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27.09.2007
Cocorico manqué pour Télecel Faso
Ceux qui ont écouté le traditionnel compte-rendu du Conseil des ministres dans la soirée du mercredi 19 septembre au journal télévisé et à la radio nationale sont pratiquement tombés des nues en apprenant, le lendemain, dans les colonnes de «L’Observateur paalga» que le Conseil a retiré «l’autorisation d’installation et d’exploitation de la téléphonie mobile à la société Telecel Faso» pour «...non exécution correcte de cahier de charge».
Bourde gouvernementale ou intention trahie de rayer Telecel Faso de la carte des opérateurs de téléphonie mobile? Telle est la question qui brûle les lèvres, depuis cette cacophonie que le secrétariat général du gouvernement ne se foule pas la rate d’éclaircir. Seul notre confrère s’est donné la peine de rattraper ce qui était encore possible, le vendredi, en indiquant que «ce n’était pas le bon CR», tout en soulignant que «... Si responsabilité il y a à situer dans ce cafouillage, elle ne peut de ce fait être que gouvernementale».
Porte-parole et SG du gouvernement aphones et atones
Malgré cet avertissement sans frais, le sinistre F’lipe le parigot - qui est de surcroît en charge de la Communication - et Adrien Koné - SG du gouvernement et du Conseil des ministres - sont curieusement restés aphones et atones. Comme si ce quiproquo préjudiciable pour l’image de Telecel Faso n’était pas suffisamment grave pour mériter ne serait-ce qu’un communiqué officiel. A quoi rime ce silence coupable à plus d’un titre?
Si la société Telecel Faso était cotée en bourse, il est évident qu’elle aurait essuyé un crash financier tel qu’il lui aurait été difficile de se relever. Ici au Faso, on a peut-être la chance ou la malchance - c’est selon - de ne pas être encore à ce niveau. Mais cela ne devrait pas justifier la désinvolture qui a entouré la publication du compte-rendu du Conseil des ministres du 19 septembre dernier. Si erreur il y a eu dans la version publiée par inadvertance par notre confrère «L’Observateur paalga», des coquilles, et pas des moindres, subsistent dans la soi-disant «bonne» version diffusée par les médias d’État. Dans ledit document, il est aussi écrit «éducation non fonctionnelle» au lieu de «éducation non formelle». Serait-ce une faute de frappe ou une faute frappée? N’est-ce pas trop gros de vouloir faire passer le quiproquo du «retrait de la licence de Telecel» comme la seule «erreur du texte»?
Certes, les coulisses du gouvernement et du Conseil des ministres sont insondables, comme le Dromadaire en a fait l’expérience, en voulant décortiquer les ficelles de ce dossier. Mais, il est tout aussi curieux de relever que la Direction générale de Telecel Faso ou son Conseil d’administration n’a pas osé lever le petit doigt pour exiger ne serait-ce que des excuses officielles. Ce qui peut laisser croire qu’il y aurait anguille sous roche ou que ce qui apparaît comme un quiproquo gouvernemental n’est en fait qu’un cocorico manqué.
Il n’y a pas de fumée sans feu
La vraie fausse annonce du retrait de la licence de Telecel a vite fait de ramener à la surface l’imbroglio judiciaire dans lequel la société a été plongée ces dernières années, suite à une bagarre de leadership entre ses principaux actionnaires. De sources proches de ce dossier toujours brûlant, les protagonistes se seraient même retrouvés ces derniers jours à Ouagadougou sous la médiation du ministre des Postes et Technologies de l’Information et de la Communication, afin de concilier leurs intérêts. Aux dernières nouvelles, ils ne seraient finalement pas tombés d’accord. Ceci expliquerait-il la décision du gouvernement de «prendre ses responsabilités»? Jomachin N.T.I.Coano serait-il allé trop vite en besogne? Il y a, apparemment, autant de questions à se poser que de fumée autour de ce dossier.
Les agents jouent la prudencia
On peut croire que le CR de L’Obs. a dû donner des sueurs froides à plus d’un agent de Telecel Faso. Depuis vendredi dernier, c’est le branle-bas général. La direction générale multiplie les réunions afin de contenir l’angoisse légitime qui a pu naître ici et là. Dans de pareilles circonstances, les canards fouineurs ne sont pas toujours les bienvenus. Le Dromadaire, qui a tenté d’entrer en contact avec le DG de la boîte, n’a eu pour seule réponse: «...le directeur a pour le moment un agenda chargé, laissez votre numéro et on vous rappellera...». Quoi de plus classique et tactique!
L’ARTEL fait de la rétention de l’information
Avant tout retrait de licence à un opérateur, il doit y avoir un constat et un rapport technique préalable dûment établi par l’Autorité de régulation des télécommunications (Artel), qui est l’instance chargée de «veiller au respect des cahiers de charges». Logiquement, la clé du mystère qui entoure le compte-rendu du Conseil des ministres se trouve au siège de cette institution. Lorsque nous avons tenté d’en savoir un peu plus, nous nous sommes fait dire, une fois encore, que «le DG va rappeler». On n’est aucunement avancé en allant consulter l’arrêté n° 00-024 portant autorisation d’établissement et d’exploitation accordé le 25 mai 2000 à Telecel Faso. Car tout en publiant cette décision sur le www.artel.bf, l’Artel n’a pas daigné y adjoindre les exigences du cahier de charges. Et pourtant, il est bien stipulé à l’article 2 de l’arrêté que «Cette autorisation est assortie du cahier des charges joint en annexe au présent arrêté, lequel cahier des charges fait partie intégrante de celle-ci. TELECEL FASO S.A. devra en tout temps respecter les prescriptions de ce cahier des charges». Voilà qui est clair. Mais l’Artel préfère la rétention de l’information. Dans ces conditions, il faut attendre Godot pour sortir de l’auberge des erreurs et des rumeurs.10:03 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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