09/03/2010

Mahama malmène la Constitution

 

M.jpgSi Radio France internationale (RFI) a son Mahmane qui, «malmène les mots», le Burkina Faso lui a son Mahama. Lui, il est député du parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès, (CDP). Mieux, il est le président du groupe parlementaire le plus important de l’hémicycle. Ce qui lui donne certainement des ailes pour inonder la presse locale d’élucubrations, pardon de réflexions à la limite de la controverse. Depuis quelques semaines maintenant, il a entrepris une croisade pour la modification de l’article 37 de la Constitution burkinabè, notamment pour sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel. En clair, il veut malmener la Loi fondamentale afin d’assurer le pouvoir à vie à son champion, Blaise Compaoré.

C’est peut-être de son droit. Mais cet élu semble avoir la mémoire courte. Heureusement que la Conférence épiscopale vient de rappeler à l’intention de tous les révisionnistes que le pouvoir à vie peut être source de toutes les instabilités. En plus, le Niger vient de donner la preuve la plus cinglante avec le renversement de Mamadou Tandja qui voulait se scotcher à son fauteuil pour dit-il «terminer ses chantiers». La suite, on la connaît, c’est le recul démocratique de son pays.

Le Burkina n’est peut-être pas le Niger. En attendant que le président Blaise Compaoré se prononce définitivement sur sa volonté ou non de prolonger son bail à la tête du Burkina, Mahama lui ne démord pas. Il tient mordicus à malmener, pour la 2e fois, la Constitution burkinabè dont la première version de 1991 avait pourtant bel et bien prévu la limitation du mandat à «7 ans renouvelable une seule fois». Jusqu’où ira Mahama ? La suite des événements politiques nous le dira. 

 

08/03/2010

Le Togo a encore raté le virage !

 

T1.jpgOn a cru que la présidentielle du 4 mars dernier allait permettre d’exorciser le Togo des démons qui divisent les politiques de ce pays. Hélas. Malgré les longues palabres qui ont conduit à l’accord politique de Ouagadougou et l’arsenal des observateurs de la Cedeao, de l’Union européenne et des forces de sécurité, les résultats proclamés dans la nuit du 5 mars ne sont pas arrivés à mettre tous les protagonistes d’accord. Pour avoir été crédité d’un score provisoire de plus de 60%,  le camp présidentiel jubile, tandis que c’est l’amertume au niveau des opposants, notamment du parti de Jean-Pierre Fabre qui est estime que «sa victoire a été volée».

T2.jpgVoilà que les affrontements et autres échauffourées tant conjurés sont de retour. Les bombes lacrymogènes ont repris leur droit, dans le quartier mythique de Bè où se trouve le siège de l’UFC, principal parti d’opposition. Ce n’est pas seulement Jean-Pierre Fabre et ses partisans qui contestent les résultats du scrutin. Les autres candidats tels que Yaowi Agboyibor et Messan Agbéyomè Kodjo ont aussi des griefs contre la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Les marches de protestations annoncées par l’opposition sont la preuve d’un malaise électoral.T3.jpgIncontestablement, le Togo vient, une fois encore de rater le virage d’une élection présidentielle apaisée dont les résultats ne souffrent d’aucune controverse. On n’a visiblement pas trouvé le remède au mal dont souffre ce pays depuis le vent de la démocratie des années 90. Curieusement, il se trouve être le seul où, depuis lors, les consultations électorales sont toujours sujettes à caution. C’est aussi le seul pays de l’Afrique de l’Ouest où le même régime est au pouvoir depuis 1963. Ceci n’expliquerait-il pas cela ?