26.03.2009

Péché politique originel

Après l’euphorie du vrai faux coup d’Etat qui a installé le jeune Andry Rajoelina, alias TGV, au pouvoir, voici qu’une turbulence politique plane sur la grande île. Contraint à la démission, le désormais ex-président Marc Ravanomalana ne s’avoue pas hors jeu de son exil au Swaziland. Les démonstrations de forces auxquelles on a assisté ces derniers jours de ces partisans est un mauvais présage pour ce pays classé parmi les plus pauvres au monde.
Andry.jpgLorsque les démons se mettront en branle, il ne faudra surtout pas compter sur la communauté internationale encore Gnass.jpgmoins sur l’Union africaine impuissante et foncièrement incapable de faire respecter la légalité et la légalité dans quelque Etat que ce soit. En fait, sur ce continent «béni des dieux» mais trahi par ses fils, le coup d’Etat est un péché originel. Et Andry Rajoelina n’a fait que perpétuer cette maudite tradition à Madagascar. Certains puristes politiques s’offusquent du fait que le président autoproclamé, âgé seulement de 34 ans, serait trop jeune et trop petit pour le trône. Soit. Mais n’est-ce pas avoir la mémoire trop courte qu’il devrait avoir un âge requis pour faire un coup d’Etat en Afrique ?
Si l’on en croit l’authenticité de sa date de naissance –officiellement le 26 décembre 1935-, le tout premier putschiste africain avait à peine 30 ans. Le sergent-Chef Etienne Eyadéma Gnassingbé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait liquidé le président Sylvanus Olympio le 13 janvier 1963 au Togo. Ce péché originel n’a jamais fait l’objet d’aucune sanction sérieuse, puisque ce putschiste a même bénéficié d’un pouvoir à vie qui a duré 38 longues années. 46 ans, l’Afrique continue de traîner ce péché originel comme une véritable malédiction. Faut-il en rire ou en pleurer ?

24.03.2009

Yes ! La démocratie est possible

Les coups d’Etat sanglants ou déguisés et les hold-up électoraux ne sont pas une fatalité sur le continent noir. La démocratie par les urnes est possible en Afrique. Le Sénégal vient de nous en donner une brillante preuve à travers l’organisation d’élections locales qui viennent de se dérouler dans ce pays. C’est vrai qu’on est encore à l’étape des résultats provisoires, mais le fair-play des acteurs en lice, surtout du camp du parti au pouvoir, montre bien qu’il y a bel et bien des politiques africains qui savent perdre des élections. La déclaration du porte-parole de la présidence sénégalaise reconnaissant la défaite du parti démocratique sénégalais (PDS) dans la capitale –pour ne parler que de cette ville- est assez éloquente.

E.jpgC’est vrai que cela n’arrive pas souvent, même au Sénégal où, il y a quelques années les opposants ont crié au verrouillage du système politique par le président Abdoulaye Wade. Mais avec les victoires importantes que l’opposition vient d’engranger à Dakar la capitale -où le propre fils du président était candidat- est le signe d’un espoir démocratique certain dans ce pays. C’est surtout un témoignage convaincant pour ces afro pessimistes qui croient trop facilement que ce continent ne connaît que la voie des coups d’Etat, de la monarchie constitutionnelle et des dictatures sans fin.

Au moment où l’Afrique ressent durement encore les coups de canifs portés aux lois fondamentales et à l’appareil étatique à Madagascar, en Mauritanie, en Guinée-Bissau et en Guinée Conakry, l’exemple sénégalais vient retentir comme une aurore qui rappelle que «Quelle que soit la profondeur de la nuit, le jour finit toujours par arriver». Merci aux sénégalais qui nous rappellent que pour la démocratie, nous devons tous répondre en chœur : Yes, we can !

Rénovation de l'aéroport de Ouaga

A 1.jpgDepuis quelques semaines, les bruits des machines se sont tus à l’aéroport international de Ouagadougou-Taamsê. Lancés le 31 janvier 2008 par le pasteur Testicus Zorro, les travaux d’extension et de réaménagement étaient, en principe, prévus pour un délai de 18 mois. Après presque 12 mois, l’entrepreneur commis à la rénovation du cadre aéroportuaire est obligé de ronger son frein. Et certainement aussi ses ongles.
Comme effleuré dans notre édition du 26 février au 4 mars dernier, les choses se seraient coincées autour d’un problème de «L’avenant de la discorde». Mais, selon le secrétaire général du ministère des Transports qui assure la maîtrise de l’ouvrage, il n’est pas question d’«avenant» mais de «réaménagement du budget de réfection de l’aéroport». Mathieu Bouda convient ainsi que le budget initial a dû être revu et corrigé. Pour lui, les premières études effectuées depuis 2006 par l’Asecna n’avaient pas pris en compte certains aspects importants tels que les travaux d’assainissement de l’aéroport, la construction d’un hangar pèlerins, la dotation de l’aéroport d’une source d’énergie adaptée. C’est pour combler ces «failles» que de nouvelles études ont été confiées au cabinet Cincat, avec à la clé une rallonge budgétaire qui tourne désormais autour de 6 milliards, soit environ le triple de l’enveloppe initiale. Voilà qui est clair. Mais pourquoi le gouvernement se hâte toujours lentement à débloquer les fonds pour la poursuite des travaux?
A en croire toujours le SG, «le dossier a été introduit en Conseil des ministres... Le Premier ministre ne l’a pas encore approuvé». Or, il faut absolument recevoir le quitus du PM avant d’engager quelque dépense que ce soit. Même si «l’entrepreneur continue les travaux molo molo» comme le souligne Mathieu Bouda, il est bien difficile pour lui de ne pas raccrocher. Surtout qu’il aurait contracté des prêts auprès de certaines banques de la place pour tenir le coup. Le SG du ministère des Transports a laissé entendre que «seulement 900 millions de F CFA ont été décaissés au profit de l’entrepreneur contre un marché initial de 1,4 milliard». Jusqu’à quand le patron de FCS va pouvoir supporter de mettre ses propres biens en gage pour tenir ce challenge?
A 2.jpgCertaines mauvaises langues susurrent même qu’un important bien immobilier de l’entrepreneur serait sur le point d’être saisi par une institution financière. Vérité ou intox? Toujours est-il que ce n’est pas seulement le patron de FCS qui est pressé de voir le bout du tunnel dans cette affaire de blocage ou de déblocage de fonds (c’est selon). Le SG, Mathieu Bouda, est tout aussi embarrassé. «Notre souhait est que ça aille rapidement. L’entrepreneur le souhaite vraiment», souligne-t-il, non sans une certaine inquiétude avant d’ajouter que «tout sera réglé d’ici la fin du mois de mars».
On se rappelle que lors du lancement officiel des travaux en janvier 2008, le ministre des Transports avait expressément invité tous les acteurs du chantier «à s’appliquer du mieux qu’ils peuvent dans le travail, à respecter scrupuleusement le cahier des charges et à veiller aux conditions d’exécution des travaux afin que l’ouvrage nous soit livré selon les règles de l’art et dans les délais contractuels impartis». Maintenant que ça risque de coincer dans le respect des délais impartis, on imagine bien Gilbert Noël Ouédraogo partager l’angoisse qu’il y a dans l’air.
Le défi est d’autant plus important à relever qu’il s’agit de l’un des chantiers les plus stratégiques pour lui, en tant que parti de soutien au programme du Blaiso national. Ce serait tout à son honneur de conduire à bon (aéro)port ce dossier qui a été ficelé depuis 2006 par l’Asecna et qui a été refilé à son département. C’est donc au titre de ministère de tutelle qu’il a voulu réaménager les choses afin de les adapter aux exigences du terrain. Dans cette perspective, on comprend que le blocage apparent actuel peut donner l’impression qu’il a été mal inspiré de réaménager le plan initial en introduisant des donnes ignorées par l’Asecna. Mais apparemment, il n’a pas les coudées franches pour accélérer l’approbation du dossier revisité. Tous les regards sont tournés vers le PM qui semble seul habilité à donner le jus nécessaire pour remettre la machine de la rénovation en marche et surtout à débloquer les fonds nécessaires pour que l’entrepreneur retrouve le sourire sur le chantier. On attend donc de voir.
A 3.jpgMais ce qui est sûr, c’est que le gouvernement n’a pas d’autre choix que de poursuivre la rénovation de l’aéroport de Ouagadougou-Taamsê. Car, le projet de construire de nouvelles infrastructures aéroportuaires à Donsin doit encore attendre de longues petites années. Il faudrait réussir à rassembler la bagatelle de 130 milliards de F CFA pour la première phase des travaux. Ce n’est pas demain la veille que cette manne va tomber dans la besace du gouvernement. D’ailleurs, le scénario le plus envisagé voudrait qu’après la rénovation de l’ancien aéroport, celui-ci soit concédé à un opérateur privé qui va se charger de le rentabiliser avec l’obligation d’investir ses bénéfices dans la réalisation du nouvel aéroport.
Pour gagner le pari de la rentabilisation, il faudrait certainement négliger les exigences modernes de sécurité, de parking automatique, de salle d’attente non stressante, bref de normes techniques et agréables d’avant l’embarquement et d’après le débarquement. Il faut donc espérer que les différentes parties engagées dans la rénovation de l’aéroport Ouaga-Taamsê se résolvent à filer du bon coton pour mener à bien les travaux...dans les délais, les règles de l’art ainsi que dans les règles d’éthique.

Corruption dans l'administration

I 1.jpgLa corruption dans l’Administration burkinabè, on en parle et c’est réel. Une étude a été même commanditée sur ses formes et ses visages. Il ne s’agit donc pas d’un serpent de mer ou de soucoupes volantes. La corruption est non seulement rampante dans les services publics, mais ceux qui devraient la combattre se hâtent toujours trop lentement. Ils ne font pratiquement rien pour endiguer la gangrène qui ronge inexorablement l’éthique et la déontologie.

Aux services des Impôts, pour ne parler que de ceux-là, on est interloqué par les grandes fenêtres que l’Administration elle-même ouvre à la tentation de la corruption. Comment comprendre que dans les divisions fiscales il n’y ait toujours pas de service d’informations et de renseignements pour orienter les usagers? Et pourtant, il y a des personnages de tout acabit qui écument les couloirs de ces services et qui servent de rabatteurs pour des agents véreux tapis dans leurs bureaux. Puisque n’importe qui peut entrer et sortir de n’importe quel bureau, c’est la porte ouverte à tous les deals. Comme pour les recharges de cartes téléphoniques, il existe également des prestations Sap-Sap pour lesquelles l’intéressé n’a même pas besoin de se présenter. Comme dans la plupart des services publics où circulent des sous, les intermédiaires, communément appelés les margouillats, se chargent de «pousser» les dossiers au bon endroit, moyennant «quelque chose» en espèces sonnantes et trébuchantes.

I 2.jpgC’est connu. Le glissement de feuilles ou de v’loppes pour faire accélérer le traitement d’un dossier dans l’Administration publique est une pratique tellement courante qu’elle ne semble plus offusquer personne. Il faut tout autant ‘’un caillou’’ pour empêcher la déclaration en douane de s’envoler. On a beaucoup mis à l’index les commissariats où des législations «bien graissées» peuvent se faire à la vitesse de l’éclair; ils ne devraient pas détenir la palme de cette accélération. Il suffit généralement de «connaître quelqu’un» pour voir ses dossiers se gérer en un temps deux mouvements. On est parfois même surpris de voir que ces intermédiaires sont capables d’ouvrir toutes les portes.  

Cela se ressent bien ces dernières semaines avec une vraie fausse pénurie de timbres fiscaux qui ouvre la porte à des gymnastiques peu catholiques. Le précieux sésame est officiellement introuvable dans les guichets où il est vendu. Mais curieusement, des agents d’autres bureaux en ont par-devers eux et c’est eux-mêmes qui se chargent de le proposer, bien sûr un peu plus cher que d’habitude. «Tout ce qui est rare est cher» et les fonctionnaires dealers ont tellement bien compris ce principe économique qu’ils n’hésitent pas à se mettre illégitimement du beurre dans leurs épinards. «Qui est fou», comme dirait l’autre? Mais le hic dans ce vilain micmac, c’est qu’on ne sait plus s’il s’agit d’une pénurie artificielle ou provoquée en vue de racketter les pauvres usagers de l’Administration qui n’ont pas d’autre choix que se jeter dans la gueule des loups-garous insatiables. Pire, cela fait longtemps que dure ce jeu de cache-cache et on se demande à qui profite ce flou artistique autour du problème des timbres fiscaux. A moins d’attendre que des pirates de timbres fiscaux inondent le marché avant de réagir promptement, il y a de quoi se demander s’il y a un responsable de cette affaire-là au sein du ministère de l’Economie et des Finances? En tout cas, il y a un véritable laxisme autour de ce problème qui n’a que trop duré.

I 3.jpgDu laxisme, il y en a certainement dans la gestion des documents officiels par les «Commissions d’évaluation et de constat de mise en valeur des parcelles de la province du Kadiogo».Tenez-vous bien, c’est à la main que les agents de ces services remplissent les imprimés qui sont supposés servir de procès-verbaux. Au lieu de traiter ce document confidentiel dans leurs bureaux, ils imposent à l’usager d’aller faire saisir le procès-verbal dans les secrétariats publics. Quelle aberration pour une Administration publique comme celle des Impôts qui devrait protéger les données personnelles des citoyens de toute manipulation extérieure? A quoi sert finalement d’implanter des Divisions fiscales dans les différents arrondissements de la ville de Ouagadougou si l’on ne peut pas les doter de secrétariats afin de garantir la crédibilité des documents produits?

Le moins que l’on puisse dire dans cette dérive administrative qui consiste à faire saisir des documents à l’extérieur de l’Administration fiscale, c’est qu’elle expose les données non seulement à des falsifications graves, mais aussi à toutes sortes de trafics. Qu’est-ce qui prouve que ces documents manipulés à l’extérieur des bureaux ne sont pas utilisés à d’autres fins par des personnes mal intentionnées? Comment les usagers peuvent-ils faire correctement leur droit à la réclamation si n’importe quelle opératrice de saisie peut avoir accès aux informations aussi personnelles que stratégiques telles que «Le coût des investissements réalisés par un tiers sur sa parcelle»? On est où là?

En plus de poser un réel problème de protection de données personnelles, cette gestion hasardeuse de documents administratifs traduit bien un état d’esprit qui contribue malheureusement à dévaloriser les actes administratifs. Tout porte à croire que l’essentiel pour les services des Impôts consiste juste à encaisser l’argent des contribuables sans autre forme d’égards. Et puisque les agents eux-mêmes semblent être formés pour appliquer mécaniquement des mesures qui ne vont guère au-delà de la collecte de sous, il ne faut pas s’étonner qu’ils ne soient pas plus exigeants vis-à-vis de leur hiérarchie. Lorsque tout le monde se complaît du laxisme, il ne faut pas s’étonner que la fraude et la corruption entrent dans l’Administration par la grande porte et virusse finalement tout le système.

18.03.2009

La jeunesse burkinabè a perdu la tête

La jeunesse burkinabè a-t-elle perdu le nord ?

P.jpgUn élève qui tire sur son camarade avec un pistolet à Ouaga. On croyait que cela n’arrive qu’aux Etats-Unis ou en Europe. Eh bien non ! Les Burkinabè sont bien entrés dans la civilisation de gadgets meurtriers. Et de très vilaine manière. Hier, c’était une affaire de film pornographique qui a éclaboussé plusieurs lycées de la capitale. En son temps, des gens se sont indignés ici et là. Certains journaux se sont même fendus d’éditorialistes très vite jugés de puritains. Quelques jours avant le drame du lycée Newton, notre confrère «Le Pays» se demandait justement si cela n’arrivait qu’aux autres.

Ce qui devait arriver, arriva. Martial Soubeiga, un lycéen est allé en classe, le 16 mars dernier, avec une arme dissimulée dans le sac. C’est en voulant frimer qu’un coup malencontreux est parti et son camarade, Corneille Tapsoba, en est mort. Un drame qui bouleverse le monde de l’éducation au Burkina. Mais plus qu’un bouleversement, il s’agit là d’une véritable interpellation sur le rôle de l’école ainsi que sur responsabilités des parents d’élèves.

En effet, l’arme du crime appartient au père du jeune Martial qui se trouve être un douanier à la retraite. Pourquoi ce monsieur qui est supposé connaître la dangerosité de cette arme a pu la laisser traîner au point que son fils puisse y avoir accès au point d’aller jouer avec à l’école ? Ce douanier, même retraité, serait un conscient ou un père qui a un excès de confiance en ses enfants ?

En attendant qu’une enquête judiciaire, ouverte à cet effet, rende ses conclusions, force est de constater que cette affaire mérite bien une introspection sur les valeurs de l’éducation au Pays des Hommes intègres. Il faut recadrer les choses avant que la jeunesse burkinabè ne perde totalement le nord.  

10.03.2009

Haïlé Gérima et Blaise Compaoré

G.jpgVainqueur de l’Etalon de Yennenga, la plus prestigieuse récompense du Festival panafricain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (Fespaco), Haïlé Gérima a brillé par son absence dans la capitale burkinabè. C’est sa sœur cadette et associée qui a reçu le trophée des mains du président Blaise Compaoré. Ironie du sort, le cinéaste éthiopien avait promis de ne pas mettre les pieds au Burkina tant que l’actuel chef de l’Etat sera au pouvoir. Grand admirateur de Thomas Sankara, il n’a pas supporté la liquidation de la révolution.

Il a certainement tenu sa promesse en ne venant pas à Ouagadougou. Mais en acceptant de participer à la compétition officielle du Fespaco, il se met quelque peu dans une position ambiguë. Son œuvre n’est-elle pas finalement une partie de lui-même ? Il faut croire la participation de Gérima au Fespaco est un clin d’œil aux Burkinabè. N’est-ce pas également une manière de rendre hommage à son ami Sankara que de remporter l’Etalon de Yennenga ?

2-sankara_1236630802.jpgIl est évident que sa joie serait plus grande si c’est des mains de Thomas Sankara qu’il reçoit l’Etalon. Mais il n’est pas réaliste de continuer à faire la fixation sur un passé révolu. Cela n’est que source de rancœur inutile. Le plus important n’est-elle pas que Haïlé Gérima et Blaise Compaoré fassent la paix des braves et se rencontrent pour voir ce qu’ils peuvent faire ensemble pour faire avancer l’Afrique. Ainsi, la consécration de Teza ne sera pas simplement celle d’un film, mais de la capacité de ce grand homme qu’est Gérima d’enterrer les querelles du passé pour tracer de nouveaux sillons pour l’avenir d’une Afrique qui nous est tous cher.

 

04.03.2009

Cinéma africain, cinéma saisonnier

Au cours de cette semaine dédiée aux cinémas d’Afrique et de la diaspora, on a les films africains plein les yeux. Mieux, on n’a pas nécessairement besoin de venir à Ouagadougou pour voir ou revoir du cinéma africain. Certaines télévisions internationales ont même aménagé spécialement leur grille de programmes pour diffuser se mettre quelque peu aux couleurs du Fespaco. La télévision nationale du Burkina n’est pas en marge du mouvement. Les films dits «africains» ont signé leur retour sur le petit écran. Et cela au grand bonheur de ceux qui vivent hors de la capitale et qui ne peuvent pas prendre part à la biennale.

Mais le hic dans cette coloration momentanée des écrans –grands et petits-, c’est qu’on se demande ce que devient le cinéma africain après le Fespaco. Tout laisse croire que malgré le combat quF1.jpge mènent les cinéastes d’Afrique et de la diaspora pour imposer les images du continent sur la scène internationale, on est toujours aux schémas traditionnels. On a l’impression que le cinéma africain est simplement toléré sur certaines chaînes de télévision, juste pour la forme. Et cela est certainement très frustrant. Mais à qui la faute ? Telle est la crue et cruelle qu’on ne se pose pas assez.

Aussi longtemps qu’on ne répondra pas sérieusement à cette question, il sera bien difficile de considérer le cinéma africain autrement que comme un cinéma saisonnier, bon pour le Fespaco et rangé après dans les tiroirs. Le combat doit commencer par les télévisions nationales africaines et les opérateurs économiques qui préfèrent investir dans des films et feuilletons importés plutôt que de faire une promotion sincère des images d’Afrique. Quoique le Fespaco soit déjà vieux de 40 ans, il n’est jamais trop tard pour relever ce défi vital pour les cultures et les civilisations africaines. Personne ne viendra le faire à notre place.

02.03.2009

Délinquance juvénile chronique

B 1.jpgDans le lot des malfrats appréhendés tout récemment par la police, il se figure un «étudiant en 4e année de médecine à l’Université de Ouagadougou» et «deux jeunes élèves dont l’un en classe de terminale». Aussi incroyable que cela puisse paraître, ces jeunes délinquants sont régulièrement ainsi dans leur établissement tout se livrant à ce genre de délinquance. En effet, tandis que les élèves se sont spécialisés dans les vols à l’arraché des sacs à main des femmes et des touristes, l’étudiant est le cerveau d’un réseau de vol et de trafic d’engins à deux roues. Mettant ainsi son intelligence au profit de la rapine, Dramane Kagoné ne s’embarrassait même pas de dérober les engins de ses propres camarades étudiants. Au lieu de s’occuper des ses chères études pour lesquelles ses parents l’ont envoyé à l’Université, il s’est allié une bande de malfrats qui s’est rendue coupable du vol plus d’une centaines de motocyclettes.
Au-delà de leurs actes répréhensibles, le statut social de ces jeunes délinquants interpelle à plus d’un titre. Qu’est-ce qui a bien pu pousser un étudiant, de surcroît en 4e année de médecine à se livrer à ce genre de gangstérisme ? Mystère et boule de gomme.
On veut peut-être croire qu’il a été poussé par une mauvaise compagnie, mais cela ne peut pas lui valoir des situations atténuantes, surtout pour son niveau d’étude. C’est en tout cas très difficile de comprendre cette déviance au niveau d’un jeune homme a apparemment tout pour réunir. A moins qu’il ne souffre d’une délinquance juvénile chronique. Dans ce cas, il gagnerait à se soigner promptement de ce mal à la Maison d’arrêt de correction de Ouagadougou où il a été conduit avec ses camarades.

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