25.11.2008
La justice burkinabè à l'épreuve d'une tentative d'assassinat
A peine a-t-elle emménagé dans son Palais rénové du centre-ville que la justice doit affronter une affaire aussi brûlante que délicate: la présumée tentative d’assassinat du représentant de la British American Tobacco (BAT) au Burkina. Les faits remontent au 8 octobre 2008. Selon des sources concordantes, des tueurs à gages auraient été recrutés pour occire le sieur Bandyan Travaly à son domicile de Ouaga 2000 dans la nuit. Heureusement pour ce dernier, le coup a foiré et les bruits de la tentative sont parvenus aux services de renseignements de la gendarmerie. Une enquête s’est ouverte aussitôt et 6 poissons sont tombés dans les filets des pandores. Dans le lot, il se trouve un certain Issouf Ouédraogo, que l’on dit «proche» de Salif Ouédraogo, P-DG du groupe Kossouka, un partenaire d’affaires de BAT. Les 5 autres seraient des agents d’une agence de gardiennage dénommée «Force de sécurité et protection» agissant sous les ordres d’un certain Ferdinand Bamogo. Les présumés «tueurs à gages» auraient déclaré agir pour le compte du sieur Salif Ouédraogo dont Issouf Ouédraogo ne serait que l’intermédiaire qui aurait assuré les aspects financiers et logistiques de l’opération.
Face à une accusation si grave, les limiers de la gendarmerie auraient demandé à entendre le P-DG de Kossouka. Celui-ci se trouvant hors du pays à la date des faits, il aurait tout de même été joint, probablement par téléphone, et aurait promis de rentrer au pays pour répondre de la charge qu’on faisait peser sur lui. Plus de deux semaines après cette promesse, il ne se serait toujours pas encore pointé ni devant les enquêteurs de la gendarmerie, encore moins devant la juge d’instruction à qui le dossier a été confié.
De ce qui a pu filtrer jusque-là du dossier, on confirme l’inculpation des 6 personnes signalées plus haut ainsi que l’ouverture d’une instruction judiciaire. Selon des sources généralement bien informées, les inculpés seraient «isolés» et sous bonne surveillance à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco). Ont-ils déclaré quelque chose de nouveau? Mystère et boule de gomme. Et comme les gens ont horreur du vide au Faso, c’est Dame rumeur qui a bonne presse dans les lieux publics. De déperdition en aggravation de l’information, certains vont jusqu’à répandre l’ineptie selon laquelle «ce sont les vigiles qui étaient chargés de la sécurité de M. Bandyan qui ont été payés pour l’éliminer». Comme on devait s’y attendre, l’aberration était trop grosse pour ne pas secouer le Conseil burkinabè des agences de gardiennage. Mais loin d’éclairer une opinion légitimement en quête d’informations fiables sur la présumée tentative d’assassinat, cette organisation s’est bornée à défendre sa chapelle. C’est de bonne guerre, mais le doigt ne peut pas cacher la lune. Au-delà des rumeurs les plus saugrenues, cette affaire ne met pas moins la justice à l’épreuve. L’opinion a besoin de savoir ce qui s’est réellement passé dans cette fameuse nuit du 8 octobre. Y a-t-il eu effectivement tentative d’assassinat? Qui en sont les responsables, les commanditaires?
Il faut peut-être encore attendre (pour combien de temps?) avant d’avoir des réponses à ces questions. Car, au niveau de la justice, on semble se hâter lentement. Joint au téléphone, le procureur du Faso, Issa Kindo, n’est pas allé par quatre chemins: «Le dossier suit son cours... Il faut encore patienter», nous a-t-il indiqué. A la question de savoir s’il n’y a pas lieu de rassurer l’opinion que le dossier «ne sera pas noyé dans les eaux troubles», il s’est voulu plus diplomate. «Le dossier est bien instruit. J’ai confiance en la juge d’instruction, c’est une dame très rigoureuse», a-t-il ajouté, non sans préciser qu’il se doit de respecter le «secret de l’instruction». Voilà qui est au moins clair. Même si cela laisse toujours l’opinion sur sa soif ou sa faim (c’est selon). Ceux qui veulent danser plus vite que la musique de la justice doivent donc trouver un autre air.
La présence annoncée des dirigeants de BAT à Ouagadougou va-telle changer la donne? A en croire notre confrère Fasozine qui a lancé le scoop sur son site, cette expédition aurait pour objectif d’«évaluer le déroulement de l’enquête sur la tentative présumée d’assassinat de Bandyan Travaly». Doit-on croire qu’en plus de l’opinion burkinabè la justice a aussi une certaine opinion internationale sur le dos? Jusqu’où peut aller la British American Tobacco dans cette affaire?
Alors que décembre approche et que des pétitionnaires se liguent pour la réouverture du dossier Norbert Zongo, tout porte à croire que le mois de froid menace d’être chaud pour la justice. A moins que, d’ici là, le Procureur du Faso prenne le devant des choses et rassure de vive voix sur cette affaire et sur les autres qui risquent d’être exhumées avec.
15:21 Publié dans Parlons-en | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tmc/bat burkina, travaly bandja, kossouka, justice burkinabè
21.11.2008
La fécondité serait-elle une bombe au Burkina?
L'incapacité des pays africains à décoller économiquement serait-elle liée à la trop grande fécondité de ses populations? A la faveur de la présentation, le 14 novembre 2008, des résultats du quatrième recensement général de la population et de l'habitation, la question refait surface au Burkina Faso.
A en croire les chiffres officiellement validés, l'accroissement démographique pointe désormais à 3,1% par an. Ce qui veut dire que les Burkinabè sont plus que jamais féconds. Plus concrètement, chaque femme a, en moyenne, 6,2 enfants. Nous voilà donc en route pour une croissance exponentielle de la population dans un pays où la croissance économique tire le diable par la queue. A qui la faute?
Pour les partenaires techniques et financiers, à qui incombe le financement la grosse partie de l'enveloppement du développement, cette croissance démographique donne la chair de poule. Le représentant résident du Fonds des nations unies pour la population (UNPFA) n'a pas manqué de s'inquiéter pour la «bombe à retardement» que constitue la trop grande fécondité, dans un contexte où la pauvreté se généralise.
Son collègue de la Banque mondiale y est allée, elle aussi, de son impérieuse exhortation: «Il faut que le taux de fécondité baisse!» Mais par quels moyens? Personne n'a osé le dire. Poussant le bouchon un peu plus loin, c'est l'ambassadeur, chef de la délégation de l'Union européenne au Burkina qui a osé dire haut tout ce que tous les bailleurs de fonds pensent tout bas: «Si les politiques ne prennent pas des mesures, ils seront morts entre temps et la bombe va exploser après».
Le diable est donc lâché. Il faut donc «prendre des décisions pour juguler la démographie galopante». Le gouvernement burkinabè peut-il avoir le courage de limiter officiellement les naissances dans ce pays où l'on croit, à tort ou à raison, que l'enfant est aussi une «richesse»? A-t-il les moyens de proposer une contrepartie assez motivante pour ceux qui se priveront d'avoir autant d'enfants qu'ils voudront, comme cela s'est fait ailleurs? Faut-il imposer la limitation des naissances? Les dés sont jetés…
09:21 Publié dans Parlons-en | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : population, développement, économie, burkina faso, union européenne, unpfa, banque mondiale
13.11.2008
Il faut scanner l'hôpital national
La yalgadose - entendez la malgouvernance de l’hôpital national Yalgado-Ouédraogo - serait-elle devenue une maladie chroniquement incurable? Depuis quelques mois, le principal et unique centre de référence que compte le Burkina souffre d’un “cancer” aigu du fait d’une panne profonde de ses scanners. Une panne qui ne serait pas due à un accident ou à un incident imprévisible, mais à un dysfonctionnement dans l’entretien de cet appareil acquis à coups de milliards et qui avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître dans un pays qui était supposé prendre toutes les précautions en la matière, personne n’est en mesure de délivrer Yalgado de cette paralysie préjudiciable aux nombreux patients qui, faute de diagnostic approprié, sont obligés d’aller voir ailleurs ou de prendre leur mal en patience, ou, tout simplement, de trépasser. Jusqu’à quand ?
Pour les usagers de l’hôpital national, cette situation désastreuse n’a que trop duré. Mais pour cette fois, le désastre ne touche pas moins le moral du nouveau directeur général de l’institution. Ce qui est assez rare. Mais comme dirait le raggaeman ivoirien Alpha Blondy, «tout change, tout évolue, seuls les imbéciles ne changent pas». Quoi donc de plus normal que le Dr Lansandé Bangagne se fende d’une lettre pour dénoncer les «mauvaises prestations» de Siafco, la société chargée de la maintenance des scanners en question. Probablement las d’attendre une réponse convaincante de la part de son interlocuteur, le DG s’est même senti obligé de distiller une copie de sa missive, avec une copie de chèque à l’appui. Comme pour prendre l’opinion à témoin et laisser, par la même occasion, épancher son profond désarroi. Malgré le fait que ce dernier dit avoir «violé» les procédures en la matière pour faire une avance «de 50 % de leur facture proforma pour l’achat des pièces de rechange», c’est toujours le fiasco au niveau de Siafco. En clair, le maintenancier a encaissé les sous, mais il ne s’exécute guère. Pire, il ne se foule pas la rate pour dire pourquoi il est dans l’incapacité ou dans l’impossibilité de s’exécuter. Pourquoi ce silence radio? Mystère et boule de gomme.
Selon toute vraisemblance, les termes du contrat entre la société américaine, General Electric Healthcare, fournisseur des scanners, et son “soi-disant” représentant Siafco, ne sont pas des plus clairs. Le flou qui a prévalu à la transaction n’a pas tardé à déteindre négativement sur la maintenance préventive des précieux et délicats appareils médicaux que sont les scanners. Qui sont ceux qui ont ficelé ce dossier qui est à l’origine de tous les problèmes d’aujourd’hui? C’est la question que le nouveau DG de Yalgado semble éviter soigneusement de poser.
Il lui est probablement loisible et judicieux de s’attaquer publiquement à la défection de Siafco et par ricochet à son partenaire américain. Mais le hic dans cette rocambolesque affaire, c’est que le Dr Bangagne semble s’attaquer à des moulins à vent. D’une part, la société mise en cause est basée à Abidjan et, d’autre part, le dossier de l’achat des scanners a été monté, en son temps, par la Direction des affaires administratives et financières (DAAF) du ministère de la Santé et non par la direction générale de l’hôpital Yalgado. En plus, l’opération s’est faite avec les prédécesseurs de l’actuel DG, qui n’a pris fonction qu’en septembre dernier. Alors question: pourquoi se croit-il obligé de forcer les procédures de décaissement pour payer une avance à la société Siafco, sans d’abord chercher à comprendre le brouillard qui entoure le contrat de maintenance des scanners? La DAAF du ministère de la Santé se serait-elle désintéressée du dossier au point que le Dr Bangagne se retrouve seul à se débattre, aujourd’hui, comme un beau diable dans un bénitier? Ce dernier serait-il agacé au point de publier la fameuse lettre de protestation auprès de Siafco dans la presse, sans consulter apparemment son ministre de tutelle?
Selon des sources concordantes, les relations entre la société américaine General Electric Healthcare, propriétaire de la marque GE, et son partenaire africain Siafco, ne seraient pas au beau fixe. A l’origine de ces déboires, des difficultés de recouvrement de créances dues à la première par la seconde. Puisque, «quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit», l’hôpital Yalgado serait-elle donc une victime collatérale ?
Cela est fort probable. Mais il n’est pas exclu que les dysfonctionnements prennent d’abord leur source dans une transaction bien montée, mais mal ficelée au finish. C’est un secret de Polichinelle de relever que dans ces marchés de milliards, les intermédiaires et les négociants sont tellement rompus dans l’art de verser des commissions qu’ils sont prêts à disparaître au moindre pépin. Ceci peut aussi expliquer le fait que le DG de Yalgado se retrouve à vouloir résoudre un problème qui semble dépasser visiblement ses seules prérogatives.
Le “cancer” causé aujourd’hui par la panne des scanners est plutôt révélateur d’un dysfonctionnement auquel le ministère de la Santé, pour ne pas dire le gouvernement, gagnerait à s’attaquer. Il faut mettre au clair ces affaires qui mettent à mal la gouvernance, surtout lorsqu’elle touche un domaine aussi délicat que stratégique, comme celui de la santé. A quelque chose malheur est peut-être bon: c’est une bonne épreuve pour le pasteur Testicus Zorro et son Autorité de contrôle de l’Etat.
14:39 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé publique, burkina faso, ge, scanner
"L'éducation pour tous" entre utopie et défi
Selon les prévisions revisitées des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), le pari de l’«Education pour tous d’ici à 2015» est impossible à tenir. C’est bien dommage pour plusieurs pays du Sud, dont le Burkina, qui peinent à trouver les moyens de leur politique éducative. Beaucoup d’efforts ont été faits ces dernières années pour donner un coup de fouet à l’éducation de base, mais ce qui reste à faire est tout aussi gigantesque. Face à l’immensité du défi et à l’urgence des actions à entreprendre dans certaines régions du pays, on peut même être tenté de croire que l’«Education pour tous» n’est qu’une utopie. Mais est-il pour autant impossible que l’utopie cède la place au défi?
Jadis, on pouvait encore déplorer un déficit de volonté politique en matière d’éducation fondamentale. De nos jours, les initiatives ne sont pas encore à la hauteur des ambitions, mais celles-ci ont désormais pignon sur rue. Le Blaiso a même accompli l’acte symbolique de se rendre, en janvier 2003, à Pantaloana pour donner le déclic politique nécessaire à la promotion des alternatives éducatives telles les écoles satellites où l’enseignement des langues nationales tient désormais et légitimement sa place à côté du français. A côté et/ou parallèlement à l’école primaire dite classique, on assiste à la floraison des Centres d’éducation de base non formelle (CEBNF) où l’enseignement théorique se conjugue avec une formation à la production pour produire des têtes bien faites et des mains agiles, bref des jeunes garçons et des jeunes filles capables de «se débrouiller dans la vie».
Après plusieurs années d’expérimentation d’une école qui n’a produit que trop de déchets, le Burkina semble résolument tourné vers la réforme de l’éducation de base. Les experts nationaux et internationaux planchent là-dessus, mais le chemin reste encore long et les défis immenses. Car, au fur et à mesure qu’on avance vers la recherche de cette nouvelle voie, il faut résoudre les problèmes posés par l’ancien système. Ainsi, si les salles de classe sont clairsemées dans certaines régions du pays du fait du désintérêt pour l’école ou des déperditions diverses, ailleurs, les classes sont pleines à craquer. L’offre ploie sous le poids d’une demande devenue trop lourde par une démographie à croissance exponentielle, mais aussi par le retour des compatriotes piégés par la crise ivoirienne.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’urgence semble avoir écartelé le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers. Ils sont parfois obligés de choisir entre le besoin pressant de construire une école pour accueillir des enfants qui en ont marre de prendre des cours sous des abris de fortune et l’obligation non moins pressante de bâtir des logements pour les enseignants. Conséquence: de braves instituteurs de brousse sont parfois obligés de dormir dans des salles de classe pour accomplir leur «plus beau métier». Cette situation inconfortable peut paraître surréaliste. Et cela de façon légitime. Mais n’est-ce pas pour leurs efforts surréalistes que les enfants et tous les enfants sont redevables à leurs maîtres d’école?
Ce qui manque le plus, au Burkina Faso, c’est l’énergie sociale et politique nécessaire pour faire de l’«Education pour tous» «l’affaire de tous». Et si cela se réalise, les communautés éducatives de base ne viendront plus à tout attendre de l’Etat pour faire de l’utopie de l’éducation pour tous les enfants de leurs communautés respectives le seul devoir du gouvernement. Les associations des parents d’élèves, celles des mères éducatrices et encore des comités de gestion des écoles prendront plus souvent le temps d’échanger sur les problèmes qui entravent la bonne marche des écoles dont ils ont la charge, non pas pour attendre des solutions du sommet de l’Etat ou du ciel, mais pour qu’ils trouvent eux-mêmes des solutions viables.
Ainsi, l’«Education pour tous» ne sera plus une simple illusion ou une utopie, mais un défi de tous et pour tous. Telle est la principale leçon que l’on peut tirer de la caravane de presse organisée par le Réseau des journalistes et communicateurs pour l’éducation/Genre et développement (REJCED) et qui a sillonné les régions de l’Est, du Centre-Est, des Hauts-Bassins et des Cascades entre le 12 et le 30 octobre en faveur de l’accélération de l’éducation des filles.
Des CEBNF pour que l’éducation soit bénèf
L’expérimentation des complexes scolaires (école primaire classique, centre d’alphabétisation, jardin d’enfant et école des métiers) au cœur des Centres d’éducation de base non formelle (CEBNF) apparaît comme une réponse originale à l’équation éducation et développement. Mais ce n’est pas encore le grand engouement comme on a pu le constater dans le village de Djigouera, dans la province du Kénédougou, et surtout à Yendéré, dans la Comoé, où il n’y a que 5 apprenants en cours de formation. Pour que cette alternative soit tout bénèf, il faut encore y renforcer le côté apprentissage des métiers et la production pour que les jeunes qui sortent des CEBNF soient opérationnels pour leurs parents et pour leurs communautés.
Guéna ne veut plus de grossesses indésirées
Après avoir bénéficié d’un complexe scolaire avec l’appui de l’Unicef, les habitants de Guéna, dans le Kénédougou, veulent désormais leur collège à eux. Dans ce village qui bat le record en matière de parité, la classe de CM2 compte 35 filles contre 15 garçons. Seulement voilà, «lorsque nos filles vont à Orodara pour poursuivre leurs études, elles nous reviennent avec des grossesses», se sont indignés des parents. Il se pose un problème de structures fiables d’accueil pour les jeunes filles qui veulent poursuivre leurs études. Certaines auraient même été victimes de viols dans un internat à Orodara. D’où la nécessité de sécuriser les filles. Et la solution, selon les villageois de Guéna, ne peut venir que de la construction d’un CEG dans leur localité.
La gratuité de l’école est toujours mal comprise
La «gratuité de l’école et des manuels scolaires» continue de pourrir l’atmosphère autour des écoles primaires. Pour certains parents, la «gratuité» est simplement synonyme de «ne plus rien payer». Malheureusement, l’opacité dans laquelle baignent nombre d’associations de parents d’élèves (APE) ne permet pas toujours de clarifier la question des cotisations et de l’utilisation qu’on en fait effectivement. Il est à noter aussi que lorsque les fameux manuels scolaires sont acheminés en retard dans les écoles, cela crée une confusion monstre et préjudiciable pour les bénéficiaires.
Des classes pleines à craquer
Dans les quartiers non-lotis et nouvellement lotis de Bobo-Dioulasso, il se pose un réel problème de places assises pour les enfants admis à l’école primaire. A la nouvelle école Sarfalao, ils sont 152 au CP1, 157 au CP2 et 168 au CE1. La demande scolaire est si forte dans les régions des Hauts-Bassins et des Cascades que les directeurs régionaux et provinciaux de l’enseignement de base ne savent plus où mettre la tête. Ce qui a fait dire à Mahamoudou Barry de la Direction de la promotion de l’éducation des filles qu’«il faut castrer les Bobo à défaut de leur imposer la planification familiale».
14:33 Publié dans Parlons-en | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : education pour tous, burkina faso, unicef, education non formelle, caravane de presse


