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18.07.2007
Miss et France-à-fric
La culture, dit-on, c’est ce qui nous reste, lorsqu’on a tout perdu. Mais au Faso, la culture - ou tout ce qu’on présente comme ça - sert aussi à reconquérir ce qu’on a perdu. Ainsi, à la faveur de l’édition 2007 de Miss Burkina, Aïcha Koné, la flamboyante diva de la musique ivoirienne, a retrouvé Ouagadougou. Éclaboussée collatéralement par l’affaire David Ouédraogo - dans laquelle elle serait la femme à qui était destinée l’argent volé qui a valu une torture à mort de David -, Aïcha a prudemment évité la capitale burkinabè. Il a fallu qu’elle soit «motivée» par Moustapha Laabli Thombiano, le manager de l’événement - à en croire ses confidences à notre confrère Sidwaya du vendredi 13 juillet -, pour refouler enfin le sol burkinabè.
«Je me demandais bien comment allait être mon arrivée à Ouagadougou. Je me suis confiée au Seigneur et je suis venue parce que je n’ai rien à me reprocher...», avait-elle ajouté. Dieu merci. Aïcha Koné et ses danseuses ont mis les minijupes sous les grandes pour offrir à leurs fans une prestation à la mesure de la longue attente. Au bord de la piscine de l’hôtel Sofitel Ouaga 2000 et via l’écran de la TéNéBreuse qui a diffusé la cérémonie en live, de nombreux spectateurs se sont régalés de la voix endiableuse de la diva ivoirienne. Pour reconstituer un autre pan du pont cul-turel entre Ouagadougou et Abidjan, l’organisation de Miss Burkina semble avoir été un appât décisif.
L’ambassade de France au Burkina n’a pas moins saisi cette occasion pour exhiber son goût pour les paillettes. Débarquées de l’Hexagone pour la circonstance, Kristel Norden, Miss Paris 2006, et Sophie Ducasse, 1ère Dauphine de Miss France 2006, ont été reçues comme des princesses par la ministre burkinabè de la Promotion de la Femme. Comme si cela ne suffisait pas, elles ont eu droit à une conférence de presse. C’est d’ailleurs à Miss Sophie qu’est revenue la présidence du jury de Miss Burkina 2007. Une coopération cul-turelle qui n’est pas pour déplaire à l’ambassadeur Goldblatt dont l’épouse s’est personnellement investie dans l’orchestration de l’événement. Moustapha Laabli Thombiano doit en être particulièrement ravi, même si les prétendantes à la couronne avaient visiblement du mal à s’exprimer dans la langue de Molière.
Espérons que Safiatou Diakité, l’élue Miss Burkina 2007, dont le sac a été chargé de produits cosmétiques, sera reçue comme une «reine de la beauté burkinabè» à Paris où elle doit se rendre grâce à un billet-cadeau de Air Burkina et à Rio de Janeiro où elle doit séjourner pendant 10 jours.
17:02 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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