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31.08.2007

Les cyberescrocs ont pignon sur Ouaga

 

8040394e33b7745ce2b775d35fb4ad98.jpgPresque tous ceux qui ont l’habitude de surfer - ou naviguer sur Internet - ont déjà rencontré, au moins une fois, les cyberescrocs sur leur chemin. Du moins, chacun a reçu ces lettres, généralement très enrobées, de ces individus lugubres qui, pour faire des transactions bancaires non moins floues, sollicitent votre aide pour ceci ou pour cela. Dans la plupart des cas, ils vous proposent une grosse somme d’argent à engranger à l’issue d’une démarche qui tente plus d’un. Hier encore, ces «missives» très tentantes tombaient dans nos boîtes électroniques sans qu’on ne puisse savoir exactement dans quel coin de la planète se trouvaient leurs émetteurs. Pour affiner leurs appâts, ces quidams, qui se cachent sous les patronymes de dignitaires africains disparus, ne livrent généralement pas l’endroit d’où ils écrivent. Ils indiquent vaguement leur lieu de résidence.

Sur l’avenue Bassawarga

Mais aujourd’hui, la cyberescroquerie a pignon sur rue à Ouagadougou. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour dans certains cybercafés de la capitale. Sur l’avenue Bassawarga, pour ne citer que celle-là, ces jeunes «chasseurs d’argent sur Internet» passent toute la nuit à piéger leurs pigeons potentiels. Avec la complicité - consciente ou inconsciente - des propriétaires de ces cybercafés, ils recopient les adresses électroniques - E-mail - des clients qui commettent l’imprudence de ne pas détruire l’historique des ordinateurs sur lesquels ils vont ouvrir leurs boîtes. Ainsi, ces jeunes hommes, reconnaissables par leur accent anglophone et particulièrement nigérian, enregistrent subtilement les contacts de surfeurs imprudents et ignorants du fonctionnement du mailing pour les harceler avec leurs lettres.

Ils ne se cachent d’ailleurs plus, puisqu’ils bondissent systématiquement sur les ordinateurs qui viennent d’être utilisés. En plus, lorsque le gérant du cyber ignore le fonctionnement de son propre système, ils en profitent pour subtiliser les adresses de tous les usagers. Mieux, depuis quelques années maintenant, ils imitent les signatures et les noms des travailleurs de quelques institutions financières de la place pour tendre leurs pièges. Les banques les plus usitées en la matière sont Ecobank et Bank of Africa Burkina. Les responsables de ces établissements ayant décidé d’observer un silence qui les laisse agir en toute quiétude, les cyberescrocs ne ménagent aucun manège pour poursuivre leur basse besogne. Apparemment, rien ne les inquiète. Sur l’avenue Bassawarga ou sur l’avenue Kwame-NKrumah où ils ont jeté leur dévolu sur les cybers, ils semblent en terrains conquis. C’est tant pis pour les ‘’cyberaccrocs’’ qui ne savent pas se protéger de leurs assauts.

Impunité totale

Le contexte et l’ambiance générale d’impunité dans lesquels ils agissent aidant, les cyberescrocs ont imité grossièrement, la dernière fois, un pseudo cachet du ministre de la Justice pour valider une loterie qui serait organisée par la «Banque Atlantique du Burkina Faso». Malgré le fait que cette situation ait été dénoncée pour la énième fois par notre confrère Lefaso.net ainsi que par nous-même, aucune mesure officielle n’est prise pour dissuader ces marchands de gain facile qui opèrent parfois au nez et à la barbe des forces de sécurité. Notre police serait-elle aussi technologiquement carrente pour mettre ces cyberescrocs hors d’état de nuire? Les cyberescrocs dont nous parlons existent bel et bien à Ouaga. Un de ceux dont il est question a même laissé une adresse qui peut constituer une piste de recherche pour la police:

Me Tapsoba Nabil Adresse : 09 BP 4789 Ouagadougou CMS 09E-mail :cabinet_nabil@netcourrier.com » République du Burkina -Faso Tel : +226 78 01 82 35 Fax : +226 50 42 00 39.

À nos flics de prouver que les cyberescrocs n’ont pas pignon sur rue à Ouagadougou.