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26.07.2007

Foire aux trophées sans gloire

Il ne se passe pratiquement plus de mois, voire de semaine, sans qu'il ne soit organisé une cérémonie de récompenses. Dans presque tous les secteurs, des initiateurs de trophées poussent comme des champignons et chacun y va de son ingéniosité pour aguicher des sponsors ou autres môgôs puissants en manque d'exhibition. Au lieu d'une saine émulation entre des acteurs d'un même domaine d'activités, on assiste plutôt à une pluie de médailles qui ne témoignent d'aucune victoire sinon que de chatouiller l'orgueil d'un parrain ou d'une marraine qu'un show-business a voulu mettre en vedette par des voies détournées. A force de persister dans ce jeu de dupes, c'est la culture de l'excellence qui est en passe de foutre le camp. Tenez, aux derniers Jeux africains qui se sont achevés le week-end dernier à Alger, tous les athlètes burkinabè réunis n'auront récolté qu'une maigre moisson de trois ternes médailles, dont deux en argent et l'autre en bronze. Même pas un or, comme dira l'autre. Et pourtant, les trophées sont distribués ici, à tour de bras, sans que cela ne témoigne d'une victoire arrachée de haute lutte à l'issue d'une épreuve. C'est, du reste, ainsi que le Petit Robert définit le trophée. Mais, ici au Faso, on semble préférer vaincre sans péril et triompher sans gloire. Ce ne sont pas sef18a4676831650b2fb89092d0b138bda.jpgulement les élèves, les étudiants, les équipes de foot de quartiers ou encore les musiciens qui affectionnent cette foire aux trophées. Des chefs d'entreprise, et pas des moindres, et même des gourous tombent dans le panneau des marchands de médailles et autres. Certains poussent le bouchon jusqu'à aller payer des soi-disant ''distinctions'' qui ne sont en réalité que des prix arrangés et offerts au plus offrant. Malgré cela, des ''lauréats'', désignés d'avance, n'hésitent pas à casser leur tirelire pour aller au-delà des mers chercher des oscars qui n'en valent vraiment pas la peine. Lorsqu'on a choisi le symbole de l'Etalon pour qualifier ses équipes nationales, la logique voudrait que l'on soit exigeant en matière de mesure de ses véritables performances. Mais hélas! La culture du gain rapide et facile, de l'illusion, de l'exhibition et des chimères prend le pas sur l'essentiel, et c'est le sens même de l'excellence qui est mis à rude épreuve dans ces foires aux trophées qui sont servis sur un plateau doré à longueur d'heure sur la télévision nationale.

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