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  • Meilleurs voeux de bonne gouvernance au Burkina

    8b15f6d72b04f659a7d2a2e7020c7cff.jpgAinsi donc, 2007 achèvera sa course lundi prochain dans la grande mer du temps. Si, pour certains, ce fut un fleuve tranquille, pour d’autres il se serait écoulé trop vite. Tout dépend de l’angle de vue qu’on choisit et surtout du nombre de fois qu’on a vu passer le temps. Après 16 harmattans, le Dromadaire n’est pas dupe des mirages de la savane du Burkina. Il constate que le ban de l’année qui s’est pratiquement ouvert dans le doum-doum se ferme avec une grogne non encore résolue de militaires retraités.

    C’est donc sur une sorte de poudrière militaire que des gosses énergumènes ne manqueront pas de lancer des pétards pour saluer l’avènement de la nouvelle année. Le chef suprême des Armées saura-t-il mettre de l’ordre dans ce désordre et faire de la discipline un point d’honneur? Le vœu mérite d’être souhaité. Car si le Burkina n’a pas fait mieux sur l’échelle du développement humain durable du PNUD, il peut se targuer de la stabilité de ses institutions.

    Avec le «Progrès continu pour une société d’espérance» avec un Blaiso nouveau, une Assemblée nationale qui a donné un bail continu à Roczilla, le Burkina a eu le mérite de ramener la paix entre les frères ennemis du Togo et de la Côte-d’Ivoire. L’événement de l’année est sans conteste la réalisation de l’accord historique de Ouagadougou qui semble avoir trouvé le remède magique qu’il fallait pour guérir l’Eléphant d’Afrique de ses profondes convulsions politico-militaires. L’enfant terrible de Ziniaré, qui joue son aura diplomatique dans ce dossier - et secondairement dans celui du Togo -, s’appuie plaisamment sur le pasteur Te$ticu$ Zorro qu’il a ramené du pays de l’Oncle Sam pour garder ses bœufs à la maison. Après un semestre d’exercice, le nouveau PM bouscule effectivement les habitudes au rythme des déclarations choc. Mais ce sont les actes concrets qui manquent le plus. Une gouvernance plus vigoureuse et surtout plus conséquente est-elle possible? C’est tout le mal que l’on peut souhaiter.

     

    Quitte ou double dans un sable mouvant

    7890a926771f6d83a572c14b359f21b7.jpgAvec une maigre moisson avec une dizaine de sièges aux législatives de mai, l’opposition est plus que jamais à l’étroit dans un hémicycle largement dominé par le mégaparti au pouvoir conforté par une large mouvance présidentielle. Contre toute attente, c’est au sein des conseils municipaux que les partis originellement mouvanciers ont le plus prêté main forte à l’opposition cette année, comme on a pu le voir à Pô où le PAI a fait bouffer la honte au CDP en reprenant le contrôle d’une mairie que ce dernier voulait lui arracher. Les mêmes causes vont-elles produire les mêmes effets à Dori? Après s’être rendu complice d’une opposition minoritaire qu’il a contribué à porter à la tête du conseil, le CDP et ses apparentés sont assez aigris pour laisser du répit à Arba Diallo. La nouvelle année risque d’être du quitte ou double pour lui.  

     

    De beaux jours pour le grand banditisme

    27b74ae684fa312c22ab81314a89a9ab.jpgLe récurrent bras de fer entre les forces de défense et de sécurité et les bandits de grand chemin semble toujours tourner à l’avantage des seconds. Même si le ministre de la Sécurité a exhibé quelques coupeurs de route ces derniers jours, cela ne rassure pas pour autant. La sécurité des personnes et des biens est un véritable casse-tête qui défie toutes les déclarations de bonnes intentions. Malgré les grands moyens qui ont été étalés au cours du défilé de la commémoration faste du 47e anniversaire de la République, les Burkinabè ne savent pas à quel saint se vouer. Le sinistre Assane Sawadogo fera-t-il mieux que ses prédécesseurs? On attend toujours de voir.

     

    Casse-tête moaga pour le destin du Calife Dial’Eau

    a9ddcc0d9720d095e1728e8fcee9cbee.jpgSinistre des «gros poissons» et un des plus puissants des mogô qui font la pluie et le beau temps au palais, Calife Dial’Eau aura été des moins bavards cette année. Ce qui fait courir les rumeurs des plus folles sur son destin. Ainsi, après ses vraies fausses querelles avec le Petit président, il serait devenu si «encombrant» que sa situation serait devenue un casse-tête pour le Blaiso qui planifierait son exil dans une lointaine chancellerie. Ce qui nécessiterait un remaniement ministériel qui paraît trop tôt pour l’équipe de Te$ticu$. Mais lorsque son pouvoir est en jeu, l’enfant terrible a ses raisons que la raison ne connaît pas. Le mystère sera peut-être dévoilé en 2008.

     

    Qui gagnera Paris ?

    38fc90a39dc76312532d7d0b0c7937ab.jpgPresque 7 mois après le rapatriement de F’lipe-le-Parigot au pays pour occuper le maroquin de la Culture, du Tourisme et de la Communication, le poste d’ambassadeur du Burkina à Paris est curieusement toujours vacant. Tout porte à croire que le Blaiso n’a pas encore trouvé le meilleur cheval ou bien c’est Paris qui ne le trouve pas suffisamment à sa convenance. Selon quelques bruits captés par les oreilles du Dromadaire, le profil de Monique Ilboudo n’aurait pas reçu le visa du Quai d’Orsay. Ce qui remet en scelle d’autres chevaliers en réserve tels Adama Fofana, alias kôrô Fof’,et Mahamoudou Ouédraogo. Mais avec la permutation qui vient d’être opérée entre le Che Yonli qui va à Washington à la place de Tertius qui l’a remplacé 6 mois plus tôt, il y a de quoi perdre son... français dans le jeu de nomination des ambassadeurs potentiels.

     

    Le Collectif survivra t-il ?

    Sur le plan social, l’année 2007 aura été marquée par la retraite de Me Halidou Ouédraogo de la présidence de l’Union internationale des droits de l’Homme (IUDH) et du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des Peuples (Mbdhp). Ce qui a entraîné son décrochement de la présidence du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques. Eprouvé par une maladie dont il est toujours convalescent, l’homme quitte la scène de la lutte contre l’impunité un peu malgré lui. Le Collectif, qui a redonné de la voix à l’occasion du 9e anniversaire du drame de Sapouy, va-t-il survivre sans Halidou? Les heures chaudes qu’il a annoncées pour l’année 2008 seront certainement une bonne occasion pour mesurer sa force de frappe dans un environnement où sa plate-forme revendicative n’a visiblement pas connu d’avancée significative.

     

    Vingt ans et déjà un dauphin

    Un des non-dits de la commémoration des «20 ans de renaissance démocratique» serait l’onction de François Compaoré comme un dauphin de son frère à l’ombre duquel il a jusque-là évolué comme Conseiller spécial. Après s’être constitué un bras politique en réchauffant sa cote de popularité sur les tentacules des rivaux politiques de la majorité présidentielle que sont les ABC (Amis de Blaise Compaoré) ainsi que sur les braises de l’USSUBF, il a reçu la consécration tant convoitée de «héros de la Révolution d’août 83» au cours de la fameuse rencontre du Blaiso avec les jeunes dans la ville mythique de Pô. François Compaoré aura-t-il l’audace de se mettre plus ostensiblement dans la peau d’un potentiel sérieux successeur de son frère? Les lumières de 2008 nous éclaireront peut-être un peu plus.

     

    68fa6e764a68144eae2ba0816c0e5efa.jpgJusqu’où la hiérarchie militaire s’emmêlera-t-elle les pinces ?

    Les intempestifs et incontrôlés débrayages des militaires au début et à la fin de cette année ont achevé de convaincre l’opinion que la hiérarchie militaire a du mal à maintenir la discipline au sein de la troupe et pour preuve. Non seulement ceux qui ont conduit les manifestations de décembre 2006 et janvier 2007 ne sont pas officiellement inquiétés, les militaires retraités et en âge d’aller à la retraite ont véritablement toisé la hiérarchie au point qu’on se demande si la discipline n’a pas foutu le camp au sein de nos Forces armées. Il y a lieu de s’inquiéter sérieusement sur ce qui apparaît comme une incapacité de la hiérarchie militaire à contenir les humeurs de plus en plus fracassantes de certains éléments de la troupe. Ne serait-elle pas capable de se faire écouter? Certaines mauvaises langues disent qu’à force de laisser bouleverser l’ordre normal des choses depuis la Révolution, la grande muette aurait fabriqué ses indisciplinés. Si les militaires du rang n’ont plus peur des haut gradés, c’est que ces grades ne leur inspirent pas plus de respect que ceux qui en ont décidé ainsi. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le bout du tunnel ne sera pas pour le 1er janvier.

     

    L’Etalonmania plus politisée que jamais

    On n’achèvera pas le bilan de l’année 2007 sans évoquer la débâcle de l’équipe nationale, les Étalons, aux éliminatoires de la CAN 2008. Comme le foot est devenu un sport roi au Faso, cette défaite a entraîné le balayage de l’entraîneur puis du président de la Fédé lui-même. 2008 devait connaître l’élection d’une nouvelle équipe fédérale. Et des bruits qui courent déjà, le nouveau prési sera celui qui aura d’abord reçu l’aval du Palais de Kosyam. Par conséquent, l’Etalonmania sera plus que jamais politisée comme les autres années. Vivement que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets.

  • Que un pouvoir sans le sous?

    20467f3be7f6fa0aa3a19f4fb927f053.jpgPour le petit monde du «4e pouvoir», les années se suivent et se ressemblent-elles? On aurait bien envie de répondre par la négative, mais bien qu’elle ait été celle des promesses les plus fermes, l’année 2007 s’achève finalement comme les autres. On y a beaucoup parlé de la nécessité de sortir les journalistes de l’informel en relevant les sempiternels défis de la convention collective, de la carte de presse, de l’adoption d’un statut juridique des entreprises de presse, etc. Mais entre les engagements des uns et les promesses des autres, le chemin qui mène au champ du concret semble encore loin.

    Pendant ce temps, le train-train quotidien, hebdomadaire, mensuel et bimensuel de la presse a continué en ouvertures et clôtures de séminaires et ateliers, couvertures d’inaugurations de chrysanthème et autres commémorations qui ont inondé les colonnes des journaux tout au long de l’année. Tout le monde convient que cette forme dominante de journalisme ne permet pas à la presse de jouer efficacement son rôle de contre-pouvoir, mais cela ne semble pas empêcher la république de tourner en rond.

    Les principaux concernés ne tournent pas moins en rond en étalant parfois leurs linges sales sur la place du marché. Ainsi, on consignera dans les annales de l’année 2007 que le quotidien d’Etat Sidwaya s’est rendu coupable de diffamation à l’égard du red’chef du bihebdomadaire L’Evénement et a été condamné par les tribunaux. Ce dernier journal a été lui-même condamné à l’endroit du sieur François Compaoré, frangin du Blaiso national, suite à un commentaire jugé diffamant à propos du présumé commanditaire de l’assassinat, le 13 décembre 1998, de notre confrère Norbert Zongo, un dossier désormais hypothéqué à cause d’un non-lieu prononcé par la justice en juillet 2006 en faveur du seul inculpé au cours d’une tumultueuse instruction du dossier.

    Tout compte fait, il n’y a rien eu de véritablement bandantif sous le soleil pour la presse. Les forçats de la plume, du micro et de la caméra vont devoir continuer à s’accommoder avec une situation informelle avec ses corollaires économique et institutionnel. Au-delà d’un dossier pendant en justice, c’est le statut même du journaliste - et par ricochet de l’entreprise de presse - qui rend les journalistes dépendants de toutes sortes d’aléas. Le bout du tunnel ne sera certainement pas pour le 31 décembre prochain.
  • Musique artistiquement modifiée

    6119feb6218507b574d724d5d4d66fad.jpgLa génération spontanée de musiciens, surtout de jeunes dames sans passé artistique véritable, a apporté un certain dynamisme au showbiz au Faso. Mais pour quelle qualité? Las d’attendre des productions originales, les mélomanes ont dû se contenter de ces musiques génériques bâclées en studios qui ont au moins l’avantage de donner une certaine âme patriotique non seulement aux radios FM, mais aussi aux DJ - descendus eux-mêmes sur la scène - des nombreux maquis et bars qui poussent comme des champignons. Mais si cette musique urbaine permet d’égayer les masses et de gargariser les talents des jeunes gens qui la produisent, force est de constater qu’elle s’apparente plus à une culture génétiquement modifiée.

    Dans la plupart des cas, les œuvres et leurs auteurs disparaissent aussi spontanément qu’ils sont apparus. Et cela pose un véritable problème de la pérennisation de la culture artistique. Il est certainement insensé de vouloir ramer à contre-courant de cette culture de musiques copiées-collées. Elle a le mérite de simplifier la pratique des arts, mais banalise parfois irrémédiablement les exigences inhérentes au dur mais noble métier d’artiste. Faut-il donner l’onction d’artiste à tous ces «musiciens» d’un genre nouveau sous prétexte qu’ils ont une «œuvre sur le marché» alors qu’ils ne savent pas manipuler le moindre instrument ni ne comprennent que dalle du solfège?

    La question mérite d’être mise sur le tapis. Surtout au moment où l’on se hâte lentement vers l’adoption du statut de l’artiste burkinabè et que l’on rêve de stars à la mesure de nos ambitions culturelles. Trop d’artistes génériques peut tuer les arts et affadir la culture. Le sinistre F’lipe-le-Parigot qui a l’avantage de conjuguer les départements de la Culture, du Tourisme et de la Communication gagnerait à mettre de l’ordre dans cette caverne d’Ali Baba.