22.05.2009
De quoi se mêle Fillon au Gabon?
Les nouvelles ne sont pas bonnes du côté du Gabon. Afin, ça dépend de quel côté on se situe. L’indéboulonnable président Omar Bongo-Ondimba a été obligé de s’éclipser «momentanément» de son trône pour tenter de se délivrer d’une maladie qui le ronge dit-on jusqu’aux intestins. En plus de 40 ans de règne sans partage, il n’a pas réussi à se construire, au Gabon, un hôpital à même de le sortir de n’importe quel ennui sanitaire. Il fallu donc transporté le président-fondateur jusqu’à la lointaine Espagne. Cette fois-ci, il n’a pas osé se diriger vers la France, où la justice l’attend de pied ferme pour une sale affaire de «biens mal acquis».
Il ne manque pas pour le moins d’amis français, puisque c’est au moment où les commentaires les plus alarmistes sont faits sur sa santé que le Premier ministre français, François Fillon, en visite au Cameroun, trouve le moyen de déclarer que la santé du président gabonais «était satisfaisante». Comme si cela ne suffisait pas, il a même formulé les «vœux de prompt rétablissement à M. Bongo en espérant naturellement qu’il sera remis sur pied le plus vite possible». On veut croire que le Chef du gouvernement français est tout à fait conscient des enjeux d’une telle déclaration. Si d’aventure, celle-ci venait à être démenti e par les propos du chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos qui a indiqué que Bongo «allait très mal», Fillon ne sera rattrapé que par sa propre turpitude.
De toute façon, il n’était pas obligé de se prononcer sur ce sujet, pour le moins, délicat. Surtout que la présidence gabonaise elle-même a du mal à dire la vérité sur l’état de santé de l’homme fort du Gabon. Il a fallu que les informations les plus alarmistes proviennent des médias internationaux pour qu’elle crie à l’acharnement médiatique. Comme si Bongo était inoxydable et que l’état de sa santé devait être caché au peuple gabonais qu’on a voulu maintenir dans l’obscurité pendant plus de 40 ans. Le plus incongru, c’est lorsque des autorités françaises, tel le Premier ministre François Fillon, se croient obligées de se mêler de ce jeu ignoble.
16:28 Publié dans Parlons-en | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : françois fillon, omar bongo, maladie, espagne
18.05.2009
Que vaut le réveil des sages de la Cedeao?
On les croyait gagner par la résignation sur les menaces qui pèsent les Constitutions. Eh! Bien les bruits de modification qui font rage au Niger ont fini par réveiller le «Conseil des sages de la Cedeao» de leur sommeil. En marge d’une réunion que cette instance tenait le week-end dernier dans la capitale nigérienne, ses membres ont jeté un gros pavé dans la mare aux caïmans des partisans du président Mamadou Tandja qui entretien le rêve secret de voir sauter le verrou de la limitation des mandats pour lui permettre de rempiler. Contre cette manœuvre incongrue qui fait déjà couler beaucoup d’encre et de salive, la mise en garde du Dr Abdul Fattau, haut fonctionnaire de la Cedeao a été sans ambages. «Nous n’accepterons aucune idée tentant à remettre en cause les dispositions constitutionnelles pour se maintenir au pouvoir», a-t-il martelé lors d’un point de presse.
C’est incontestablement l’une des rares fois qu’on assiste à une prise de positon aussi ferme que directe de la part d’un organe de cette institution sous-régionale. Le plus surprenant dans cette déclaration est qu’elle se fait à Niamey même, sans
apparemment craindre le courroux du président Tandja. Quand on sait que cette démarche suffit pour l’irriter, il y a de quoi se demander sur quoi s’adossent ces sages pour se permettre une telle témérité. Que faut ce fatwa fait à visage découvert et sous le couvert d’une Cedeao que l’on croit –à tort ou à raison- trop indulgente vis-à-vis du syndicat des chefs d’Etat ? En attendant de voir jusqu’où iront ces sages, force est de reconnaître qu’ils ont frappé un bon coup. Encore faut-il maintenant que cela ne soit pas un coup d’épée dans le fleuve Niger.
Qui veut la tête du maire de Koubri?
Le maire de Koubri serait-il devenu persona non grata au ministère en charge des Collectivités locales? Alors que les couloirs du département dirigé par le «très discret» et Clément Pégwendé Sawadogo bruissent de rumeurs sur de présumées difficultés que connaîtrait cette commune rurale, personne n’ose dire tout haut ce que l’on reproche au sieur Félix Compaoré. Et pourtant, l’homme est chargé de tous les péchés. La source de ses problèmes? Une affaire de lotissement suspendu par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD) sur fond de crocs-en-jambe politiciens. Cette initiative, qui devait être un des plus grands projets du tout premier maire élu sous la bannière du Rassemblement pour le développement du Burkina (RDB), est aujourd’hui compromise par une guéguerre désormais béante entre les deux principales forces politiques en présence. Pire, une procédure de révocation du maire serait secrètement en préparation dans le cabinet de Pégwendé. Comment en est-on arrivé là?
Suite à la plainte solitaire d’un conseiller municipal - distillée dans les colonnes de certains confrères -, une première mission de contrôle du MATD s’est déportée, en août 2008, à Koubri pour décortiquer des fils d’allégations de «mauvaise gestion» qui étaient faites contre le maire. Hospitalisé suite à une piqûre d’abeilles, celui-ci n’avait pas pu être entendu par les fins limiers de l’inspection du ministère. Le ministre Clément P. Sawadogo a été obligé de diligenter une deuxième inspection, un mois plus tard. Comme si tout cela ne suffisait pas pour dissuader le maire, une troisième mission a été envoyée en février 2009 à Koubri pour «investigation complémentaire». Des accusations de mauvaise gestion pour lesquelles la machine de contrôle a été mise en branle, l’édile s’est vu progressivement coincé par les limiers sur le dossier très sensible du lotissement qui était en cours. La mission d’inspection a rejeté comme non conformes des justificatifs de dépenses dont le montant varie entre 3 et 4 millions. Pour en avoir le cœur net, celle-ci a transporté les registres de recensement de Koubri dans les bureaux des inspecteurs du MATD afin que ceux-ci fassent toutes les vérifications qu’ils souhaitaient. Croyant ainsi prouver sa bonne foi, le responsable local va se voir «confisquer» les registres sous prétexte d’une mesure de suspension qui serait toujours en cours contre l’opération de lotissement.
Mais de mesure, il n’y en a pas, en dehors d’un message radio que le ministère a transmis au préfet de Koubri invitant les acteurs du lotissement à observer une suspension provisoire en attendant la validation officielle du processus. Que cet arrêt momentané vienne à courir encore aujourd’hui, Félix Compaoré et ses camarades du RDB n’y voient que la main cachée de leur adversaires politiques qui tireraient les ficelles jusqu’au MATD. Pour eux, la succession des inspections de contrôle, qui a aboutit finalement au blocage du lotissement, ne vise ni plus ni moins qu’à jeter des peaux de banane sur la route de l’exécution du Plan de développement communal adopté par le conseil municipal. Les bagarres qu’il y avait eu en septembre dernier entre les partisans du maire Félix Compaoré et ceux du conseiller frondeur Jérôme Zangré du CDP auraient-elles quelque chose à voir avec les péripéties actuelles?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les déboires actuels de l’édile de Koubri sont liés à une équation politique qu’il avait cru voir se dissoudre au fil du temps. Surtout que sa formation politique, le RDB, est de la mouvance présidentielle, donc coépouse du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le gigaparti au pouvoir. Pour avoir remporté les municipales de 2006 avec 27 conseillers municipaux contre 23 pour le CDP et 1 pour l’ADF/RDA, Félix Compaoré et ses camarades disposaient d’une majorité assez confortable pour imprimer leur marque dans la gestion de cette commune rurale qui se trouve aujourd’hui être la seule à échapper au parti au pouvoir dans la région du Centre. Mais c’était sans compter avec la volonté de certains de ses adversaires de lui mettre les bâtons dans les roues. Au regard de l’évolution de la situation, le conseiller Jérôme Zangré doit boire du petit lait en apprenant que le maire ne sait pas où donner de la tête pour récupérer ses registres de recensement afin de continuer le lotissement. S’il est vrai que ce bonhomme avait toujours manœuvré pour que son adversaire de maire morde la poussière, force est de constater qu’il peut tout aussi se réjouir de ce que le MATD a quelque peu réalisé son rêve. Quant au maire, il peut tout aussi considérer que les missions de contrôle du ministère ne sont pas aussi neutres que cela. D’ici à penser que le ministre
Clément P. Sawadago ne pourrait rien refuser à son parti et qu’il serait manipulé par le CDP qui voudrait, à tout prix, faire échec aux actions du RDB à Koubri, il n’y a qu’un pas. Mais où met-on les intérêts des populations de cette commune rurale? Que fait-on de la crédibilité du processus de communalisation pour laquelle le Burkina joue son image avec ses partenaires techniques et financiers?
Sans prendre parti pour le maire ou pour le collège des inspecteurs du MATD, il importe de relever que la gestion des communes rurales, en l’occurrence, se trouve fragilisée par le fait qu’elle peut être facilement prise en otage par des guéguerres inutiles de partis politiques au grand dam des véritables enjeux de développement. Au regard des nombreuses reculades qu’on observe ici et là à cause de ces «blocages» qui coûtent des centaines de millions à l’Etat, il importe certainement de recadrer le poids des nuisances politiciennes dans les communes rurales. Il en va de la salubrité publique, et donc d’une saine démocratie à la base. Pour le cas présent de Koubri, le ministre Clément P. Sawadogo et ses inspecteurs gagneraient à expliquer clairement à tous les acteurs les tenants et les aboutissements de la fameuse mesure de suspension de l’opération de lotissement à Koubri. Cela aura l’avantage de situer les uns et les autres et surtout d’éviter que la rumeur prenne le pas sur la vérité, et d’éviter ainsi les vilaines suspicions qui se sont emparées du conseil municipal de cette commune qui ne demande qu’à se développer dans la sérénité.
17:29 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso, koubri, commune, décentralisation, clément sawadogo, administration du territoire
05.05.2009
Qui veut noyer les Burkinabè de Côte d'Ivoire?
Selon des sources concordantes, le sieur Emile Kima, qui se fait passer pour «le représentant des Burkinabè de Côte d’Ivoire» a engagé une collecte de fonds visant à apporter un soutien à l’organisation des élections dans ce pays. Baptisée péremptoirement, «Nous voulons la paix, aidons la Côte d’Ivoire», cette opération volontariste viserait à amener chaque de la communauté burkinabè à contribuer à hauteur de 1000 F Cfa en vue de renflouer la caisse de la Commission électorale d’environ 3,5 milliards de F Cfa. Le nombre de Burkinabè vivant en Eburnie étant estimé à quelques 3,5 millions de personnes.
Dans l’absolu, l’initiative est noble. Mais le hic dans cet activisme c’est qu’il intervient à un moment où les autorités ivoiriennes, notamment le président Laurent Koudou Gbagbo a dû mal à situer la communauté internationale sur une date précise à laquelle ces élections devront avoir lieu cette année. A priori, ce n’est pas un problème d’argent qui bloque l’organisation des élections et donc la
sortie de crise en Côte d’Ivoire. D’où la curiosité que peut susciter une opération de collecte qui risque de mettre mal à l’aise des Burkinabè dont la plupart, ont choisi, jusque-là de bien se tenir à l’écart de ce délicat processus de sortie de crise.
Que chercherait donc Emile Kima, qui n’est pas officiellement le président de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire à se lancer dans une telle opération apparemment inopportune ? Pourquoi vouloir aider, financièrement s’entend, une Côte d’Ivoire qui n’en a visiblement pas fait la demande ? Du moins pas officiellement. En attendant d’être mieux située sur cette initiative, force est constater que ses motivations gagneraient à être plus clarifiées, pour éviter des quiproquos préjudiciables justement à cette communauté que l’on veut présenter comme «le bon Samaritain».
17:56 Publié dans Parlons-en | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : burkinabè de côte d'ivoire, élection, carte de séjour
04.05.2009
Fossoyeurs de démocratie africaine
Lorsque les Sénégalais ont infligé une cinglante défaite au parti au pouvoir lors des élections locales de mars dernier, on était plusieurs à applaudir la «résurrection» de la démocratie qui a donné un bel exemple d’alternance à l’Afrique en 2000. C’était justement avec Me Abdoulaye Wade qui a accéder à la tête de l’Etat après avoir passé plusieurs décennies dans l’opposition. Son élection avait été saluée comme un démenti à l’incapacité du continent noir à s’accommoder à la démocratie. Hélas!
Il fallait que Wade goutte au pouvoir pour que cela le révèle autrement. Le moins que l’on puisse dire de l’image qu’il donne est qu’il n’est finalement qu’un président comme tous les autres qui font tout pour se maintenir au pouvoir. Pire, en versant dans une gestion quasi patrimoniale, il apporte de l’eau au moulin de ceux qui croient qu’il voudrait bien voir son fils lui succéder au gouvernail du Sénégal. En tout cas, il ne manquerait que ça.
Sinon, comment co
mprendre qu’après le revers cuisant de Karim Wade aux élections municipales, le chantre du Sopi n’ait rien
trouvé de mieux à faire que gratifier le fils désavoué par les électeurs d’un portefeuille exagérément garni de ministre d’Etat ? Comme le ridicule ne tue pas au Pays de la Téranga, c’est 4 ministères pleins regroupés en un seul qu’Abdoulaye Wade a offert à son fils Karim. Celui-ci trône désormais dans le gouvernement comme ministre d'Etat chargé de la Coopération internationale, de l'aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures. Qui dit mieux ?
Décidément, le «vénérable opposant démocrate», Abdoulaye Wade aura donné plus de coups de canif à la démocratie que Mobutu, Eyadéma,…, et Bongo. Avec son fils comme super ministre dans son gouvernement, on ne devrait plus s’étonner de le voir décret un règne monarchique dans son pays. Que Dieu sauve le Sénégal de cette démocratie banania!
14:45 Publié dans Parlons-en | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : karim wade, sénégal, gouvernement, démocratie, afrique


