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25.01.2008

Le portable et la pornographie polluent l'école burkinabè

7d4dc99bfd1c0e07b0dd2b0ab3ab0a9e.jpgDepuis le début de l'année des images d'ébats amoureux d'élèves circulent entre les téléphones portables à Ouagadougou. Ces films pornographiques sont des prouesses de lycéens de Ouagadougou. Les parents, profs et camarades de ces stars insolites n'ont pas mis du temps à les reconnaître. L'affaire fait les choux gras de la presse. Les chefs d'établissement rejettent la responsabilité sur les parents d'élèves. A qui la faute?

 

Prêtre violeur

3ce1d2f8a49b8a1df9bc061174c4958e.jpgUn grand soupçon pèse sur l'abbé Brice Somda, prêtre officiant à Batié, dans le Sud-ouest du Burkina. Cet «homme de Dieu» serait serait transformé en un loup violeur de la petite Irène Dibloni, une élève de 14 ans, en classe de CM1 qu'il loge dans son domicile dans la ville Diébougou. Le directeur de l'école de pauvre gamine et son père ont porté plainte à la gendarmerie. L'affaire fait grand bruit. L'église catholique du Burkina, très embarassée, n'a pas encore fait de déclaration. Hum!!! Le moins que l'on puisse dire c'est que le célibat des prêtres est une fois mise à rude épreuve. Jusqu'à quand les prêtres vont-ils persister dans cette hypocrisie sexuellement compréhensible qui gâte le nom de l’église ?

 

17.01.2008

Journalistes trouble-foot

a85cfa053ee0b469c7321c5feb1f5da4.jpgLes journalistes sportifs seraient-ils des incorrigibles trouble-foot? Alors que la grande famille du sport, notamment celle du sport roi qu’est le football, tente de recoller les morceaux de ses inconséquences, il ne serait pas inutile de jeter une bonne pierre dans le jardin de nos confrères qui font l’actualité sportive. Une certaine tradition journalistique veut que les journalistes sportifs soient une race à part, un groupe de professionnels dont la logique - et peut-être même la déontologie - serait à cheval sur celle de la profession. Mais toutes les compromissions leur sont-elles permises au point que certains poussent le bouchon jusqu’à devenir de vulgaires caisses de résonances de leurs mentors? Evidemment non.

Une chose est d’admettre et de respecter la tendance partisane des journalistes sportifs lorsqu’il s’agit de défendre les équipes nationales, mais lorsque certains se révèlent plus zélés que des supporters ordinaires, il y a de quoi s’inquiéter. Un des principes cardinaux stipule que «malgré ses préférences, le journaliste se doit toujours d’être le plus objectif possible». Mais force est de reconnaître qu’ici au Faso, chacun a son clan. Certaines mauvaises langues disent même que la plupart des plumes, micros et caméras s’émeuvent en fonction des mots des chapelles sportives qui se combattent en dehors des stades. Ce serait peu de dire que la presse sportive burkinabè souffre d’un partisanisme aigu. Et ce mal serait si profond qu’au sein d’une même rédaction, chaque confrère prêcherait pour sa chapelle. Intox ou réalité?

Les bisbilles qui ont précédé la démission de l’ancien bureau fédéral et l’élection d’un nouvel exécutif ont montré à plus d’un que l’objectivité et la neutralité minimale ne sont pas toujours les vertus les mieux partagées au sein de la presse sportive. Lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes à ces postes que l’on dit juteux - à tort ou à raison -, certains n’hésitent pas à s’afficher pour untel contre un tel autre. D’autres vont même jusqu’à jeter l’anathème sur celui ou ceux qu’ils ne voulaient pas voir à la tête des instances dirigeantes. Ces partis ostensiblement pris divisent nécessairement les différents acteurs et empoisonnent une atmosphère qui n’est pas déjà facile à gérer à cause des passions qui s’y télescopent. Et cela n’arrange pas le sport, encore moins la presse. Il est urgent de briser ce cercle vicieux.

Le 11 janvier, les confrères ennemis de l’Association des journalistes sportifs du Burkina (AJSB) et de l’Union de presse sportive du Burkina (UPSB) ont fumé le calumet de la paix et se sont mis à nouveau ensemble. Serait-ce de l’unité retrouvée pour toujours? On ne comprend pas pourquoi des confrères qui n’animent plus depuis belle lurette la moindre rubrique sportive sont toujours maintenus dans le nouveau bureau de consensus. En attendant le vrai changement des hommes et des mentalités, il faut espérer que cette réunification ne soit pas un simple postiche.

La police de proximité est là, mais l'insécurité et le grand banditisme persiste

1dafc12206efdf56a75c02be52d83ebf.jpg“Police de proximité» et «Comités locaux de sécurité». Ce sont là les nouveaux concepts sécuritaires auxquels les Burkinabè doivent s’habituer depuis le début de cette année. Pétri dans la Loi n°032/2003/ AN du 14 mai 2003, le concept de police de proximité se veut «une nouvelle méthode de gestion de la sécurité publique». Une nouvelle méthode qui prend en compte le développement d’un nouveau partenariat entre les forces de sécurité et les populations. Par cet aménagement de la gestion de la sécurité, les services compétents devront s’intégrer aux collectivités locales pour mieux connaître leurs préoccupations en termes de besoins sécuritaires tandis que les populations doivent être désormais impliquées dans la prévention de la criminalité et des troubles à l’ordre public.

Ainsi naquirent les Comités locaux de sécurité (CLS) à travers la relecture du décret n° 98-379/PRES/PM/MATS/DEF du 15 septembre 1998. La décision initiale ayant été prise dans un contexte de «manque d’information et de formation des différents acteurs» impliqués, il a fallu attendre pour prendre un bon départ. Pendant ce temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Djibril Bassolet, le ministre accoucheur du concept, a migré, en juillet 2007, au département des Affaires étrangères, et c’est au colonel Assane Sawadogo qu’est revenu le soin de le lancer officiellement.

Après le coup d’essai où les premières graines de la police de proximité ont été semées en juillet 2005 à Koupèla pour le compte de la région du Centre-Est, à Fada en février 2006 pour l’Est, à Bobo-Dioulasso et à Gaoua en janvier 2007 respectivement pour les Hauts-Bassins et le Sud-Ouest, le cap est désormais mis sur l’installation des CLS. Le premier acte du nouveau patron des flics est intervenu le 10 janvier avec l’installation des Comités locaux de sécurité des régions du Centre et du Plateau central.

Bien qu’ils n’aient pas exhibé d’indices publics d’efficacité de cette nouvelle approche de sécurité intérieure, Assane Sawadogo a fait un «bilan positif» du mouvement enclenché par son prédécesseur. Mais son optimisme n’en semble pas moins démenti sur le terrain. Rien que le week-end dernier, les coupeurs de route ont encore fait parler d’eux sur les axes routiers Fada-Diapaga dans la région de l’Est et Ouaga-Dori dans le Sahel. Dans la capitale, le crime crapuleux perpétré par le jeune Abbas Damen sur Idrissa Ouédraogo, dit Daouda, agent de change à l’aéroport, a plongé le pays dans l’émoi et la consternation. Ce n’est donc pas du pain qui manque sur la planche de la lutte contre l’insécurité et le grand banditisme.

Que peuvent véritablement les Comités locaux de sécurité? En les confinant au simple rôle de «prévention», ne coure-t-on pas le risque de les transformer en de sulfureux cercles de délation ou milices au service de gourous paranoïaques qui voient des ennemis partout? Ces questions méritent d’être posées, surtout dans un contexte sociopolitique où l’on a visiblement du mal à se défaire des réflexes de défense de chapelles politiques. Le ministère de la Sécurité aura-t-il les coudées franches pour éviter aux CLS certaines dérives des CDR - entendez les fameux Comités de défense de la Révolution - qui continuent de hanter certains?

Force est de reconnaître que la révolution qui consiste à rapprocher la police des préoccupations des populations en matière de sécurité vaut réellement la peine d’être vécue. Mais il faut craindre que cela ne crée des angoisses de plus. Une police de proximité assortie de Comité locaux de sécurité, c’est bien. Cela paraît même original. Mais il faut que cette nouvelle vision de la police ait surtout les moyens de sa politique.

 

Jusqu’où peuvent aller les comités?

Selon les textes réglementaires, le Comité local de sécurité est composé 9 membres - dont 8 sont issus de la communauté villageoise ou du secteur - et d’un agent de sécurité. Son rôle est de prévenir le grand banditisme et la criminalité en faisant des propositions de solutions aux forces de sécurité. En clair, il y a plus de risque que le CLS fasse de la dénonciation - pour ne pas dire de la délation - qu’une véritable gestion des problèmes quotidiens de sécurité de la collectivité. Son statut est d’autant plus délicat qu’on ne sait pas comment il va procéder pour obtenir les informations dont il a besoin. Ses membres ne seront-ils pas plus tentés par le règlement de comptes à leurs supposés adversaires politiques ou à leurs rivaux qu’à régler les vrais problèmes d’insécurité et de troubles à l’ordre public? Ce sont là des zones d’ombre qui méritent d’être éclaircies pour qu’on sache jusqu’où les CLS peuvent aller et à quoi ils vont réellement servir.

 

Que vaut encore le policier dans la cité?

Le ministère de la Sécurité ne met-il pas la charrue avant les bœufs en se lançant dans l’aventure de la police de proximité sans enquêter sur l’image que les populations ont de la police et des policiers?  Que reste-t-il de la confiance que les populations se doivent d’avoir aux forces de sécurité? Un sondage préalable élargi à tous les usagers de la police aurait permis de lever les équivoques. Hélas, le ministre de la Sécurité semble se limiter à lever «la peur du gendarme et du policier» en passant sous silence ce qu’on peut penser de ce que ces personnes font ou ne font pas et surtout de l’impression que leur fonction laisse aux populations. Or, pour arriver à une «complicité positive» entre les forces de sécurité et les populations, il faut que chacun accepte de se remettre d’abord en cause.

 

Aura-t-il les moyens de la police de proximité?

Aussi innovante que puisse paraître l’idée de la police de proximité, elle ne pose pas moins le problème des moyens pour sa réalisation. Sur les 350 départements que compte le Burkina, il y en a au moins 160 qui n’ont aucune structure de sécurité. En 2005, le ministère avait évalué à 18 milliards de francs CFA le montant de l’enveloppe nécessaire pour la construction des infrastructures et leur équipement ainsi que le recrutement d’un effectif supplémentaire de 5 760 agents de police. Malheureusement, ce programme ne semble pas emballer les bailleurs de fonds. Seulement la France vient de se manifester par la signature d’une convention dont la contribution est évaluée à 1,5 milliard. L’Etat lui-même n’a pu réunir que 790 millions. Entre les prévisions et les disponibilités financières, le fossé est encore grand. Les ambitions de la police sont visiblement à l’épreuve du nerf de la guerre.  

 

Une police si loin, si proche

La France est curieusement le seul et principal partenaire technique et financier du Burkina dans la mise en œuvre du concept de police de proximité. Cette idée, qui a été concoctée dans les années 90 aux bords de la Seine - sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, entre 1997 et 2002- connaît des écueils et des fortunes diverses. «Police de proximité» ou «police proche des gens»? La polémique enfle en France. En attendant qu’elle démarre ici, il faut espérer que la rhétorique ne noie pas ce besoin essentiel qui est d’avoir plus de sécurité et donc des interventions promptes, sérieuses et efficaces aussi pour bien prévenir que pour traiter les cas avec diligence. Un point c’est tout.

Fini le printemps, vivement les médias à 3V

7332bae3163baad57fccc3789e78bb2d.jpgAprès le printemps qui a vu naître - et disparaître - toutes sortes de canards, de radios et de télés dans l’univers médiatique africain, les médias du continent se doivent aussi de relever le défi de la révolution de l’Internet et de l’information. En dehors de quelques canards boiteux, la presse burkinabè peut se targuer, tant bien que mal, d’avoir intégré les Technologies de l’information et de la communication (TICs) dans la collecte, le traitement et la diffusion des nouvelles. En revanche, on est encore loin des innovations qui impriment une nouvelle dynamique à l’actualité nationale.

L’information reste et demeure la principale affaire des cercles rédactionnels traditionnels qui gardent sur l’info un monopole qui contraste avec l’évolution du monde. Le vent des blogs et des nouveaux médias ne semble pas encore bouleverser les vieilles habitudes au Burkina. En effet, si dans des pays comme le Sénégal la révolution médiatique induite par les Tics oblige le législateur à évoluer vers l’adoption d’une armature juridique en matière de presse en ligne et le commerce électronique, on se hâte encore lentement au pays des Hommes intègres. Le journalisme citoyen ou la démocratisation totale de l’information serait-elle une ligne d’horizon? Les médias burkinabè n’auraient pas suffisamment de poigne pour accomplir cette révolution qui a donné de nouvelles ailes à l’information sous d’autres cieux?

Le moins que l’on puisse constater, c’est que si l’ensemble des médias s’est rué vers la réalisation de site Web, la plupart se sont limités à publier la quasi-totalité du contenu du journal papier en ligne. En dehors de la grosse machine du quotidien d’Etat Sidwaya qui a initié une rédaction électronique avec des fortunes diverses, le champ de la presse en ligne est désespérément en friche. Serait-ce un désintérêt ou une incapacité à investir ce secteur?

Dans l’état actuel de l’évolution des médias, il faut reconnaître que la grande majorité n’a pas encore fini de résoudre les vieux problèmes d’organisation et de financement de leur entreprise. A tort ou à raison, certains patrons estiment qu’il ne faut pas trop embrasser pour mal étreindre. Cela n’a pas empêché quelques confrères de prendre des initiatives individuelles qui ont abouti à des créations de Blogs dont certains ont permis à leurs promoteurs d’ouvrir de nouveaux horizons à l’actualité du Burkina aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières. Mais les rédactions elles-mêmes ne perçoivent pas encore l’enjeu de créer des blogs sur leur site officiel et de créer ainsi une certaine interactivité avec leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs autour des informations qu’ils diffusent.   

Comme on peut le voir, l’information est encore «confisquée» par les requins à plumes de la presse traditionnelle. Tant que les nombreux internautes qui surfent quotidiennement dans les cybercafés, au bureau et à domicile; et les spécialistes qui ont aussi leurs mots à dire sur la marche du Burkina et du monde décident d’être des témoins passifs, le journalisme citoyen aura du mal à se frayer un chemin au Faso. A vos plumes, claviers et souris pour donner à l’information cette nouvelle force incommensurable qui veut que le journaliste ne soit plus le seul à raconter la marche d’une planète devenue un petit village. Un petit village dans lequel tout le monde devrait avoir la possibilité de réagir soit par le téléphone, le Net ou par sa caméra ou son appareil photo personnel. C’est net, Internet est devenu un espace privilégié où l’information a désormais 3 Voix, comme à Rue89: celle du journaliste, des experts et des internautes. Ainsi nous ne passerons pas à côté de la plaque...de la révolution des Tics.

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