« La galère des animateurs télé du Faso | Page d'accueil | La revanche du théâtre »

09.07.2007

Silence, le Burkina veut redistribuer ses cartes "diplomatiques"!

Après le jeu d’échecs qui a abouti à la formation d’un nouvel-ancien gouvernement par le nouveau Premier ministre Testicus Zongo, le Blaiso devra se livrer à une autre partie de recasement de ses barons. Ils sont une bonne dizaine à être débarqués de l’ex-équipe gouvernementale et plusieurs d’entre eux lorgnent les différents postes juteux qui se sont dégagés ici et là. Avec l’élection des présidents des différentes commissions de l’Assemblée nationale, certains ont eu leur lot de consolation.
Mais il reste encore à satisfaire de gros poissons. Parmi les plus en vue, le Che Paramanga Ernest Yonli, désormais ex-Premier ministre, et Youssouf 1er, ex-chef de la diplomatie. Le premier ayant rendu sa démission du Parlement, tout laisse maintenant croire que sa nomination pour une autre fonction n’est plus qu’une question de temps. Selon une tradition non écrite qui voudrait que l’ancien chef du gouvernement soit posté à une des ambassades les plus stratégiques du pays, Yonli devrait faire activement ses valises. Mais pour quelle direction? That is the question.
Bruxelles, qui était considérée comme le point de chute d’ex-PMs, est occupé par son prédécesseur Kadré Désiré Ouédraogo. Apparemment, il semble s’y plaire. Il reste Washington et Paris, les deux plus grosses places diplomatiques libérées respectivement par l’actuel locataire de la primature et le ministre de la Communication, de la Culture et du Tourisme, porte-parole du gouvernement. Entre les capitales américaine et française, Yonli a probablement le choix, mais le Blaiso doit également avoir l’embarras entre lui et son ancien ministre des Affaires étrangères ou d’autres barons. Il risque donc d’y avoir des bousculades aux portillons des ambassades les plus convoitées par les môgôs puissants ou ceux qui se prennent comme tels.
En revanche, les anciens ministres qui se sentent l’âme de diplomates s’échauffent en secret pour d’autres ambassades non moins importantes. Copenhague et Dakar ont été aussi libérées à la faveur de la formation du nouveau gouvernement, et ce ne sont pas les prétendants qui manquent. En plus, il va falloir pourvoir aux postes d’ambassadeurs du Burkina à Pretoria, en Afrique du Sud - la dernière des représentations diplomatiques créées -, au Japon et en Inde. On ne comprend d’ailleurs pas pourquoi ces deux dernières représentations sont toujours sans ambassadeurs depuis belle lurette maintenant.
Le gâteau semble encore large. Du moins, du côté de la diplomatie. Quand on sait que les diplomates de carrière commencent à voir d’un mauvais œil le fait que le Blaiso se serve des ambassades comme lots de consolation, le nouveau partage ne se fera pas sans grincements de dents. De quoi en rajouter gros sur le cœur des aigris - au propre comme au figuré!

Djibi provoquera-t-il la grande valse des ambassadeurs ?

Que peut l’ange Djibrill (Bassolé), le tout nouveau sinistre des Affaires étrangères, dans la redistribution des cartes diplomatiques qui se profile à l’horizon? En tant que proche parmi les plus proches du président, il a théoriquement de nouvelles cartes en main pour faire bouger les choses. L’enfant terrible de Ziniaré reste le grand maître du jeu. C’est un secret de Polichinelle d’affirmer qu’il est le véritable chef de la diplomatie burkinabè. Mais au regard des nouvelles donnes géostratégiques en Afrique et dans le reste du monde, il y a certainement lieu de procéder à des changements intelligents des hommes et des stratégies. Il est incongru de continuer à faire des ambassades des «garages» pour des politiciens déchus, encore moins des lots de consolation pour des barons qu’on n’a pas pu caser ailleurs. Certains ont tellement poussé des racines à leurs postes qu’on a l’impression qu’ils y sont nommés à vie. Il en est ainsi des plénipotentiaires devenus carriéristes tels Salif Nébié à La Havane, Michel Kafando à New York, Béatrice Damiba à Vienne, Bruno Zidwemba à Addis-Abeba, pour ne citer que ceux-là. Vivement la grande valse et une clé de lecture plus transparente des mandats de nos ambassadeurs.

Les ex-présidents du Parlement sont les moins lotis

Dans le jeu de redistribution des cartes jusque-là pratiqué par le Blaiso, force est de reconnaître que si les ex-Premiers ministres sont tout de suite postés vers des ambassades prestigieuses, les présidents de l’Assemblée nationale, eux, n’ont d’autre choix que de rentrer simplement dans les rangs. Ainsi, après leurs différents règnes au perchoir, Bobognessan Arsène Yé et le danseur émérite de Kankalaba, Mélégué Traoré, sont redevenus de simples députés. Or, en dehors de Roczilla, Youssouf 1er, Kadré Désiré ont été faits plénipotentiaires à Bruxelles. Et le dernier des ex-PM, le Che Yonli, qui vient de démissionner de l’Assemblée nationale, s’apprête certainement à aller continuer à bouffer le naam ailleurs que sous le soleil brûlant du Faso. Si ce n’est pas du «un poids deux mesures», ça ressemble fort à un mauvais lotissement d’un pouvoir par rapport à l’autre.

Qui ira où et pourquoi ?
Sans représenter un enjeu politique majeur, le probable prochain «remaniement diplomatique» ne sera pas moins un casse-tête pour le pouvoir. Ce ne sont pas les prétendants qui manquent. Certains apparaissent comme de droit, et d’autres, tapis dans l’ombre, espèrent que «cette fois-ci sera la bonne» pour eux. Dans le premier lot, il y a les diplomates de carrière qui rongent leurs freins depuis longtemps et ceux qui ont été débarqués du gouvernement ou de l’Assemblée nationale. La loi de la permutation parfaite aurait voulu que Monique Ilboudo aille à Dakar à la place de Salimata Sawadogo/Tapsoba, qui a pris la sienne au ministère de la Promotion des Droits humains; que Yonli embarque pour Washington en remplacement de Testicus. Mais la diplomatie n’est pas de la géométrie.

Youssouf 1er va-t-il banqueter à l’hémicycle ?
Après son débarquement - provoqué selon certaines mauvaises langues -, Youssouf Ouédraogo, désormais ex-ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, va-t-il se contenter de siéger à l’Assemblée nationale? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas démissionné - à l’instar de Yonli. Ce qui peut laisser croire qu’après toutes ses années de hautes fonctions où il a plané sur certaines réalités du Burkina, il va réapprendre heurs et galères du pays réel, en tant que ‘’simple’’ honorable député. À moins que son séjour à l’hémicycle ne soit qu’une manière de banqueter en attendant un remplacement imminent.

Les commentaires sont fermés.