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17.01.2008
Fini le printemps, vivement les médias à 3V
Après le printemps qui a vu naître - et disparaître - toutes sortes de canards, de radios et de télés dans l’univers médiatique africain, les médias du continent se doivent aussi de relever le défi de la révolution de l’Internet et de l’information. En dehors de quelques canards boiteux, la presse burkinabè peut se targuer, tant bien que mal, d’avoir intégré les Technologies de l’information et de la communication (TICs) dans la collecte, le traitement et la diffusion des nouvelles. En revanche, on est encore loin des innovations qui impriment une nouvelle dynamique à l’actualité nationale.
L’information reste et demeure la principale affaire des cercles rédactionnels traditionnels qui gardent sur l’info un monopole qui contraste avec l’évolution du monde. Le vent des blogs et des nouveaux médias ne semble pas encore bouleverser les vieilles habitudes au Burkina. En effet, si dans des pays comme le Sénégal la révolution médiatique induite par les Tics oblige le législateur à évoluer vers l’adoption d’une armature juridique en matière de presse en ligne et le commerce électronique, on se hâte encore lentement au pays des Hommes intègres. Le journalisme citoyen ou la démocratisation totale de l’information serait-elle une ligne d’horizon? Les médias burkinabè n’auraient pas suffisamment de poigne pour accomplir cette révolution qui a donné de nouvelles ailes à l’information sous d’autres cieux?
Le moins que l’on puisse constater, c’est que si l’ensemble des médias s’est rué vers la réalisation de site Web, la plupart se sont limités à publier la quasi-totalité du contenu du journal papier en ligne. En dehors de la grosse machine du quotidien d’Etat Sidwaya qui a initié une rédaction électronique avec des fortunes diverses, le champ de la presse en ligne est désespérément en friche. Serait-ce un désintérêt ou une incapacité à investir ce secteur?
Dans l’état actuel de l’évolution des médias, il faut reconnaître que la grande majorité n’a pas encore fini de résoudre les vieux problèmes d’organisation et de financement de leur entreprise. A tort ou à raison, certains patrons estiment qu’il ne faut pas trop embrasser pour mal étreindre. Cela n’a pas empêché quelques confrères de prendre des initiatives individuelles qui ont abouti à des créations de Blogs dont certains ont permis à leurs promoteurs d’ouvrir de nouveaux horizons à l’actualité du Burkina aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières. Mais les rédactions elles-mêmes ne perçoivent pas encore l’enjeu de créer des blogs sur leur site officiel et de créer ainsi une certaine interactivité avec leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs autour des informations qu’ils diffusent.
Comme on peut le voir, l’information est encore «confisquée» par les requins à plumes de la presse traditionnelle. Tant que les nombreux internautes qui surfent quotidiennement dans les cybercafés, au bureau et à domicile; et les spécialistes qui ont aussi leurs mots à dire sur la marche du Burkina et du monde décident d’être des témoins passifs, le journalisme citoyen aura du mal à se frayer un chemin au Faso. A vos plumes, claviers et souris pour donner à l’information cette nouvelle force incommensurable qui veut que le journaliste ne soit plus le seul à raconter la marche d’une planète devenue un petit village. Un petit village dans lequel tout le monde devrait avoir la possibilité de réagir soit par le téléphone, le Net ou par sa caméra ou son appareil photo personnel. C’est net, Internet est devenu un espace privilégié où l’information a désormais 3 Voix, comme à Rue89: celle du journaliste, des experts et des internautes. Ainsi nous ne passerons pas à côté de la plaque...de la révolution des Tics.
12:56 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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