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21.06.2007
Le Premier ministre, Dieu et la presse
In God, he trusts. La presse burkinabè devra désormais se familiariser avec cette devise dans ses rapports avec le nouveau Premier ministre, Tertius Zongo. Étiqueté par le passé comme un commis de l’État qui ne met pas sa foi «sous le boisseau», son séjour au pays de l’Oncle Sam comme ambassadeur du Burkina ne pouvait que raffermir sa conviction. Là-bas, plus qu’ici chez nous, on ne s’embarrasse pas d’évoquer «le Saint nom de Dieu» ou d’exhiber sa foi. Les pisse-papiers, les cameramen et autres photographes ne devront donc pas s’étonner de surprendre le PM en prière dans ses bureaux sis avenue Agostino-Neto, ou avant une rencontre ou un point de presse.
Comme pour annoncer les couleurs à sa conférence de presse inaugurale tenue mardi 12 juin, il n’est pas allé par quatre chemins pour répondre aux journaleux qui voulaient savoir s’il n’était pas «un Premier ministre de transition». «C’est Dieu seul qui élève les gens.» Une manière de faire comprendre à la presse qu’il a accueilli son «élévation» au poste de Premier ministre comme l’accomplissement d’une volonté divine à travers sa nomination par l’enfant terrible de Ziniaré.
Vrai communicant et vrai croyant
Morceau choisi: «Moi, je dis merci au président du Faso, mais derrière lui, je vois quelqu’un de plus que lui, et qui l’a inspiré pour qu’il me nomme.» No comment. Certains confrères, à l’instar de L’Observateur paalga, ont cru voir le PM adopter «par moments, une posture de prêcheur évangélique». Tout au long de son speech, il aura démontré qu’il maîtrisait aussi bien le programme du «progrès continu pour une société d’espérance» que la Bible.
Mais n’allez surtout pas croire que Tertius, qui s’en remet à Dieu ou voit sa main partout, se laissera marcher sur les pieds ou tendra benoîtement la joue gauche à celui qui viendrait à le gifler sur la joue droite. Que nenni! Visiblement mis hors de lui par la fameuse affaire dite des 800 millions qui auraient disparu au moment où il quittait le gouvernement en qualité de ministre de l’Économie et des Finances en 2002. L’homme aura prouvé à ceux qui en doutaient encore qu’il pouvait aussi manier la légendaire arme de la malcause lorsque les circonstances le commandent. Entre ironie et coup de gueule à bout portant, il n’est pas allé par quatre chemins pour apporter la réponse du berger à la bergère à ceux qui le prendraient pour «un con» ou qui «insultent son intelligence».
Au regard de ce qui précède, on peut dire, sans risque de se tromper, que c’est un Premier ministre qui se dévoile comme un vrai communicant et un vrai croyant qui veut jouer son destin face à la presse. Et il a pris en cela l’avantage mérité d’initier une consultation avec les responsables des organes de presse nationaux au même titre que les autres acteurs et forces vives de la nation. L’enjeu en valait vraiment la chandelle.
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