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14.09.2007
Blaise Compaoré est aussi un malcauseur
Noyée dans les inondations qui barrent la Une des canards, l’actualité nationale s’est enfin trouvé un chou gras dans le show du Blaiso nouveau. En live et pendant plus d’une heure, l’enfant terrible de Ziniaré s’est prêté à une partie de causette à partir de son nouveau palais de Kosyam. Comme on devait s’y attendre, la TéNéBreuse a mis les petites calebasses dans les grandes pour faire de cette sortie médiatique un «grand événement». Comme le président ne paie pas de facture - du moins pas rubis sur ongle -, tout a été mis en œuvre pour sonner le rassemblement autour du petit écran. Pour la circonstance, le journal télévisé a été anticipé de 30 mn. C’est dire qu’en plus du foot la téloche nationale peut bousculer son programme pour l’interview du président.
Mais en fait d’interview, on a plutôt assisté à une sorte de conversation à quatre sur des sujets qui alimentent les débats de bars, maquis et autres gargotes dont les Burkinabè raffolent tant. Pour une fois, on peut le dire, l’enfant terrible est descendu au même niveau que la majorité du peuple. Mieux, il a ravi la vedette de la malcause et fait mentir ceux qui le prenaient pour un président «timide» et «réservé».
S’il a paru quelque peu stressé dans les premières minutes de l’entretien, Blaise Compaoré a progressivement ravi la vedette au trio de journalistes qui ne savaient visiblement plus sur quelle question le coincer. On a vu, par moments, nos confrères Alpha Barry de Rfi et Rémy Dandjinou de Canal 3 perdre leur latin en se confondant dans des questions très longues et quelque peu confuses. Heureusement qu’en métronome avisé et serein, Pascal Thiombiano, le red’chef de la TéNéBreuse, a su remettre la balle à terre. Mais sur toute la ligne, le capitaine retraité Blaise Compaoré est resté sur une défensive qui a gâché le jeu.
En esquivant des questions incommodantes comme celles relatives à sa succession, à la «guéguerre» entre son frère cadet et Calife, pardon Salif, ou encore sur le nombre pléthorique de ministres, le Blaiso l’a fait de bonne guerre. Mais le hic, c’est qu’il donnait l’impression de ne répondre qu’à ses interlocuteurs, en oubliant les attentes des millions de Burkinabè massés devant leurs petits écrans. Ceux qui voulaient manger leur piment dans la bouche de Blaise ont donc joué bidet.
Avec des piques à bout portant sur nos pauvres confrères du genre «...Vous les journalistes, vous avez l’impression d’avoir beaucoup d’informations. Parfois, on se demande si vous n’en créez pas... Vous les faites mousser pour montrer que le pays bascule», c’est Blaise Compaoré, offensif et malcauseur, qui se dévoile. D’ailleurs, tout au long de l’entretien, il a suffisamment donné la preuve qu’il maîtrise aussi bien l’art de la dérision, du dilatoire et de la dérobade. Des mots et des maux qui caractérisent toutes les faunes politiques du monde. Si le Blaiso traîne les mêmes avatars, il y a de quoi rêver d’un débat télévisé entre le président et le chef de file de l’opposition.
Mais en attendant, il faut tirer le chapeau à la TéNéBreuse qui, malgré les cafouillages enregistrés à la fin de l’émission, a frappé un bon coup médiatique qui mérite d’être perpétué. Espérons que Pascal Thiombiano saura ratisser large pour le bonheur des téléspectateurs d’ici et de tous ceux qui regardent le Burkina d’ailleurs -quand il y a des images- grâce à la magie du satellite.14:48 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Je tiens à féliciter tous les trois journalistes et Pascal en particulier. Du courage à lui,tout le monde à confiance en lui à cause de sa personalité,il ne perd jamais le réseau quelque soit la personalité qu'il croise. C'est comme dit un proverbe mossi:"l'homme ne vaut pas 10 ,c'est 09" cela veut dire que tout homme à des failles oui,mais que Pascal grouille maintenir sa place.Que Dieu guide tes pas et que les autres journalistes oeuvrent dans le même sens que lui.
Ecrit par : pm | 18.09.2007

