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11.10.2007

Les "hommes" du président...Blaise Compaoré

b1b13fd633410759216683300af89837.jpgEn attendant de percer les secrets de la longévité au pouvoir du Blaiso, force est de reconnaître que l’homme a su s’entourer de collaborateurs fidèles ou se débarrasser de collaborateurs gênants. Pour paraphraser son ancien-nouvel ami Laurent Koudou Gbagbo, on peut dire que Blaise Compaoré a été à la bonne école du pouvoir. Car pour y tenir aussi longtemps, il faut sans doute être un bon joueur d’échecs.

D’ailleurs, toutes proportions gardées, on peut dire que le pouvoir est comme le baobab qu’une seule personne, aussi forte soit-elle, ne peut embrasser. Cela est d’autant plus vrai qu’à l’heure où se préparent les festivités ou manifestations - selon ce qu’on préfère - des 20 ans de «Renaissance démocratique» avec l’enfant terrible de Ziniaré, il serait injuste d’attribuer les mérites de cette longévité à la seule personne du président.

Devant et derrière les rideaux, des hommes et des femmes, chacun et chacune selon ses moyens et ses marges de manœuvre, a contribué à faire le président. Certains ont choisi d’être si discrets qu’on ne les découvrira peut-être jamais. La plupart d’entre eux sont des militaires qui se dévouent à garder le temple jusqu’au prix du «sacrifice suprême», comme le commande leur mission. Mais tous les militaires n’ont pas choisi d’être dans l’ombre. De la même façon, l’opinion ne connaîtra probablement pas tous les civils qui œuvrent dans l’ombre pour tisser la toile du régime. Ceux qu’on a l’habitude de voir ne sont pas toujours ceux qui font et défont les choses.

La meilleure façon de lever un coin du voile sur les hommes et les femmes du président n’est-elle pas de les classer dans quelques catégories? Avec 20 ans de règne, les racines du pouvoir sont probablement plus profondes qu’on ne peut l’imaginer. Il y a des faits et gestes qui ne trompent pas. Il suffit d’observer les acteurs et actrices qui sont mis en avant pour l’organisation des manifestations de ces dernières semaines et ceux qui entreront en scène au cours des prochains jours pour savoir qui est qui ou qui fait quoi. A défaut de connaître toutes les abeilles qui bossent autour de la ruche, force est de constater qu’elles proviennent de tous les milieux et de toutes les couches sociales. C’est peut-être ceci qui explique cette longévité que certains veulent célébrer comme un mérite, mais que d’autres considèrent comme incongrue en démocratie.

 

Les ouvriers de la première heure

Très peu de ceux qui ont posé les bases du Front populaire sont restés à bord du navire. Certains, tel Oumarou Clément Ouédraogo, sont devenus trop gênants pour le capitaine. Et comme il ne peut avoir deux capitaines dans un bateau, il a fallu se débarrasser de cet idéologue. Arsène Bobognessan a peut-être eu le mérite de passer le cap de la refondation démocratique en posant les jalons de ce qui est devenu l’Assemblée nationale. A côté de ce médecin barbu visiblement mis sur le banc de touche, Nabobo Kanidoua, son ‘’parent’’, peut se targuer d’être parmi les premiers ouvriers.

 

La famille présidentielle

Discrète au cours des premières années du régime Compaoré, l’irruption de sa famille dans les affaires de l’État s’est faite de manière fracassante avec les frasques de François Compaoré devenu «le petit président» par la force des événements qu’il a lui-même provoqués. Propulsé au-devant de la scène sans être probablement préparé à assumer des fonctions politiques, il ne s’est pas moins adapté à la situation au point de forcer le destin. A tort ou à raison, certains lui prédisent un avenir de «dauphin» de son frère. Mais il a encore besoin de se faire accepter par les membres les plus influents du clan présidentiel. Il aurait aussi son propre clan. Sa belle-mère Alizèt Gando, dite «la belle-mère nationale», en serait une des chevilles ouvrières.

 

Les bras armés

S’il y a bien un homme clé et opérationnel du système Compaoré, c’est bien le Colonel Gilbert Diendéré. Tout seul, il est un orchestre puisqu’il représente son «patron» sur les champs de bataille aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. On se souvient que lorsque les étudiants avaient tenté de défier le pouvoir, il n’avait pas hésité à arborer une tenue de sheriff à bord de sa jeep pour aller mettre de l’ordre sur le campus. C’est probablement pour rester dans son rôle d’ombre du président qu’il demeure le chef d’état-major particulier du président du Faso. Autrefois «déménageur» au sein du Régiment de sécurité présidentielle, Hyacinthe Kafando vient de réussir une reconversion en se faisant élire député à la nouvelle Assemblée nationale.

 

Les discrets et les diplomates

A côté des barrons qui aiment descendre dans l’arène pour se livrer parfois à des combats de corps-à-corps tels Salif Diallo ou Simon Compaoré, il y a également les discrets et les diplomates tels l’administrateur Yéro Boly ou le pandore Djibrill Bassolé. En plus de ceux-là se trouvent aussi des magistrats discrets et efficaces tels Boureima Badini, Sambo Antoine Komy ...

 

Les femmes du président

On ne peut pas parler des «femmes du président» sans d’abord parler de Chantal Terrasson. En plus d’avoir conquis le cœur du Capitaine, elle aurait eu un sacré désir de porter la couronne de première dame du Faso, au point de galvaniser son homme dans la conquête du pouvoir. Ceux qui voient la main de feu Houphouët-Boigny dans l’ascension au pouvoir de Blaise Compaoré ne font pas moins de Chantal l’arme du «pacte secret». A côté de son épouse, d’autres femmes telles Alice Tiendrebeogo, Alima Traoré, Fatoumata Diendéré, Fatoumata Legma, pour ne citer que celles-là, n’ont pas moins contribué à donner une touche féminine au régime du Blaiso.

 

Les idéologues du pouvoir

Jean-Léonard Compaoré et Achille Tapsoba sont considérés comme les têtes pensantes du système. Mais ils ne doivent certainement pas être les seuls, car en la matière ceux qui opèrent dans ce domaine préfèrent agir en sous-marin. Le Burkina n’est pas la France où on connaît ceux qui rédigent les discours du président ou conçoivent les slogans. Des universitaires et pas des moindres seraient dans ce cercle fermé d’idéologues du régime.

 

Les chefs traditionnels

Si l’un des points faibles du pouvoir de Tom Sank était d’avoir négligé, voire méprisé, la chefferie traditionnelle, le Blaiso a bien appris la leçon en s’attirant leurs faveurs. Le Moogho Naaba, l’empereur des Mossé, et son ministre le Larlé Naaba jouent leur partition avec un zèle que certains considèrent même comme débordant. Tant que cela ne fait pas de l’ombre au pouvoir de «l’enfant terrible de Ziniaré», mais le renforce auprès d’une population majoritairement soumise aux chefs traditionnels, les «bonnets rouges» peuvent se tenir tranquilles.

Commentaires

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Ecrit par : pak | 15.10.2007

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Ecrit par : pak | 15.10.2007