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08.08.2008

Etrange rencontre à Ouagadougou

L’Etrange rencontre est une rencontre pas comme les autres, un forum social autogéré en Afrique, réunissant pendant 6 jours la jeunesse consciente des deux continents, et même au delà.... Une rencontre d'acteurs militants associatifs d'Europe et d'Afrique en luttes, en résistances, à la recherche d'alternatives pour un autre monde possible.
Une rencontre pour échanger, créer des dynamiques communes autour de trois axes : "Jeunesse, et monde universitaire", "Usages militants des Nouvelles technologies" (Internet et Radios) et "Lutte contre la pauvreté et construction d’alternatives". Après une première édition au Bénin en août 2007, portée et construite autour d'un noyau dur informel de militants africains et français, qui se sont connus en Afrique au cours de forums sociaux et contre-sommets, la seconde édition, du 24 au 30 août 2008 à Ouagadougou, devrait voir s'élargir la dynamique dans un contexte burkinabè très intéressant sur le plan politique avec une forte mobilisation de la société civile, autour d'une nouvelle plateforme revendicative contre la vie chère... Renseignements : http://www.etrangerencontre.org

 

 

La "Vie chère" ne connaît pas de vacances

20f02cbbb037b8705d370828002167f4.jpgLes rumeurs (et les humeurs!) n’auront donc pas réussi à pousser le gouvernement à un remaniement pourtant tant désiré par une opinion certaine. Mais ce n’est probablement que partie remise, ainsi que l’a laissé entendre le Blaiso, vrai Capitaine de la barque gouvernementale, à l’occasion du dernier Conseil des ministres.

Ainsi, si les sinistres du Faso sont allés en vacances avec tous leurs attributs et leurs gombos - que l’on imagine plus gluant que le lot quotidien du vacancier moyen -, rien ne prouve que tous termineront l’année en conservant leurs maroquins. Ça, c’est une autre paire de manches.

Si une grande partie de nos compatriotes qui ne cachent plus leur opinion semblent si pressés de voir certains ministres éjectés de leurs fauteuils, c’est parce que les affres de la «vie chère» ont fini par ouvrir les yeux de bon nombre d’entre eux. Les Burkinabè sont dans l’angoisse comme jamais. Ils ont l’impression d’être devant un rouleau compresseur incontrôlable par l’actuelle équipe gouvernementale. Une inquiétude qui a été quelque peu justifiée par la récente augmentation du prix du carburant à la pompe. Ce fut une goutte de pétrole de trop sur le fardeau de la flambée des prix.

En choisissant de prendre cette décision au début des vacances où les syndicats étaient en plus amputés de leur bras armé que sont les élèves et les étudiants - eux-mêmes virés du campus sans préavis -, le gouvernement  n’a pas eu droit à une réaction appropriée. Mais le chef du gouvernement et pasteur, Testicus Zorro, est assez conscient que les remèdes apportés jusque-là au mal persistant n’ont pas réussi à faire fléchir le désarroi généralisé. Les réajustements à la hausse des tarifs de transport qui s’en sont suivis ces derniers jours achèvent de convaincre que le pire est encore à venir.

En tout cas, si les premières pluies de l’hivernage ont fait baisser la chaleur, il faut attendre de voir les premières semences atteindre la période d’épiaison pour espérer que le thermomètre socio-économique baisse. Encore faut-il que des pluies torrentielles ne viennent gâter les récoltes comme l’année précédente. Les semences gratuites - ou moins chères - promises aux paysans ne seront pas la panacée. Car une chose est de semer, une autre est d’être sûr de récolter suffisamment. Et dans ce pays où on s’en remet beaucoup plus à la «clémence du ciel» qu’aux techniques culturales, la maîtrise de la sécurité alimentaire n’est pas au bout des statistiques.

Dans l’hypothèse où les récoltes seraient hypothéquées, il faudrait trouver de solides espoirs pour nourrir le peuple. Or, Dieu sait que ça ne sera pas facile. Surtout qu’à partir de l’année prochaine, les politiciens de tout poil iront dans les campagnes pour faire campagne, il faudrait compter sur le courroux d’un électorat qui deviendra très exigeant par la force des angoisses de la vie. Les effets de la vie chère risquent fort de rendre cher les prochaines campagnes présidentielle, municipales et législatives pour le méga parti au pouvoir. Attention aux gens qui n’auront rien à perdre. C’est le moins que l’on puisse dire.   

Avec des prix de transport désormais gonflés sur toutes les lignes, le retour des vacances ne sera pas du tout évident pour ceux qui sont allés les passer très loin de chez eux. Pour n’avoir pas réussi à aller jusqu’au bout de l’année universitaire, le professeur Jo Paresse sera certainement l’un des ministres qui vont en vacances sans y aller véritablement. A moins qu’il soit déjà informé d’être déchargé de son maroquin à la rentrée, il lui faudra trouver une solution au plus vite, s’il ne veut pas être emporté par les nombreux problèmes qui se sont greffés autour du dossier «Université».

782fed26b9111195dfef89e73e3b9896.jpgL’autre partie visible de l’iceberg est certainement aussi les angoisses d’affaiblissement du pouvoir d’achat des travailleurs. Le gouvernement a beau dribbler des syndicats visiblement en manque de stratégies, il va falloir affronter la question tôt ou tard. L’une des commissions ad hoc mises en place par l’Assemblée nationale pour réfléchir sur la «vie chère» avait d’ailleurs mis le doigt sur le problème sans être très explicite. Le gouvernement, qui s’est jusque-là réfugié derrière la parade de l’inefficacité de l’augmentation des salaires des fonctionnaires, devra se trouver d’autres arguments pour ne pas servir la même rengaine à la rentrée. C’est peu de dire que pour les ministres en charge de l’Economie et des Finances, du Travail et du Commerce pour ne citer que ceux-là, les vacances s’apparentent beaucoup plus à une parenthèse plus qu’à une évasion comme les autres années.

A en croire des indiscrétions du Conseil des ministres, certains sinistres seraient si tristes à leur sortie qu’on les croirait sortir d’une cérémonie d’adieu. Avec ou sans remaniement ministériel, les angoisses de la «vie chère» ne se donnent pas de répit. Il va falloir y faire face..

 

06.08.2008

Puisque nous sommes aussi des dieux!

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Mon Dieu…

Aide-moi à dire la vérité en face des forts,

A ne pas mentir pour m’attirer les applaudissements des faibles,

Si tu me donnes l’argent, ne me prends pas mon bonheur,

Si tu me donnes la force, ne m’enlève pas mon pouvoir de raisonner,

Si tu me donnes le succès, ne m’ôtes pas l’humilité,

Si tu me donnes l’humilité, ne m’ôtes pas la dignité.

 

Aide-moi à connaître l’autre aspect des choses,

Et ne permets pas que j’accuse mes adversaires d’être traîtres

Parce qu’ils ne partagent pas mon point de vue.

Ne me laisse pas m’enivrer par le succès si je l’atteins,

Ni me désespérer si j’échoue.

 

Fais-moi plutôt me souvenir que l’échec est l’épreuve qui conduit au succès,

Enseigne-moi que la tolérance est le degré le plus élevé de la force,

Et que le désir de vengeance est la première manifestation de la faiblesse.

 

Si tu me dépouilles des richesses,

Laisse-moi l’espérance,

Si tu me dépouilles du succès,

Laisse-moi la force et la volonté pour vaincre l’échec,

Si tu me dépouilles du don de la santé,

Laisse-moi la grâce de la foi.

 

Si je fais du tort à quelqu’un,

Donne-moi la force de demander pardon,

Et si quelqu’un me fait du tort,

Donne-moi la force du pardon et de la tolérance.

Mon Dieu…

Mahatma Gandhi

Blancs ou noirs, nous sommes différents pas étrangers les uns aux autres!

Est-il encore possible de briser les multiples murs qui nous séparent? Le Nord et le Sud seraient plus que des points cardinaux ou sources de méconnaissance de notre source commune? Aussi étrange que cela puisse paraître, nous recherchons les mêmes choses sans les vouloir de la même façon. C'est pourquoi Le Dissent soutient l'Etrange rencontre 2008 qui se tient du 24 au 30 août prochain à Ouagadougou au Burkina Faso.

http://www.etrangerencontre.org/ Venez et discutons afin de sauver ce qui est encore possible. Venez et prenons ensemble le Pouvoir de nous-connaître mieux. C'est notre droit!

01.08.2008

Blaise Compaoré va-t-il s'éterniser au pouvoir?

5ab532aa81ede3a08ffb9393dcadf1b2.jpg'Pendant que les canards (et radio Cancan) cancanent sur un probable projet de succession au palais de Kosyam, et qu’on approche lentement mais sûrement de l’échéance présidentielle de 2010, tous les météorologues de la politique burkinabè sont suspendus aux lèvres de l’enfant terrible de Ziniaré. Jusque-là apathique et aphone à tous les bruits qui fusent ici et là sur sa destinée politique, le Blaiso détient incontestablement la dernière carte du jeu du quitte ou double auquel il est désormais tenu à la tête de l’Etat. Que va-t-il faire exactement?

Selon le pronostic des observateurs qui se croient dans les secrets des nuits noires, il n’aurait pas d’autre choix que de préparer sa retraite. A la fin du mandat en cours ou après un dernier qu’il pourrait briguer éventuellement en novembre 2010 prochain. La logique qui guide cette hypothèse serait que le PF serait suffisamment fatigué et donc blasé par le pouvoir. Tout ce qui lui resterait donc à faire serait de prendre une retraite bien méritée après 23 ou 28 ans de “règne”. Dans le fond, l’hypothèse semble tenir la route. Mais n’est-ce pas là une vue trop courte sur les ambitions secrètes de ce stratège redoutable et redouté qu’est Blaise Compaoré?

 e564c785e2eb3d8cea9aa5b99e6c6b68.jpgEn montant en épingle la présumée préparation de François Compaoré, alias Moukila, à la fonction présidentielle, une certaine analyse politique n’envisage nullement plus la possibilité d’une prolongation du Blaiso au pouvoir. Comme si dans le chapeau magique du PF il n’y aurait plus de place pour aucune autre surprise que celle de mettre son frangin en selle. Comme si aucun autre coup de poker n’était possible. Il a, sans doute, beaucoup de raisons de protéger convenablement ses arrières avant de passer la main. Mais pourquoi ne pas penser que Blaise Compaoré peut décider de ne pas partir en arguant que le peuple a toujours besoin de lui? La démocratie - telle qu’elle fonctionne ou ne fonctionne pas - a-t-elle les moyens de se passer de Blaise Compaoré en 2010 ou en 2015? Telle est la question qu’on devrait plutôt se poser ici et maintenant.

En effet, on a encore en mémoire le combat de certains opposants - dont l’inaltérable Hermann Yaméogo - contre l’inéligibilité du Blaiso à la présidentielle de novembre 2005. L’homme du Tékré s’était même retiré de la course pour protester contre la décision du Conseil constitutionnel de permettre au candidat Compaoré de briguer un 3e mandat alors que la Loi fondamentale revisitée en 1999 avait ramené la pendule de l’article 37 à l’heure de 1991 en stipulant que «Le président est élu pour cinq ans. Il est rééligible une seule fois». En fin de compte, la levée de boucliers de l’opposition n’a été qu’un coup d’épée dans l’eau. Elle n’a pas réussi à convaincre le juge constitutionnel sur la pertinence de la rétroactivité de la révision constitutionnelle. Elu pour une première fois en 1991, puis en 1998, il a ainsi obtenu le quitus qui lui a permis de planer sur la présidentielle de novembre 2005 pour s’en tirer avec un score à la soviétique de plus de 80%. Selon la nouvelle disposition constitutionnelle, il a la possibilité de se présenter à la présidentielle de 2010, pour un 2e nouveau et dernier mandat. Mais à l’allure où va son étoile diplomatique, des observateurs avisés de la scène politique burkinabè pensent qu’il ne s’arrêtera pas là. Et c’est là qu’il faut chercher le dernier poker secret de Blaise Compaoré.

Auréolé d’une gloriole très convoitée de «faiseur de paix» en Afrique et fort d’une réconciliation fructueuse - au propre comme au figuré - avec l’Amérique de Bush, tous les vents ne sont-ils pas favorables à Blaise Compaoré? Que pourrait l’Assemblée nationale - qui compte sur une écrasante majorité acquise aux législatives de 2002 - contre un probable dessein de Blaise de prolonger indéfiniment son bail au Palais de Kosyam? La dizaine de députés de l’opposition, qui semble plus d’accord sur son désaccord que sur une volonté de travailler à l’alternance, n’a visiblement pas les moyens de faire barrage à ce projet. Elle n’y verrait que du feu. Quant à la société civile, il y a également longtemps qu’elle est plus préoccupée à panser ses déchirements et à courir après les «feuilles» des PTF - entendez partenaires techniques et financiers - qu’à se repositionner comme une véritable force qui crée des soucis au régime. Il ne restera peut-être plus que la communauté internationale pour lever les boucliers. Mais au regard de l’aura dont bénéficie l’enfant terrible de Ziniaré, du capital de sympathie et de lobbying qu’il a su se tisser au cours de ces dernières années, il faudra probablement attendre Godot...

Comme on peut le voir, la velléité d’éternisation du Blaiso au pouvoir passerait comme une lettre à la poste au niveau du Parlement. Mieux, pour donner plus de charme et d’éclat à son coup de poker, il peut même s’offrir le luxe de se soumettre à l’épreuve d’un référendum.

Pour cela, il pourrait compter sur la solide toile d’araignée tissée aussi bien par le réseau inconditionnel des chefs coutumiers acquis à sa cause que par celui de la Fédération des associations pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré (Fedap/BC). Cette organisation, qui s’est imposée d’ailleurs comme la co-épouse du giga-parti au pouvoir, ne se fera pas prier pour faire briller sa notoriété de mille feux en mettant tout en œuvre pour la victoire du joker à ce référendum.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Blaise Compaoré a plus d’un tour dans son sac. L’agitation actuelle autour de la personne François Compaoré, son frangin de conseiller spécial, apparaît aux yeux de certains comme une girouette pour amuser la galerie. En tout cas, l’enfant terrible de Ziniaré n’a probablement pas encore fait son dernier coup. Et cela pourrait se jouer par un référendum sur lequel il garde secrètement le pied.

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