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  • Un guérisseur bâtisseur d'empire au Burkina Faso

    bb6bf0ef709d5669fbdb2debb6730bb8.jpgTradipraticien aux «dons mystiques», El Hadj Saïdou Bikienga n'impressionne pas seulement ses visiteurs par les «guérisons miraculeuses» dont il a le secret. En plus de son «hôpital de campagne à ciel ouvert» où affluent chaque jour des centaines de patients, le guérisseur ne se contente pas de profiter tout seul des dons qui lui sont faits. Son investissement dans la réalisation d'infrastructures sociales est assez éloquent. Sa volonté de marquer son territoire en dit long...

    A 45 ans, dont 31 consacrés à l'exercice de la médecine traditionnelle dans le petit village de Nagréongo, Saïdou Bikienga passe pour l'un des plus célèbres guérisseurs. Spécialiste de maladies paralysantes, de la folie et surtout des difficultés de procréation, il s'est bâti une solide réputation dont les retentissements sont allés au-delà des frontières du Burkina. Ses patients lui viennent aussi bien de la grande masse des indigents que des plus hautes personnalités qui vont le consulter dans l'espoir de trouver une solution à leurs problèmes. Il est simplement très sollicité. Les choses marchent si bien pour lui qu'il a réussi à amasser une bonne fortune - au propre comme au figuré - dont les effets sont palpables. Mais loin de se contenter d'aménager son seul jardin, il laisse déborder sa générosité pour le profit de tous les habitants du village qu'il a pratiquement contribué à créer.

    Un CSPS dans son village

    L'une des plus pertinentes infrastructures qu'il bâtit à Nagréongo en ce moment est sans conteste le Centre de santé et de promotion sociale (CSPS). Très rarement, on a vu des tradipraticiens établir un pont avec la médecine moderne au point de s'investir personnellement pour ériger un dispensaire. El Hadj Saïdou Bikienga marque incontestablement un bon point en faisant œuvre de pionnier en cette matière. Ce n'est d'ailleurs pas son premier coup. Il y a quelques mois, il en a surpris plus d'un en construisant un CSPS au profit de son village natal dans la province du Sanmentenga.

    A la question de savoir pourquoi cette propension pour la construction de «maison moderne de santé», il ne passe pas par quatre chemins: «Je sais que je ne peux pas soigner toutes les maladies. Lorsqu'un cas de ce genre se présente à moi, je préfère le référer à l'hôpital», répond-il en substance.

    Mais au-delà de son humilité à reconnaître la place et la complémentarité de la médecine conventionnelle, le célèbre guérisseur avoue qu'il ne sera pas là éternellement pour soulager, tous les malades qui viendront à Nagreongo. Autrement dit, il est convaincu que son œuvre est limitée dans le temps, mais qu'elle peut être suppléée par un dispensaire. En plus, et plus intimement, El Hadj Saïdou Bikienga confesse n'être pas convaincu d'avoir un parent ou une descendance susceptible de perpétuer son œuvre. Tout ceci expliquerait donc cela.

    Toutefois, le guérisseur de Nagréongo ne se soucie pas seulement de laisser des infrastructures médicales après lui. Sa générosité déborde sur les piliers fondamentaux des secteurs sociaux. A cet effet, il a ouvert deux chantiers de construction de barrages dont un est déjà achevé et fonctionnel et l'autre en construction à l'entrée du village. C'est là où les nombreux patients s'approvisionnent en eau. A côté de l'endroit où il habite, il a installé 3 forages. Comme pour compléter le tableau, il a lancé des travaux de construction d'une école primaire. «Tout cela, c'est avec mon argent que je le fais», souligne-t-il. En tout cas, il tient à ce que son nom soit lié à toutes ces réalisations qui concourent à donner à la bourgade de Nagréongo le visage d'un village moderne. L'homme est apparemment en passe de gagner son pari.

    Un guérisseur civilisé

    Même s'il apparaît comme un détenteur de pouvoirs occultes, El Hadj Saïdou Bikienga semble se préoccuper de «civiliser» son être social. Ainsi, en plus des réalisations sus-citées, le tradipraticien met un soin particulier à se confier et à confier ses patients à Allah avant d'entreprendre toute guérison. Qu'ils soient chrétiens, musulmans ou de la religion traditionnelle, ses patients sont soumis à de longues bénédictions d'un imam attitré avant que lui-même n'intervienne sur eux. Il lui arrive aussi d'implorer longuement les faveurs du Tout-Puissant sur les patients. Le signe le plus patent de son attachement à l'islam est certainement d'avoir effectué le pèlerinage sur les lieux saints de La Mecque, d'où son titre de El Hadj. En plus, il est le bâtisseur de 2 mosquées dont l'une située à côté de son domicile et l'autre en construction à côté d'un des lieux où il officie. Des patients venus pour se soigner sont d'ailleurs invités à contribuer à l'édification de ce lieu de culte en contribuant en argent ou en allant chercher quelques seaux d'eau au barrage n°1 pour les maçons.      

    Avec 2 barrages, 3 forages, un dispensaire, une école, deux mosquée et un village pratiquement érigé de toutes pièces autour de son œuvre, El Hadj Bikienga peut se targuer d'être un véritable acteur de développement doublé de tradipraticien. Plus de 10 ans après ce qu'il convient d'appeler le phénomène de Saïdou de Nagréongo, l'affluence des patients ne semble pas faiblir. Des autorités politiques et administratives se feraient plus discrètes, mais continueraient de fréquenter le guérisseur. L'homme s'est visiblement bien installé qu'il n'accepte pas d'aller consulter en dehors de sa fazenda. «Je ne voyage pas pour aller soigner parce que je ne veux pas qu'on me prenne pour un guérisseur-commerçant», martèle-t-il. Le cours des événements semble lui avoir donné raison; puisque c'est en restant sur place qu'il a engrangé une fortune à même de lui permettre de contribuer au développement socio-économique de son milieu.

    Lorsqu'il sera au terme de son œuvre, comme il en a lui-même bien conscience, il n'y aura peut-être plus d'affluence de cars, de taxis-motos, mais  El Hadj Bikienga laissera derrière lui des infrastructures qui rappelleront aux générations futures que ce tradipraticien ne s'est pas contenté de faire des miracles... mais il a été aussi un bâtisseur d'empire. De quoi faire mentir tous ceux qui croient que les Africains serviteurs de la tradition et des «fétiches» tournent en rond et se satisfont de l'éternel retour des phénomènes naturels.

     

     

  • Modernisation de Ouagadougou: l'omelette des échangeurs et les oeufs des riverains

    38e693f01d778a6e57ef5cd930d190fa.jpg«On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs», enseigne le proverbe. Aussi, le lancement des travaux de construction d’échangeurs n’est pas accueilli de gaieté de cœur par tous les Simonvillois. Les plus éprouvés par cette modernisation au pas de charge ne sont autres que les riverains de ces infrastructures gigantesques qui détruisent presque tout dans leurs alentours. Entre déviations tous azimuts et enclavement d’une partie du quartier de la Patte-d’Oie baptisée opportunément «La Bande de Gaza», Ouagadougou attend toujours de voir les changements promis par les échangeurs. Jusqu’à quand?

    Parti trop vite en besogne, Hyppolite Lingani, ministre des Infrastructures et du Désenclavement, avait annoncé la date du 30 avril pour livraison du tout premier échangeur, alors même que l’avancée du chantier ne présageait pas réellement du respect du délai prescrit. Dans un contexte de morosité sociale où le gouvernement du Premier ministre Tertius Zongo n’avait pas grand-poudre à jeter aux yeux des populations trop aigries par les affres de la cherté de la vie, l’inauguration de l’échangeur aurait pu détourner un tant soit peu l’attention et surtout permettre au programme du «Progrès continu pour une société d’espérance» de marquer un point dans son agenda. Hélas!

    Le non-achèvement du premier chantier n’a pas empêché que l’on ouvre un autre. Tant pis si l’«Echangeur du Sud» n’a pas été réceptionné le 30 avril comme annoncé. On a néanmoins lancé les travaux de l’«Echangeur de l’Ouest» le 20 décembre pour être réceptionné dans un délai de 18 mois, en attendant l’«Echangeur de l’Est»... L’essentiel serait-il de lancer les travaux?

    Les désagréments causés par le chantier de Ouaga 2000 poussent à dire que la réalisation des échangeurs ne se fera pas sans beaucoup de sacrifices des populations, notamment en ce qui concerne la fluidité d’une circulation routière qui n’était pas déjà aisée.

    Pour les riverains, c’est un long et pénible chemin de croix pour sortir et entrer dans la zone. Les déviations sur des voies secondaires très poussiéreuses ont dû occasionner des bronchites dans plus d’un ménage. Que dire des petits commers’ qui ont été déguerpis manu militari et qui ne savent plus à quel saint se vouer pour gagner leur pitance quotidienne. Les plus à plaindre sont certainement les résidents de la zone coincée entre le quartier Ouaga 2000 et le reste de la ville et qu’on appelle «La Bande de Gaza». Obligés de faire des tours et des détours, ces Ouagavillois se sentent un peu les martyrs de l’échangeur et crient à juste titre colère en installant des «gendarmes couchés» dans les rues qui passent devant leurs concessions ou en posant carrément des barricades pour les plus excédés.

    «Pas d’omelettes sans casser des œufs», dit-on donc. Mais si les habitants de la Bande de Gaza et autres ont préféré subir les contrecoups de l’Echangeur du Sud en serrant les dents pour les uns et en posant des «gendarmes debout» pour les autres, les riverains du chantier de l’«Echangeur de l’Ouest» n’entendent pas les choses de la même oreille. Certains s’estimeraient lésés dans leurs activités et exigent des «dédommagements» pour le manque à gagner pendant la période des travaux. Mieux, un groupe de ces «victimes collatérales» s’est fendu d’une lettre ouverte adressée au courtmestre de la ville, Simon Compaoré. Dans cette missive, ils disent avoir été quelque peu grugés par rapport aux conditions de déguerpissement. Vrai ou faux?

    Ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas toujours facile de distinguer les vraies victimes des opportunistes et autres avocats du diable, prompts à faire leurs des frondes de ce genre. Certes, des opérateurs économiques et commerçants qui tenaient boutiques et autres affaires dans la zone ont subi ou vont subir des dommages du fait des travaux. Mais en la matière, les autorités publiques ne s’intéressent généralement qu’aux causes de ceux qui étaient légalement installés dans le périmètre. Ceux-là doivent être, en principe, dédommagés ou réinstallés ailleurs afin de poursuivre leurs activités. Il doit en être de même pour les maisons d’habitation qui subissent des atteintes quelconques. 

    Cependant, quand on sait que les commer’ sont toujours prompts à installer boutiques, kiosques et étals sur les moindres espaces inoccupés au bord de la voie publique, on comprend qu’il y ait beaucoup de «victimes» mais très peu de dédommageables. Faut-il pour autant passer la situation des pauvres gens par pertes et profits? L’équation est d’autant plus délicate que les sirènes de la vie chère ne permettent pas toujours d’entendre raison, là où il le faut. Autant dire que Séraphine Ouédraogo, le maire de l’arrondissement de Boulmiougou, et Simon Compaoré, le maire de la commune de Ouagadougou, doivent user de diplomatie pour calmer les esprits avant qu’ils ne s’enflamment outre mesure. Ainsi, même s’il faut obligatoirement casser des œufs pour faire des omelettes, la manière importe autant que le résultat. C’est cela qui fait le charme des omelettes.

    f595a0cc3bce417c7dc0434aa90308c0.jpgDébut juin pour réceptionner l’Echangeur du Sud

    Après le rendez-vous manqué du 30 avril, le ministère des Infrastructures et du Désenclavement envisagerait la date du 4 ou du 5 juin pour l’ouverture officielle de l’Echangeur du Sud ou de Ouaga 2000 à la circulation. En attendant, il faut encore aménager les accès périphériques de l’échangeur proprement dit pour déjà soulager les riverains des nombreux tours et détours qui leur sont imposés jusque-là.

    Exit chars et vélos

    Mais une chose est d’ouvrir l’échangeur, une autre est de veiller à ce qu’il ne devienne pas une nouvelle source d’accidents. Il paraît que rien n’est prévu pour la circulation des chars, vélos, ânes et charrettes. Quand on sait que Ouaga c’est d’abord les deux-roues, ça risque d’être katanga sur ce «nouveau pont sans eau».

  • Africa’s media bosses examine emerging digital media platforms

    JOHANNESBURG, May 15 – Leaders of Africa’s news media meet in Uganda in a week’s time for an annual summit focusing on how the continent is embracing new media technologies to serve the changing needs and interests of their customers.

    The senior editors and CEOs of media firms stretching from South Africa, Namibia and Swaziland in the south to Kenya and Ethiopia in the north and from Senegal and the Ivory Coast in the west will meet in Kampala for three days from May 25 for their Africa Media Leadership Conference.

    The conference is co-hosted by Rhodes University’s Sol Plaatje Institute for Media Leadership (www.spiml.co.za/www.spiml.com) in South Africa and Germany’s Konrad Adenauer Stiftung Foundation (www.kas.de/).

    “This year’s conference is looking at a range of digital media platforms that have emerged and continue to emerge around the world and the challenges that face media companies in Africa in adopting and adapting these platforms for their competitive advantage,” said Francis Mdlongwa, Director of the Sol Plaatje Institute (SPI).

    “Given the breath-taking technological changes which are re-shaping and even redefining the entire media industry, we felt that Africa should pause, take stock, look at what works and does not work in our part of the world and why, and plan ahead,” he added.

    The SPI is Africa’s only university-level institution offering high-level media management and leadership training programmes to both practising and aspirant media leaders from across the continent. It runs a post-graduate programme in media management and leadership and a series of certificated management programmes for senior editorial and business media managers.

    Frank Windeck, the head of the Konrad Adenauer Stiftung’s Sub-Sahara Africa Media Programme, the sponsor of the Africa Media Leadership Conference series, said: “These meetings give Africa’s top media people a unique opportunity to network at the highest level and to examine key industry and other issues which concern them and to seek practical solutions by examining case studies drawn from Africa.”

    The conference will be attended by 40 media executives.

    The conference series was launched by the SPI and the Konrad Adenauer Stiftung in 2002 to promote high-level interaction among Africa’s media chiefs and to seek practical, innovative and creative solutions to challenges faced by the African media.

    The conference meets annually in an African country, and past conferences have debated topics such as Revenue Generation for Robust African Media (Cape Town, South Africa); South Meets East: Strategic Challenges for African Media (Nairobi, Kenya); Managing Media in Recession (Mauritius); and Policies and Strategies for Media Viability (Maputo, Mozambique).


    Issued by:
     SPI Director Francis Mdlongwa (email: f.mdlongwa@ru.ac.za; mobile phone +27-(0) 83-629-2312; office phone +27-(0) 46-603-8781; fax +27-(0) 46-622-9591)

     KAS Director for Sub-Sahara Africa Media Programme Frank Windeck (email:Frank.Windeck@kas.de; office phone +27-(0) 11-214-2903)


    Please contact either Francis or Frank for any further information on the Africa Media Leadership Conference.