des parcelles a fait couler beaucoup d’encre et de salive dans les 4 autres arrondissements de la capitale. On a vendu à tour de bras. Les plus cupides ont dribblé les plus naïfs et se sont engraissés sur leur dos. Pour bénéficier à tout prix du sésame, certains ont choisi d’élire domicile sur leur lopin de terre, dans l’espoir que les agents recenseurs ne passeront pas en leur absence. Ils sont devenus des habitants de non lotis, malgré eux. Cela fait plusieurs années que ça dure...
A côté de ces “clodos”, il y a aussi ceux qui voguent de non-loti en non-loti. Leur stratégie est simple: ériger un clapier de «8 tôles» pour marquer le territoire. Dès qu’ils sont recensés par la mairie, ils s’empressent de liquider leur numéro de recensement et vont plus loin pour créer un nouveau quartier non loti et cela avec la complicité souvent de conseillers municipaux qui y voient là l’occasion de lotir pour se remplir les poches. Pour avoir la parcelle et l’argent de la parcelle, certains ont accepté de vivre dans le lit des eaux de ruissellement avec tous les risques que cela comporte.
Au non-loti du secteur 30, par exemple, plusieurs sinistrés avaient leurs maisons dans le couloir des eaux qui convergent vers le barrage de Yamtenga. Ce qui veut dire que, logiquement, ces habitations en banco blaguées par quelques pelletées de ciment ne pouvaient pas résister à la pression de la flotte de 263 mm d’eau qui s’est abattue sur Ouagadougou en 10 heures. Les sinistrés des berges du barrage n° 3 de Ouaga, eux, ont poussé l’outrecuidance jusqu’à s’installer sur un espace réputé inondable et donc dangereux pour leur propre vie en cas de pluie diluvienne. Certains auraient même été indemnisés, quelques années plus tôt, par la mairie de Ouagadougou qui leur aurait attribué des parcelles pour les aider à déguerpir des bords du barrage. Hélas. Par cupidité surtout, ils ont choisi de prendre des risques qui leur ont été finalement fatals le 1er septembre dernier. La plupart d’entre eux ont perdu leurs maisons et devront nécessairement aller voir ailleurs.
Plus besoin donc de leur faire un dessin pour leur démontrer la dangerosité de leur option. Ils ne devront pas également trop rêver à un quelconque dédommagement, surtout pour ceux qui avaient déjà eu des parcelles et ont préféré les vendre. Une chose est sûre, quel que soit le montant des collectes de l’opération de solidarité, il sera difficile que le gouvernement bâtisse une maison pour chaque sinistré des zones non loties et mal loties. En dehors des entreprises privées tel l’hôtel Silmandé qui a souscrit à une assurance pour ses installations, l’écrasante majorité des victimes n’a aucun recours pour les biens mobiliers et immobiliers qu’elle a perdus. Tous les regards sont tournés vers le pasteur Testicus Zorro et son équipe gouvernementale. A l’instar de Noé, aura-t-il les moyens de bâtir une arche qui peut contenir les 150 000 sinistrés? Rien n’est moins sûr.
Au-delà du malheur du déluge, il faut espérer que la catastrophe serve de leçon aussi bien aux autorités gouvernementales, communales qu’au citoyen lambda. Le lotissement anarchique et l’habitat sauvage ne peuvent pas être adoptés comme une voie d’urbanisation d’une ville qui se veut moderne et sûre. Une chose est de faire appel à l’aide internationale pour essayer de colmater les brèches. Mais il faut surtout faire une introspection et construire désormais selon un schéma et des normes rigoureux. Tout compte fait, même si le gouvernement consent d’ores et déjà à la réhabilitation et à la réinsertion des sinistrés, ce programme ne saura être crédible que s’il tient compte du «déguerpissement des zones inondables des villes comme des villages», comme l’a du reste souligné le document élaboré par le Premier ministre.
Mais comme on le sait aussi ici au Faso, le tout n’est pas de savoir ce qu’on doit faire. C’est surtout d’avoir les coudées franches pour le faire. Et le faire bien. Attendons donc de voir ce qu’on va faire concrètement de ces zones non loties et mal loties.

28/08/2009

La "clinique du plaisir" qui fait couler beaucoup d'encre et de salive

R 1.jpgDepuis presque deux décennies, le Burkina Faso est devenu une terre de prédilection des adeptes du «prophète» Raël. Officiellement reconnu seulement en 1996, le mouvement ne compte pas moins d’«un millier d’adhérents, dont 350 actifs», selon son guide national, le Dr Sié Benoît Da, qui officie comme médecin psychiatre au centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo. Malgré leur petit nombre, ils sont si actifs qu’ils ont marqué leur territoire par l’implantation du «village des raëliens», un site pittoresque situé à Dingasso, à 15 km au sud de Bobo-Dioulasso.

Il y a quelques mois, ils ont lancé la construction d’un centre hospitalier de réparation et de restauration des clitoris mutilés. Dénommé au départ «Hôpital du plaisir», ce projet vise, selon ses initiateurs, à permettre aux femmes victimes de l’excision de jouir, un tant soit peu, de leur précieux organe sexuel. Une noble mission qui devrait apporter de l’espoir et une nouvelle vie aux milliers de clitoris que l’on continue de mutiler dans ce pays. Mais il a suffi que cette intention soit étalée sur la place publique pour qu’elle suscite une controverse. Faut-il  craindre que le mouvement raëlien profite de ce projet pour faire du prosélytisme? Telle est la question qui brûle les lèvres et fait couler beaucoup d’encre et de salive. Certains se sont même crus obligés d’attirer l’attention des autorités sanitaires sur la dérive que constituerait ce projet.

R 2.jpgAu sein du Comité national de lutte contre la pratique de l’excision (CNLPE), les membres émettent des inquiétudes, même si personne n’a encore osé dire haut tout ce qui se pense bas. Dans une interview accordée à une télévision française, le Pr Michel Akotionga - l’un des pionniers de la réparation et de la restauration des victimes de l’excision - n’y est pas allé par quatre chemins. En tant que membre du CNLPE, il a déclaré: «Le Comité se démarque de cet hôpital du plaisir. Il en est de même pour l’équipe du Pr Lankoandé.»

Le ministre de la Santé préfère, lui, jouer la carte de la diplomatie. Interrogé par notre confrère Jeune Afrique (n°2535 du 9 août), Seydou Bouda a laissé échapper que «Lorsque de telles propositions permettent d’élargir le potentiel sanitaire, on ne fait pas les difficiles...», avant d’ajouter: «Nous aurons un œil vigilant et nous fermerons l’hôpital à la moindre dérive.» Comme on peut le voir, le département en charge de la santé publique ne ferme pas la porte à la contribution des raëliens. Il est visiblement intéressé par la contribution de ce mouvement qui, il faut le reconnaître, ne manque pas de délicatesse et de lobbying.

Officiellement, le projet est porté par l’Association Voix des femmes pour l’épanouissement (AVFE) et non directement par le mouvement raëlien. C’est donc cette organisation qui est partenaire de Clitoraid, un organisme raëlien basé à Las Vegas, aux Etats-Unis, et qui est chargé de collecter les fonds nécessaires pour la réalisation du complexe hospitalier. A en croire Mariam Banémanie Traoré, présidente de l’AVFE, «cette association est composée des gens de différentes religions, de femmes burkinabè et maliennes. Elle n’est pas formée uniquement de raëliens, mais de tous ceux qui veulent redonner espoir aux victimes de l’excision». Agée de 54 ans, cette évêque raëlienne basée à Bobo-Dioulasso est la cheville ouvrière du projet. Elle ne s’embarrasse d’aucune pudeur pour témoigner de ce que la restauration de son clitoris, mutilé à 13 ans, a pu apporter comme «changement positif» dans sa vie. Elle reconnaît néanmoins que l’initiative d’implanter l’hôpital au Burkina est de Raël lui-même qui, après avoir écouté son témoignage à elle, a été bouleversé au point de demander aux adeptes du mouvement de «faire quelque chose pour les femmes d’Afrique».

R 3.jpgC’est probablement pour répondre à cet appel de Raël que Pierre Bolduc, un ingénieur de bâtiments et travaux publics, a quitté son Canada natal pour s’établir depuis 3 ans à Bobo-Dioulasso où il s’occupe de suivre l’exécution du projet. Sur le chantier, il a mis au point une machine à tailler les pierres naturelles afin d’associer des matériaux locaux à la construction de l’édifice. Le coût global de l’ouvrage (équipement compris) est estimé à quelque 150 millions de francs CFA. Conçu à 2 niveaux, il comporte un hall d’accueil des patientes, une salle de conférences et d’animation, des salles de consultation et d’hospitalisation, un bloc opératoire et des bureaux pour le personnel médical. Ses concepteurs prévoient de se consacrer dans un premier temps à la réparation des séquelles de l’excision et à la restauration des victimes qui voudraient recouvrer l’usage de leur clitoris.

Même si le projet a été déclaré comme «un hôpital généraliste», il affiche une priorité qui ne trompe pas. Cela est d’autant plus excitant pour le mouvement raëlien qu’il a déjà engagé une campagne de sensibilisation des victimes de l’excision. Selon Mariam Banémanie Traoré, «Plus de 200 femmes sont déjà inscrites». Abibata Sanon, guide raëlienne, n’a pas attendu l’hôpital du plaisir. Elle s’est fait opérer dans l’une des cliniques privées de Ouagadougou. Ravie d’avoir recouvré cet organe dont on l’a mutilée depuis l’âge de... 7 jours. Mariée à un évêque raëlien, elle fait partie de l’équipe de sensibilisation du mouvement et n’hésite pas à exhiber à qui veut le voir son premier fils qu’elle considère comme «l’enfant de la restauration», c’est-à-dire «l’enfant conçu avec le maximum de plaisir». En fait, selon la doctrine raëlienne, le sexe ne sert pas seulement à la procréation, mais surtout au plaisir. D’où l’appellation de «l’hôpital du plaisir» au départ du projet.

R 4.jpgLorsque les autorités burkinabè ont trouvé que «le mot plaisir aliène la femme», les raëliens n’ont trouvé aucun inconvénient à le retirer de leurs documents officiels. Ainsi, au lieu d’hôpital du plaisir, ils ont opté désormais pour «Kamkaso», «La maison de la femme noire».

A défaut d’aller jusqu’au bout de son rêve aventureux de «l’immortalité par le clonage», l’ancien journaliste français Claude Vorilhon, alias Raël  - «instruit par les extra-terrestres» en 1973 -  est désormais à l’assaut des clitoris mutilés au Burkina. Pourvu que tout cela nous fasse garder les pieds sur terre et la tête bien sur les épaules.

Que devient le dossier de la bavure policière de Boulpouré?

B 1.jpgEn décembre 2005, une procédure judiciaire a été ouverte contre X suite à la découverte de 4 corps criblés de balles et abandonnés en brousse, dans le village de Boulpouré, sur la Départementale n°1, Ouaga-Kongoussi.  La justice s’était ainsi mise en branle sur une plainte du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (Mbdhp) et des familles des victimes. Il avait été établi, à l’époque, qu’il s’agirait d’une bavure policière consécutive à une traque de coupeurs de route. Les forces de l’ordre se seraient trompées de cibles. Les premières investigations avaient orienté les regards vers la Direction des compagnies d’intervention rapide (Dcir), l’actuelle Compagne républicaine de sécurité (CRS). Quatre années après, les plaignants attendent toujours que les auteurs de cette bavure policière soient identifiés, jugés et punis, conformément à leurs actes. Hélas! L’appareil judiciaire se hâte lentement.

Le 10 janvier 2006, Me Halidou Ouédraogo, alors président du MBDHP et fraîchement investi de sa nouvelle mission de «défenseur de la veuve et de l’orphelin», s’est constitué conseil aux côtés des parents des suppliciés de Boulpouré. Malheureusement, cette période a coïncidé avec ses propres ennuis de santé. C’est donc entre ses différentes hospitalisations et évacuations sanitaires à l’étranger que l’intrépide avocat défenseur des droits humains a déposé les éléments nécessaires pour le traitement du dossier. Mais il a fallu attendre le 10 janvier 2007, soit une année après, pour que le juge en charge de l’affaire lui signifie que le dossier a été transmis au Parquet de Ouagadougou. Malgré ce temps qui paraît long aux yeux des profanes, Me Halidou Ouédraogo pense que «C’est un exploit». Qu’à cela ne tienne.

B 2.jpgPendant ce temps, les familles des victimes sont inconsolables. Elles ne voient rien venir. Naturellement, il leur est difficile de faire le deuil de leurs parents fauchés, aussi longtemps qu’ils ne connaîtront pas la vérité sur les circonstances de leurs disparitions tragiques.

En effet, ce sont 2 ouvriers (Jean-Baptiste Nacanabo, né en 1980, et Abdoul Aziz Ouédraogo, né en 1984), 1 chauffeur  (Adama Sawadogo, né en 1977, fils unique et unique soutien de son père) et 1 passager qui ont été pris au piège de l’opération de police. Les 3 ouvriers étaient employés par l’entreprise de construction General Eco, sise dans les environs du marché de Sankaryaaré à Ouagadougou. Ils rentraient alors d’un chantier situé à Rollo, dans la nuit du 7 au 8 décembre 2005, à bord d’un camion de transport de matériaux de construction. Trois jours après qu’ils urent quitté leur point de départ, leur patron n’avait toujours pas de nouvelles d’eux. Il s’était alors mis à les chercher partout. C’est pratiquement 9 jours après, soit le 14 décembre, que la découverte macabre a été faite. Avant, ce fut la croix et la bannière pour être situé. Il a fallu que le patron de General Eco apprenne que son camion était cloué au commissariat de police du département de Dapélogo pour voir enfin le bout du tunnel. Mais c’était sans compter avec un jeu de cache-cache de la police qui ne semblait pas disposée à laisser jaillir la lumière sur ce qui est arrivé à ses employés.

Au commissariat de Dapélogo, on lui a juste laissé entendre que le camion a été immobilisé par des policiers venus de Ouagadougou. Dans la capitale, il lui a fallu marcher plusieurs fois entre l’état-major des CRS, la direction régionale de la police judiciaire et la Sûreté nationale pour enfin tomber sur un certain Almissi qui était censé détenir le secret du dossier. C’est auprès de ce cadre de la Police nationale qu’il va apprendre finalement que ses employés ont été pris en flagrant délit comme coupeurs de route. Et c’est pour cette raison qu’ils ont été liquidés sans autre forme de procès.

B 3.jpgComme il fallait s’y attendre, cette information n’a convaincu ni le P-DG de General Eco, encore moins les familles des victimes. Même si les malheureux ouvriers avaient été pris sur des faits de braquage sur la route, cela pouvait-il justifier que des policiers en opération les envoient ad patres et jettent leurs cadavres dans la brousse? Indéniablement, les éléments envoyés en expédition punitive ont franchi le rubicond. Ils ont eu la main trop lourde et surtout aucun respect pour la vie humaine.

En effet, sur les lieux où les corps ont été balancés, on a pu dénombrer 38 douilles de kalachnikov. Plus accablant pour les auteurs de cet horrible carnage, les restes découverts 9 jours après le forfait portaient des fractures diverses et des parties amputées. Après avoir été probablement liquidés sur la voie, ils ont été traînés à 150 m du lieu du crime à la merci des charognards et des chiens. Ce qui peut laisser présager d’un acte consciemment exécuté et non d’une simple erreur de cible. C’est, du reste, suffisamment grave pour demander des comptes à la hiérarchie policière.

En s’associant aux familles des suppliciés de Boulpouré pour porter plainte contre X, le MBDHP ne s’attendait pas à un marathon judiciaire aisé. Quoi que des soupçons sérieux pèsent sur la police, notamment sur des éléments de la CRS, l’organisation de défense des droits humains a choisi de ne pas devancer l’iguane dans l’eau. De sources proches du dossier, il y aurait eu trois personnes inculpées. Le sont-elles toujours?

Même si l’issue de la bataille judiciaire semble encore loin, elle aura eu le mérite de faire avancer les choses. Le dossier est déjà passé du Parquet de Ouaga à la Chambre d’accusation où il peut encore subir les derniers réglages si on estime que les faits ne sont pas suffisamment constitués. Pour l’heure, on ne saurait dire si des personnes ont été nommément inculpées ou non. Le voile du secret d’instruction ne permettant pas d’aller au-delà, il ne reste plus qu’à attendre le fameux arrêt de renvoi qui pourra permettre de l’enrôler pour le jugement.

B 4.jpgPendant ce temps, le camion-benne de la société de construction General Eco est toujours bloqué au commissariat de police de Dapélogo. Si l’on estime que ce type de véhicule se loue à environ 75 000 F par jour, force est de constater qu’en 4 années d’arrêt, c’est toute une fortune qui est ainsi perdue. Et rien ne prouve qu’il sera récupérable à la fin de cette histoire. Visiblement impatient de voir arriver le procès, l’avocat des victimes espère que le dossier sera enfin prêt pour les prochaines assises criminelles. Très confiant, il pense qu’«il ne peut pas se perdre dans le sable. Il doit être jugé pour l’exemple». Foi de Me Halidou Ouédraogo.