09/09/2008

Où sont passés les hippos de Tengréla ?

819a054ca4ba45e103c4fce13b38e7db.jpgPrincipale attraction touristique dans la région des Cascades, les hippopotames de Tengréla - village situé à quelques encablures de Banfora sur la route de Sindou - se font désirer en cette période de vacances où de nombreux touristes nationaux et blancos y accourent à longueur de journée. Le moins que nous avons pu constater, c’est que l’apparition de ces mastodontes s’apparente à celle de la Vierge Marie. Il faut une grâce spéciale pour les voir apparaître.

Les piroguiers qui sont chargés de conduire les visiteurs à leur découverte ne savent plus à quel saint se vouer. Si vous insistez, les plus courageux vous diront honnêtement qu’il vous faut une sacrée chance pour voir les hippos. Quant aux cupides, qui tiennent absolument à vous faire payer la visite, tous les blabla sont bons pour vous embobiner. L’essentiel étant pour eux de vous faire monter dans leur pirogue, de vous faire ensuite tourner en rond sur la mare. Après une heure de balade sans voir les hippos, il est vraiment difficile d’insister.  En tout cas, les piroguiers rompus au manège vous promettent de revenir une autre fois, gratuitement, si vous voulez. Mais ils savent pertinemment que vous finirez par vous lasser.

Visiblement blasés par les va-et-vient sans l’apparition des hippos, de jeunes Français ne sont pas allés par quatre chemins pour crier leur désenchantement. Pour eux, l’histoire des hippos ressemblait plus à un mythe qu’à la réalité. Et ils avaient raison, d’autant plus que leurs guides n’avaient pas d’autres arguments que de brandir celui de la «chance». L’hypothèse de la saison des pluies est la plus probable, puisque ces mammifères porcins massifs qui adorent se balader sur les berges de la mare doivent se sentir envahis par les eaux débordantes en cette période d’hivernage. Mais les hippopotames ont certainement leur raison que les guides touristiques et les piroguiers ignorent ou feignent d’ignorer. La vérité c’est que: dire que les hippos sont en vacances d’hivernage, comme c’est d’ailleurs le cas, ce serait se priver de la manne des visites touristiques. Or, ils sont au moins 40 jeunes du village de Tengréla à compter sur les jetons que génère la mare aux hippos.

Selon des sources généralement bien informées, les hippos se seraient réfugiés quelque part dans un canal pour éviter d’être importunés par une activité touristique de plus en plus incompatible avec la préservation de leur intimité. Il paraît que des touristes auraient poussé des piroguiers à traquer ces «chevaux aquatiques» jusque dans leurs derniers retranchements. Conséquence: un des hippos furieux aurait cassé la barque emmerdante; mais on a évité le pire. La scène se serait passée au mois de mars dernier. Et les autorités du village auraient réuni les piroguiers pour leur demander de ne plus franchir la «ligne rouge». Ceci expliquerait-il cela?

Les hippos se font certes très désirer pour divers intérêts. Mais le ministère en charge du Tourisme gagnerait à préserver l’inaliénable tranquillité de ces animaux tout en organisant le tourisme de façon plus professionnelle autour de la mare de Tengréla.

Commentaires

Je ne suis pas tout à fait d'accord...

J'y étais à mi-janvier , j'y suis retourné fin Avril et à ces 2 occasions nous avons vu 1 famille d'hippos, tout au plus 5 à 6 adultes et 3 ou 4 jeunes.

Écrit par : didier | 01/10/2008

Merci cher ami. Je suis d'accord que vous ne soyez pas d'accord avec moi. Seulement, j'y étais moi aussi et je n'ai pas vu les hyppos. Mais je ne conteste pas qu'ils soient toujours là. Moi je n'ai pas simplement eu la "chance" de les voir.

Écrit par : Quophy | 02/10/2008

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