18.05.2009

Qui veut la tête du maire de Koubri?

K 1.jpgLe maire de Koubri serait-il devenu persona non grata au ministère en charge des Collectivités locales? Alors que les couloirs du département dirigé par le «très discret» et Clément Pégwendé Sawadogo bruissent de rumeurs sur de présumées difficultés que connaîtrait cette commune rurale, personne n’ose dire tout haut ce que l’on reproche au sieur Félix Compaoré. Et pourtant, l’homme est chargé de tous les péchés. La source de ses problèmes? Une affaire de lotissement suspendu par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD) sur fond de crocs-en-jambe politiciens. Cette initiative, qui devait être un des plus grands projets du tout premier maire élu sous la bannière du Rassemblement pour le développement du Burkina (RDB), est aujourd’hui compromise par une guéguerre désormais béante entre les deux principales forces politiques en présence. Pire, une procédure de révocation du maire serait secrètement en préparation dans le cabinet de Pégwendé. Comment en est-on arrivé là?
Suite à la plainte solitaire d’un conseiller municipal - distillée dans les colonnes de certains confrères -, une première mission de contrôle du MATD s’est déportée, en août 2008, à Koubri pour décortiquer des fils d’allégations de «mauvaise gestion» qui étaient faites contre le maire. Hospitalisé suite à une piqûre d’abeilles, celui-ci n’avait pas pu être entendu par les fins limiers de l’inspection du ministère. Le ministre Clément P. Sawadogo a été obligé de diligenter une deuxième inspection, un mois plus tard. Comme si tout cela ne suffisait pas pour dissuader le maire, une troisième mission a été envoyée en février 2009 à Koubri pour «investigation complémentaire». Des accusations de mauvaise gestion pour lesquelles la machine de contrôle a été mise en branle, l’édile s’est vu progressivement coincé par les limiers sur le dossier très sensible du lotissement qui était en cours. La mission d’inspection a rejeté comme non conformes des justificatifs de dépenses dont le montant varie entre 3 et 4 millions. Pour en avoir le cœur net, celle-ci a transporté les registres de recensement de Koubri dans les bureaux des inspecteurs du MATD afin que ceux-ci fassent toutes les vérifications qu’ils souhaitaient. Croyant ainsi prouver sa bonne foi, le responsable local va se voir «confisquer» les registres sous prétexte d’une mesure de suspension qui serait toujours en cours contre l’opération de lotissement.
Mais de mesure, il n’y en a pas, en dehors d’un message radio que le ministère a transmis au préfet de Koubri invitant les acteurs du lotissement à observer une suspension provisoire en attendant la validation officielle du processus. Que cet arrêt momentané vienne à courir encore aujourd’hui, Félix Compaoré et ses camarades du RDB n’y voient que la main cachée de leur adversaires politiques qui tireraient les ficelles jusqu’au MATD. Pour eux, la succession des inspections de contrôle, qui a aboutit finalement au blocage du lotissement, ne vise ni plus ni moins qu’à jeter des peaux de banane sur la route de l’exécution du Plan de développement communal adopté par le conseil municipal. Les bagarres qu’il y avait eu en septembre dernier entre les partisans du maire Félix Compaoré et ceux du conseiller frondeur Jérôme Zangré du CDP auraient-elles quelque chose à voir avec les péripéties actuelles?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les déboires actuels de l’édile de Koubri sont liés à une équation politique qu’il avait cru voir se dissoudre au fil du temps. Surtout que sa formation politique, le RDB, est de la mouvance présidentielle, donc coépouse du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le gigaparti au pouvoir. Pour avoir remporté les municipales de 2006 avec 27 conseillers municipaux contre 23 pour le CDP et 1 pour l’ADF/RDA, Félix Compaoré et ses camarades disposaient d’une majorité assez confortable pour imprimer leur marque dans la gestion de cette commune rurale qui se trouve aujourd’hui être la seule à échapper au parti au pouvoir dans la région du Centre. Mais c’était sans compter avec la volonté de certains de ses adversaires de lui mettre les bâtons dans les roues. Au regard de l’évolution de la situation, le conseiller Jérôme Zangré doit boire du petit lait en apprenant que le maire ne sait pas où donner de la tête pour récupérer ses registres de recensement afin de continuer le lotissement. S’il est vrai que ce bonhomme avait toujours manœuvré pour que son adversaire de maire morde la poussière, force est de constater qu’il peut tout aussi se réjouir de ce que le MATD a quelque peu réalisé son rêve. Quant au maire, il peut tout aussi considérer que les missions de contrôle du ministère ne sont pas aussi neutres que cela. D’ici à penser que le ministre K 2.jpgClément P. Sawadago ne pourrait rien refuser à son parti et qu’il serait manipulé par le CDP qui voudrait, à tout prix, faire échec aux actions du RDB à Koubri, il n’y a qu’un pas. Mais où met-on les intérêts des populations de cette commune rurale? Que fait-on de la crédibilité du processus de communalisation pour laquelle le Burkina joue son image avec ses partenaires techniques et financiers?
Sans prendre parti pour le maire ou pour le collège des inspecteurs du MATD, il importe de relever que la gestion des communes rurales, en l’occurrence, se trouve fragilisée par le fait qu’elle peut être facilement prise en otage par des guéguerres inutiles de partis politiques au grand dam des véritables enjeux de développement. Au regard des nombreuses reculades qu’on observe ici et là à cause de ces «blocages» qui coûtent des centaines de millions à l’Etat, il importe certainement de recadrer le poids des nuisances politiciennes dans les communes rurales. Il en va de la salubrité publique, et donc d’une saine démocratie à la base. Pour le cas présent de Koubri, le ministre Clément P. Sawadogo et ses inspecteurs gagneraient à expliquer clairement à tous les acteurs les tenants et les aboutissements de la fameuse mesure de suspension de l’opération de lotissement à Koubri. Cela aura l’avantage de situer les uns et les autres et surtout d’éviter que la rumeur prenne le pas sur la vérité, et d’éviter ainsi les vilaines suspicions qui se sont emparées du conseil municipal de cette commune qui ne demande qu’à se développer dans la sérénité.

05.05.2009

Qui veut noyer les Burkinabè de Côte d'Ivoire?

E 2.jpgSelon des sources concordantes, le sieur Emile Kima, qui se fait passer pour «le représentant des Burkinabè de Côte d’Ivoire» a engagé une collecte de fonds visant à apporter un soutien à l’organisation des élections dans ce pays. Baptisée péremptoirement, «Nous voulons la paix, aidons la Côte d’Ivoire», cette opération volontariste viserait à amener chaque de la communauté burkinabè à contribuer à hauteur de 1000 F Cfa en vue de renflouer la caisse de la Commission électorale d’environ 3,5 milliards de F Cfa. Le nombre de Burkinabè vivant en Eburnie étant estimé à quelques 3,5 millions de personnes.
Dans l’absolu, l’initiative est noble. Mais le hic dans cet activisme c’est qu’il intervient à un moment où les autorités ivoiriennes, notamment le président Laurent Koudou Gbagbo a dû mal à situer la communauté internationale sur une date précise à laquelle ces élections devront avoir lieu cette année. A priori, ce n’est pas un problème d’argent qui bloque l’organisation des élections et donc laE.jpg sortie de crise en Côte d’Ivoire. D’où la curiosité que peut susciter une opération de collecte qui risque de mettre mal à l’aise des Burkinabè dont la plupart, ont choisi, jusque-là de bien se tenir à l’écart de ce délicat processus de sortie de crise.
Que chercherait donc Emile Kima, qui n’est pas officiellement le président de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire à se lancer dans une telle opération apparemment inopportune ? Pourquoi vouloir aider, financièrement s’entend, une Côte d’Ivoire qui n’en a visiblement pas fait la demande ? Du moins pas officiellement. En attendant d’être mieux située sur cette initiative, force est constater que ses motivations gagneraient à être plus clarifiées, pour éviter des quiproquos préjudiciables justement à cette communauté que l’on veut présenter comme «le bon Samaritain».

04.05.2009

Fossoyeurs de démocratie africaine

 

K 2.jpgLorsque les Sénégalais ont infligé une cinglante défaite au parti au pouvoir lors des élections locales de mars dernier, on était plusieurs à applaudir la «résurrection» de la démocratie qui a donné un bel exemple d’alternance à l’Afrique en 2000. C’était justement avec Me Abdoulaye Wade qui a accéder à la tête de l’Etat après avoir passé plusieurs décennies dans l’opposition. Son élection avait été saluée comme un démenti à l’incapacité du continent noir à s’accommoder à la démocratie. Hélas!

Il fallait que Wade goutte au pouvoir pour que cela le révèle autrement. Le moins que l’on puisse dire de l’image qu’il donne est qu’il n’est finalement qu’un président comme tous les autres qui font tout pour se maintenir au pouvoir. Pire, en versant dans une gestion quasi patrimoniale, il apporte de l’eau au moulin de ceux qui croient qu’il voudrait bien voir son fils lui succéder au gouvernail du Sénégal. En tout cas, il ne manquerait que ça.

Sinon, comment coK 1.jpgmprendre qu’après le revers cuisant de Karim Wade aux élections municipales, le chantre du Sopi n’ait rien K3.jpgtrouvé de mieux à faire que gratifier le fils désavoué par les électeurs d’un portefeuille exagérément garni de ministre d’Etat ? Comme le ridicule ne tue pas au Pays de la Téranga, c’est 4 ministères pleins regroupés en un seul qu’Abdoulaye Wade a offert à son fils Karim. Celui-ci trône désormais dans le gouvernement comme ministre d'Etat chargé de la Coopération internationale, de l'aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures. Qui dit mieux ?
Décidément, le «vénérable opposant démocrate», Abdoulaye Wade aura donné plus de coups de canif à la démocratie que Mobutu, Eyadéma,…, et Bongo. Avec son fils comme super ministre dans son gouvernement, on ne devrait plus s’étonner de le voir décret un règne monarchique dans son pays. Que Dieu sauve le Sénégal de cette démocratie banania!