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18.10.2007
A quoi sert le CSC?
S’il est vrai que le Conseil supérieur de la communication (CSC) semble avoir tenu ses promesses en matière de veille à l’équilibre de l’information dans les médias, force est de reconnaître que les tournures prises lors des manif’ et contre-manif’ entrant dans le cadre de la commémoration du 15-Octobre ont mis l’institution à rude épreuve.
En effet, si les organes de la presse écrite publique et privée tentent, tant bien que mal, de sacrifier au sacro-saint principe de l’équilibre de l’information et de la pluralité des positions, des opinions et surtout des passions qui se sont cristallisées autour de cette date historico-tragico-politique, le parti pris de la presse audiovisuelle, notamment de la Télévision nationale du Burkina, ramène sur le tapis la délicate problématique du cahier de charges des médias de service public.
Comme on peut le constater, sans loupe ni dessin, la TéNéBreuse a délibérément choisi son camp, celui de ne diffuser les spots publicitaires et les reportages que des manifestations organisées par les blaisistes et des partisans de l’acrobatique célébration des «20 ans de la renaissance démocratique avec Blaise Compaoré». En dehors de la couverture d’un très marginal séminaire de formation, organisé par l’UNIR/MS à l’intention de ses militants en fin de semaine dernière, ce fut le silence radio voulu et entretenu sur tout ce qui touche à la commémoration de «l’assassinat du capitaine Thomas Sankara». A défaut de savoir d’où le staff de la RTB a reçu l’ordre de ne faire résonner qu’un seul son de cloche sur le 15-Octobre, certains voudraient savoir si le CSC ne pouvait pas remettre les pendules à l’heure de la diversité de vues que concentre cet événement. A quoi sert finalement le CSC? Telle est la question que plus d’un observateur de la scène médiatique burkinabè se pose.
En filigrane de cette interrogation se pose le problème des pouvoirs dont dispose effectivement l’organe de régulation. L’article 2 de la loi n° 028 - 2005/AN du 14 juin 2005 portant Création, composition et fonctionnement du CSC stipule qu’il doit «contribuer au respect de la déontologie professionnelle par les sociétés et entreprises de radiodiffusion sonore et télévisuelle privées et publiques, par les journaux et publications périodiques publics comme privés diffusés ou publiés sur le territoire national». Mais si cette disposition cerne la mission générale de l’institution, elle ne dit pas comment cela doit se faire. C’est seulement en matière d’élections que l’article 8 précise que le rôle du CSC est de «fixer les règles concernant les conditions de production, de programmation, de diffusion des émissions et des articles relatifs aux campagnes électorales par des sociétés et entreprises de presse écrite et de radiodiffusion sonore et télévisuelle appartenant à l’Etat, en conformité avec les dispositions du code électoral». Autrement, il ne peut que se contenter d’une recommandation de principe comme celle qui a été publiée le 9 octobre dernier et appelant au «respect strict des règles d’éthique et de déontologie dans le traitement de l’information» relative à la commémoration du 15-Octobre. En clair, l’organe de régulation ne pouvant exercer de contrôle a priori en dehors des périodes électorales, la position de la TéNéBreuse pourrait s’expliquer par l’exploitation de cette faille. Mais faut-il se résigner à cette situation?
On aurait bien voulu que les organisations sankaristes et les partisans de la commémoration de l’assassinat de Tom Sank très lésée par le déséquilibre de l’information au niveau de la RTB jettent un pavé dans cette marre anachronique en usant de l’arme de l’article 22 de la loi organique du CSC qui stipule que: «Le Conseil supérieur de la communication peut être saisi par tout citoyen, toute association et toute personne morale publique ou privée, aux fins d’examiner des questions relatives à son champ de compétence, notamment pour exercer son droit de réponse».
Hélas! Le front médiatique n’a pas été exploré. Cette saisine aurait eu le mérite et l’avantage de voir à quoi sert le CSC et jusqu’où il peut aller dans l’épreuve que lui impose le 20e anniversaire du 15 octobre.16:20 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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