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30.07.2007
Pour qui se prend Sarko?
Ce Sarko n’est pas seulement un danger pour la France. Il se fout sincèrement du respect qu’un chef d’Etat qui se respect doit à ses pays amis encore plus à un continent. Mais, imbu de lui-même et arrogant il vient de prouver, une fois encore, son insolence vis-à-vis de l’Afrique et des Africains. Pour quoi se prend-t-il pour croire que «Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire» ? De quelle histoire parle-t-il ? A quelle Afrique et à quel paysan se réfère-t-il lorsqu’il thèse péremptoirement que «l’idéal de vie –du paysans africaine- est d’être en harmonie avec la nature, -qu’il-ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles» ?
Lorsque par la force des choses et le hasard des circonstances, lui, fils d’immigré hongrois, se fait couronné roi chez les Gaulois, cela lui monte nécessairement à la tête. Mais tout de même. Il ne faut pas prendre les africains pour des nez percés. C’est trop osé cette thèse anachronique qui n’avait d’autre destination que de gonfler la prétendue «supériorité du blanc». C’est même une injure pour les intellectuels africains que d’aller tenir un tel discours dans un amphithéâtre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. J’espère que de braves hommes d’histoire et de culture sauront répondre à cette effronterie qui achève de me convaincre que pour Sarkosy, l’Africain se réduit à ces roitelets mendiants et dictateurs qui viennent s’humilier à l’Elysée pour conserver leur pouvoir. Ou encore comme Bongo-Ondimba, ce dictateur impénitent, prêt à piller les richesses du Gabon pour remplir les caisses de l’UMP de Sarkosy ? "L'Afrique n'est pas dans l'histoire" mais l'Afrique peut piller ses richesses avec la complicité de roitelets qu'elle maintient au pouvoir contre l'intérêt supérieur de leurs peuples?
Si le président sénégalais mal élu, assoiffé de pouvoir Abdoulaye Wade, n’a-t-il pas tout fait pour s’accrocher à son fauteuil ? Ce n’est pas étonnant qu’il se confonde en salamalecks devant ce Sarko ?
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Citation
"Le droit d'écrire ne dérive pas pour les hommes du fait qu'ils posèdent la vérité, mais plutôt du fait qu'ils cherchent la vérité".
Elio Vittorini
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27.07.2007
Pour qui se prend ce Sarko?
Ce Sarko n’est pas seulement pour la France. Il se fout sincèrement du respect qu’un chef d’Etat qui se respect doit à ses pays amis encore plus à un continent. Mais, imbu de lui-même et arrogant il vient de prouver, une fois encore, son insolence vis-à-vis de l’Afrique et des Africains. Pour quoi se prend-t-il pour croire que «Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire» ? De quelle histoire parle-t-il ? A quelle Afrique et à quel paysan se réfère-t-il lorsqu’il thèse péremptoirement que «l’idéal de vie –du paysans africaine- est d’être en harmonie avec la nature, -qu’il-ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles» ?
Lorsque par la force des choses et le hasard des circonstances, lui, fils d’immigré hongrois, se fait couronné roi chez les Gaulois, cela lui monte nécessairement à la tête. Mais tout de même. Il ne faut pas prendre les africains pour des nez percés. C’est trop osé cette thèse anachronique qui n’avait d’autre destination que de gonfler la prétendue «supériorité du blanc». C’est même une injure pour les intellectuels africains que d’aller tenir un tel discours dans un amphithéâtre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. J’espère que de braves hommes d’histoire et de culture sauront répondre à cette effronterie qui achève de me convaincre que pour Sarkosy, l’Africain se réduit à ces roitelets mendiants et dictateurs qui viennent s’humilier à l’Elysée pour conserver leur pouvoir. Ou encore comme Bongo-Ondimba, ce dictateur impénitent, prêt à piller les richesses du Gabon pour remplir les caisses de l’UMP de Sarkosy ?
Si le président sénégalais mal élu, assoiffé de pouvoir Abdoulaye Wade, n’a-t-il pas tout fait pour s’accrocher à son fauteuil ? Ce n’est pas étonnant qu’il se confonde en salamalecks devant ce Sarko ? Quelle honte ?
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26.07.2007
La Garangose en prose
Une prose à 3 étoiles. Ainsi, peut-on qualifier le 2e ouvrage du Général Tiémoko Marc Garango, qui vient de paraître sous les auspices d'Edipap International, avec comme titre «Devoir de mémoire». Après son «Livre blanc: Le redressement financier de la République de Haute-Volta» publié en 1971, le Général donne à lire et à voir tout ce qui semblait se cacher derrière le néologisme de Garangose. Comment s'est forgée la rigueur qui caractérise cet intendant militaire qui a accompli un atterrissage presque réussi dans la gestion des affaires publiques? Quel est son secret? Ce sont là les questions auxquelles l'octogénaire répond en re-feuilletant les pages de sa riche vie professionnelle. Du métier des armes à la charge de président de la Commission permanente de concertation Etat/secteur privé par laquelle il a raccroché sans déposer les armes, Tiémoko Marc Garango se conte à la postérité avec textes et photos, comme dans un film documentaire. Une histoire qui donne aux générations actuelles et futures des leçons de patriotisme et d'amour du travail bien fait. Des vertus qui méritaient un «Devoir de mémoire» dans un Faso où la morale et le civisme sont dans un coma profond.
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Foire aux trophées sans gloire
Il ne se passe pratiquement plus de mois, voire de semaine, sans qu'il ne soit organisé une cérémonie de récompenses. Dans presque tous les secteurs, des initiateurs de trophées poussent comme des champignons et chacun y va de son ingéniosité pour aguicher des sponsors ou autres môgôs puissants en manque d'exhibition. Au lieu d'une saine émulation entre des acteurs d'un même domaine d'activités, on assiste plutôt à une pluie de médailles qui ne témoignent d'aucune victoire sinon que de chatouiller l'orgueil d'un parrain ou d'une marraine qu'un show-business a voulu mettre en vedette par des voies détournées. A force de persister dans ce jeu de dupes, c'est la culture de l'excellence qui est en passe de foutre le camp. Tenez, aux derniers Jeux africains qui se sont achevés le week-end dernier à Alger, tous les athlètes burkinabè réunis n'auront récolté qu'une maigre moisson de trois ternes médailles, dont deux en argent et l'autre en bronze. Même pas un or, comme dira l'autre. Et pourtant, les trophées sont distribués ici, à tour de bras, sans que cela ne témoigne d'une victoire arrachée de haute lutte à l'issue d'une épreuve. C'est, du reste, ainsi que le Petit Robert définit le trophée. Mais, ici au Faso, on semble préférer vaincre sans péril et triompher sans gloire. Ce ne sont pas se
ulement les élèves, les étudiants, les équipes de foot de quartiers ou encore les musiciens qui affectionnent cette foire aux trophées. Des chefs d'entreprise, et pas des moindres, et même des gourous tombent dans le panneau des marchands de médailles et autres. Certains poussent le bouchon jusqu'à aller payer des soi-disant ''distinctions'' qui ne sont en réalité que des prix arrangés et offerts au plus offrant. Malgré cela, des ''lauréats'', désignés d'avance, n'hésitent pas à casser leur tirelire pour aller au-delà des mers chercher des oscars qui n'en valent vraiment pas la peine. Lorsqu'on a choisi le symbole de l'Etalon pour qualifier ses équipes nationales, la logique voudrait que l'on soit exigeant en matière de mesure de ses véritables performances. Mais hélas! La culture du gain rapide et facile, de l'illusion, de l'exhibition et des chimères prend le pas sur l'essentiel, et c'est le sens même de l'excellence qui est mis à rude épreuve dans ces foires aux trophées qui sont servis sur un plateau doré à longueur d'heure sur la télévision nationale.
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18.07.2007
Miss et France-à-fric
La culture, dit-on, c’est ce qui nous reste, lorsqu’on a tout perdu. Mais au Faso, la culture - ou tout ce qu’on présente comme ça - sert aussi à reconquérir ce qu’on a perdu. Ainsi, à la faveur de l’édition 2007 de Miss Burkina, Aïcha Koné, la flamboyante diva de la musique ivoirienne, a retrouvé Ouagadougou. Éclaboussée collatéralement par l’affaire David Ouédraogo - dans laquelle elle serait la femme à qui était destinée l’argent volé qui a valu une torture à mort de David -, Aïcha a prudemment évité la capitale burkinabè. Il a fallu qu’elle soit «motivée» par Moustapha Laabli Thombiano, le manager de l’événement - à en croire ses confidences à notre confrère Sidwaya du vendredi 13 juillet -, pour refouler enfin le sol burkinabè.
«Je me demandais bien comment allait être mon arrivée à Ouagadougou. Je me suis confiée au Seigneur et je suis venue parce que je n’ai rien à me reprocher...», avait-elle ajouté. Dieu merci. Aïcha Koné et ses danseuses ont mis les minijupes sous les grandes pour offrir à leurs fans une prestation à la mesure de la longue attente. Au bord de la piscine de l’hôtel Sofitel Ouaga 2000 et via l’écran de la TéNéBreuse qui a diffusé la cérémonie en live, de nombreux spectateurs se sont régalés de la voix endiableuse de la diva ivoirienne. Pour reconstituer un autre pan du pont cul-turel entre Ouagadougou et Abidjan, l’organisation de Miss Burkina semble avoir été un appât décisif.
L’ambassade de France au Burkina n’a pas moins saisi cette occasion pour exhiber son goût pour les paillettes. Débarquées de l’Hexagone pour la circonstance, Kristel Norden, Miss Paris 2006, et Sophie Ducasse, 1ère Dauphine de Miss France 2006, ont été reçues comme des princesses par la ministre burkinabè de la Promotion de la Femme. Comme si cela ne suffisait pas, elles ont eu droit à une conférence de presse. C’est d’ailleurs à Miss Sophie qu’est revenue la présidence du jury de Miss Burkina 2007. Une coopération cul-turelle qui n’est pas pour déplaire à l’ambassadeur Goldblatt dont l’épouse s’est personnellement investie dans l’orchestration de l’événement. Moustapha Laabli Thombiano doit en être particulièrement ravi, même si les prétendantes à la couronne avaient visiblement du mal à s’exprimer dans la langue de Molière.
Espérons que Safiatou Diakité, l’élue Miss Burkina 2007, dont le sac a été chargé de produits cosmétiques, sera reçue comme une «reine de la beauté burkinabè» à Paris où elle doit se rendre grâce à un billet-cadeau de Air Burkina et à Rio de Janeiro où elle doit séjourner pendant 10 jours.
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Des nouvelles aigres et douces

Dans «Encens et Myrrhe», son nouveau recueil de nouvelles qu’il vient de publier via les Presses universitaires de Ouagadougou, Baba Hama fait revivre l’odeur de scènes qui ont, un jour, attiré son attention, entre 1980 et 1999. Non pas en historien, mais en chroniqueur des faits et gestes des hommes et de femmes avec tout ce que cela comporte comme odeurs agréables et désagréables. Un bon livre de chevet qui fait autant revivre une «journée folle», «le parcours du combattant», «le jour de consultation», «l’amour de jeunesse»,... que l’enterrement de Jologo, un fonctionnaire qui a raté sa vie, mais qui n’en a pas moins eu droit à «une belle oraison funèbre à forte odeur d’encens et de myrrhe».
16:53 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.07.2007
Sankara en super vedette au Ciné droit libre
Déclaré irrecevable au Fespaco 2007 pour des raisons vaporeuses, le film «Sankara, l’homme intègre» du réalisateur belge Robin Shuffield a crevé le grand écran à l’occasion de la 3e édition de Ciné droit libre. Si les organisateurs avaient institué un prix du public, il l’aurait remporté haut la main. En tout cas, pour ce festival qui se voulait non seulement libre d’accès mais qui voulait aller «droit au but sur les questions liées aux droits humains et à la liberté d’expression», le documentaire sur Thom Sank était une arme fatale. Surtout, ici, au Faso, où il fait l’objet d’une censure casuelle. En plus d’avoir été un grand point d’attraction, le célèbre documentaire sur Sankara a été au cœur du débat le plus pimenté du festival.
Invité comme panéliste lors du débat qui a suivi la projection du film au Centre culturel français, l’honorable Pr Basile Guissou, un des compagnons du Capitaine Thomas Sankara, est sorti de ses gonds pour dire tout le mal qu’il pense de ceux qui le prennent pour «un traître». Plus de peur que de mal, les échanges se sont terminés dans la bonne humeur, même si la moitié de la salle est allée voir ailleurs.
Pour un festival qui a choisi de libérer le cinéma de tous les carcans institutionnels et légaux, Ciné droit libre a réussi un grand coup cette année en donnant à voir des films aussi intéressants que dissidents. Entre «Les maux de la faim», «Marchands de miracles», «Sales affaires du pétrole», «Mascarades: élections au Togo», il y avait de quoi donner du tournis à ceux qui sont habitués au cinéma à l’eau de rose.
Quand on sait que Thom Sank s’est toujours illustré comme l’un des chefs d’État africains qui pouvaient dire tout ce qu’il pense ou presque, il ne pouvait qu’être le héros immortel d’un festival qui ne s’embarrasse pas de salamalecs. En attendant, que le film «Sankara, l’homme intègre» passe sur les écrans officiels du Faso - symboliquement le 15 octobre prochain, à l’occasion du 20e anniversaire de sa tragique disparition - ou non, les organisateurs de Ciné droit libre ont eu le mérite de faire d’une pierre plusieurs coups: rendre hommage à la mémoire du Capitaine en même temps qu’à celle du professeur Joseph Ki-Zerbo et au cinéaste Sembène Ousmane.
08:07 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le Canal de Zogona en danger!
Quelque trois années seulement après la réception du canal de Zogona, l’ouvrage présente déjà des déficiences qui font douter de sa qualité par endroits. Sur une bonne partie du canal, les herbes ont submergé les dalles qui étaient supposées faciliter l’écoulement des eaux pluviales. Pire, au niveau de l’Institut supérieur d’informatique de gestion (Isig), précisément à côté de la passerelle qui relie les 1200-Logements au marché Boins-yaaré, de gros blocs se sont affaissés et les eaux s’infiltrent de partout. Visiblement, il y a eu de la négligence. En tout cas, les grosses fissures du canal de Zogona ne semblent émouvoir personne. Le drame, c’est que cela fait au moins deux hivernages que les trous sont béants, visibles à l’œil nu puisque situés aux abords de l’avenue des Arts. C’est la politique habituelle de l’autruche. Sinon, comment comprendre que cet ouvrage, qui a coûté des milliards comme on aime bien à le dire, s’écroule et qu’aucune autorité ne s’en préoccupe? Que font les services techniques de la mairie de Ouagadougou, supposée être la principale bénéficiaire du canal? Et le ministère des Infrastructures dans tout cela? L’ouvrage fait-il l’objet de suivi après sa réception? Ce sont là autant de questions qui méritent d’être posées. Mais apparemment, il n’y a personne au bout du fil.
Et pourtant, il y a de quoi s’inquiéter avant qu’il ne soit trop tard. Apparemment, la mairie de Ouagadougou et le ministère en charge des Infrastructures ne savent pas tirer les leçons du passé. Faut-il attendre que le drame survienne pour verser des larmes de crocodile, comme le 27 mai 2003, après l’incendie du marché Rood-woko?
La saison des pluies est là, avec parfois ses cortèges de malheurs dus à l’évacuation non maîtrisée des eaux. C’est pour résoudre définitivement cette équation que des milliards ont été investis dans la réalisation du canal de Zogona et d’autres. Curieusement, on semble se soucier très peu de ce qu’ils deviennent. Touchons du bois que chacun saura prendre ses responsabilités si d’aventure une inondation venait à passer par là.
Commission corrompue, canal bâclé ?
Selon des sources proches du dossier de réception du canal de Zogona, l’entreprise en charge des travaux n’aurait pas été très clean dans le respect du cahier de charges. Malgré tout, elle a réussi à faire réceptionner, par une commission complaisante, cet ouvrage, apparemment, délibérément bâclé. D’aucuns susurrent qu’il y aurait eu parfum de corruption. Certains auraient même été reçus à déjeuner avec l’entrepreneur dans un restaurant de la place où, en plus de manger gras et boire frais, des v’loppes bien garnies auraient été ajoutées au menu. Tout cela pour couvrir des dalles réalisées avec beaucoup de sable et moins de ciment.
La mairie sourde et aveugle
Ce qui choque les populations riveraines du canal de Zogona, c’est qu’elles ont l’impression que ces travaux qui ont coûté des milliards ne font l’objet d’aucun suivi de la part des services techniques de la mairie de Ouagadougou. En mars dernier, il a même fallu qu’un «habitant du quartier Pag-la-yiri interpelle le maire Simon Compaoré» dans les journaux pour attirer son attention sur l’installation anarchique des commerçants de Boins-yaaré au bord du canal. Si le 1er magistrat de la ville ne sait pas ce qui se passe autour, il sera bien difficile qu’il sache qu’à l’intérieur, les dalles se désagrègent. En plus de la mairie, le chef du 3e Projet de développement urbain, qui a conçu les travaux d’aménagement de l’ouvrage, ne semble pas se préoccuper de leur qualité.
Qui est responsable de ce bordel ?
Autour du canal de Zogona règne une sorte de cacophonie institutionnelle qui ne permet pas de savoir à qui incombe exactement le suivi de l’ouvrage. Placé originellement sous la tutelle de l’ex-ministère des Infrastructures, de l’Urbanisme et de l’Habitat, on ne sait dans quels tiroirs gisent les dossiers. Ce ministère ayant subi tellement de réaménagements et vu passer plusieurs ministres, il sera bien difficile de savoir celui qui a cautionné la gaffe du canal. Le suivi de l’ouvrage a été visiblement le dernier des soucis du maître d’œuvre et du maître d’ouvrage.
Des dégâts réguliers sur le parc Bangr-weoogo
La preuve que le suivi a été le ventre mou de la réalisation des travaux du canal de Zogona est que les eaux que charrie l’ouvrage sont systématiquement déversées dans le parc urbain Bangr-weeogo, causant des désagréments dans l’environnement de la réserve. Le hic, c’est que les concepteurs du canal n’ont pas prévu des dégâts collatéraux. Si rien ne se fait pour arrêter le massacre, c’est le parc qui risque de subir de graves dégradations au fil des années. Si en plus son lit se fissure, il faut craindre qu’on revienne à la case départ: l’inondation des quartiers riverains et de la forêt classée. Cela fait donc longtemps que dure le danger.
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09.07.2007
Silence, le Burkina veut redistribuer ses cartes "diplomatiques"!
Après le jeu d’échecs qui a abouti à la formation d’un nouvel-ancien gouvernement par le nouveau Premier ministre Testicus Zongo, le Blaiso devra se livrer à une autre partie de recasement de ses barons. Ils sont une bonne dizaine à être débarqués de l’ex-équipe gouvernementale et plusieurs d’entre eux lorgnent les différents postes juteux qui se sont dégagés ici et là. Avec l’élection des présidents des différentes commissions de l’Assemblée nationale, certains ont eu leur lot de consolation.
Mais il reste encore à satisfaire de gros poissons. Parmi les plus en vue, le Che Paramanga Ernest Yonli, désormais ex-Premier ministre, et Youssouf 1er, ex-chef de la diplomatie. Le premier ayant rendu sa démission du Parlement, tout laisse maintenant croire que sa nomination pour une autre fonction n’est plus qu’une question de temps. Selon une tradition non écrite qui voudrait que l’ancien chef du gouvernement soit posté à une des ambassades les plus stratégiques du pays, Yonli devrait faire activement ses valises. Mais pour quelle direction? That is the question.
Bruxelles, qui était considérée comme le point de chute d’ex-PMs, est occupé par son prédécesseur Kadré Désiré Ouédraogo. Apparemment, il semble s’y plaire. Il reste Washington et Paris, les deux plus grosses places diplomatiques libérées respectivement par l’actuel locataire de la primature et le ministre de la Communication, de la Culture et du Tourisme, porte-parole du gouvernement. Entre les capitales américaine et française, Yonli a probablement le choix, mais le Blaiso doit également avoir l’embarras entre lui et son ancien ministre des Affaires étrangères ou d’autres barons. Il risque donc d’y avoir des bousculades aux portillons des ambassades les plus convoitées par les môgôs puissants ou ceux qui se prennent comme tels.
En revanche, les anciens ministres qui se sentent l’âme de diplomates s’échauffent en secret pour d’autres ambassades non moins importantes. Copenhague et Dakar ont été aussi libérées à la faveur de la formation du nouveau gouvernement, et ce ne sont pas les prétendants qui manquent. En plus, il va falloir pourvoir aux postes d’ambassadeurs du Burkina à Pretoria, en Afrique du Sud - la dernière des représentations diplomatiques créées -, au Japon et en Inde. On ne comprend d’ailleurs pas pourquoi ces deux dernières représentations sont toujours sans ambassadeurs depuis belle lurette maintenant.
Le gâteau semble encore large. Du moins, du côté de la diplomatie. Quand on sait que les diplomates de carrière commencent à voir d’un mauvais œil le fait que le Blaiso se serve des ambassades comme lots de consolation, le nouveau partage ne se fera pas sans grincements de dents. De quoi en rajouter gros sur le cœur des aigris - au propre comme au figuré!
Djibi provoquera-t-il la grande valse des ambassadeurs ?
Que peut l’ange Djibrill (Bassolé), le tout nouveau sinistre des Affaires étrangères, dans la redistribution des cartes diplomatiques qui se profile à l’horizon? En tant que proche parmi les plus proches du président, il a théoriquement de nouvelles cartes en main pour faire bouger les choses. L’enfant terrible de Ziniaré reste le grand maître du jeu. C’est un secret de Polichinelle d’affirmer qu’il est le véritable chef de la diplomatie burkinabè. Mais au regard des nouvelles donnes géostratégiques en Afrique et dans le reste du monde, il y a certainement lieu de procéder à des changements intelligents des hommes et des stratégies. Il est incongru de continuer à faire des ambassades des «garages» pour des politiciens déchus, encore moins des lots de consolation pour des barons qu’on n’a pas pu caser ailleurs. Certains ont tellement poussé des racines à leurs postes qu’on a l’impression qu’ils y sont nommés à vie. Il en est ainsi des plénipotentiaires devenus carriéristes tels Salif Nébié à La Havane, Michel Kafando à New York, Béatrice Damiba à Vienne, Bruno Zidwemba à Addis-Abeba, pour ne citer que ceux-là. Vivement la grande valse et une clé de lecture plus transparente des mandats de nos ambassadeurs.
Les ex-présidents du Parlement sont les moins lotis
Dans le jeu de redistribution des cartes jusque-là pratiqué par le Blaiso, force est de reconnaître que si les ex-Premiers ministres sont tout de suite postés vers des ambassades prestigieuses, les présidents de l’Assemblée nationale, eux, n’ont d’autre choix que de rentrer simplement dans les rangs. Ainsi, après leurs différents règnes au perchoir, Bobognessan Arsène Yé et le danseur émérite de Kankalaba, Mélégué Traoré, sont redevenus de simples députés. Or, en dehors de Roczilla, Youssouf 1er, Kadré Désiré ont été faits plénipotentiaires à Bruxelles. Et le dernier des ex-PM, le Che Yonli, qui vient de démissionner de l’Assemblée nationale, s’apprête certainement à aller continuer à bouffer le naam ailleurs que sous le soleil brûlant du Faso. Si ce n’est pas du «un poids deux mesures», ça ressemble fort à un mauvais lotissement d’un pouvoir par rapport à l’autre.
Qui ira où et pourquoi ?
Sans représenter un enjeu politique majeur, le probable prochain «remaniement diplomatique» ne sera pas moins un casse-tête pour le pouvoir. Ce ne sont pas les prétendants qui manquent. Certains apparaissent comme de droit, et d’autres, tapis dans l’ombre, espèrent que «cette fois-ci sera la bonne» pour eux. Dans le premier lot, il y a les diplomates de carrière qui rongent leurs freins depuis longtemps et ceux qui ont été débarqués du gouvernement ou de l’Assemblée nationale. La loi de la permutation parfaite aurait voulu que Monique Ilboudo aille à Dakar à la place de Salimata Sawadogo/Tapsoba, qui a pris la sienne au ministère de la Promotion des Droits humains; que Yonli embarque pour Washington en remplacement de Testicus. Mais la diplomatie n’est pas de la géométrie.
Youssouf 1er va-t-il banqueter à l’hémicycle ?
Après son débarquement - provoqué selon certaines mauvaises langues -, Youssouf Ouédraogo, désormais ex-ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, va-t-il se contenter de siéger à l’Assemblée nationale? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas démissionné - à l’instar de Yonli. Ce qui peut laisser croire qu’après toutes ses années de hautes fonctions où il a plané sur certaines réalités du Burkina, il va réapprendre heurs et galères du pays réel, en tant que ‘’simple’’ honorable député. À moins que son séjour à l’hémicycle ne soit qu’une manière de banqueter en attendant un remplacement imminent.
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