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11.07.2007

Sankara en super vedette au Ciné droit libre

9f5419928e2b09fa01aee9eec8597197.jpgDéclaré irrecevable au Fespaco 2007 pour des raisons vaporeuses, le film «Sankara, l’homme intègre» du réalisateur belge Robin Shuffield a crevé le grand écran à l’occasion de la 3e édition de Ciné droit libre. Si les organisateurs avaient institué un prix du public, il l’aurait remporté haut la main.

En tout cas, pour ce festival qui se voulait non seulement libre d’accès mais qui voulait aller «droit au but sur les questions liées aux droits humains et à la liberté d’expression», le documentaire sur Thom Sank était une arme fatale. Surtout, ici, au Faso, où il fait l’objet d’une censure casuelle. En plus d’avoir été un grand point d’attraction, le célèbre documentaire sur Sankara a été au cœur du débat le plus pimenté du festival.

Invité comme panéliste lors du débat qui a suivi la projection du film au Centre culturel français, l’honorable Pr Basile Guissou, un des compagnons du Capitaine Thomas Sankara, est sorti de ses gonds pour dire tout le mal qu’il pense de ceux qui le prennent pour «un traître». Plus de peur que de mal, les échanges se sont terminés dans la bonne humeur, même si la moitié de la salle est allée voir ailleurs.  

Pour un festival qui a choisi de libérer le cinéma de tous les carcans institutionnels et légaux, Ciné droit libre a réussi un grand coup cette année en donnant à voir des films aussi intéressants que dissidents. Entre «Les maux de la faim», «Marchands de miracles», «Sales affaires du pétrole», «Mascarades: élections au Togo», il y avait de quoi donner du tournis à ceux qui sont habitués au cinéma à l’eau de rose.

Quand on sait que Thom Sank s’est toujours illustré comme l’un des chefs d’État africains qui pouvaient dire tout ce qu’il pense ou presque, il ne pouvait qu’être le héros immortel d’un festival qui ne s’embarrasse pas de salamalecs. En attendant, que le film «Sankara, l’homme intègre» passe sur les écrans officiels du Faso - symboliquement le 15 octobre prochain, à l’occasion du 20e anniversaire de sa tragique disparition - ou non, les organisateurs de Ciné droit libre ont eu le mérite de faire d’une pierre plusieurs coups: rendre hommage à la mémoire du Capitaine en même temps qu’à celle du professeur Joseph Ki-Zerbo et au cinéaste Sembène Ousmane.

 

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