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08.11.2007
Des canards fâchés font L'Evénement
Sauf déprogrammation de dernière minute, on assistera lundi 12 novembre prochain à un procès assez inédit dans la petite histoire du paysage médiatique du Faso. C’est la première fois, sauf ignorance de notre part, qu’un canard en traîne un autre au tribunal pour régler un différend relatif à leur activité commune. Pour être les acteurs de ce fait historique notable, nos deux confrères ne portent pas moins des noms prémonitoires. Pour ceux qui ne le savent pas, c’est le bimensuel L’Evénement qui attrait le quotidien d’Etat Sidwaya - qui signifie «La vérité est là», en langue nationale mooré.
Pour un événement (médiatique), c’en est vraiment un, puisque ce procès devrait permettre de connaître la vérité sur ce qui s’est réellement passé au cours du voyage que le rédacteur en chef du journal L’Evénement, Newton Ahmed Barry, a effectué en août dernier dans la capitale togolaise. Relatant une trouble et troublante histoire d’arrestation dont celui-ci a été victime, sous le titre «Un journaliste burkinabè sous les verrous à Lomé», Sidwaya a insinué qu’il s’agissait d’une «affaire de droit commercial privé qui frise la délinquance...». Quoique cet article paru le 22 août sous la rubrique Kantigui a tenté de ne pas citer de nom en ne parlant que de «rédacteur en chef d’un bimensuel de la place», les allusions paraissent si nettes et les flèches si directes que la direction de L’Evénement y a finalement détecté de la «diffamation». Et vlan!
Des commentaires charriés par d’autres confrères sur l’affaire, notamment L’Hebdomadaire du Burkina et L’Opinion, semblent avoir confirmé une lointaine sinon profonde «haine confraternelle» pour laquelle cet épisode ne serait que la dernière goutte qui a fait déborder le vase. C’est du moins ce qui transparaît de l’incapacité ou de l’impuissance - c’est selon - à laver le linge sale en famille.
Cette affaire, qui se déporte finalement au Palais de justice, brise sans doute une certaine convenance inhérente à tout corps de métier qui veut cultiver la cohésion en son sein. Mais il est peut-être quelquefois nécessaire de toucher le fond pour comprendre pourquoi... il ne faut jamais descendre aussi bas. Au-delà de toutes les considérations compréhensibles, ce procès sera, il faut l’espérer, l’occasion de tirer des leçons.
14:46 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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