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15.11.2007

C'est l'autorégulation des médias burkinabè qui manque le plus

c55d01c021d35095605d4665f483af7b.jpgAvec une panoplie de titres aussi riches que variés et un paysage audiovisuel en plein essor, la presse burkinabè peut se targuer d’avoir gagné le pari du développement quantitatif. Lecteurs, auditeurs et téléspectateurs ont même l’embarras du choix. La croissance quelque peu exponentielle des médias audiovisuels n’est pas moins source de casse-tête pour le Conseil supérieur de la communication (CSC) dont les moyens sont désormais en deçà de sa mission et donc de ses ambitions. «Les équipements techniques actuels ne permettent plus d’assurer un contrôle efficace du contenu des médias audiovisuels, au regard de leur nombre grandissant et de la complexité des avancées technologiques dans ce secteur. Il s’agit là d’un défi, car la régulation des médias est impossible sans équipements techniques performants», a souligné Luc Adolphe Tiao, président du CSC, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation de son rapport public d’activités, lundi dernier au chef de l’Etat.

Cette institution, dont certains ne donnaient pas cher de sa peau à sa création en 1995, a fini par conquérir le capital de confiance nécessaire pour s’imposer comme une référence dans la galaxie des institutions motrices du processus démocratique. Force est de reconnaître qu’elle force l’admiration en sacrifiant régulièrement à la production d’un rapport annuel sur l’état de la régulation des médias, mais elle s’est assez bien approprié son rôle d’interface entre les différents acteurs concernés par l’activité médiatique dans une société désormais pluraliste en quête d’une démocratie véritable.

Cependant, l’ancrage institutionnel et démocratique du CSC contraste avec le sempiternel problème de l’autorégulation. Et cela constitue le ventre mou de cet univers dont on voudrait dire de bonnes choses. «Il faut déplorer la quasi-inexistence de l’autorégulation; ce qui constitue une faiblesse du paysage médiatique national», souligne désespérément Luc Adolphe Tiao. Comme pour dire que les performances et les ambitions de son institution seront vaines tant que ce déficit ne sera pas comblé. Aussi longtemps que ce sera ainsi, le CSC a de fortes chances d’apparaître comme un chevalier enthousiaste sur une piètre monture.

Certains maux du malheureux «cheval noir» sont désormais du domaine public. Il s’agit, entre autres, de l’éternelle «question du professionnalisme, de l’éthique et de la déontologie» devenue un refrain sans fin qu’on répète à toutes les occasions. On ne manque pas non plus de jeter la pierre dans le jardin des patrons de presse dont certains gèrent leur «chose» parfois à la lisière des règles de transparence. L’Etat ne corse pas moins l’addition à travers un système d’imposition fiscale quasi suicidaire pour les entreprises de presse. Chaque entité a donc une part de responsabilité. Quand viendra la délivrance définitive? Ce n’est certainement pas au prochain Noël.

La seule promesse à l’horizon n’est que la fameuse «adoption d’une convention collective et des modalités pratiques de délivrance de la carte de presse» dont la finalisation est prévue «avant la fin de l’année» selon le président du CSC. En attendant, les Canards fâchés peuvent continuer à régler leurs différends en justice, à l’instar de nos confrères L’Evénement et Sidwaya, qui comparaissaient en première audience au palais de justice de Ouagadougou au moment même où le président du Faso et les présidents des autres «pouvoirs» recevaient le rapport sur l’état de la régulation des médias au Burkina. La coïncidence est si troublante qu’il ne peut y avoir meilleure illustration du mal de l’autorégulation dont souffre la presse burkinabè?

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