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02/06/2010

Le CDP veut un mandat présidentiel illimité

 

A.jpgC’est désormais officiel. Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti au pouvoir a rendu public hier son intention d’introduire une série de réformes politiques et institutionnelles parmi lesquelles la modification de l’article 37 de la Constitution en vue de sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel. L’information a été rendue publique ce mardi 1er juin au cours d’une émission de débat de la télévision nationale intitulée «Parti pris» par le secrétaire général du parti, le député Achille Tapsoba. «Notre parti souhaite que le mandat présidentiel devienne illimité», a-t-il dit en substance.

Cette déclaration d’intention a désormais le mérite de clarifier non seulement la position du parti au pouvoir, mais de situer ceux s’insurgent depuis un certain temps contre le retour au mandat présidentiel illimité. On se rappelle que la première modification de cet article en 1997 avait été identifiée comme l’une des causes du mal social qui avait conduit à la profonde crise sociopolitique consécutive à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo le 13 décembre 1998. Tout récemment encore, la conférence épiscopale avait attiré l’attention des dirigeants actuels sur la nécessité de ne pas succomber à la tentation de toucher à nouveau à cette disposition constitutionnelle qu’on a dû rétablir en 2000 pour ramener la paix dans le pays.

Avec la volonté désormais affichée du CDP d’aller à une nouvelle modification de l’article 37 en vue de permettre au chef de l’Etat –Blaise Compaoré ou un autre- de rester au pouvoir aussi longtemps qu’il le souhaiterait, c’est un gros pavé qui est jeté dans une mare politique qui avait du restecer l’iguane dans l’eau.

 

09/03/2010

Mahama malmène la Constitution

 

M.jpgSi Radio France internationale (RFI) a son Mahmane qui, «malmène les mots», le Burkina Faso lui a son Mahama. Lui, il est député du parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès, (CDP). Mieux, il est le président du groupe parlementaire le plus important de l’hémicycle. Ce qui lui donne certainement des ailes pour inonder la presse locale d’élucubrations, pardon de réflexions à la limite de la controverse. Depuis quelques semaines maintenant, il a entrepris une croisade pour la modification de l’article 37 de la Constitution burkinabè, notamment pour sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel. En clair, il veut malmener la Loi fondamentale afin d’assurer le pouvoir à vie à son champion, Blaise Compaoré.

C’est peut-être de son droit. Mais cet élu semble avoir la mémoire courte. Heureusement que la Conférence épiscopale vient de rappeler à l’intention de tous les révisionnistes que le pouvoir à vie peut être source de toutes les instabilités. En plus, le Niger vient de donner la preuve la plus cinglante avec le renversement de Mamadou Tandja qui voulait se scotcher à son fauteuil pour dit-il «terminer ses chantiers». La suite, on la connaît, c’est le recul démocratique de son pays.

Le Burkina n’est peut-être pas le Niger. En attendant que le président Blaise Compaoré se prononce définitivement sur sa volonté ou non de prolonger son bail à la tête du Burkina, Mahama lui ne démord pas. Il tient mordicus à malmener, pour la 2e fois, la Constitution burkinabè dont la première version de 1991 avait pourtant bel et bien prévu la limitation du mandat à «7 ans renouvelable une seule fois». Jusqu’où ira Mahama ? La suite des événements politiques nous le dira. 

 

08/03/2010

Le Togo a encore raté le virage !

 

T1.jpgOn a cru que la présidentielle du 4 mars dernier allait permettre d’exorciser le Togo des démons qui divisent les politiques de ce pays. Hélas. Malgré les longues palabres qui ont conduit à l’accord politique de Ouagadougou et l’arsenal des observateurs de la Cedeao, de l’Union européenne et des forces de sécurité, les résultats proclamés dans la nuit du 5 mars ne sont pas arrivés à mettre tous les protagonistes d’accord. Pour avoir été crédité d’un score provisoire de plus de 60%,  le camp présidentiel jubile, tandis que c’est l’amertume au niveau des opposants, notamment du parti de Jean-Pierre Fabre qui est estime que «sa victoire a été volée».

T2.jpgVoilà que les affrontements et autres échauffourées tant conjurés sont de retour. Les bombes lacrymogènes ont repris leur droit, dans le quartier mythique de Bè où se trouve le siège de l’UFC, principal parti d’opposition. Ce n’est pas seulement Jean-Pierre Fabre et ses partisans qui contestent les résultats du scrutin. Les autres candidats tels que Yaowi Agboyibor et Messan Agbéyomè Kodjo ont aussi des griefs contre la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Les marches de protestations annoncées par l’opposition sont la preuve d’un malaise électoral.T3.jpgIncontestablement, le Togo vient, une fois encore de rater le virage d’une élection présidentielle apaisée dont les résultats ne souffrent d’aucune controverse. On n’a visiblement pas trouvé le remède au mal dont souffre ce pays depuis le vent de la démocratie des années 90. Curieusement, il se trouve être le seul où, depuis lors, les consultations électorales sont toujours sujettes à caution. C’est aussi le seul pays de l’Afrique de l’Ouest où le même régime est au pouvoir depuis 1963. Ceci n’expliquerait-il pas cela ?