20/07/2010

Menaces terroristes au Burkina: les Américains seraient-ils trop zélés?

Les «fous d’Allah» auraient-ils déjà planté leur tente quelque part dans le nord du Burkina ou nourriraient-ils effectivement l’intention de le faire incessamment? La question est d’autant plus délicate et que le simple usage du conditionnel peut être considéré comme suspect. Du moins, depuis que l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Ouagadougou a pris l’initiative d’évacuer ses ressortissants de la région nord du pays, il est difficile de ne pas croire à la menace terroriste qui s’est propagée comme une traînée de poudre.

Subitement, le «pays des Hommes intègres», qui passait jusque-là comme exempt des zones de prédilection des activités du réseau d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), a été finalement pris dans le péril. C’est vrai que ce groupe s’est montré particulièrement friand d’otages occidentaux ces derniers temps et qu’il était capable d’étendre ses tentacules partout, y compris dans le Nord et dans le Sahel burkinabè. Et que la présence des volontaires américains (Peace corps) qui travaillent dans des projets sociaux dans cette zone peut être une raison supplémentaire pour que le Burkina soit dans l’œil du cyclone. Mais on reste tout de même perplexe quant à l’interprétation qui est faite des «menaces terroristes» d’une part par les Américains et de l’autre par des membres du gouvernement burkinabè.
Comme on a pu le constater, c’est plus d’une semaine après que les premiers ont rapatrié leurs concitoyens du nord du Burkina qu’on a eu droit à un communiqué officiel du gouvernement burkinabè. Là encore, il a fallu qu’un communiqué du consulat de France à Ouagadougou «recommande vivement aux ressortissants français, qui souhaitent se déplacer au-delà des localités de Ouahigouya, Djibo et Dori, de se signaler aux forces de gendarmerie ou de police de ces villes» pour qu’il y ait le branle-bas. Visiblement pris de court par la déferlante quête d’information des médias internationaux, Alain Yoda, le chef de la diplomatie burkinabè, s’est surtout voulu rassurant en déclarant que «Le dispositif sécuritaire du Burkina Faso, jusqu’à l’heure où je vous parle, est un dispositif qui a fait ses preuves quant à son efficacité et à sa fiabilité». Mais lorsqu’il reconnaît, dans le même temps, que la chancellerie américaine a pris des «mesures conservatoires» sans en discuter préalablement avec les autorités burkinabè, cela ne dénote t-il pas d’un manque de confiance de la part des yankees? Si le dispositif est aussi rassurant que l’affirme le ministre des Affaires étrangères, pourquoi cela ne semble pas rassurer les Américains?
Cette deuxième question est d’autant plus pertinente que le ministre de la Défense nationale, lui, paraît sceptique sur les indices qui auraient motivé la décision de rapatriement prise unilatéralement par la chancellerie américaine. «Nous n’avons aucun indice», a-t-il martelé. Comme pour corroborer ce doute, les propos de son collègue de la Sécurité sont encore plus précis lorsqu’ils soulignent que «La zone de Ouahigouya n’est pas propice à ce genre d’attaque (entendez l’enlèvement de ressortissants occidentaux par les terroristes)» à l’Agence France presse (AFP). Comme on peut le voir, les autorités en charge des forces de défense et de sécurité sont assez sceptiques et n’ont pas la même appréciation des menaces terroristes dans le nord du Burkina. Mieux, ils émettent des réserves sur les fameux indices qui ont semé la panique. Malgré tout, le Service d’information du gouvernement s’est néanmoins fendu d’un très officiel communiqué pour tenter de faire baisser la frilosité qui s’est emparée des chancelleries américaines et occidentales.
On peut lire, entre autres, que «compte tenu de la menace terroriste dans la sous-région, le gouvernement burkinabè a jugé utile de prendre des mesures préventives supplémentaires afin de parer à toute éventualité. Il saisit l’occasion pour rassurer les ressortissants américains et occidentaux que des mesures appropriées seront renforcées pour assurer leur sécurité sur toute l’étendue du territoire».
Si le communiqué du SIG a le mérite de mettre l’accent sur la sollicitude du gouvernement à tout mettre en œuvre pour rassurer ses hôtes nasara, rien ne prouve que les yankees qui ont été rapatriés de Ouahigouya et de ses environs vont y retourner de sitôt. D’ores et déjà, il paraît que le nombre d’hommes et de femmes à la peau blanche peut se compter sur le bout des doigts dans le Sahel burkinabè. Il ne faut surtout pas y aller chercher les yankees. D’ailleurs, il y a belle lurette que l’ambassade allemande à Ouagadougou a discrètement interdit aux assistants techniques de la coopération allemande d’aller au-delà de Kaya. L’ambassade des yankees serait-elle trop zélée ou bien est-ce le gouvernement burkinabè qui n’a pas su prendre la mesure des soupçons?
Comme on peut le voir, il y a longtemps que les soupçons de menaces de l’AQMI étaient dans l’air au Burkina Faso. La panique américaine n’est que la dernière goutte qui a fait déborder le vase de la peur. Le moins que l’on puisse craindre, c’est que le tourisme et la coopération décentralisée n’en prennent un grand coup.

Commentaires

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Écrit par : Voyance en direct | 06/07/2011

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Écrit par : voyante Paris | 13/10/2011

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Écrit par : voyance gratuite par mail | 17/05/2012

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Écrit par : voyance gratuite par telephone | 29/11/2012

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Écrit par : voyance gratuite par mail | 07/05/2013

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Écrit par : voyant en ligne | 18/10/2013

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