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27.12.2007
Que un pouvoir sans le sous?
Pour le petit monde du «4e pouvoir», les années se suivent et se ressemblent-elles? On aurait bien envie de répondre par la négative, mais bien qu’elle ait été celle des promesses les plus fermes, l’année 2007 s’achève finalement comme les autres. On y a beaucoup parlé de la nécessité de sortir les journalistes de l’informel en relevant les sempiternels défis de la convention collective, de la carte de presse, de l’adoption d’un statut juridique des entreprises de presse, etc. Mais entre les engagements des uns et les promesses des autres, le chemin qui mène au champ du concret semble encore loin.
Pendant ce temps, le train-train quotidien, hebdomadaire, mensuel et bimensuel de la presse a continué en ouvertures et clôtures de séminaires et ateliers, couvertures d’inaugurations de chrysanthème et autres commémorations qui ont inondé les colonnes des journaux tout au long de l’année. Tout le monde convient que cette forme dominante de journalisme ne permet pas à la presse de jouer efficacement son rôle de contre-pouvoir, mais cela ne semble pas empêcher la république de tourner en rond.
Les principaux concernés ne tournent pas moins en rond en étalant parfois leurs linges sales sur la place du marché. Ainsi, on consignera dans les annales de l’année 2007 que le quotidien d’Etat Sidwaya s’est rendu coupable de diffamation à l’égard du red’chef du bihebdomadaire L’Evénement et a été condamné par les tribunaux. Ce dernier journal a été lui-même condamné à l’endroit du sieur François Compaoré, frangin du Blaiso national, suite à un commentaire jugé diffamant à propos du présumé commanditaire de l’assassinat, le 13 décembre 1998, de notre confrère Norbert Zongo, un dossier désormais hypothéqué à cause d’un non-lieu prononcé par la justice en juillet 2006 en faveur du seul inculpé au cours d’une tumultueuse instruction du dossier.
Tout compte fait, il n’y a rien eu de véritablement bandantif sous le soleil pour la presse. Les forçats de la plume, du micro et de la caméra vont devoir continuer à s’accommoder avec une situation informelle avec ses corollaires économique et institutionnel. Au-delà d’un dossier pendant en justice, c’est le statut même du journaliste - et par ricochet de l’entreprise de presse - qui rend les journalistes dépendants de toutes sortes d’aléas. Le bout du tunnel ne sera certainement pas pour le 31 décembre prochain.15:58 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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