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  • En musique, partager, c’est pas diviser

    35626b03c06851748f55219099ed0666.jpgLa faune musicale made in Faso - ou ce que l’on considère comme telle - n’a peut-être pas la fertilité qui fait la fierté de certaines contrées, mais elle sait parfois accoucher d’initiatives qui prouvent qu’on peut toujours compter avec elle. Ainsi, après le concept «Le Gouvernement» qui continue de susciter des ersatz dans le milieu du showbiz burkinabè, le mouvement Génération Partage vient d’afficher une nouvelle leçon de convergence de talents qui rompt avec la monotonie qui étaient devenue le lot d’une génération spontanée de corbeaux de la chanson.  

    Bien qu’ayant toujours du talent à revendre, Sami Rama, Mawndoé du groupe Yeleen, Sissao, Floby, David de Faso Kombat, Leekma et Dudn’J de Clepto Gang donnent une belle leçon de créativité partagée à travers une compilation pilotée de main de maître par le Commandant Papus Zongo de Merveilles productions et bétonnée par les soins de Green Stone.

    Au-delà de quelques couacs inhérents au milieu du showbiz, il s’agit-là d’une heureuse innovation qui conjugue non seulement des rythmes et des sonorités, mais donne la preuve que nos jeunes musiciens sont capables de s’associer pour donner une impulsion certaine à leur passion commune. Mieux, le morceau, «On veut s’aimer» - qui panache les voix de chacune de ces étoiles montantes - est porteur d’un message qui résume tout le sens de l’initiative. Rien donc à voir avec la guéguerre anachronique que certains groupes tentent d’instaurer dans le milieu du showbiz en manipulant des concepts non moins incongrus.

    En effet, il faut reconnaître que le concept du «Gouvernement» - lancé par le collectif de rappeurs composé de Madson Junior, David et Malcom de Faso Kombat, Smarty et Mawndoé de Yeleen et Smokey comme chef d’orchestre - avait insufflé une certaine dynamique à une musique burkinabè galvanisée par le très entraînant air de takborsé remis au goût du jour par Ahmed Smany. Mais force est de reconnaître que ce mouvement a été quelque peu galvaudé par certains de ses promoteurs qui n’ont pas trouvé mieux à faire qu’à se tancer. Au lieu de sortir des sentiers battus d’un couper-décaller constipant, ils semblent se complaire à faire «Le Malin» ou à se hisser sur une imaginaire «Cour suprême» pour prononcer des sentences qui n’apportent rien de nouveau sous le soleil du Faso. On a même vu pousser, comme des champignons, des groupes du genre aussi abracadabrant que le «Parlement», le «Peuple», etc. sans aucune forme de message que de pinailler sur des futilités déconcertantes. Ce n’est certainement pas dans le ressassement que la musique burkinabè peut se donner des ailes au plan national et international.

    Serge Bambara, alias Smokey, qui est à l’origine de ce mouvement de créativité partagée au Burkina, en récolte indirectement le prix. Ce n’est certainement pas par hasard qu’il défend, depuis février 2005, les couleurs du Burkina au sein du collectif international des Artistes unis pour le Rap africain (Aura). Au sein de ce réseau de musiciens engagés pour les droits des enfants, militent également Smarty du groupe Yeleen, le Béninois Mouna de Dch, l’Ivoirienne Priss K, le Gambien Egalitarian, le Malien Jo Dama du groupe Tata Pound, le Mauritanien Brahim du groupe Waraba, le Nigérien Pheno B et Safia du groupe Kaidan Gaskia et le Togolais Bobby de Djanta Kan. Comme on peut le voir, le partage de talents ne permet pas seulement de défendre des causes nobles; cette forme de produire peut ennoblir la création musicale.
  • Cocorico manqué pour Télecel Faso

    Ceux qui ont écouté le traditionnel compte-rendu du Conseil des ministres dans la soirée du mercredi 19 septembre au journal télévisé et à la radio nationale sont pratiquement tombés des nues en apprenant, le lendemain, dans les colonnes de «L’Observateur paalga» que le Conseil a retiré «l’autorisation d’installation et d’exploitation de la téléphonie mobile à la société Telecel Faso» pour «...non exécution correcte de cahier de charge».

    50ec4e916ea9c8aec333acfc1cb75119.jpgBourde gouvernementale ou intention trahie de rayer Telecel Faso de la carte des opérateurs de téléphonie mobile? Telle est la question qui brûle les lèvres, depuis cette cacophonie que le secrétariat général du gouvernement ne se foule pas la rate d’éclaircir. Seul notre confrère s’est donné la peine de rattraper ce qui était encore possible, le vendredi, en indiquant que «ce n’était pas le bon CR», tout en soulignant que «... Si responsabilité il y a à situer dans ce cafouillage, elle ne peut de ce fait être que gouvernementale».

     

    Porte-parole et SG du gouvernement aphones et atones

    Malgré cet avertissement sans frais, le sinistre F’lipe le parigot - qui est de surcroît en charge de la Communication - et Adrien Koné - SG du gouvernement et du Conseil des ministres - sont curieusement restés aphones et atones. Comme si ce quiproquo préjudiciable pour l’image de Telecel Faso n’était pas suffisamment grave pour mériter ne serait-ce qu’un communiqué officiel. A quoi rime ce silence coupable à plus d’un titre?

    Si la société Telecel Faso était cotée en bourse, il est évident qu’elle aurait essuyé un crash financier tel qu’il lui aurait été difficile de se relever. Ici au Faso, on a peut-être la chance ou la malchance - c’est selon - de ne pas être encore à ce niveau. Mais cela ne devrait pas justifier la désinvolture qui a entouré la publication du compte-rendu du Conseil des ministres du 19 septembre dernier. Si erreur il y a eu dans la version publiée par inadvertance par notre confrère «L’Observateur paalga», des coquilles, et pas des moindres, subsistent dans la soi-disant «bonne» version diffusée par les médias d’État. Dans ledit document, il est aussi écrit «éducation non fonctionnelle» au lieu de «éducation non formelle». Serait-ce une faute de frappe ou une faute frappée? N’est-ce pas trop gros de vouloir faire passer le quiproquo du «retrait de la licence de Telecel» comme la seule «erreur du texte»?

    Certes, les coulisses du gouvernement et du Conseil des ministres sont insondables, comme le Dromadaire en a fait l’expérience, en voulant décortiquer les ficelles de ce dossier. Mais, il est tout aussi curieux de relever que la Direction générale de Telecel Faso ou son Conseil d’administration n’a pas osé lever le petit doigt pour exiger ne serait-ce que des excuses officielles. Ce qui peut laisser croire qu’il y aurait anguille sous roche ou que ce qui apparaît comme un quiproquo gouvernemental n’est en fait qu’un cocorico manqué.

     

    Il n’y a pas de fumée sans feu

    La vraie fausse annonce du retrait de la licence de Telecel a vite fait de ramener à la surface l’imbroglio judiciaire dans lequel la société a été plongée ces dernières années, suite à une bagarre de leadership entre ses principaux actionnaires. De sources proches de ce dossier toujours brûlant, les protagonistes se seraient même retrouvés ces derniers jours à Ouagadougou sous la médiation du ministre des Postes et Technologies de l’Information et de la Communication, afin de concilier leurs intérêts. Aux dernières nouvelles, ils ne seraient finalement pas tombés d’accord. Ceci expliquerait-il la décision du gouvernement de «prendre ses responsabilités»? Jomachin N.T.I.Coano serait-il allé trop vite en besogne? Il y a, apparemment, autant de questions à se poser que de fumée autour de ce dossier.

     

    Les agents jouent la prudencia

    On peut croire que le CR de L’Obs. a dû donner des sueurs froides à plus d’un agent de Telecel Faso. Depuis vendredi dernier, c’est le branle-bas général. La direction générale multiplie les réunions afin de contenir l’angoisse légitime qui a pu naître ici et là. Dans de pareilles circonstances, les canards fouineurs ne sont pas toujours les bienvenus. Le Dromadaire, qui a tenté d’entrer en contact avec le DG de la boîte, n’a eu pour seule réponse: «...le directeur a pour le moment un agenda chargé, laissez votre numéro et on vous rappellera...». Quoi de plus classique et tactique!

    L’ARTEL fait de la rétention de l’information

    Avant tout retrait de licence à un opérateur, il doit y avoir un constat et un rapport technique préalable dûment établi par l’Autorité de régulation des télécommunications (Artel), qui est l’instance chargée de «veiller au respect des cahiers de charges». Logiquement, la clé du mystère qui entoure le compte-rendu du Conseil des ministres se trouve au siège de cette institution. Lorsque nous avons tenté d’en savoir un peu plus, nous nous sommes fait dire, une fois encore, que «le DG va rappeler». On n’est aucunement avancé en allant consulter l’arrêté n° 00-024 portant autorisation d’établissement et d’exploitation accordé le 25 mai 2000 à Telecel Faso. Car tout en publiant cette décision sur le www.artel.bf, l’Artel n’a pas daigné y adjoindre les exigences du cahier de charges. Et pourtant, il est bien stipulé à l’article 2 de l’arrêté que «Cette autorisation est assortie du cahier des charges joint en annexe au présent arrêté, lequel cahier des charges fait partie intégrante de celle-ci. TELECEL FASO S.A. devra en tout temps respecter les prescriptions de ce cahier des charges». Voilà qui est clair. Mais l’Artel préfère la rétention de l’information. Dans ces conditions, il faut attendre Godot pour sortir de l’auberge des erreurs et des rumeurs.
  • Accepter le Web.2 malgré les fossés qu’il crée

    «Nous devons,  comme individus, comme réseaux, disciplines, nous approprier le Web participatif. Nous devons confronter le fait qu’il peut créer de nouvelles formes d’exclusion, et que le manque d’accès à l’infrastructure demeure une barrière énorme dans les pays en voie de développement» a affirmé la  directrice exécutive de l’Association for  progressive communications (APC), Anriette Esterhuysen lors de son discours pendant l’ouverture de la conférence sur le Web 2.0 pour le développement, à la FAO à Rome en Italie.Pour elle, l’intégration des technologies dans le processus de développement des pays du Sud est présente par exemple dans le domaine de l’agriculture. Le Web 2.0 va beaucoup plus loin que le Web en supprimant les barrières traditionnelles entre les producteurs et les utilisateurs de contenus (wiki-pedia/blogs), en créant de nouvelles occasions pour des journalistes, en suscitant des talents journalistiques (édition interactive, journalisme citoyen). Le web.2 est construit sur une culture du partage d’informations.Des défis de base demeurent car selon un participant à la pré-conférence du Web 2.0fordev de Rome « Voici que les communautés rurales ont commencé à s’approprier les principes de base de l’Internet et du web, que de nouveaux outils apparaissent. C’est c’est comme courir dans une course dans laquelle il n’y a aucune ligne d’arrivée et si tu es l’un des participants tu ne peux que te sentir lasse sans pouvoir aider quiconque». Selon Anriette  Esterhuysen, son expérience de travail avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication s’est construite autours de l’usage des bases de données sur Internet et des emails autours des années 1980 et pour elle le concept de web.2 n’était pas encore connu. Aussi, APC est née vers cette période et s’est donné pour objectif d’oeuvrer pour les droits humains, le développement et la paix.
    Elle a souligné que le système des Nations Unies à travers le Sustainable Development Networking Programme  en partenariat avec APC, ont établi des réseaux d’accès Internet pour certaines universités et O.N.G de développement, mais le terme web.2 n’a pas été employé dans ce cadre. Pour Anriette Esterhuysen, le terme est apparu avec le boom des télécommunications dans les années 90, le processus de réforme de politique des telecom : privatisation, libéralisation, ouverture sur le marché des opérateurs internationaux. C’est justement à cette période que diverses termes comme the Digital Opportunities Task Force, the United Nations Information Communication Technologies  (UN ICT) Task Force, et the World Summit on Information Society (WSIS) sont nés. Selon Anriette, le  «développement est un travail sérieux. La pauvreté est vraie. Nombreuses sont les personnes qui sont en danger». Elle note également que les pays développés ont une approche égoïste de l’appropriation des TIC d’autant plus qu’ils sont centrés sur des intérêts personnels tels que l’envoi d’emails personnels, les jeux d’ordinateur, l’achat et la vente en ligne, le téléchargement de musiques et autres sons et vidéos sur le Net pendant que le  monde en voie de développement parce que même n’ayant pas les infrastructures reste sur la bande. Néanmoins, l’exagération accrue continue avec cette vague de téléphonies portables connectées à Internet, des technologies solaires plus efficaces, et ordinateurs consommant moins d’énergie.

     

     

     

    September 26th, 2007 by Ramata Soré