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21.06.2007

L'Étalonmania a tourné au vinaigre

medium_Etalons_1.jpgDepuis samedi dernier, amoureux et passionnés du ballon rond sont très amers et bouleversés par l'élimination de l'équipe nationale de la course à la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations Ghana 2008. Quand on sait que le football s'est imposé dans ce pays comme le «sport-roi», que le «roi» le vit comme une passion, que le Moogho Naaba, l'empereur des Moose, en a fait son hobby préféré, que la plupart des môgô puissants de ce pays ne marchandent pas leur soutien aux Étalons... et que dans les villages les plus reculés, certains ne respirent que pour le foot, on comprend l'amertume des uns, le dégoût ou la tristesse des autres. Surtout que ce sera la seconde fois consécutive - après Égypte 2006 - que les Étalons du Burkina regarderont le plus grand rendez-vous du foot africain à la télé. medium_Etalons_2.jpg

Le désappointement a été à la hauteur du symbole que concentre le nom de l'équipe: des Étalons qui se font étaler lamentablement aussi bien à l'extérieur que devant leur propre public comme de vulgaires ânons, il y avait de quoi couler du fiel et provoquer des récriminations. Même s'il est vrai qu'en football tout est possible. Les Étalons ont déçu. Et la réaction, compréhensible des supporters, est de brandir le carton rouge à l'équipe, aux encadreurs et à la Fédération burkinabè de football vers qui on pointe, en plus, le doigt accusateur.

Les volées de bois vert auxquelles on assiste depuis la défaite annoncée traduisent l'état d'esprit qui a régné autour des Étalons qui, il faut le reconnaître, ont baigné dans une ambiance délétère au cours de ces derniers mois. Des observateurs avisés de la faune footballistique estiment d'ailleurs qu'à quelque chose le «malheur» est bon à prendre.

En effet, ce ne sont pas les appels au vandalisme, les injures, encore moins les déballages médiatiques qui vont permettre de retrouver l'argent, le temps et les énergies perdues jusque-là. Le mal est déjà fait. Le vin est tiré, il faut le boire, même lorsque tout a tourné au vinaigre. Il faut se donner maintenant le temps de soigner le mal à sa racine et non se contenter de panser les plaies. Disons-le net, le football burkinabè est aussi malade du manque de talents, d'une gestion calamiteuse des hommes et des ressources, de la trop grande immixtion de la politique et des politiques, de l'indiscipline tant des supporters que de la presse sportive.

Pour que l'Étalonmania, qui galvanise tant d'énergie, ne tourne plus jamais au vinaigre, il y a lieu de remettre la balle au centre. Franchement et courageusement.

 

Ces «millions» qui ont semé la zizanie

À quoi voulait jouer le sinistre Gendarmator, en distillant à la presse que le voyage des Étalons au Mozambique a coûté la bagatelle de 176 millions de F CFA? Ce chiffre, gonflé à bloc après l'expédition infructueuse des Étalons battus 1 contre 3 à Maputo, n'a pas moins joué contre l'image d'une Fédé déjà abattue par cette énième défaite. C'est probablement pourquoi Diaquitté et son staff ont été obligés de dévoiler le contenu de l'enveloppe qui leur a été remise. Ils l'estiment autour de 44 millions. Ce qui contraste avec les 176 briques annoncées par Palm Beach. Selon des sources bien informées, la Fédé n'aurait présenté qu'un budget d'environ 98 millions. D'où vient alors ce gros écart? Si le ministre soutient avoir signé un chèque de 176 millions, où est alors passé le reste de l'argent? Tout cela mérite d'être clarifié.

 

Le gombo des entraîneurs

Tout aussi obscure est l'affaire des salaires des entraîneurs. Selon des sources proches de la Fédé, ces salaires n'ont été versés pour la dernière fois qu'en décembre 2006. La Fédé elle-même, lors de son point de presse de mardi dernier, affirme devoir à Saboteur 2 briques. Sur les 5.5 millions de salaire et de dédommagement, il avait déjà perçu 3.5 millions. Et là également, le ministre soutient être en règle. Une situation que l'équipe fédérale dit ne pas comprendre. Lorsque de telles informations sont distillées à la veille d'un match décisif qui a tourné au vinaigre, on se demande si c'est seulement les supporters énergumènes qui veulent la peau de la Fédé. Puisqu'il n'y a pas eu de conciliation au Tribunal du Travail entre Saboteur et la Fédé, on s'attend donc à une probable suite judiciaire.

 

Ça shoote de partout

Après la honte nationale dont les canassons nous ont couvert le samedi dernier, la Fédé de foot a organisé une conf. de presse mardi dernier. Diaquitté et ses hommes ont décidé d'organiser une AG extraordinaire le samedi 23 juin pour rendre compte aux ligues (leurs mandants) pour suite à donner à leur mission. La Fédé et le ministère ne sont décidément plus en odeur de sainteté, la première n'étant pas d'avis que le ministère remercie le monde sportif, après les actes de vandalisme qui ont suivi le match.

 

Challenge raté pour Dagano

Momo Dagano, le sociétaire de Sochaux, vainqueur de la Coupe de France, a pris un mauvais challenge, en programmant son mariage religieux le lendemain du match contre les Taïfa Stars. La star burkinabè n'a pas réussi à violer les filets du gardien tanzanien. Dommage. Cela a naturellement laissé un arrière-goût amer à ses noces avec la belle Safi. L'histoire retiendra que les tourtereaux se sont unis devant Dieu et devant les hommes ce dimanche 17 juin, au moment où les amoureux du foot avaient encore les larmes de l'élimination des Étalons aux yeux. Tous les challenges ne sont peut-être pas bons à prendre, lorsqu'on est un footballeur professionnel. Sinon, c'est le cœur qui peut prendre un vilain coup. Heureux ménage quand même à Dagano et à Safi.

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