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21.06.2007
L'Étalonmania a tourné au vinaigre
Depuis samedi dernier, amoureux et passionnés du ballon rond sont très amers et bouleversés par l'élimination de l'équipe nationale de la course à la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations Ghana 2008. Quand on sait que le football s'est imposé dans ce pays comme le «sport-roi», que le «roi» le vit comme une passion, que le Moogho Naaba, l'empereur des Moose, en a fait son hobby préféré, que la plupart des môgô puissants de ce pays ne marchandent pas leur soutien aux Étalons... et que dans les villages les plus reculés, certains ne respirent que pour le foot, on comprend l'amertume des uns, le dégoût ou la tristesse des autres. Surtout que ce sera la seconde fois consécutive - après Égypte 2006 - que les Étalons du Burkina regarderont le plus grand rendez-vous du foot africain à la télé. ![]()
Le désappointement a été à la hauteur du symbole que concentre le nom de l'équipe: des Étalons qui se font étaler lamentablement aussi bien à l'extérieur que devant leur propre public comme de vulgaires ânons, il y avait de quoi couler du fiel et provoquer des récriminations. Même s'il est vrai qu'en football tout est possible. Les Étalons ont déçu. Et la réaction, compréhensible des supporters, est de brandir le carton rouge à l'équipe, aux encadreurs et à la Fédération burkinabè de football vers qui on pointe, en plus, le doigt accusateur.
Les volées de bois vert auxquelles on assiste depuis la défaite annoncée traduisent l'état d'esprit qui a régné autour des Étalons qui, il faut le reconnaître, ont baigné dans une ambiance délétère au cours de ces derniers mois. Des observateurs avisés de la faune footballistique estiment d'ailleurs qu'à quelque chose le «malheur» est bon à prendre.
En effet, ce ne sont pas les appels au vandalisme, les injures, encore moins les déballages médiatiques qui vont permettre de retrouver l'argent, le temps et les énergies perdues jusque-là. Le mal est déjà fait. Le vin est tiré, il faut le boire, même lorsque tout a tourné au vinaigre. Il faut se donner maintenant le temps de soigner le mal à sa racine et non se contenter de panser les plaies. Disons-le net, le football burkinabè est aussi malade du manque de talents, d'une gestion calamiteuse des hommes et des ressources, de la trop grande immixtion de la politique et des politiques, de l'indiscipline tant des supporters que de la presse sportive.
Pour que l'Étalonmania, qui galvanise tant d'énergie, ne tourne plus jamais au vinaigre, il y a lieu de remettre la balle au centre. Franchement et courageusement.
Ces «millions» qui ont semé la zizanie
À quoi voulait jouer le sinistre Gendarmator, en distillant à la presse que le voyage des Étalons au Mozambique a coûté la bagatelle de 176 millions de F CFA? Ce chiffre, gonflé à bloc après l'expédition infructueuse des Étalons battus 1 contre 3 à Maputo, n'a pas moins joué contre l'image d'une Fédé déjà abattue par cette énième défaite. C'est probablement pourquoi Diaquitté et son staff ont été obligés de dévoiler le contenu de l'enveloppe qui leur a été remise. Ils l'estiment autour de 44 millions. Ce qui contraste avec les 176 briques annoncées par Palm Beach. Selon des sources bien informées, la Fédé n'aurait présenté qu'un budget d'environ 98 millions. D'où vient alors ce gros écart? Si le ministre soutient avoir signé un chèque de 176 millions, où est alors passé le reste de l'argent? Tout cela mérite d'être clarifié.
Le gombo des entraîneurs
Tout aussi obscure est l'affaire des salaires des entraîneurs. Selon des sources proches de la Fédé, ces salaires n'ont été versés pour la dernière fois qu'en décembre 2006. La Fédé elle-même, lors de son point de presse de mardi dernier, affirme devoir à Saboteur 2 briques. Sur les 5.5 millions de salaire et de dédommagement, il avait déjà perçu 3.5 millions. Et là également, le ministre soutient être en règle. Une situation que l'équipe fédérale dit ne pas comprendre. Lorsque de telles informations sont distillées à la veille d'un match décisif qui a tourné au vinaigre, on se demande si c'est seulement les supporters énergumènes qui veulent la peau de la Fédé. Puisqu'il n'y a pas eu de conciliation au Tribunal du Travail entre Saboteur et la Fédé, on s'attend donc à une probable suite judiciaire.
Ça shoote de partout
Après la honte nationale dont les canassons nous ont couvert le samedi dernier, la Fédé de foot a organisé une conf. de presse mardi dernier. Diaquitté et ses hommes ont décidé d'organiser une AG extraordinaire le samedi 23 juin pour rendre compte aux ligues (leurs mandants) pour suite à donner à leur mission. La Fédé et le ministère ne sont décidément plus en odeur de sainteté, la première n'étant pas d'avis que le ministère remercie le monde sportif, après les actes de vandalisme qui ont suivi le match.
Challenge raté pour Dagano
Momo Dagano, le sociétaire de Sochaux, vainqueur de la Coupe de France, a pris un mauvais challenge, en programmant son mariage religieux le lendemain du match contre les Taïfa Stars. La star burkinabè n'a pas réussi à violer les filets du gardien tanzanien. Dommage. Cela a naturellement laissé un arrière-goût amer à ses noces avec la belle Safi. L'histoire retiendra que les tourtereaux se sont unis devant Dieu et devant les hommes ce dimanche 17 juin, au moment où les amoureux du foot avaient encore les larmes de l'élimination des Étalons aux yeux. Tous les challenges ne sont peut-être pas bons à prendre, lorsqu'on est un footballeur professionnel. Sinon, c'est le cœur qui peut prendre un vilain coup. Heureux ménage quand même à Dagano et à Safi.
19:03 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le Premier ministre, Dieu et la presse
In God, he trusts. La presse burkinabè devra désormais se familiariser avec cette devise dans ses rapports avec le nouveau Premier ministre, Tertius Zongo. Étiqueté par le passé comme un commis de l’État qui ne met pas sa foi «sous le boisseau», son séjour au pays de l’Oncle Sam comme ambassadeur du Burkina ne pouvait que raffermir sa conviction. Là-bas, plus qu’ici chez nous, on ne s’embarrasse pas d’évoquer «le Saint nom de Dieu» ou d’exhiber sa foi. Les pisse-papiers, les cameramen et autres photographes ne devront donc pas s’étonner de surprendre le PM en prière dans ses bureaux sis avenue Agostino-Neto, ou avant une rencontre ou un point de presse.
Comme pour annoncer les couleurs à sa conférence de presse inaugurale tenue mardi 12 juin, il n’est pas allé par quatre chemins pour répondre aux journaleux qui voulaient savoir s’il n’était pas «un Premier ministre de transition». «C’est Dieu seul qui élève les gens.» Une manière de faire comprendre à la presse qu’il a accueilli son «élévation» au poste de Premier ministre comme l’accomplissement d’une volonté divine à travers sa nomination par l’enfant terrible de Ziniaré.
Vrai communicant et vrai croyant
Morceau choisi: «Moi, je dis merci au président du Faso, mais derrière lui, je vois quelqu’un de plus que lui, et qui l’a inspiré pour qu’il me nomme.» No comment. Certains confrères, à l’instar de L’Observateur paalga, ont cru voir le PM adopter «par moments, une posture de prêcheur évangélique». Tout au long de son speech, il aura démontré qu’il maîtrisait aussi bien le programme du «progrès continu pour une société d’espérance» que la Bible.
Mais n’allez surtout pas croire que Tertius, qui s’en remet à Dieu ou voit sa main partout, se laissera marcher sur les pieds ou tendra benoîtement la joue gauche à celui qui viendrait à le gifler sur la joue droite. Que nenni! Visiblement mis hors de lui par la fameuse affaire dite des 800 millions qui auraient disparu au moment où il quittait le gouvernement en qualité de ministre de l’Économie et des Finances en 2002. L’homme aura prouvé à ceux qui en doutaient encore qu’il pouvait aussi manier la légendaire arme de la malcause lorsque les circonstances le commandent. Entre ironie et coup de gueule à bout portant, il n’est pas allé par quatre chemins pour apporter la réponse du berger à la bergère à ceux qui le prendraient pour «un con» ou qui «insultent son intelligence».
Au regard de ce qui précède, on peut dire, sans risque de se tromper, que c’est un Premier ministre qui se dévoile comme un vrai communicant et un vrai croyant qui veut jouer son destin face à la presse. Et il a pris en cela l’avantage mérité d’initier une consultation avec les responsables des organes de presse nationaux au même titre que les autres acteurs et forces vives de la nation. L’enjeu en valait vraiment la chandelle.
19:00 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.06.2007
Les TIC ne sont pas un remède miracle!
Visiblement conquis par l’idée de ce remède miracle, les chefs d’État présents à l’ouverture des travaux n’ont pas caché leur optimisme. L’ancien patron de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et maintenant président de la République du Bénin contient à peine son espoir. «Nous avons raté la révolution industrielle, il est possible que nous puissions rattraper le retard que nous avons accusé si nous nous mettions à jour au niveau des nouvelles technologies de l’information et de la communication», a-t-il lâché à la presse. Quant à son hôte, Blaise Compaoré, son optimisme se mêle à une certaine excitation: «Les pays d’Afrique qui ont pris beaucoup de retard dans le développement, peuvent s’assurer un meilleur avenir».
Le moins que l’on puisse constater, c’est que les enjeux des TIC pour le développement semblent parfaitement maîtrisés au sommet. Du moins, dans les discours. Mais comme on devrait le savoir, si les beaux speechs et les déclarations suffisaient pour sortir l’Afrique du piège du sous-développement, il y a longtemps que sa misère serait devenue un souvenir. Hélas!
S’il est vrai qu’une bonne maîtrise et une bonne vulgarisation des TIC peuvent permettre de gagner énormément de temps, voire de rattraper le train du développement, il ne l’est pas moins que les dirigeants doivent encore bosser pour lever des obstacles qui empêchent ce défi de se réaliser.
Là, il serait illusoire de croire qu’il suffirait d’inonder le continent d’ordinateurs, d’y installer des connexions haut débit ou de mettre tous les services à moindre coût pour provoquer le déclic. Le développement est un comportement que l’on ne semble pas cultiver assez. Il est impérieux que tout en saluant l’apport et le soutien inestimables de bienfaiteurs intéressés - tel Microsoft -, les dirigeants travaillent à intégrer l’appropriation des TIC non seulement dans les programmes de formation, mais dans l’éducation des masses. Ce serait créer de nouveaux mythes que de croire qu’il suffira de développer les TIC pour que tous les problèmes de développement soient résolus. La thèse de feu Pr Joseph Ki-Zerbo est toujours d’actualité: «On ne développe pas. On se développe». Les TIC ne sont donc pas un remède miracle! Attention à ne pas les fétichiser surtout.
Car, sur ce continent où on a l’habitude de se hâter lentement, on prend parfois trop de temps pour joindre l’acte à la parole. À l’instar du ministère des Postes et des TIC dont le site web est «toujours en construction», alors que cela fait déjà deux bonnes années qu’il est créé.
16:21 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Un ancien nouveau gouvernement au Burkina
En effet, si l’on s’en tient au nombre toujours pléthorique de maroquins - 34 contre 35 pour la dernière équipe de Che Yonli -, il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil du Faso. Ceux qui espéraient une réduction drastique des portefeuilles ministériels se sont donc plantés. Cela aurait pu répondre à une exigence d’efficacité et même d’austérité dans ce pays très peu gâté par la nature. Mais la politique a ses raisons que la raison ne connaît pas.
Le moins que l’on puisse constater, c’est que le giga parti au pouvoir avait l’embarras du choix de ses multiples cadres. Ceci explique peut-être cela. Ce sont au total 15 anciens ministres qui ont dû céder leurs fauteuils pour que 14 nouveaux goûtent aux délices, ô combien convoités, d’être ministres. Tertius Zongo - pour peu qu’il en ait eu les coudées franches - a dû procéder à plusieurs combinaisons pour conserver les môgô puissants, «les hommes du président», les recommandés du parti, les supporters du «progrès continu», ses hommes à lui et les autres. L’analyse pondérée du gouvernement Tertius est assez édifiante.
Seulement 41,17% de nouveaux
Sur les 34 membres que compte l’équipe, 14 font leurs premières armes ministérielles, soit une proportion de 41,17%. Parmi eux, les uns sont bien connus dans le monde diplomatique, comme Filippe Sawadogo, qui revient de l’ambassade du Burkina à Paris, en France, qu’il occupait depuis plus d’une décennie pour prendre la nouvelle formule du ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication. Céline Yoda/Konkobo, une autre vieille de la vieille, quitte Copenhague, au Danemark, pour le ministère de la Promotion de la Femme. Salamata Sawadogo/Tapsoba, anciennement secrétaire générale du ministère de la Justice a, elle, échoué entre-temps à la tête de l’ambassade du Burkina à Dakar, au Sénégal, avant de revenir au ministère de la Promotion des Droits humains. Minata Samaté/Cessouma, jusque-là conseillère aux affaires diplomatiques du Blaiso, prend les rênes du ministère délégué à la Coopération régionale. Du secrétariat général du gouvernement au ministère de la Justice, Zakalia Koté ne fait que changer de côté. Salifou Sawadogo, directeur de cabinet de l’ex-PM, se voit attribuer le maroquin des Relations avec le Parlement, tandis que Lucien Marie Noël Bembamba, le beau-frère national, quitte le Trésor pour le ministère délégué au Budget. Le colonel pandore Assane Sawadogo, le nouveau ministre de la Sécurité, qui était directeur des Archives nationales, fait figure d’inconnu. Ousséni Tamboura quitte l’Assemblée nationale pour le ministère délégué à l’Alphabétisation et à l’Éducation non formelle. L’universitaire Gueda Jacques Ouédraogo obtient enfin le nouveau portefeuille de «charlatan scientifique» du président du Faso, chargé de l’Analyse et de la Prospective. Des services techniques de la mairie de Ouagadougou au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, en passant par le Projet de renforcement des capacités des communes urbaines, Vincent T. Dabilgou a vraiment percé. Issaka Maïga, qui était jusque-là directeur de l’exploitation de l’Onea, devient ministre délégué à l’Agriculture et Maxime Somé est chargé de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.
14,70% de femmes
Avec 5 femmes sur les 34 ministres, «l’autre moitié du ciel» n’est pas particulièrement bien lotie dans l’équipe de Tertius. Deux des trois qui font leur entrée n’ont fait que remplacer leurs «sœurs», notamment Monique Ilboudo par Salmata Sawadogo/Tapsoba à la Promotion des droits humains et Gisèle Guigma à la Promotion de la femme par Céline Yoda/Konkobo (qui a d’ailleurs été sa secrétaire générale avant Copenhague). Seule Minata Samaté/Cessouma remplace un «couillu», Jean de Dieu Somda au ministère délégué à la Coopération régionale. Odile Bonkoungou/Balima et Pascaline Tamini/Bihoun restent fidèles à leurs postes respectivement aux ministères de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation et de l’Action sociale et de la Solidarité nationale.
50% de fidèles au poste
Sur les 34 membres du nouveau gouvernement, 17 conservent leurs postes tels quels, soit une proportion de 50%. Si l’on ajoute à cela les changements et aménagements de portefeuille, force est de constater que Tertius a maintenu au total 20 membres de l’ancienne équipe, soit 58,82%. Dans le jeu de la chaise musicale, Alain Bédouma Yoda gagne en grade et devient ministre d’État en plus de son ancien portefeuille de la Santé. L’ange Djibrill Bassolé est confirmé comme ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, poste pour lequel il a fait énormément de l’ombre au sinistre d’État Youssouf 1er éjecté du gouvernement. Le ministère de l’Économie et du Développement passe à la trappe et le «gentil géant» de Poa, Seydou Bouddha, a été muté au ministère de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, en remplacement de Lassané Savadogo. Sékou Ba Bambino passe de l’Urbanisme et de l’Habitat à son domaine naturel, les Ressources animales.
14,70% de Sawadogo
Le nouveau gouvernement est fortement marqué par le patronyme Sawadogo ou Savadogo. Cela est si remarquable qu’il y en a autant que de femmes ministres. C’est si frappant qu’un observateur non averti pourrait croire que les 5 ministres qui portent le même nom sont de la même famille. Il y a quelques années, on était frappé par la forte présence des Ouédraogo. Mais s’il est vrai qu’un gouvernement est aussi une famille, il ne faut surtout pas aller croire que c’est une affaire de famille.
16:18 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.06.2007
Blaise Compaoré remanie ses lieutenants
Le Blaiso a encore dribblé ceux qui croyaient lire une logique d’alternance continue au perchoir. Le changement n’a pas eu lieu. Contrairement à 1997 et à 2002, la présidence du Parlement burkinabè observe son premier statu quo. Roch Marc Christian Kaboré, le Rocco, a vu son bail prolongé de 5 nouvelles années. Des langues fourchues ont certainement déjà dit qu’il a eu un meilleur sort que ces prédécesseurs de l’ère démocratique: Bobognessan Arsène Yé et Mélégué Traoré, le danseur émérite de Kankalaba. Ainsi va la vie... politique.
En tout cas, les supputations ne manquent pas sur l’option de la stabilité que l’enfant terrible de Ziniaré a choisi de faire cette fois-ci. À l’issue de sa réélection à la dernière présidentielle du 13 novembre 2005, il en avait déjà surpris plus d’un en reconduisant Che Ernesto Yonli comme Premier ministre, lui permettant ainsi de battre tous les records de longévité à ce poste. Aujourd’hui, c’est donc au tour du Rocco de briser cette tradition non écrite qui voulait que l’occupant du perchoir ne rebelote pas. Pour une «révolution de palais», ça en est vraiment une. Apparemment, tous les prétendants au petit marteau du président du Parlement semblent acquiescer le renouvellement de bail de l’ancien occupant qui n’est autre que le président du méga parti qui a reconquis - au prix d’une révision du Code électoral - une majorité confortable qu’il avait laissé perdre cinq années plus tôt.
En misant pour le statu quo, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) veut sans doute prouver que sa vague déferlante est assez puissante pour ne pas changer de capitaine. Michel Norbert Tiendrebeogo, candidat consensuel de la maigrelette opposition toutes tendances confondues, l’a appris à ses dépens en se présentant symboliquement contre le Rocco. Le jeu en valait la chandelle, puisqu’il a réussi à engranger 13 voix - soit plus que les 11 députés de tous les partis d’opposition - contre 90 au candidat du méga parti.
En attendant les retombées concrètes du «progrès continu pour une société d’espérance», Roch peut se réjouir de voir continuer son bail au perchoir.
God Blaise Testicus
Dans notre numéro 818 du 24 au 30 mai dernier, il figurait parmi les «rapatriables» auxquels le Blaiso devrait faire appel pour constituer sa nouvelle équipe gouvernementale. Dans le dessin qui barrait la Une du canard, son nom était d’ailleurs en bonne place parmi les Premier-ministrables les plus en vue sur l’échiquier de Blaise Compaoré. Dans la nuit du lundi 4 juin, c’est à Tertius Zongo, ambassadeur du Burkina au pays de l’Oncle Sam depuis 2002, qu’est revenu l’onction de 5e Premier ministre de la 4e République.
C’est un retour en force à la tête du gouvernement. En effet, il a déjà été ministre de l’Economie et des Finances et porte-parole du gouvernement dans l’équipe de Kadré Désiré Ouédraogo de 1996 à 2000, il a marqué l’opinion nationale, notamment par ses interventions pendant la crise consécutive à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Visiblement, il a réussi à s’imposer comme «un homme du président». Ce n’est certainement pas par hasard que c’est à lui que l’enfant terrible de Ziniaré a confié la délicate mission d’amorcer un New Deal entre Washington et Ouagadougou. L’homme semble avoir réussi son challenge.
En le portant à la tête de son gouvernement, c’est sans doute un signal fort que Blaise donne en direction de Doubleyou Bush dont l’Administration a marqué son intérêt pour le Burkina à travers son entrée dans le Millenium Challenge Corporation (MCC), la mise en route d’une coopération militaire et l’entrée du pays des Hommes intègres dans l’AGOA.
S’il doit y avoir une logique dans la nomination de Tertius Zongo, c’est bien d’avoir réussi, en très peu de temps, des paris stratégiques. Si une chose est d’être prophète hors de son pays, une autre est de l’être ici et maintenant. Pour être un chrétien convaincu et convaincant, le nouveau Premier ministre sait plus que quiconque le sort qui est réservé aux prophètes parmi les siens. God bless le Burkina et l’attelage Blaiso-Testicus-Rocco.
21:06 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La culture et les arts, c’est aussi l’affaire des enfants!
Histoire terrifiante des enfants soldats
L’histoire rocambolesque et révoltante des enfants soldats dont un pan fabuleux nous a été magnifié au dernier Fespaco à travers le film Ezra du Nigérian Newton Aduaka appelle judicieusement que la situation de l’enfance africaine puisse être exploitée dans les arts pour redonner à l’enfant la place qui doit être la sienne dans un monde inquiétant où les points et les valeurs cardinaux sont de plus en plus brouillés.
Il n’est jamais trop tard pour prendre le train en marche. En décidant de consacrer Fêt’Arts 2007 au thème «Culture et Education», les initiateurs de ce festival dont les échos dépassent largement les frontières du Burkina Faso jettent plus qu’un pavé dans la mare. Du reste, ils lancent un véritable défi aux artistes d’ici et d’ailleurs ainsi qu’aux autorités en charge de la Culture et de l’Education en vue de la prise en compte de cette exigence fondamentale qu’est de «faire de la culture le moteur de l’éducation».
Fêt’Arts dans les école set orphelinats
Courant la semaine du 28 mai au 2 juin que durera la 6e édition de Fêt’Arts, il ne faut pas s’attendre à des miracles, encore moins à des conversions spectaculaires. Les enfants qui auront la chance ou l’occasion de partager un bout de cette fête des arts bénéficieront tout au plus de quelques spectacles de conte, de théâtre, de marionnettes, de musique et de danse concoctés pour eux et rien que pour eux. Le festival a le mérite de se déployer dans des établissements scolaires de la ville de Ouagadougou ainsi que dans des orphelinats des localités de Ziniaré et de Loumbila.
Mais que restera-t-il lorsque Fêt’Arts aura rangé ses instruments de musique et que les marionnettistes seront repartis chez eux ? Certainement des souvenirs vagues des émotions vécues et des cadeaux reçus pour ce qui est des orphelins. Ce n’est pas rien. Mais pour ne pas s’arrêter en si beau chemin, il va falloir aller jusqu’au bout du défi lancé par Fêt’Art 2007.
Les enfants ne sont pas seulement l’avenir
Il faut que les enfants du Burkina et de toute l’Afrique ne soient pas seulement considérés comme les sources des problèmes des adultes, mais leurs ressources; pas seulement des dépenses, mais aussi des investissements; pas juste des enfants, mais aussi des citoyens; pas uniquement l’avenir, mais aussi le présent. Ainsi, la culture et les arts seront aussi leur affaire et pas seulement celle des artistes et des opérateurs culturels.
20:57 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.06.2007
La culture et les arts, c’est aussi l’affaire des enfants!
«La culture, dit-on, c’est ce qui reste lorsqu’on a tout perdu.» Mais dans une Afrique où on ne sait pas jusqu’à quand et par quels moyens on arrivera à préserver «ce qui nous reste», la transmission de la culture et des arts aux générations présentes et futures n’est pas toujours la priorité des acteurs et des opérateurs culturels. Happés que sont la plupart par les espèces sonnantes et trébuchantes du show-biz, ils ont rarement le temps de songer à la relève. Lorsqu’ils parlent des enfants, c’est souvent pour en faire des objets ou des adjuvants de leurs projets. Rarement les enfants ont été au centre des préoccupations des politiques et malheureusement des artistes. Et pourtant, ils sont de plus en plus victimes des grandes catastrophes contemporaines, des inconséquences et des mauvais choix que les adultes leur imposent.
Histoire terrifiante
des enfants soldats
L’histoire rocambolesque et révoltante des enfants soldats dont un pan fabuleux nous a été magnifié au dernier Fespaco à travers le film Ezra du Nigérian Newton Aduaka appelle judicieusement que la situation de l’enfance africaine puisse être exploitée dans les arts pour redonner à l’enfant la place qui doit être la sienne dans un monde inquiétant où les points et les valeurs cardinaux sont de plus en plus brouillés.
Il n’est jamais trop tard pour prendre le train en marche. En décidant de consacrer Fêt’Arts 2007 au thème «Culture et Education», les initiateurs de ce festival dont les échos dépassent largement les frontières du Burkina Faso jettent plus qu’un pavé dans la mare. Du reste, ils lancent un véritable défi aux artistes d’ici et d’ailleurs ainsi qu’aux autorités en charge de la Culture et de l’Education en vue de la prise en compte de cette exigence fondamentale qu’est de «faire de la culture le moteur de l’éducation».
Fêt’Arts dans les écoles
et orphelinats
Courant la semaine du 28 mai au 2 juin que durera la 6e édition de Fêt’Arts, il ne faut pas s’attendre à des miracles, encore moins à des conversions spectaculaires. Les enfants qui auront la chance ou l’occasion de partager un bout de cette fête des arts bénéficieront tout au plus de quelques spectacles de conte, de théâtre, de marionnettes, de musique et de danse concoctés pour eux et rien que pour eux. Le festival a le mérite de se déployer dans des établissements scolaires de la ville de Ouagadougou ainsi que dans des orphelinats des localités de Ziniaré et de Loumbila.
Mais que restera-t-il lorsque Fêt’Arts aura rangé ses instruments de musique et que les marionnettistes seront repartis chez eux ? Certainement des souvenirs vagues des émotions vécues et des cadeaux reçus pour ce qui est des orphelins. Ce n’est pas rien. Mais pour ne pas s’arrêter en si beau chemin, il va falloir aller jusqu’au bout du défi lancé par Fêt’Art 2007.
Les enfants ne sont pas
seulement l’avenir
Il faut que les enfants du Burkina et de toute l’Afrique ne soient pas seulement considérés comme les sources des problèmes des adultes, mais leurs ressources; pas seulement des dépenses, mais aussi des investissements; pas juste des enfants, mais aussi des citoyens; pas uniquement l’avenir, mais aussi le présent. Ainsi, la culture et les arts seront aussi leur affaire et pas seulement celle des artistes et des opérateurs culturels.
18:56 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les uns vivent de la pauvreté, les autres en meurent
Sur les terres de ce pays mal loti par Dame nature et piégé par la pauvreté, les associations semblent avoir trouvé un terrain de prédication pour se sucrer sur le dos des populations. A la faveur de la libéralisation politico-sociale des années 90, elles ont poussé comme des champignons et se comptent désormais par milliers. Dans les registres du ministère en charge de l’Administration du territoire et des Libertés publiques, on se perd dans les dédales des sigles et des chiffres. Ne cherchez surtout pas à savoir ce que font toutes ces associations.
Officiellement, il y en a très peu qui sont reconnues d’utilité publique et donc bénéficient de subvention de l’Etat. Mais cela ne les empêche pas d’user de tous les subterfuges possibles et imaginables pour «manger le mil» de ceux qu’elles sont supposées défendre. Leur stratégie? Elle est assez simple, voire simpliste. Il suffit de se déclarer association de lutte contre la pauvreté, le VIH/Sida, l’analphabétisme,... et toutes les autres galères dans lesquelles les populations sont empêtrées, et le tour est joué.
Les plus malins, ou ceux qui ont des bras longs, accèdent même au financement public, notamment des fonds mis à disposition par les institutions internationales pour, dit-on, soulager la misère ambiante. Mais à la vérité, plus de la moitié de ces subventions va dans la besace des mange-mil de ceux qui savent s’associer pour le bouffer à la place des personnes réellement concernées. Ainsi, ce qui fait courir la plupart des associations, comme dirait l’autre, c’est beaucoup plus la lutte contre leur propre pauvreté que celle des autres.
Ceux qui n’ont pas la capacité ou la patience de créer une association poussent l’outrecuidance jusqu’à en fabriquer de toutes pièces. Ainsi en est-il de Alimata Diallo dont l’histoire invraisemblable a défrayé la chronique la semaine dernière. Usant d’une association fictive - dénommée Association solidarité femmes burkinabè -, cette dame a réussi à embarquer près de 8 000 personnes à qui elle - et ses complices - a fait miroiter des possibilités fictives de don de vivres et d’octroi de micro-crédits. Ce qui est plus rocambolesque dans l’affaire est que des chefs coutumiers et des autorités administratives probablement mus par la cupidité se sont laissé prendre dans ce jeu de dupes. Sans chercher à vérifier l’authenticité des documents présentés par la dame. N’eût été la plainte d’une autorité que la police dit protéger sous le vague qualificatif d’«autorité de premier plan», Mme Sinka, alias Alimata Diallo, allait poursuivre sa basse besogne de racket des pauvres populations. Dieu sait que des personnages du même genre courent impunément, à col blanc, avec parfois la bénédiction et la complicité de ceux qui sont supposés les mettre hors d’état de nuire. Ainsi les uns se nourrissent de la pauvreté tandis que d’autres en meurent.
Vous avez dit société si vile ?
Dans ce pays où plus de la moitié des populations croupit dans la misère, la lutte contre la pauvreté est devenue une sorte de manne autour de laquelle tous les vautours se regroupent. «Les sangsues de la misère», voilà comment la troupe de l’Atelier théâtre burkinabè a qualifié le comportement des hommes et des femmes qui exploitent le dénuement de leurs compatriotes pour se faire une place au soleil. A l’instar de cette dame qui dit lutter contre la pauvreté par le micro-crédit, elles sont légion, les associations qui jouent plus ou moins la même comédie. L’éradication de la pauvreté est le cadet de leurs soucis. D’ailleurs, ils n’ont pas intérêt à le faire, puisqu’elles signeraient du coup leur arrêt de mort. «La pauvreté se vend bien» et même très bien au Faso. Ce n’est pas les proprios des nombreuses 4x4 qui se bousculent dans les savanes du Burkina qui diront le contraire. En plus du VIH/Sida, la lutte contre la pauvreté fait partie des deals qui rapportent le plus aux organisations de la société si vile.
Les côcôs stratégiques
La prolifération des associations n’épargne aucun secteur d’activité au Faso. Les associations les plus futées sont celles qui ont réussi le tour de passe-passe d’être à la fois de la société politique et de la société civile. Ainsi, prêtent-elles leurs services aux organisations et partis politiques, de préférence au pouvoir et à la mouvance présidentielle. Par un jeu d’équilibrisme dont ils ont le secret, elles se métamorphosent en organisations de la société civile selon les intérêts du moment. D’autres sont officiellement apolitiques, mais en réalité, ce sont les hommes politiques qui en tirent les ficelles et s’en servent comme boucliers pendant les campagnes électorales.
Les côcôs historiques
Si l’on suppose que la pauvreté frappe certaines parties de notre pays plus que d’autres, on constate également que les associations qui poussent dans ces milieux jouent à fond la carte historique. Dans la région du Nord par exemple, le ratio serait tel qu’il y aurait une association pour 10 habitants.
Les côcôs spirituels
Les hommes et femmes dits de Dieu ne sont pas en reste dans le business du monde associatif. Sous le couvert de la charité, certaines associations ne sont que des loups camouflés sous la peau d’agneaux. On se souvient encore des affaires de «bon berger» qui s’est révélé un méchant loup, ou d’imams bienfaiteurs qui se cachent sous le boubou d’escrocs de grands chemins.
Le ministre Sawadogo est-il trop Clément ?
Visiblement, le monde associatif est devenu un véritable panier à crabes. Au regard des scandales et des malversations qui pullulent dans la presse, on se demande si le ministre Sawadogo n’est pas trop Clément dans l’octroi de certains récépissés. En tout cas, il y a lieu d’assainir ce milieu afin de rétablir l’honneur et le don de soi qui devraient être les vertus de ceux qui se constituent en association.
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